Emery Queen était allongée dans son lit, depuis plus d'une heure, elle n'arrivait pas à dormir. Elle bougeait encore et encore dans l'espoir de trouver une position confortable, mais elle n'y arrivait pas. Elle se leva et prit un livre pour essayer de trouver le sommeil. Du haut de ses sept ans, Emery était très intelligente, comme sa mère... Enfin c'est ce que disait son père. Elle alluma la lumière et se remit dans son lit en tenant son livre contre elle.
Au bout de quelques minutes, elle entendit quelqu'un ouvrir la porte. Elle se tourna et vit son père qui était là. Il avança vers elle et s'installa sur son lit.
- Tu devrais dormir ma puce.
- J'y arrive pas papa, maman me manque.
Oliver sourit, et caressa tendrement la joue de sa fille.
- Maman rentre demain Emery, là il faut dormir.
- Elle rentre avec ma petite sœur ?
Oliver sourit de nouveau et prit sa fille dans ses bras.
- Bien sur que oui, Molly rentre aussi. Mais il faut dormir Emery, Tommy dort déjà lui.
Emery fit une petite grimace.
- Oui mais Tommy bouge tout le temps, il est super fatiguée le soir... Moi je suis sage, donc je suis pas fatiguée.
Oliver éclata de rire, la logique de sa fille était implacable. Vraiment. En effet Emery est très calme, posée, s'occupant facilement toute seule, que ce soit avec ses jouets, ses livres, où en regardant sa mère travailler. Tommy est beaucoup plus vivace, à tout juste quatre ans, il aime courir, sauter partout et montrer sa présence, en vrai petit bout en train.
- Papa ?
Oliver aida sa fille à se recoucher, il était tard, elle devait dormir.
- Oui Emery ?
- Comment tu as rencontré maman ?
Oliver fut pris de court, il ne savait pas trop quoi répondre à la question de sa fille. Bien sur Emery savait déjà qu'il avait eu un accident et qu'il avait été sur une île pendant très longtemps mais elle ne savait pas pour Arrow ni tout ce qui en avait découlé, elle était beaucoup trop jeune pour ça. Alors il ne se voyait pas comment lui dire ça... Mais en voyant son regard, et surtout le fait qu'elle n'arrive pas à s'endormir, il se dit qu'il pouvait essayer de lui raconter.
- Je l'ai rencontré au travail... J'avais besoin d'aide pour réparer mon ordinateur, et maman m'a aidé.
- C'est la meilleure maman avec les ordis !
- Ça c'est bien vrai. Après je suis revenu souvent pour qu'elle m'aide, même si parfois j'aurais pu le faire tout seul, mais je pense que je voulais la voir. Tu sais ta maman est vraiment belle !
- Oui je sais ! La plus belle !
- Exactement... Et puis petit à petit on est devenus amis, juste amis au début, tu sais que j'aimais ta tante avant.
- Oui, tante Laurel, et après tante Sara qui est au ciel.
- C'est ça.
Ils avaient quand même parlé de Sara à Emery, elle ne comprenait pas pourquoi ses parents gardaient une photo d'une femme qu'elle ne connaissait pas, alors il lui avait expliqué en gros qu'elle était morte dans un accident avant sa naissance.
- Donc on est devenus amis, et puis petit à petit... J'ai commencé à aimer ta maman, plus que je n'ai aimé Sara ou Laurel... Mais je suis un peu têtu...
- Maman dis que Tommy est têtu comme toi... Et Tommy est très têtu... C'est pas bien de mentir papa !
Oliver éclata de rire, sa fille est vraiment adorable.
- Bon ok, je suis très têtu, alors j'ai tout fait pour qu'on reste juste amis, je lui ai fait de la peine aussi, et je m'en veux beaucoup pour ça. Surtout que ta maman m'aimait beaucoup déjà... Mais j'avais peur...
- Peur de quoi papa ?
- Peur que ta maman ne sois pas heureuse avec moi... Peur que je finisse par lui faire du mal... Juste ici...
Il montra son cœur à sa fille, Emery hocha la tête et comprit, elle savait que son père aimait sa mère plus que tout et que aujourd'hui, ils étaient heureux. Alors elle ne disait rien.
- Mais je n'ai pas pu continuer comme ça... Je n'ai pas pu rester loin d'elle, c'était impossible... Mais quand je me suis décidée, ta maman avait déjà quelqu'un d'autre...
- Qui ?
- Ray...
- Oncle Ray ? Avec maman ?
Oliver hocha la tête. Même si près de neuf ans s'étaient passés depuis que Ray et Félicity avaient eu leur histoire, Oliver se sentait toujours jaloux face à lui. Même si Ray était aujourd'hui mariée, à Laurel en plus... Ça lui faisait encore bizarre, mais ils étaient heureux tout les deux, parents de deux petits garçons, Samuel et Lucas, des jumeaux de cinq ans... Ça lui faisait toujours bizarre de se dire qu'ils avaient finis par se trouver ces deux là.
- C'est bizarre...
Oliver sourit, Emery avait fait une grimace en entendant ça.
- Oui... Mais du coup, je suis arrivé trop tard, ta maman semblait heureuse, alors je l'ai laissé avec Ray...
Il se retenait de pleurer, vraiment, il ne voulait pas pleurer devant sa petite fille, surtout que tout était arrangé depuis tout ce temps. Il était heureux avec Félicity, ils avaient trois beaux enfants, mais il avait faillit la perdre et ça lui brisait le cœur.
- Sois pas triste papa... Maman est ma maman et toi mon papa... Oncle Ray est le mari de tante Laurel, et le papa de Sam et de Lucas. Tout va bien.
Il sourit, Emery avait raison, tout allait bien, Félicity était sa femme, la mère de ses trois enfants, et il ne voulait changer de vie pour rien au monde.
- Ray a comprit... Que ta maman ne l'aimait pas lui, mais qu'elle m'aimait moi... Alors il a réussi à la convaincre de venir me parler... Elle m'a tout dit... Et même si ça été dur, aujourd'hui on est heureux. Très heureux. Et en plus on a trois beaux enfants. Quand tu es née, j'étais nerveux, je ne savais pas comment on s'occupe d'un bébé, et puis le médecin t'a mis dans mes bras et là j'ai su que y arriverais.
- Tu es le meilleur des papa.
- Merci ma puce. Ensuite il y a eu Tommy, et pour lui ça été un peu plus facile, juste un peu, j'étais quand même nerveux.
- Et maintenant Molly !
- Oui... Votre petite sœur, tu sais avec ta maman on voulait que deux enfants au début. Alors quand elle m'a dit qu'on allait avoir Molly, j'étais surpris, vraiment.
- Tu aimes quand même ma petite sœur ?
- Bien sur Emery, je l'aime autant que toi et ton frère.
Oliver avait vraiment été surpris, surtout que Félicity faisait attention, mais pourtant quand elle était venue en pleurs dans son bureau, qu'elle avait courut dans ses bras en s'excusant, il n'avait pas comprit. Il l'avait écarté de lui juste un peu afin de lui demander ce qu'elle avait, et quand elle s'était excusée à nouveau, il avait vraiment insisté pour savoir. Et elle lui avait dit, qu'elle était enceinte de plus de trois mois... Qu'elle ne s'en était pas rendue compte et que du coup elle ne pouvait pas avorter... Oliver était surpris, vraiment. Il lui avait dit que même si elle était enceinte de trois semaines et pas de trois mois, il aurait été hors de question qu'elle avorte, que c'était leur enfant et qu'il serait accueilli à bras ouvert. Et aujourd'hui Molly était là.
Oliver regarda vers sa fille et remarqua qu'elle s'était endormie, il sourit et la couvrit, avant d'éteindre la lumière et de sortir de la chambre. Il passa dans la chambre de son fils et vit qu'il dormait profondément puis il alla dans sa chambre. Vide... Sa femme lui manquait, mais elle rentrait demain avec leur fille. Il prit son téléphone et l'appela, espérant vraiment qu'elle ne dorme pas... Il sourit quand il l'entendit lui répondre.
- Tu me manques...
- Toi aussi...
- Vous allez bien toutes les deux ?
- Oui, Molly dort, elle vient de téter... Je vais bientôt m'endormir par contre...
- Je ne vais pas t'en empêcher, je voulais juste entendre ta voix...
Félicity remarqua que son mari semblait perturbé...
- Il y a un problème ? Les enfants vont bien ?
- Oui mon ange, tout va bien. Emery avait du mal à dormir... Je lui ai raconté notre histoire... Et ça a fait remonter de mauvais souvenirs...
- Oliver...
- Non ça va... Je t'aime Félicity, plus que tout, toi et nos enfants... Vous êtes toute ma vie...
- Je t'aime aussi. J'ai hâte de rentrer demain... Avec notre fille... Emery et Tommy me manquent. Tu me manques.
Il finit par raccrocher, les seules fois où il avait été éloigné de sa femme, c'était quand elle était à la maternité et même si ça faisait déjà trois fois, il ne s'y habituait pas. Il finit par s'endormir, en se disant que finalement, même si leur début avait été un peu chaotiques... Finalement il avait tout ce dont il rêvait, la femme de ses rêves, celle qu'il aimait plus que tout, puis il y avait eu Emery, et ensuite Tommy, et puis maintenant Molly... Il était heureux, vraiment heureux.
