Pour le fun : merci pour la review, je n'ai pas pensé que ça serait si intéressant que ça de détailler l'arrestation et le procès, désolée.

Aurore : merci pour ta review, on est déjà arrivé à lundi, tu vois, ça a été vite, xD. Oui, c'est pas évident quand la relation décline, on a plutôt l'habitude qu'elle grimpe en flèche ^^. Non, tu n'as pas tout deviné, au moins, j'ai pu te surprendre, un peu.

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Ma Bella,

5 ans sont passés depuis mon procès, depuis la dernière fois que je t'ai vue.

Chaque jour depuis lors, je ressens ce vide qui reste béant. C'est comme si j'avais perdu une part de moi et que jamais rien ne viendrait le combler. Tu étais toute ma vie et maintenant que je t'ai perdu, peu de choses titillent mon intérêt et pourtant, je m'occupe l'esprit avec tout un tas de choses différentes.

Après le procès, j'ai intégré une maison spécialisée, comme ils l'appellent, j'y suis resté 1 an, 5 mois et 14 jours. Quand je suis sorti, ma première pensée fut pour toi, ma première envie fut de te trouver – où que tu sois – pour te prendre simplement dans mes bras, sentir ton odeur. T'embrasser... peut-être.

On peut penser que mes séances de psychothérapie et autres psychanalyses n'ont pas fonctionné mais si... je suppose. Tu es toujours là, dans mon esprit mais je n'ai plus ce besoin irrépressible de te garder pour moi et moi seul. J'ai pu réaliser que tu ne m'appartenais pas, que tu avais le droit de voir tes amis et même de me quitter parce que tu avais tes propres sentiments, tes émotions et je ne pouvais pas t'enfermer métaphoriquement dans mon amour ni t'enfermer physiquement pour te garder.

Je te passe tous les détails de ces séances, ce serait trop long à décrire et je n'ai pas envie de replonger dedans. Bien sûr, je dois retourner là-bas pour une séance mensuelle histoire de rester sur le bon rail, alors je le fais.

J'ai appris à faire la part des choses, à voir la limite qui sépare l'amour de l'obsession, la jalousie de la possessivité. Je travaille dans l'une des boites de mon père, à New-York. J'ai choisi cette ville à cause de la distance. Plus j'en mettais entre nous plus facile c'était de résister à la tentation de te retrouver.

Crois-le ou non, je n'ai pas chercher à connaître ton adresse jusqu'à ce qu'un ami de mon père, médecin, te reconnaisse sur la photo que je trimbale dans mon porte-feuilles. Il ne voulait pas me révéler la raison de ton hospitalisation et ça a été difficile de trouver un hacker capable de me donner cette information en piratant les données de l'hôpital. Je voulais juste savoir si tu allais bien mais dans les infos que cet homme m'a donné, il y avait ton adresse. Je n'ai pas pu résister.

Je ne suis plus le même qu'avant, aussi, est-ce la raison pour laquelle tu ne m'as pas vu traîner autour de chez toi. Et tu ne m'y verras pas, je te le promets.

Ceci est la dernière lettre que tu recevras de ma part si cela est ton choix. Je n'ai pas laissé mon adresse sur les enveloppes précédentes car je voulais que tu aies reçu toutes les lettres avant de prendre une décision.

Tu dois te demander la raison de ma démarche, elle est simple : disons que je l'ai fait pour toi mais aussi pour moi. Je voulais que tu comprennes ce qu'il s'était passé dans ma tête à certains moments de notre relation et je pensais que ça m'aiderait à me pardonner de t'avoir fait souffrir. J'avais tort pour la seconde partie mais j'espère avoir eu raison pour la première.

Maintenant, que tu as tous les éléments en main, je souhaiterais de tout mon cœur que tu aies la force de me pardonner. Ça me semble absurde de te demander pardon... comment pourrais-tu, un jour, me pardonner ?

Tu as carrément le droit de me haïr.

Je comprendrai si tu ne me réponds pas ou si je reçois la visite de quelques policiers – je pense que mes lettres vont à l'encontre de l'injonction restrictive.

Si tu penses avoir la force de m'écrire, que tu me pardonnes ou pas, tu trouveras mon adresse sur l'enveloppe mais tu as dû la voir, déjà. Sache que si tu n'en émets pas le souhait, je ne te répondrais pas, tu n'entendras plus parler de moi, je t'en fais la promesse.

Merci de m'avoir lu, Bella.

Je t'en prie, pardonne-moi.

Je t'aime.

Ooo

:)

Voilà, alors, maintenant que vous savez tout, qu'en pensez-vous ? Que doit penser Bella ?

J'espère que ça vous a plu.