Bonjour !

Voilà un nouveau chapitre... J'aurais mis du temps à l'écrire, celui-là ! Cette fois, c'est un OS centré sur Minerva... Encore une fois, n'hésitez pas à me donner votre avis. Les commentaires sont notre unique payement, mais ils font infiniment plus plaisir que de l'argent. Si, si, même pour les critiques !

Enjoy !


Attention : spoilers pour ceux qui n'ont pas encore lu les chapitres 379, 386 et 388 de Fairy Tail !


Crédits : Fairy Tail appartient à Hiro Mashima


The war goddess's fragile heart

Qu'est-ce que le destin d'un homme?

Un cadeau du ciel ?

Une invention des hommes ?

Non.

Le destin d'un homme n'est qu'une seule chose –

La mort.

La mort n'est rien.

On naît pour mourir.

La question est,

De la naissance à la mort…

Que faites vous ?

Un pouvoir étourdissant. Une obscurité sans nom. Elle avait gagné quelque chose d'incroyable, sans réaliser qu'elle perdait tout autant.

Lorsque Kyôka l'avait emmené, elle l'avait suivi sans vraiment savoir où elle se rendait. Elle ne savait pas que cette femme n'était pas un mage, mais bien un démon du livre de Zeref. Le savoir n'aurait rien changé : elle n'avait pas eu le choix. Elle se soumettait, ou elle mourrait.

Malgré tout ce qu'elle avait subi, Minerva ne voulait pas mourir.

On l'amena au quartier général de Tartaros. Les quelques membres qu'elle croisa lui accordèrent à peine un regard, Franmars se contentant de déclarer qu'il espérait qu'elle se rendrait utile. Ce mépris, et ces expressions dédaigneuses réveillèrent en Minerva les souvenirs de l'enfance qu'elle n'avait pas eu. Son sang se mit à bouillir.

Comment osaient-ils ?

Mais elle ne dit rien. Quand on lui ordonna d'entrer dans une étrange cellule, elle n'hésita pas, et s'avança en affichant un air confiant. Elle ne remarqua pas que, dans l'obscurité, deux yeux similaires aux siens par leur forme, et pourtant remarquablement vides d'émotion, l'observaient. Dès qu'elle effleura la surface miroitante du liquide que contenait le dispositif, elle s'évanouit, plongeant dans les « particules du péché ».

Et le cauchemar commença.

« Déchet... laideron... idiote... inutile ! Qui voudrait de toi ? Pars ! »

« Tu implore mon indulgence ? Stupide fille ! »

« Les larmes sont le symbole de la faiblesse ! »

« Tu parles trop. »

« Tu es forte...mais tu n'es rien. Tu devrais avoir honte. »

« Je vais te montrer que provoquer notre guilde était une erreur. Les fées dévoreront le tigre. »

« C'est la fin, maintenant. Je te rends ce que tu nous as donné ! »

Un puits noir sans fond. Un désespoir étouffant. Des souvenirs associés à ses plus noirs émotions. Elle se sentait couler dans une mer d'obscurité. Et puis soudain, de l'air. Un noir pouvoir, terriblement étincelant. Elle put de nouveau se maîtriser. Elle fit taire la peur et la tristesse, oublia la honte, pour ne garder que la colère.

Son corps, lentement, en un instant, changea. Le pouvoir, enivrant, lui donnait une nouvelle forme, une nouvelle vie. Et elle était trop faible pour résister à l'attrait de cette puissance. Mais il y en avait trop. Minerva se débattit, essayant de contrôler le flot sombre qui menaçait de la submerger. Une douleur aiguë traversa son œil droit. Hurlant intérieurement, Minerva lutta contre l'emprise obscure, et finalement, elle sentit le pouvoir diminuer, s'étendre autour d'elle, en elle.

« Fairy tail... Je ne leur pardonnerais pas ce qu'ils ont fait ! »

Encore inconsciente, le nom de la guilde haïe parvint à ses oreilles. Instantanément, toute sa rage se déchaina. Elle ouvrit les yeux, et d'un seul geste elle transperça la cellule qui l'entourait. Sans aucune crainte, elle sortit. Sur son visage, on pouvait lire la joie noire qu'apporte la haine à ceux qui en sont victimes.

Prenant ses premiers pas en tant que démone, elle s'émerveilla. Tant de pouvoirs ! Cela ne semblait pas avoir de limites.

'Erza... J'arrive.'

Et soudain, Kyôka était devant elle.

« Je sais ce que tu désires. Suis-moi. »

Et malgré la petite voix qui, au fond de sa tête, l'avertissait de n'en rien faire, malgré la noirceur dans laquelle elle se sentait plonger, elle la suivit, car Minerva était faible, et le pouvoir – ce pouvoir si noir et séduisant - n'y changerait rien.


Plus tard, lorsqu'elle vit de nouveau Erza, quelque chose d'étrange, familier et inconnu, se réveilla en elle. C'était chaud, et elle pensa que c'était de la rage.

Au fond, elle s'en moquait. Tout ce qu'elle voulait, c'était sa vengeance.

Et elle regarda. Ses yeux noirs, comme la face cachée de la lune, suivirent Erza avec une obsession maladive. Pourquoi la souffrance de la puissante fée provoquait-elle un écho en elle ? Pourquoi ces questions apparaissaient-elle dans son esprit ? Et Kyôka frappait, et Erza ripostait, dans une dance infinie de griffes et de lames mêlées. Minerva était paralysée. Une partie de son être, la plus sombre, la plus présente aussi, lui hurlait d'attaquer, de tuer.

La fée doit mourir !

Mais toujours présente était la voix, l'ennuyeuse, la douce voix qui lui conseillait le contraire.

Elle regardait. Et elle ne bougeait pas.

Et soudain, tout changea. Kyôka recula, semblant bouleversée. Elle partit, mais n'oublia pas de s'adresser une dernière fois à Erza.

« Je te laisse entre ses mains. Elle vous détruira, toi et les autres fées ! »

Et tout devint clair comme du cristal. Elle savait ce qu'elle devait faire. Elle allait se battre. Elle allait vaincre. Elle allait tuer.

« De nouveau, nous nous rencontrons. C'est approprié, n'est-ce pas, Erza Scarlet ? »

La rousse leva les yeux vers elle, choquée. Oh, comme elle aimait cette expression ! Lui faire peur, la faire souffrir ! L'obscurité envahissait ses veines, la plongeant dans une euphorie malsaine.

« Minerva ! »

« Mon nom est Néo-Minerva, maintenant. J'ai été réincarnée en Démone... Et je vais te donner un échantillon de mon nouveau pouvoir. »

Et la bataille commença.


Se battre n'avait jamais été aussi excitant. Chaque coup porté augmentait son exaltation, et Minerva rayonnait d'une sombre jubilation. Son pouvoir l'enivrait.

Frapper, esquiver, frapper encore...Une dance simple qui lui plaisait.

Mais lorsque le roi d'Hadès lança Alegria, Erza lui échappa. Elle hurla de rage.

« Crois tu pouvoir m'échapper aussi facilement ? »

Personne ne lui répondit. Erza, la grande, le puissante, la belle Erza avait donc été vaincu par un autre ? Un mélange de dégout et de dépit l'envahit. Fixant de visage désormais immobile de son adversaire, elle décida de rester. Elle attendrait. Après tout, elles avaient une bataille à finir, n'est-ce pas ?


Quand Alegria se dissipa, Minerva sentit instantanément la joie l'envahir. Une joie sombre, bien sûr, même si quelque chose qui ressemblait fort à du soulagement y était mêlé. Les joues rougies d'excitation, elle cria. Et son cri n'était pas empli de haine.

« Montre moi ce que tu as dans le ventre...Ma tendre Erza ! »

Plus tard, bien plus tard, quand Minerva se souviendrait de ce cri, elle saurait alors que les émotions qu'il portait n'étaient pas celles auxquelles elle croyait alors...

Elle confondait la chaleur de l'amour avec la brulure de la rage.

Elles se battirent, encore et encore. Minerva ne pouvaient effacer le sourire de son visage. Mais il n'en était pas de même pour son adversaire. Erza, déterminée, frappait sans relâche...et pourtant, aucune envie de tuer n'émanait d'elle.

Choc

Elle se sentit soudain propulsée vers l'arrière. Le poing d'Erza l'avait frappée, la jetant à terre. La rage noire monta de nouveau en elle. Les yeux assombris par la colère, elle se précipita en hurlant sur la fée.

Choc

Elle se releva péniblement. Terrifiée, elle sentit ses pouvoirs démoniaques se déchainer en elle. Des images apparurent devant ses yeux. Son passé, son enfance, son père...

Je dois être forte ! Les larmes sont interdites !

Elle se rua en hurlant vers l'avant, tel un démon sorti des enfers. Elle se sentait forte, elle devait être forte, elle ne pouvait pas perdre !

Choc

« Réveille-toi ! »

Le cri d'Erza la tira du brouillard de colère dans lequel elle était plongée.

Toute sa force déserta ses muscles.

Etendue à terre, elle écouta son ennemie de toujours.

« Quel est le sens de ce combat ? »

Erza ne lui apprenait rien. Croyait-elle qu'elle ignorait le vide qu'était devenu sa vie? Elle n'avait plus rien. Et c'était pour cette raison, parce qu'elle n'avait plus rien, que...

« Je veux que tu me tues. Je ne peux plus vivre comme ça. S'il te plaît. »

Les yeux d'Erza se remplirent de tristesse. Lentement, la fée s'approcha. Minerva souriait. Un vrai sourire, cette fois, pas l'un de ces rictus déformé qu'elle arborait habituellement.

Son père l'aurait tué pour cette supplique...

« Tu es qui tu es. Je suis sure que quelqu'un attend que tu reviennes. N'oublie pas ça. »

Minerva leva soudain les yeux.

Quelqu'un ...qui pourrait-

« Humains »

Glacée par cette voix inconnue, Minerva tenta de distinguer le nouvel arrivant. Un homme aux longs cheveux noirs, au sourire terrifiant. Elle comprit vite de qui il s'agissait. Mard Geer, le responsable de cet enfer ! Elle assista au bref combat opposant Erza et le maître d'Hadès. Elle observa aussi, sans bouger, le geste théâtral de ce même maître alors qu'il allait la tuer.

Qu'importe ? Erza s'en sortirait...Et elle ne méritait plus de vivre.

« Fuis, Erza. »

Elle ferma ses paupière, entendant vaguement le cri de celle qui, quelques minutes auparavant, était encore son ennemie. Elle ferma ses paupières, et elle sourit.

Mais le coup ne vint pas.

« Juste à temps. Désolée pour le retard. On est venu vous récupérer, mademoiselle. »

Je suis sure que quelqu'un attend que tu reviennes.

Plongeant ses yeux dans ceux de Sting, Minerva s'autorisa enfin à pleurer.