15 septembre 1...

Les temps troublés sont passés depuis un certain temps, pourtant hier soir j'ai écris ceci, alors même que je pensais écrire des retours sur mes recherches climatologiques, mes doigts se sont mis à valser avec l'encre et la plume, je ne contrôlais plus aucun de mes mouvements jusqu'à ce que le dernier mot qui termine cet odieux message soit achevé.

Mes pensées de dévoration me reprennent, j'ai l'impression que Lisa a refait surface en moi... comment dormir avec pareil spectre planant au dessus de sa tête ?


[NARVAL]


* SIRÈNE *

Sans faire un son,

Séchant l'édredon de la mer

Sur un banc secret délétère

Soldat de sang comme un saumon fumant lové dans sa chair

Ces sirènes qui s'écoutent sans broncher

Sans poumons ni pulsation

S'étalant les os ont brisé la caverne de leur craquements

Leurs bronches remplis d'huile corail

Et mon coutelas sanguinaire

Retourné de l'imaginaire par les flots cendrés

La sœur des sirènes s'en est lestée

Ma main tremblante de l'avoir-fée

De tout son poids pêché, partie noyer

Suçotant son pouce dégarni, sclérifié d'écailles

Sempiternel regards

Se forçant à s'attacher

Se forçant à s'attaquer

Se forçant à s'immoler

Pour elles

Seulement

Pour elles seulement

J'ai tué