Bonsoir bonsoir. Je vous amène, pour bien commencer la semaine, le nouveau chapitre :)
Oui pardon pardon pardon, j'ai mis le temps mais je voulais qu'il soit vraiment proche de la perfection (ça n'existe pas oui je sais). Parce que quand je lis les reviews que vous me laissez, vous me donnez envie de me dépasser encore plus, de vous amener toujours le meilleur de moi. Alors merci. Merci à vous.
Je remercie la magnifique et fidèle Lauraceae pour son temps et ses retours ainsi que mon frère qui, malgré son aversion pour la lecture, attend la suite avec impatience et accepte de corriger les fautes - souvent nombreuses - qu'il reste dans mes textes. Je vous nem fort.
SLG appartient à Mathieu Sommet et les personnages de Disney à MONSIEUR Disney.
Enfin, et c'est assez bizarre de faire ça, j'aimerais... "dédicacer" - j'ai pas d'autre mot - ce chapitre à une personne qui m'a laissé le plus long et le plus beau des retours et qui donc se reconnaîtra. Merci à toi, j'ai voulu que ce chapitre soit le meilleur possible pour toi.
Bonne lecture et Miaou ! :3
Chapitre 3 : Dans les omoplates, un bon coup de couteau.
Devant cette vision assez inhabituelle, les pirates restèrent sans voix. Il fallait dire que d'habitude, les prisonniers étaient morts de peur ou tremblaient suffisamment pour ne rien tenter. Or là, c'était nouveau et le groupe qui leur faisait face dégageait une telle force qu'ils reculèrent malgré eux.
Mathieu passa à l'action. Se ruant vers les bandits, sabre au clair, il s'envola en rase-motte afin de faucher les assaillants en première ligne, avant de se remettre sur pied devant un corsaire plus grand et large que les autres. Sans lui laisser le temps de réagir, le grand barbu attrapa Mathieu par ses vêtements et le souleva comme un rien au-dessus de sa tête. Se tournant vers le bastingage, le pirate prit son élan et projeta… son propre corps par-dessus bord. Le jeune Youtubeur avait réussi à se défaire de la poigne du géant et était resté suspendu à l'endroit même où il se trouvait 3 secondes auparavant.
- Et après on se demande pourquoi Crochet n'a jamais réussi à gagner…
Se retournant vers les autres, il vit un corsaire qui lui fonçait dessus en hurlant avec son sabre à la main. Se préparant à croiser le fer, il vit le Patron se placer juste derrière le bandit et l'attraper par le col de son habit. Déséquilibré et étouffant à moitié, l'homme tomba en arrière, juste à temps pour voir le canon de l'arme posé entre ses yeux.
- Salut, gamin… et au revoir.
Le coup de feu partit et fit se soulever la tête du pirate par la force de l'impact.
- Merci, mais j'aurais pu m'en occuper moi-même… bougonna Mathieu.
- Je sais, gamin, répondit le Patron, mais ça me démangeait depuis tout à l'heure. Et au moins, lui, il restera mort…
Ne prenant pas la peine de répondre à ce vieux souvenir désagréable, le Podcasteur se posa sur le sol et attrapa le pistolet dans sa poche avant de rejoindre la mêlée.
Pas loin de Mathieu, Maître Panda et le Hippie étaient dos à dos, le chanteur tirant sur tout ce qui bougeait avec ses deux flingues et le Hippie…
- Au fait, t'es pas censé être non violent et contre les armes toi ? dit le panda en lançant un de ses pistolets, qui s'était vidé, à la tête d'un pirate trop proche.
- Si, gros…
- Ben alors, pourquoi tu tires ? Et passe-moi le flingue là.
- Parce que si je tire pas je meurs, gros. – Le Hippie posa son pied sur l'arme au sol devant lui. – Et comme j'ai pas envie de mourir, je tire. – Il fit glisser le gun en arrière, vers l'ursidé qui le rattrapa avec son talon. –
- Ça se tient. Baisse-toi !
Les deux amis se baissèrent au même moment, avant qu'un coup de sabre ne les décapite purement et proprement. Le panda en profita pour ramasser son arme fraîchement acquise et tira à bout portant sur le pirate. Attrapant le Hippie par le bras, il changea de place avec lui afin que le camé puisse foncer dans le corps sans vie du forban. Celui-ci fut projeté sur deux autres membres de l'équipage qui tentèrent de se relever avant d'abandonner brutalement lorsqu'une balle leur traversa le front.
Dans les hauteurs du bateau, sur les mats transversaux où étaient accrochées les voiles, le Geek et le Prof avaient une vue dégagée sur tout le pont. Leur rôle, se débarrasser à distance des pirates trop confiants. Et malgré leurs différences, ils formaient une équipe redoutable.
Possédant la science infuse, le Prof était capable de calculer avec précision l'angle de visée, la vitesse de la balle et la déviation due au vent afin que chaque coup de feu soit tiré de manière fatale. Et tout ça en moins d'une seconde, le temps de recharger. Le Geek, lui, comptait sur l'instinct. Toutes les heures passées devant ses jeux vidéo – oui je sais, ça fait très cliché de dire ça mais je vous signale que c'est du Geek que l'on parle; ces heures se compte en centaines – avaient affûté ses réflexes et ses yeux. Les données que le Prof calculait de manière scientifique, le gamin les ressentait au plus profond de ses tripes.
Le garçon à la casquette avait les yeux partout. Rien ne lui échappait, même les plus petits détails. Dans le fouillis de la bataille, il aperçut Peter Pan qui combattait férocement le Capitaine Crochet au niveau de la barre du navire. Le jeune homme virevoltait autour de son ennemi en lui faisant des grimaces et en se moquant de lui. Le pirate, lui, soufflait et hurlait comme un possédé en donnant des grands coups de sabre qui ne rencontraient que du vide.
« Vas-y Peter, encouragea mentalement le Geek, c'est toi le meilleur ! »
Du coin de l'œil, le scientifique vit un pirate sur le point d'embrocher un de ses amis et donna un coup de coude au garçon. Un hochement de tête et le gamer se tourna, visa et tira dans le même mouvement. La balle fusa et se logea dans la nuque du forban qui s'écroula à quelques mètres de la Fille.
Celle-ci avait laissé tomber son arme et… courait. Avec toute une meute d'hommes hurlant et bavant à ses fesses.
- Attrapez-la ! hurla l'un d'eux. Coincez-la qu'on puisse s'amuser un peu.
- Allez camarades, encore un effort. Celle-là, elle est pour nous !
- OUAIS !
Essayant tant bien que mal d'échapper aux flibustiers, la blonde bifurqua d'un coup, avant de se retrouver acculée dans un coin du pont.
- Alors ma minette, commença un des pirates en se léchant les lèvres de manière obscène, on a arrêté de courir ? Prête à te laisser… attraper ?
- Vous feriez peut-être mieux de ranger vos armes non ? dit la Fille sans la moindre peur dans la voix.
Les pirates se regardèrent, incrédules.
- Ben oui, si vous tirez, vous risquez de me tuer ou de m'abîmer. Et ce serait vraiment dommage non ? finit-elle avec sensualité en se penchant légèrement, dévoilant son magnifique décolleté.
Les yeux écarquillés devant ce spectacle si rare à bord du bateau, les hommes du groupe lâchèrent leurs armes. Ce fut à ce moment-là que le véritable spectacle commença.
Les pirates étant désarmés, la demoiselle attrapa ce qu'elle cherchait depuis tout à l'heure pendant la course poursuite et le présenta devant elle. Les hommes éclatèrent de rire devant cette blonde et son balai dans les mains.
Avec un sourire, la jeune femme arracha d'un coup sec les brins de paille du balai afin de se retrouver avec un manche en bois uni et presque aussi grand qu'elle. Elle en testa la solidité en tapotant les tonneaux autour d'elle et décréta que ça ferait l'affaire. Le premier pirate ne comprit pas ce qui lui arriva. La seconde d'avant il riait à gorge déployée, et celle d'après il se prenait un coup de bâton dans la mâchoire. Mâchoire qui se brisa avec un gros « CRAC ». Profitant du mouvement de ce premier coup, la Fille fit tourner le bâton comme un moulinet entre ses mains, puis au-dessus de sa tète afin de changer de posture. Assénant le bout haut de son arme sur le crane du deuxième homme, elle le remonta aussitôt afin de l'envoyer valdinguer avec l'autre côté de son bâton. Profitant de l'inertie, elle pirouetta afin de centrifuger son arme pour fracasser la tempe de deux autres pirates qui ne s'étaient pas reculés à temps.
Devant la vision de cette furie, les deux pirates restant dégainèrent leur sabre sans penser un seul instant aux pistolets chargés à leurs pieds. Fonçant vers celle qui les avait humiliés, ils levèrent leur arme pour les abattre en même temps. Les lames rencontrèrent le bois fort et épais du bâton de la Fille et se coincèrent dedans. Avec un sourire et un clin d'œil, la demoiselle changea sa prise de main et fit tournoyer son manche à balai autour de ses poignets. Cela arracha les sabres des mains des pirates, surpris, qui se retrouvèrent à la merci de la blonde continuant son mouvement d'hélice. Les deux épées se décrochèrent et s'envolèrent à travers le pont pour finir dans l'eau. Stoppant ses poignets, elle plongea violemment le bout de son arme dans l'estomac du premier homme, frappa dans le tibia du deuxième pour le mettre à genoux avec l'autre côté, puis vrilla pour frapper la tête du pirate à terre avec son talon, avant de frapper d'un coup sec la nuque du forban qui se tenait toujours le ventre. Les deux assaillants s'écroulèrent en même temps.
- Règle numéro un, les gars, fit la blonde en posant son arme sur son épaule, ne jamais sous-estimer une fille qui a regardé tous les One Piece et qui voue un culte à Nami.
- Et règle numéro deux, sale chienne, dit un pirate à terre, ne jamais laisser de survivant dans une attaque.
La blonde se tourna rapidement vers la voix pour se rendre compte que l'un des pirates avait retrouvé ses esprits et la menaçait avec un des pistolets.
- Adieu espèce de diablesse, tu diras à Satan qu'il me grableblb….
La fin de sa phrase finit dans un balbutiement incompréhensible. Mathieu avait surgit du ciel, avant de foncer sur le forban pour l'embrocher. La Fille lui adressa un sourire.
- Merci.
- J't'en prie.
Puis il redécolla vers les hauteurs afin de se débarrasser des attaquants qui s'en prenaient aux deux snipers.
Les deux amis avaient vidé leurs réserves de balles et se retrouvaient sans défense contre les pirates qui étaient montés pour se débarrasser d'eux.
- Prof ! cria le Geek. Dis-moi que tu as une bonne idée !
- Malheureusement mon jeune ami, je n'en ai aucune...
Le premier flibustier se trouvait à trois pas des deux personnalités. Le regard méchant, un rictus aux lèvres et sa main serrant son sabre, il se préparait à embrocher les deux mollusques qui avaient osé les défier sur leur propre navire.
- Prof... tu me fais confiance ?
Le scientifique se tourna vers son camarade et rencontra le regard intense de ce dernier.
- Assez pour te confier ma vie...
Le Geek sourit et attrapa le bras de l'homme en blouse blanche. Avec un clin d'œil vers le pirate qui les regardait sans comprendre, ils firent un pas vers le vide.
Ils tombèrent comme des pierres. Et au loin, on entendit le cri de terreur de la Fille et celui de rage du Patron. Le pont se rapprochait dangereusement, le choc n'était plus très loin. Puis, ensemble, les deux hommes levèrent leurs mains, juste à temps pour que Mathieu puisse les rattraper afin de freiner leur chute. L'atterrissage fut brutal mais pas fatal. Leurs pieds touchant le sol, ils lâchèrent leur créateur et roulèrent sur le pont afin d'amortir encore la chute.
- Et bien et bien, fit le Prof assis par terre, c'était... dangereux.
- Mais cool ! cria le Geek qui s'était retrouvé affalé sur le pont cul par-dessus tête. On le refera dis ? Hein hein hein ?
- Crois-moi mon grand, sourit le scientifique, il y a de grandes chances que l'on ait à réitérer ce genre d'expérience.
- Ouais !
- Dites, quand vous aurez fini de prendre le thé – non-anniversaire, gros… – vous pourriez venir nous donner un coup de main ?
Les deux cascadeurs se tournèrent vers la voix et aperçurent Maître Panda et le Hippie en fâcheuse posture. Adossés au bastingage, le reste de l'équipage leur faisait face, grondants et menaçants. Ni une ni deux, le scientifique aida le gamer à se relever avant de se retrouver de nouveau à terre, plaqués par des matelots. De leur côté, le camé et le chanteur étaient dans la même situation. L'un des pirates, plus gros que les autres, avait mis en joue la personnalité en kigurumi et était prêt à tirer.
- Une dernière volonté avant de rejoindre le fond de l'océan ?
- C'est drôle que tu dises ça, gamin…
Le forban se retourna pour faire face à celui qui venait de parler et se retrouva transpercé de part en part par une lame aussi affûtée qu'un rasoir.
- Parce que j'allais te demander la même chose…
Le Patron retira le sabre d'un coup sec et se mit en position. Le corps sans vie tomba mollement sur le pont, tandis que deux autres flibustiers se ruèrent sur l'homme aux lunettes noires. Celui-ci sourit et se prépara pour l'attaque. Le premier choc des lames fut brutal et ébranla légèrement le pervers. Alors qu'il bloquait le sabre d'un des attaquants, le deuxième en profita pour pointer le sien vers les côtes de l'ennemi. Une torsion du buste permit au Patron d'éviter l'attaque, puis, en glissant sur ses appuis, il se retrouva collé au premier pirate. Attrapant le poignet du corsaire qui tenait l'arme avec sa main libre, il le lui tordit avant de lui asséner un coup de garde à l'arrière du crâne. Le poignet toujours en main, il balança l'assommé sur son camarade afin de le déstabiliser. Gagnant ainsi de précieuses secondes, il fonça et tenta de trancher sec la main du deuxième pirate. Mais c'était sans compter la vitesse de réaction du forban, bien plus habitué aux combats à l'épée que l'homme en noir.
L'attaque du Patron fût parée avec une facilité déconcertante. Fini l'effet de surprise, celui-là allait être difficile à battre.
Aucun des assauts n'atteignit son but. La vélocité du pirate était beaucoup trop grande. Chaque coup était anticipé et dévié de telle sorte que le Patron se retrouvait tout le temps en position de danger. Il avait beau frapper, trancher, feinter, esquiver, le forban avait toujours une longueur d'avance et au bout de 2 minutes, l'homme aux lunettes noires était épuisé, des coupures et des hématomes sur tout le corps.
Cela le mettait en rage. Il était tourné en ridicule par cette espèce de mollusque qui se foutait ouvertement de sa gueule et surtout, il passait pour un blaireau devant les autres. Et ça, pour un homme aussi fier que lui, c'était inacceptable. Il tenta une dernière attaque en fonçant, mais un simple mouvement de corps du pirate lui fit perdre l'équilibre. Il tomba lourdement sur le sol et lâcha son arme. Il essaya de se relever, mais le forban lui asséna un violent coup de pied dans les côtes. Grognant et des larmes de rage dans les yeux, le Patron se retourna sur le dos et croisa le regard dénué de pitié de l'homme au-dessus de lui.
Le matelot pointa son sabre sur le cœur du pervers et appuya avec la pointe.
- Dis au revoir…
La lame s'enfonça avec une facilité déconcertante, tranchant la chair comme si c'était du papier. Le sang teinta le sabre de rouge et goutta en « ploc, ploc » légers sur le sol du navire. Le cœur battit encore quelques secondes puis s'arrêta, définitivement.
L'arme fut retirée avec un chuintement feutré et le sang gicla légèrement sur les lunettes de l'homme en noir dont le cœur, lui, battait furieusement. Le corps sans vie s'affaissa, révélant Mathieu, le visage fermé et le sabre écarlate toujours en main.
- Au revoir…
Il planta la lame dans le bois du navire et aida son homologue à se relever.
- Merci gamin… j'te dois une fière chandelle.
- T'occupe, t'aurais fait pareil, sourit le Youtubeur. Bon, maintenant que c'est fait… et si on sauvait les autres ?
- Avec plaisir…
Le Patron récupéra son arme et Mathieu, la sienne. Côte à côte, ils se tournèrent vers les hommes qui avaient plaqué leurs amis au sol. Serrant leurs sabres, ils se préparèrent pour l'affrontement, lorsqu'ils s'aperçurent que les pirates étaient déjà au sol. À leur place, les 4 personnalités étaient debout et félicitaient chaudement la Fille qui rougissait sous les compliments.
- Oh c'est bon, arrêtez, je vais vraiment finir par être gênée, minauda la blonde.
- Ce que tu as fait était tout bonnement incroyable…
- … juste trop forte, juste trop…
- … vraiment impressionnant, je te savais pas capable de…
- … on aurait dit Lara Croft quoi…
- … une très grande maîtrise…
- … gros !
Mathieu soupira et se baissa pour essuyer sa lame sur le vêtement du pirate à ses pieds. Le Patron pivota vers lui, stupéfait.
- Tu savais que la blondasse était aussi forte ?
- J'ai arrêté de la sous-estimer depuis qu'elle m'a remis les idées en place tout à l'heure. Et vous avez tous été juste incroyables.
- Normal, gamin. On touche pas à la famille…
Surpris par les mots utilisés, le jeune homme se tourna vers sa personnalité perverse. Il essaya de croiser son regard mais il n'eut en retour que son propre reflet dans les lunettes de soleil. Souriant légèrement, il posa sa main sur l'épaule du Patron et la serra gentiment. Celui-ci hocha légèrement la tête et se dirigea vers le reste de l'équipe.
- Avant que vous ne parliez tous en même temps, commença Mathieu coupant court à tout début de discussion, on va débarrasser le plancher. Tout de suite.
- Je suis entièrement d'accord avec toi, vous feriez mieux de disparaître très vite avant que ceux que vous n'avez pas tués se réveillent.
Les sept amis pivotèrent vers la voix juvénile qui venait de parler. Peter Pan était tranquillement assis sur la rambarde du navire, son éternel sourire impertinent sur le visage et Clochette qui virevoltait autour de lui.
- Une balade en chaloupe, ça vous dit ?
…
- On est assez serrés, vous trouvez pas ?
- Vous ne pourriez pas augmenter la cadence de vos mouvements ?
- Beuuh… malade…
- Si vous continuez à vous plaindre, c'est vous qui allez ramer !
- Quoi ? Tu ferais ramer une pauvre demoiselle ?
- Depuis quand t'es une demoiselle toi, gamine ?
Dans la barque du navire, nos compères naviguaient tranquillement au rythme de la cadence de Mathieu et du Patron. D'après Peter, c'était le meilleur moyen de rejoindre l'île en toute sécurité.
- Terre en vue, gros !
En effet, après plusieurs minutes de sport intensif et de plaintes en tous genres, l'île Imaginaire était en vue. De près, elle était encore plus impressionnante. Une forêt luxuriante et verdoyante couvrait la quasi-totalité du morceau de terre et la montagne était visible même de la plage où ils débarquèrent.
Laissant la chaloupe sur place, ils s'enfoncèrent dans la jungle afin de mettre encore plus d'espace entre eux et Crochet. Après quelques minutes de marche, ils arrivèrent dans une petite clairière.
- Bon… est-ce que tout le monde va bien ? demanda Mathieu en s'asseyant.
- Et c'est seulement après avoir quitté le bateau, ramé et marché à découvert d'un coup de canon que tu nous demande ça ? répondit le Prof en nettoyant ses lunettes pleines de buée.
- Excuse-moi si la priorité du moment était de foutre le camp le plus rapidement possible de cet enfer sur mer…
- J'aime pas la mer, gros… Y'a des méduses, des calamars, des requins, des oursins…
- Personne n'aurait un truc pour le Geek ? interrogea la Fille qui lui frottait gentiment le dos. Il a pas l'air bien…
- Malade…
- … des éléphants de mer, des orques, des dauphins…
- J'peux lui faire un massage s'il veut, proposa le Patron. Je suis très bon avec mes p'tits doigts…
- Beuuh… non merci ça ira, gémit le garçon.
- … des morses, des bernard-l'ermite, des raies…
- Je répète ma question, fit le Youtubeur en se frottant les yeux, est-ce que tout le monde va…
- Bordel, j'ai du sang sur mon kigurumi ! se fâcha Maître Panda. Si je le lave pas maintenant, ça va s'incruster et après, impossible de l'enlever !
- Je te comprends, gamin…J'ai le même problème avec mes chemises quand je reviens de mes soirées à thème du mercredi… Sauf que c'est pas du sang moi…
- … des anguilles, des poissons clown…
- Ah ben bravo, Patron ! s'écria la Fille. T'as encore fait vomir le Geek.
- C'est quand même assez étrange qu'un garçon capable de faire ce qu'il a fait sur le bateau devienne si faible à cause d'un simple roulis de barque, commenta le Prof.
- Est-ce que tout le monde…, commença Mathieu en haussant légèrement le ton.
- Personne n'aurait vu un ruisseau ou quelque chose comme ça dans le coin ? Il faut vraiment que je nettoie mon kigu.
- … des étoiles de mer, des poulpes…
- Eh, j'y suis pour rien gamine… C'est pas ma faute si le gosse…
- FERMEZ LÀ, PUTAIN !
Sursautant sous le cri, les 6 personnalités se turent d'un coup. Regardant Mathieu, il s'aperçurent que celui-ci s'était levé et serrait les poings à s'en blanchir les articulations.
- Juste… fermez là, dit-il en avec une voix tremblante et en passant sa main sur son visage. Je veux savoir si vous allez bien… Si vous êtes blessés ou quoi que ce soit… J'ai les nerfs à vif et j'ai encore l'impression d'être sur ce foutu rafiot entouré par des mecs, sortis tout droit de l'imaginaire, qui voulaient nous tuer, nous démembrer, désosser ou que sais-je encore ! J'ai cru que j'allais m'écrouler à tout moment, que mon cœur allait exploser tant il battait vite et que j'allais finir au fond de l'océan ou avec une balle dans le crane ! J'avais un œil sur vous à chaque instant, à regarder si vous aviez des ennuis. J'avais une seule et unique putain de peur, c'était que l'un d'entre vous se retrouve à terre, éventré, transpercé, mort ! Et maintenant que l'on est enfin seul, à l'abri, loin de ces cinglés qui nous ont transformés en tueurs, vous passez votre temps à blablater comme des collégiennes alors qu'on devrait trouver un moyen de rentrer chez nous !
- Il n'y en a pas.
Mathieu pivota brusquement vers le Prof.
- Alors déjà que c'est à cause de toi qu'on est tous coincés ici, je te conseille de ne pas en rajouter !
- Inutile d'énoncer l'évidence, Mathieu, dit l'homme en blouse blanche d'une voix calme. Je sais déjà que tout ceci est arrivé par la faute de l'une de mes inventions et continuer de m'excuser ou bien m'accabler de reproches n'y changera rien. Nous sommes coincés dans cet univers onirique où le moindre danger est véritablement mortel, donc nous devons nous serrer les coudes, si je puis m'exprimer ainsi. Nous savons que tu as eu peur, nous aussi. Nous sommes tous aussi bouleversés que toi mais nous n'extériorisons pas de la même façon. « Blablater comme des collégiennes », comme tu le dis si bien, est justement pour nous le meilleur moyen de ne pas repenser à ce qu'il vient de se passer. On ne pourra pas l'oublier, mais laisse nous le temps de nous en remettre s'il te plaît…
Le silence retombait sur le groupe et le scientifique voyait les épaules de son créateur se détendre au fur et à mesure de son discours.
- Alors pour répondre à ta première question, oui nous allons tous bien. Nous ne sommes pas morts, je crois que ça se voit, et nous ne sommes pas blessés ou si c'est le cas, pas gravement. Et pour ta dernière interrogation… on ne peut pas rentrer chez nous. En tout cas pas de notre plein gré. Le réveil doit venir de l'extérieur, sinon, on restera ici jusqu'à la fin.
- Je suis pas d'accord avec toi.
Nullement étonné par cette affirmation, le Prof laissa la parole à son jeune ami.
- Vous avez oublié où nous sommes, commença le Geek. C'est Disney ici. L'univers de la magie en tout genre ! Vous en avez eu la preuve tout à l'heure quand Mathieu s'est envolé, tout est possible ici ! Il doit bien exister quelque part dans l'un des mondes merveilleux, une personne, un objet, une chose ou n'importe quoi qui nous permettra de rentrer ! Je sais pas moi… le Génie de Aladdin ou bien les trois Fées de La Belle au Bois Dormant ! Les choix ne manquent pas !
L'espoir plana au-dessus du groupe pendant un moment. Rentrer ? Sortir de ce cauchemar ? Ça semblait si parfait comme idée.
- Mais bon… avant ça il faut mettre le plus de distance entre nous et Crochet, conclut le gamer en se levant. Je vous propose d'aller jusqu'à l'Arbre du Pendu qui ne doit pas être bien loin. C'est la cachette de Peter, il doit connaître un moyen de quitter cette île sans danger. Ou bien, au pire, on peut aller jusqu'à la réserve des Indiens. Ils doivent savoir eux aussi.
Souriant en voyant son ami, d'ordinaire si effacé, prendre les devants, Mathieu reprit confiance. C'est sûr, ils y arriveront. Ils réussiront à rentrer chez eux !
Mais là, tout de suite, un détail le chagrinait et il n'arrivait pas à mettre le doigt dessus…
- Dites… quelqu'un a vu le Panda ?
Tous les regards se tournèrent vers l'endroit où se tenait le chanteur il y a quelques minutes. La place était vide.
- … Y'a un problème.
À peine cette phrase fut prononcée, que les buissons et les fourrés autour de la clairière s'écartèrent violemment, pour faire apparaître ceux qui avaient enlevé Maître Panda. En quelques minutes, l'équipe de Salut les Geeks fût entourée par une vingtaine d'indiens, pointant leurs arcs sur eux, prêts à les transformer en pelote d'épingles à tout moment.
- Geek… tu voulais les Indiens ? Tu les as…
Aimez-moi... haïssez-moi... et attendez la suite ! =3
