Poème écrit le 17 mai 1... dans un état d'hébétude constant,

mais besoin de l'écrire imminent et de le lire à haute voix, aucune raison apparente, en le relisant le poème est de plus en plus étrange et j'ai l'impression de perdre pieds et de me retrouver au plafond...

sortent sans fin et j'en bave des strophes entières sans pause, je me dois de les liter ici même.


[NARVAL]

* Etouffe-ciel *


Dais empiré

Le lit géant sur son lit de nuées blanches

Eteint

Baldaquin savoureux de plumais

Un meurtre de corbeaux s'apprête à commettre une meute terrifiante

Ciel Soleil abandonné

Tout inversé

Gigantisme sans fond de cet enfer gris cendre

Le ciel n'est plus

Ou plutôt il a été, à l'instant, encore quelques secondes auparavant

Il lâche un soupire sonore et s'embrume

Dôme tristesse ou azure déploration, plus de mots

Tout renversés

Et la tête à l'envers, plongée sous les cônes

Nez pendu vers la terre, tête sanguine qui s'abreuve des pieds

Le sang goutte en deçà des ombres même

Sa grisaille morose atone fait délirer les animaux des environs si bien qu'il est difficile de contenter ses yeux d'un pareil spectacle de mort – tout au plus des voix chantées de noire se redressent dans l'abyme pour diriger une âme – bien perdue.

Le toit est sur l'orage

Ma tuile posée sur le pied, parfaitement instable

Reprise des éclairs

Cantique cantonné par l'antenne, une farce qui commence

Et les temps qui lancent leur semence, le climat se refroidit et le lit se fait plus sombre encore

Ce corps qu'est le mien parcours la lande des nues

Parcours pars et peste plutôt que d'attendre dans le vent absent

Vêtements huilés de foie et morue sur le pif prête à exploser, je chancelle doucement au gré des marées – célestes. Me voici.


Me voici brisant les courants astraux. Paradis du temps latent. Lactation désertique cette lande de plaine et d'étang, on s'en délecte. Rivages proches qui rejettent leur cendre de sons étouffés, le ciel en sa chaleur de mouvement mortifie sa complainte de l'étouffé. Le ciel m'accueille en lui et revérifie les vers de mes pensées. Tourne la tête, des ballons de foudres surgiront bientôt pour t'attraper à la vie.

L'empyrée est fait d'un asphalte couleur poussière

Au zénith des abysses, aux caveaux des firmaments réside ce cœur en mouvement

Il avance et bats avec mes

Pas

Et lèche de son rythme lancinant

Les cimes anciennes de ce monde las

Prêche rêche (le ciel étouffé) ton cœur – je suis là.