La suite...
Gaara maudissait sa sœur… Temari ne pouvait s'empêcher de lui prendre la tête à chaque fois qu'ils se voyaient. Heureusement, leurs engueulades ne duraient jamais bien longtemps, ils avaient vite fait le tour de tout ce qu'ils avaient à se reprocher mutuellement. Lorsque celle-ci fut terminée, il sentit le fumet qui se dégageait de la cuisine. Shikamaru avait préparé le repas. Il vit alors qu'Hinata n'était plus là. Il n'avait fait que l'apercevoir dans sa tenue d'Homme Libre et le peu qu'il avait vu lui avait un peu trop plu… Il commença à se diriger vers la cuisine et il put alors admirer un peu plus la nouvelle tenue de la jeune femme. Croisant son regard, la jeune femme se mit à rougir. Il secoua la tête et, fronçant les sourcils, s'adressa à sa sœur :
- Dis-donc, Temari, je t'ai demandé une tenue d'Homme Libre pour passer inaperçus et tu me ramènes ça ?
- Oh, ça va, hein ? Comme je pouvais deviner qu'elle était aussi voluptueuse ?
Gaara grogna. Hors de question de voyager avec elle dans cette tenue ! Il vit qu'Hinata semblait triste. Il n'eut pas le temps de lui demander ce qu'elle avait, sa sœur reprit la parole.
- T'inquiète, on va aller acheter quelque chose à sa taille pendant que vous irez chercher le nouvel ordinateur de Shikamaru.
Gaara fronça encore plus les sourcils. Sa sœur voulait sortir seule avec Hinata ? Non pas qu'elle ne soit pas capable de la protéger, Temari était presque aussi forte que lui, mais elle n'avait pas idée de ce qu'était Hinata. Et la Possession avait avoué ne pas maîtriser ses pouvoirs… Mais il ne dit rien. Il ne pouvait pas mettre sa sœur plus en danger qu'il ne l'avait déjà fait en la faisant venir.
Il s'installa donc à table en face d'une assiette. Les autres l'imitèrent. Ils commencèrent à manger. Shikamaru regarda Hinata d'un air interrogateur. La jeune femme secoua la tête de haut en bas.
- C'est bon, merci beaucoup, Shikamaru.
Et elle lui fit un sourire éclatant. C'était la première fois que Gaara la voyait sourire. Et il fallait reconnaître que ça lui allait bien. Malheureusement, les épreuves qui les attendaient tous les deux lui faisaient penser qu'elle n'aurait pas souvent l'occasion de sourire pendant leur périple. Ils terminèrent leur repas en silence. Puis, Shikamaru et Temari se proposèrent pour faire la vaisselle. Comprenant qu'ils avaient besoin de temps pour eux, Gaara proposa à Hinata de s'installer dans le salon pour discuter de leur prochain voyage.
Ils s'installèrent tous les deux dans le canapé. Puis, Gaara se tourna vers Hinata et lui saisit fermement le poignet. La jeune femme ne put réprimer un petit cri plaintif.
- Je te préviens, lui dit-il en la fixant droit dans les yeux de son regard froid, si jamais tu viens à dire à Temari ce que tu es…
- Je… J'avais bien compris, protesta Hinata en tentant de lui faire lâcher prise mais sans résultat. Je ne lui dirai rien, je ne suis pas stupide !
- Tu ferais mieux… La menaça-t-il en la lâchant.
Hinata se contenta de masser son poignet endolori. Gaara pensa alors que le voyage risquait d'être long. Cette jeune femme était absolument incapable de se défendre seule… Il faudrait qu'il lui apprenne au moins à se servir d'un taser. Mais avec ses pouvoirs instables… Alors au moins le corps à corps ? Mais quand il posa les yeux sur son décolleté, il secoua la tête : mauvaise, très mauvaise idée. Il soupira, il verrait bien en route.
- En tout cas, reprit-il, essaye de trouver quelque chose de moins voyant.
- Ce n'est pas ma faute si je suis plus grosse que Temari ! S'emporta la jeune fille en se levant.
Les femmes… Il l'avait vexée… Mais il ne pouvait pas lui dire qu'il la trouvait belle dans sa tenue. Cela aurait encore plus compliqué leurs relations déjà tordues.
Alertés par les protestations d'Hinata, Shikamaru et Temari arrivèrent dans le salon. Gaara soupira encore. Il allait de nouveau passer pour le méchant… Surtout si Temari s'en mêlait.
- Que se passe-t-il ? Demanda celle-ci à Hinata.
- R… Rien. Je me suis emportée, c'est tout.
Gaara regarda l'horloge au-dessus de l'entrée. Les magasins allaient ouvrir leurs portes. Il était temps de se mettre en route.
- Temari, passe-moi 100 crédits pour l'ordinateur.
- Radin, grommela Shikamaru.
Temari tendit une carte à son frère. Celui-ci la prit. Il partit se changer rapidement dans la salle de bain. Il vit qu'Hinata avait sorti ses affaires de la machine à laver et qu'elle y avait mis les siens à la place. Ceux-ci étaient propres également. Il enfila les siens avec une joie non dissimulée. Il était définitivement plus à l'aise dans son cuir qu'en T-shirt et bermuda… Il rejoignit les autres dans le salon. Il fit un signe de tête à Shikamaru puis il se dirigea vers la porte, suivi du hacker qui râlait parce qu'il devait sortir de chez lui, ce qu'il détestait plus que tout. Au moment d'ouvrir la porte, Gaara se retourna vers Temari :
- On se retrouve ici à midi. Ne soyez pas en retard…
- Pas de souci, faites attention vous aussi ! Répondit Temari en embrassant Shikamaru et Gaara sur la joue.
Puis les garçons se mirent en route. Ils marchèrent en silence jusqu'au magasin où Shikamaru avait ses habitudes. Gaara remarqua que le jeune homme n'avait pas pris le chemin le plus direct, passant par les rues où lui-même savait qu'il n'y avait pas de caméras de surveillance. Et quand il prenait une rue équipée, il passait comme lui dans les angles morts de celles-ci. Gaara était perplexe. Shikamaru semblait avoir suivi ce trajet par habitude, et non parce qu'il était en compagnie de quelqu'un qui a un contrat sur sa tête.
En y réfléchissant, Gaara savait peu de choses sur le jeune homme en dehors de son travail. Ils n'avaient jamais eu l'occasion de sympathiser plus que cela. Il savaitr que Shikamaru était arrivé à New Shangaï trois ans plus tôt et il n'avait pas fallu longtemps avant que sa réputation ne remonte jusqu'à Gaara. Il était performant dans son travail et ses prix restaient raisonnables pour la qualité de celui-ci. Jusqu'à présent, ces simples faits lui avaient suffis. En tant que gestionnaire, c'était Temari qui entretenait les relations plus étroites avec les fournisseurs. Et il était maintenant évident qu'avec Shikamaru, elle était allée plus loin que ce que son devoir exigeait d'elle…
Arrivés au magasin, Shikamaru se lança dans une âpre négociation avec le vendeur. Ils râlèrent, grognèrent, se fâchèrent, Shikamaru faillit partir, mais au final, il réussit à obtenir le modèle qu'il convoitait au prix que Gaara s'était engagé à payer. Après cette démonstration, Gaara se dit que, plus que jamais, Shikamaru ferait un bon élément chez les Sabakus. Gaara paya et les deux hommes se remirent en route en direction de l'appartement du hacker. Ils ne rencontrèrent aucune difficulté et ils arrivèrent à bon port à 11h.
Shikamaru se mit aussitôt au travail en branchant et initialisant son nouveau jouet. Gaara s'installa sur le canapé et le regarda faire. Puis, n'y tenant plus, les filles ne revenant pas avant une heure, il finit par lui poser la question qui le taraudait :
- Shikamaru, qui es-tu exactement ?
Le jeune homme ne répondit rien, continuant à pianoter sur son clavier. Gaara détestait être ignoré. Il reposa encore sa question. N'obtenant toujours pas de réponse, il se leva et fit pivoter le fauteuil de l'homme pour l'obliger à lui faire face. Le visage de Shikamaru était calme et ne reflétait rien. Il s'attendait visiblement à ce que Gaara perde son sang-froid.
- Pourquoi ne réponds-tu pas à la question ? S'énerva Gaara.
- Je ne pense pas que tu aies besoin de le savoir… Ni que ce soit bon pour toi.
- Je vais partir, laissant ma petite sœur toute seule avec un mec louche qui lui tourne ostensiblement autour… Peu de chance que je laisse la situation dans cet état avant de partir…
Shikamaru soupira. Puis il releva la tête et planta son regard dans les yeux de Gaara. Une minute passa ainsi, les deux hommes se dévisageant en silence. Puis Shikamaru finit par le rompre :
- Très bien, je vais te raconter. Mais je t'interdis d'en parler à Temari !
- Raconte, je verrai après si elle doit ou non savoir.
- T'es chiant, tu le sais ? Bon, d'abord, Shikamaru n'est pas mon vrai nom. Mais je ne te dirai pas le vrai, tu n'en as pas besoin.
- Ok, continue…
- Je viens d'Europe. D'Allemagne plus exactement. Mes parents s'y étaient réfugiés avant la Vague. J'y ai grandi et c'est là que j'ai appris à devenir hacker. Nous étions des Possessions des entreprises DEMAIS, ceux qui dirigent l'Europe centrale et l'Amérique du Sud. J'ai rapidement grimpé les échelons, je suis devenu une Possession en tunique cyan, le rang juste en dessous de celui d'Hinata. C'est là que le Président Demais m'a demandé de chercher pour lui une taupe dans son équipe de tuniques ivoire. Il suspectait la présence d'un espion parmi eux suite à 2 tentatives de vol de données qui avaient échoués. J'ai donc mené mes recherches chez les tuniques ivoire et j'ai malheureusement trouvé, en plus de l'espion, des preuves d'un harem monté par Demais dans lequel il retenait, contre leur gré, une vingtaine de jeunes filles Possessions. Très jeunes… Pas plus de 10 ans… Et j'ai trouvé des vidéos. Crois-moi, quand j'ai vu ces vidéos, j'ai vomi tout ce que j'avais dans le ventre. Je n'ai rien dit et j'ai dénoncé l'espion auprès du Président. Mais je ne pouvais pas rester là-bas sans tenter quelque chose. J'ai donc piraté le système de surveillance pour aller délivrer ces pauvres filles. Malheureusement, je n'ai pas remarqué le système de surveillance annexe. Je me suis fait attraper. Le président décida de tous nous tuer, les filles et moi-même. Et de me faire ensuite endosser la responsabilité de ce qu'il leur avait fait subir le long de leurs courtes vies. Ainsi, il aurait pu en reconstituer un avec des filles plus jeunes. J'ai eu la chance de pouvoir m'enfuir avec la complicité d'un ami sur place. Les jeunes filles n'ont pas eu cette chance. Un contrat a aussitôt été passé sur ma tête, basé sur le fait que j'étais un pédophile, bien sûr. C'est là que je suis venu à New Shangaï. Depuis, j'essaye de faire tomber les entreprises Demais. Mais d'ici, je ne peux quasiment rien faire. Mon ami reste mon contact là-bas. Heureusement, jamais personne n'a suspecté qu'il avait pris part à ma fuite à l'époque. Bref, tu comprends surement mieux mon souhait de ne pas entrer dans ta famille. Je refuse de mettre qui que ce soit d'autre en danger à cause de moi. Le prix a été trop lourd à payer la première fois. C'est pour ça que, lorsque tu nommeras Temari chef de la Famille Sabaku à ta place, je la quitterai. Et je quitterai New Shangaï.
Gaara resta silencieux. Il digérait tout ce Shikamaru venait de lui apprendre. En effet, il comprenait mieux certains aspects de la vie du jeune homme. Pourquoi il ne sortait jamais de chez lui, pourquoi il évitait les caméras de surveillance, pourquoi il ne se liait avec personne, préférant travailler en solitaire… Mais si Gaara était sûr d'une chose, c'était qu'on était plus forts à plusieurs.
- Shikamaru, tu es un crétin !
- Pardon ?
- Tu aurais dû m'en parler ! Ou au moins en parler avec Temari ! Il est évident que nous t'aurions aidé !
- Tu peux parler ! Tu es dans la même situation que moi et toi aussi tu pars !
- Parce que les Kitsune savent où me trouver ! Toi, personne ne sait que tu es là ! Demande à Temari de t'aider, elle t'offrira un poste de hacker dans l'enceinte de notre maison. Tu n'aurais plus jamais besoin de sortir. Et tu serais une aide précieuse pour nous.
- Je ne veux pas la mettre en danger. Le jour où ça se saura que je suis là-bas…
- Tu seras toujours à temps de partir à ce moment-là ! Shikamaru, tu as la chance de pouvoir vivre une relation fondée sur les sentiments ! Ne gâche pas ça pour une simple histoire de contrat.
- Tu parles, tu n'aimes pas me savoir avec ta sœur…
- Parce que tu vis en dehors de notre famille. Des déplacements trop fréquents à un endroit précis la mettent en danger. Il deviendra bientôt facile de la pister et de placer un piège sur sa route quand quelqu'un s'apercevra qu'elle vient souvent par ici.
Shikamaru ne répondit rien.
- Promets-moi de parler avec elle lorsque je l'aurai nommée. Je ne te demande pas de lui raconter toute ton histoire si tu penses qu'il vaut mieux qu'elle l'ignore, mais je ne veux pas que tu lui imposes ton choix de partir au moment où elle aura le plus besoin d'être entourée.
- Bien, je te le promets…
Puis il se retourna vers son ordinateur, recommençant à pianoter à tout vitesse. Gaara s'allongea sur le canapé en attendant que les filles rentrent.
- En parlant de relations basées sur les sentiments, ne crois pas que je n'ai pas remarqué la façon dont tu regardais Hinata dans sa combinaison en cuir… Dit Shikamaru sans quitter son écran des yeux.
Gaara grogna.
- Ne dis pas de bêtise. Elle est un moyen de trouver quelqu'un capable de faire annuler le contrat passé sur ma tête, c'est tout.
Shikamaru pouffa sans répondre.
- Au fait, dit Gaara avant de s'endormir, tu penseras à chercher ton contact qui a les mêmes pouvoirs qu'Hinata ?
- Je suis déjà sur sa trace. Mais il est assez difficile à trouver. Dors, j'aurai les réponses à ton réveil.
- C'est quoi son nom au fait ?
- Je ne connais pas sa véritable identité. Mais sur les réseaux, il se fait appeler Birdincage.
Et Gaara s'endormit.
Et voilà ! En espérant que ça vous plait toujours autant !
Si jamais je fais fausse route, ou pour me confirmer dans ma voie, vous savez quoi faire : REVIEWS !
A bientôt
Winlie-chan
