Figée de peur elle se sent incapable de se retourner pour le regarder, finalement elle se décide à regarder la mort en face et alors qu'elle se tourne le visage de l'assassin apparaît à ses yeux.

-"Bouh "

Clarke hurle.

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Clarke hurle avant de sentir le bout du pistolet contre sa tempe, au bord de l'évanouissement et dans un simple geste de survie, elle frappe l'objet de sa main droite alors que celui ci vient s'effondre au sol. Elle en profite pour tourner les talons et se remettre à courir pour décamper au plus vite. Malheureusement, à peine a-t-elle prit la bonne direction qu'une chose incroyablement puissante s'enroule autour de sa cheville et l'envoie valser a terre. Clarke s'écroule sur le sol froid alors que son pied se dérobe et la tire vers l'arrière, bientôt l'homme se retrouve sur elle, le visage froid et les mains enroulées autour du cou de la jolie blonde.

Se figeant d'effroi, Clarke se débat de toutes ses forces et frappe de ses jambes sur le sol alors que l'homme la maintient fermement au sol. Clarke plonge dans le regard impassible de son agresseur alors que sa prise autour du cou de la jeune femme se fait de plus en plus ferme. Arriver à remplir ses poumons d'air devient de plus en plus difficile pour Clarke qui regarde autour d'elle dans l'espoir de trouver un solution. Son regard s'éclaire alors que sa petite main frêle vient tâter du bout des doigts le calibre laissé au sol. Sans grande difficulté elle arrive à glisser doucement l'arme prêt de ses hanches et regarde l'homme devant elle alors qu'un léger bruit de tire vient briser le silence pesant de l'endroit.

Le coeur de Clarke bat une nouvelle fois de plein fouet dans sa poitrine et elle compte difficilement tout en reprenant son souffle.

Un.

Un silence pesant entoure la pièce seulement brisé par les gémissements de douleur.

Deux.

Clarke ferme les yeux et tente de garder une respiration lente et calme.

Trois.

Le corps de son agresseur vient s'effondrer sur elle alors que le sang commence à tâcher son haut. Les cris ont cessés, le silence est revenu, pourtant Clarke ne bouge toujours pas. Relâchant doucement son arme, elle finit par souffler un grand coup et repousse avec difficulté le corps de l'homme qu'elle vient d'abattre. La jolie blonde se relève en douceur, sentant le sol tanguer sous ses pieds, puis regarde autour d'elle. Le lieu est toujours vide et sombre, pourtant Clarke sait que quelque chose a changer. Elle vient de tuer un homme, elle est en cet instant même recouverte du sang de sa victime et le grondement du tonnerre à l'extérieur l'effraie tel un animal apeuré. Puis son regard se pose sur le cadavre, que doit-elle en faire ? Appeler la police s'est comme signer la fin de sa fausse identité et ça il en est hors de question pour le moment, encore plus maintenant qu'elle sait que sa soeur a trempé dans des affaires pas très claires. Elle doit en savoir plus.

Soupirant, Clarke attrape les jambes du tueur et le traîne, non sans grand mal, en direction de l'ascenseur. Un instant, elle pense l'amener dans sa voiture et l'enterrer quelque part, mais le bon nombre de passant à l'extérieur l'empêche de tenter cette idée. Clarke s'estime déjà chanceuse que l'arme porte un silencieux et qu'ainsi donc personne ne l'a entendu tirée. Maintenant il ne lui reste plus qu'à cacher le corps de cet immense colosse et trouver des indices pour tenter de comprendre qui il est. Soupirant, la blonde relâche les jambes avant d'apercevoir la mallette posée à côté de l'ascenseur. Dans une idée folle, Clarke l'ouvre et regarde à l'intérieur, ça n'allait pas être simple !

Attrapant le haut du corps, elle le tire sur un bon mètre et s'arrête à côté de la boite. Laissant son regard divaguer entre les deux. Puis elle soulève les jambes de l'homme et les pose sur le rebord du coffre, essoufflée par l'effort Clarke prend quelques secondes et retire sa veste tâchée de sang avant de venir soulever le haut du corps qu'elle place dans la malle. Enfin elle repasse les jambes à l'intérieur. Le corps est un peu plié, mais Clarke n'a plus la force de le bouger ne serait-ce que d'un centimètre. Elle ne lâche pas le corps des yeux, la peur de le voir se lever pour se jeter sur elle, remplissant ses yeux. Alors qu'elle se plonge dans ses pensées, la sonnerie de son téléphone, ou plutôt de celui de sa soeur, vient la faire sursauter.

Clarke se dépêche d'attraper son sac et fouille à l'intérieur avant d'y sortir le téléphone où s'inscrit en grosse lettre le mot 'maman' . Le moment semble véritablement mal choisit, mais Clarke décide de décrocher, levant déjà les yeux au ciel.

-"Allo ?! " sa voix est rauque et essoufflée par l'effort.

-"Eliza, j'ai dis 20 heures pour le dîner mais visiblement tu ne m'as pas écouté ! Je peux savoir où est-ce que tu es ? " demande-t-elle de sa voix remplit de reproche.

-"Je ... je heum ... " Clarke regarde autour d'elle avant de passer une main sur son front " Je suis en route, j'arrive tout de suite ... " soupire-t-elle en appelant déjà la cage d'ascenseur.

-"Oui bas tu ferais mieux d'arriver vite ! " rétorque sa mère avant de raccrocher.

Clarke soupire avant de relâcher son téléphone dans son sac. Quelle galère ! Elle vient de frôler la mort pourtant elle doit déjà rejouée l'indifférence avec sa propre mère. Elle lance un regard à l'appartement et aperçoit un grand bureau où trône de nombreux dossiers. Attendant l'ascenseur, Clarke s'approche et pioche rapidement les papiers avant d'ouvrir des tiroirs vides. Regardant de plus prêt, elle attrape un magnétophone et le met en marche. Directement elle reconnait les voix.

-"Allo ?!"

-"Eliza ? Eliza c'est toi ?"

-"Clarke ?" La concernée ressert sa prise sur le magnéto "Clarke oh mon dieu c'est bien toi ?"

-"Oui Eliza c'est bien moi"

-"Clarke comme je suis heur ... " Clarke arrête directement la cassette et repose le magnétophone. Sa discussion avec Eliza avait été enregistré, par qui et comment, elle ne le savait pas encore.

La jeune femme fouille doucement dans les quelques dossiers mais le temps lui manque alors que l'ascenseur annonce d'un simple bruit son arrivée, les portes s'ouvrent et Clarke recule déjà du bureau, décidée de revenir voir tout ça, seulement c'est à cet instant qu'elle remarque sa photo. La sienne, pas une de Eliza, mais de elle. Clarke passe son index sur son visage et ouvre le dossier alors qu'une vingtaine de clichées d'elle s'offrent à ses yeux. Des photos prisent dans la rue, devant l'hôtel où elle a logé pendant quelques mois, en présence d'amis qu'elle s'est faite. Quelqu'un l'espionnait ! Jurant de revenir au plus vite, Clarke s'éloigne définitivement du bureau et s'approche de la mallette pour regarder le corps toujours mort.

Puis elle tâte de ses doigts fins, les poches de son agresseur, avec une mine renfrognée, et tombe sur un portefeuille noir qu'elle plonge dans son sac avant d'entrer dans la cage d'ascenseur et quitter les lieux.

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Sa voiture s'arrête à la suite d'un feu rouge et Clarke gémit en voyant 21 heures s'afficher sur le cadrant. Sa mère allait la tuer ! Voilà des années qu'elle n'a plus aucune personne pour lui gronder dessus à chacun de ses faux pas et maintenant qu'elle est revenue dans la peau d'Eliza, elle réalise ce qu'est vraiment l'autorité. Soupirant de lassitude, Clarke regarde à l'extérieur ou plutôt la pluie torrentielle qui engloutit sa voiture. La route est déserte, personne n'ose sortir dehors avec cette tempête. Relevant son regard sur son rétroviseur, Clarke y voit le reflet d'une jeune femme avec des cheveux blonds trempée et une marque déjà bien visible au niveau du cou. Merde ! Clarke se contorsionne pour aller attraper, sur la banquette arrière, un gros pull en laine bleu marine. Alors qu'elle le pose sur le côté passager, le feu passe au vert et elle reprend sa route.

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Lorsqu'elle se gare au devant de la propriété la pluie n'a toujours pas cessé et la nuit commence à tomber. Clarke regarde un moment le manoir avant de couper le moteur et défaire sa ceinture. Malgré tout ce qu'elle vient de vivre, le combat, les découvertes, la pluie, le plus stressant pour Clarke reste le moment où elle devra affronter sa mère. Se battre avec un ennemi est une chose dont elle a l'habitude mais se retrouver face à sa mère en est une autre. Finalement Clarke se décide à sortir de la voiture, un petit sac en plastique dans la mains et un gros pull en laine sur elle. Courant vers son coffre, elle y dépose le sac plastique avec ses vêtements couverts de sang, et s'arrête devant la porte pour l'ouvrir et rentrer à l'intérieur.

L'entrée est sombre et seule la lumière au fond du couloir indique à Clarke que sa mère l'attend toujours dans la salle à manger. Soupirant, la blonde pose son sac à mains à même le sol et passe délicatement une main dans ses cheveux. Puis elle s'avance à petit pas en direction de la lumière.

Sa mère est seule, son assiette déjà vide alors qu'un deuxième couvert est posé face à elle. Elle ne fait même pas attention à Clarke et pianote sur son téléphone à une vitesse folle. Clarke attend gentiment que sa mère est terminée avant de commencer les excuses. Les minutes passent et finalement Abby relève le regard en direction de sa fille, elle sent alors la colère monter en elle.

-"Deux heures " souffle t-elle d'une voix dure. "Deux heures de retard et c'est seulement maintenant que tu arrives ? " demande-t-elle en gardant une attitude neutre malgré le sons de sa voix qui exprime sa colère.

-"La tempête a commencé et je n'ai pas pus ... " tente Clarke, mais sa mère la coupe.

-"Ne cherche pas d'excuses ! Tu n'en as pas et je l'ai bien compris. Tu étais avec Bellamy et sa soeur c'est ça ? " crache-t-elle avec une once de dégoût " Quand vas-tu comprendre qu'ils sont néfastes pour toi ? " s'impatiente-t-elle en regardant sa fille.

-"Ils n'ont rien a voir la dedans alors ne les y mêlent pas ... " souffle Clarke avec colère. Sa mère se lève alors de sa chaise, visiblement très remontée.

-"Bien sur que si ! Regarde toi ! Regarde ce qu'ils ont fait de toi ! Si ton père te voyait, il aurait honte de toi ! " hurle-t-elle en pointant un doigt accusateur en direction de Clarke.

Celle ci prend la dernière phrase de plein fouet et sent les larmes venir lui monter aux yeux. Clarke est touchée en plein coeur mais elle tente vainement de le cacher pour ne pas paraître faible devant sa mère. Mais bien que cette réplique la touche, elle a également le don de la mettre en rogne. Elle pince les lèvres et porte ses mains sur ses hanches en retenant ses larmes.

-"Je t'interdis de parler de papa. " dit-elle avec fermeté alors que sa mère la regarde avec surprise. "Je t'interdis de parler de lui comme ça, tu n'as aucune - je dis bien aucune ! - preuve qui montre qu'il est d'accord avec toi ! Alors arrête de le mêler à ça ! Au risque que je commence à parler de Clarke !" à ce simple prénom, les yeux d'Abby s'ouvrent de stupeur et le rouge lui monte aux joues "Oui Clarke ! Tu sais la fille que tu as lâchement laissée tomber ! ".

Bam.

Clarke ne l'a pas vu venir. Totalement plongée dans sa colère, elle n'a pas remarquer la main de sa mère se serrer puis se desserrer avant d'atterrir de plein fouet sur sa joue. La jolie blonde regarde le sol, la joue endolorie et n'ose relever la tête, seulement lorsqu'elle le fait, elle remarque la fureur de sa mère. Effrayée, elle porte une main à sa blessure et sent un peu de sang sur sa lèvre inférieur. Sa mère lève alors une main vers elle.

-"Je t'interdis de me parler de cette personne ! " hurle-t-elle alors que la dispute à amener le personnel dans la pièce "Ma fille est morte le même jour que ton père, cette jeune femme où qu'elle soit dans le monde ne mérite même plus de vivre, tu m'entends ? Toi ! " crache-t-elle en pointant son doigts en direction de celle qu'elle pense être Eliza "Oui toi ! Comment tu peux me faire la morale alors que tu la hais encore plus que moi ? Elle a tuer ton père ! Alors ne me parles plus jamais sur ce ton Eliza ! Plus jamais ! " termine-t-elle avant de quitter les lieux.

Clarke reste seule, face à un mur, le coeur en miette. La main posée sur sa joue glisse peu à peu jusqu'à retomber mollement le long de ses côtes. La douleur sur son visage n'est rien comparée à celle de son coeur. Les larmes coulent sous ses yeux, elle a l'impression de pleurer une rivière entière, pourtant elle ne bouge pas d'un centimètre, incapable d'effectuer le moindre mouvement. Des milliers d'éléments se mêlent dans sa tête, elle revoit son père, sa soeur, elle se revoit elle, jeune enfant à courir dans le jardin avec sa mère qui lui tend les bras pour l'enlacer.

Elle ferme les yeux.

Le silence est pesant, la tension dans la pièce est étouffante. Clarke rouvre ses yeux humides et finit par bouger les bras, uniquement pour essuyer ses larmes. Les mots de sa mère raisonnent dans son esprit alors que des milliers de couteaux viennent se planter un peu plus profondément dans son coeur. Depuis quand n'a t-elle pas pleuré ? Des années ? Elle en avait même oublier la douleur. Le goût salé des larmes qui tombent dans le creux des lèvres et la sensation de vide qui se niche au fin fond de l'âme. Ca fait mal, tellement mal.

Recevoir toute cette haine, tout ce dégoût. Elle avait fuit le manoir quelques années plus tôt pour ne plus se retrouver face à ça, seulement maintenant tout lui revient en pleine face. Elle se revoit à 16 ans, pleurant la mort de son père, le regard haineux de sa soeur et l'indifférence de sa mère. Refusant de replonger dans ses souvenirs, Clarke se retourne et regarde la salle à manger avec un immense vide dans les yeux.

Décidant de se reprendre en mains, elle attrape une pomme et quelques noix posés sur la coupelle en centre de table et quitte la pièce pour courir en direction du hall d'entrée. Elle regarde l'horloge qui lui indique 23 heures puis attrape son sac à mains et y jette la nourriture. Puis Clarke attrape un long manteau beige et l'enfile tout en ouvrant la porte qui mène à l'extérieur.

-"Nestor ! " hurle-t-elle alors que le domestique arrive directement, vêtu de son impeccable uniforme et de ses gants blancs.

-"Oui mademoiselle ? " souffle-t-il de sa voix neutre et très professionnelle.

-"Dites à ma mère que je pars pour quelques jours et que j'ignore la date de mon retour ... " exige Clarke alors que Nestor accepte directement.

Suite à cette échange, elle passe du côté de la nuit sombre et jette un dernière regard à son ancienne maison avant de refermer la porte.