Repos éphémère. Je pensais avoir échappé plusieurs jours, peut-être une semaine au cauchemar mais ils m'ont repris aujourd'hui, en pleine journée, alors que je m'étais simplement assoupis quelques minutes après mon épuisante journée... Jute un instant, et j'ai cru mourir de peur en voyant ce que j'ai vu... J'ai écris cette chose le 29 mai 17...


[NARVAL]

* Dévoration *


Souffle écœuré, mêlée de mon sourire, j'erre

La fondrière s'épaissit sur mes épaules, mer

J'avance en pas maraîchers de vagues

J'aère mes pieds

Une mémoire qui lentement s'enterre

Elle filtre le poison de la colonne de gui et souffle

Donne une nouvelle impulsion – mortifère

Et là, dans le baume du ciel terreux, une nouvelle épaisseur coulât

Sur mes narines déverse un creuset de lumière noir

Une filtrante violette aux relents relancés

Des griffes exhumées des plaies ou des dents des morsures

Qui m'accrochent aux cheveux et m'embrument dans le néant diurne

Râle

Je lâche un soupire et m'effondre dans mes frondes

Mains râteaux et pieds racle-écorce, éliminés

Envolés dans une explosion miel

Troublés, vendus, éternués dans la gueule

Léchés, partis, plus céleste qu'il ne le veule

Esprit torcheur et torchirifié d'une implosion

Son cœur se vide à mesure qu'il épanche le monde environnant d'une cascade sans fin de boyaux hétérogènes, chacun se glisse à travers plissements et poussières et tranche le vif et le mort sans distinction – néant magenta – cordes en tronçons noircis de fureur ils s'étreignent à en découdre totalement, nous recouvrent de lumière noir et nous aspergent de la mort j'étouffe

Ridicule, effaré, fenaison de la chair vidée

Elle s'en prend à son propre morceau blanc

Fraichement étiré

Fraichement arraché

A la chair-même elle arrache un hème

An, passé les temps

De ce festin sans fin

J'en accouche, bientôt

Les pulsions dernières se font sentir, se prélassent dans mon ventre, accélèrent, m'ébouriffent violement alors que la nuit tombe, je suis là, ciel-ouvert de cœur à l'œuvre, je me promène bouche béante au dessus des herbes et des plats de tous les jours, entraînés par un zéphire bienveillant, je parviens à voir les étoiles qui chatouilles les nuages plus haut – un tout petit peu plus haut seulement – et je pourrais les effleurer de ma langue gigantesque, qui s'étire, s'étire, s'étire sans fin stérile de toute chair, assoiffé de bile et d'ossements, de sang et de peaux craquelées de sucre, j'en mangerais à satiété de vos chairs juxtaposés, balancés dans les terreaux de la fertilité, à satiété. J'écume, place mes mains sur vos têtes et vous élargit votre bouche criarde pour m'y frayer un chemin d'appétence, engloutit votre carcasse de poisse dans un grondement de mon estomac alanguis et aspire en un souffle votre sarcophage sans âme en ne laissant qu'une silhouette molle dans mon dos. J'apâlis au passage, le reste de mes déchets et vous aplatis aussi, vous, tout autant, me livre à recouvrir d'un œil tranquille votre tas de monceau de monticule d'yeux écrasés dans un petit petit petit coin sans fraicheur, vous y macérerez plaisamment, ivre et moi aussi, j'y laisserai quelques troncs bouchés de coulis intime

Salade

Violette

Acier…

Dévoration