Bonsoir, bonsoir :) J'ai le plaisir de vous livrer le nouveau chapitre que voilà.

Bon, il se passe pas grand chose après le chapitre précédent qu'était la groooosse baston bien badass sur le navire, mais promis je me rattraperais sur le prochain ;)

SGL appartient à Mathieu Sommet et Disney à MONSIEUR Disney.

Je remercie encore une fois La Succube et Lauraceae pour leur aide et leur temps pour ce chapitre. Coeur pour vous les filles !

Et merci encore pour vous reviews, ça me fait toujours aussi chaud au cœur !

Miaou :3


Chapitre 4 : Pourquoi j'vois rouge quand j'parle d'indiens.

C'était une catastrophe.

On lui avait donné une mission simple. Un ordre clair. Observer et veiller sur les étrangers à partir du moment où ils poseraient le pied sur l'île. Et voilà que 5 minutes après leur débarquement, ils s'étaient retrouvés encerclés par les indiens.

Le jeune garçon courait et bondissait à en perdre haleine. Il ne faisait aucunement attention à ce qui l'entourait ou aux branches qui lui fouettaient le visage et le corps pendant sa course.

C'était une catastrophe.

Il fallait prévenir Peter !

Debout en plein milieu de la clairière, Mathieu et ses personnalités levaient les mains bien hauts devant ces hommes à la peau rouge qui les menaçaient de la pointe de leurs flèches. Les joues bariolées, les yeux cernés de noir, des plumes dans les cheveux, des habits de cuir et de toile, ils étaient les copies conformes de ces indiens que l'on pouvait voir dans les vieux westerns.

Sa flèche toujours encochée, l'un des guerriers s'avança et fit un mouvement vers la forêt avec le bout de son arc. Les 6 amis se regardèrent, ne sachant pas quoi faire. L'indien recommença le même mouvement. Deux fois.

- Il veut quoi, l'emplumé… ?

- Je ne sais pas, Patron, répondit Mathieu dont le cœur battait très vite.

L'emplumé, justement, tapa du pied et banda son arc plus fort devant son visage puis refit encore le mouvement.

- Je crois qu'il veut qu'on les suive, dit le Geek avec une petite voix.

- Il a tout l'air de nous commander d'aller dans cette direction spécifique, en effet, ajouta le Prof.

- Et depuis quand on prend nos ordres de bariolés, nous ? déclara le Youtubeur en baissant les bras. On va pas vous suivre, continua-t-il en se tournant vers l'indien, on va aller dans notre direction et vous dans la vôtre. Comme ça, tout le monde sera content. Venez, on se casse, conclut-il en faisant un pas en avant.

TCHAC !

La flèche se planta à quelques centimètres de son pied. La Fille cria et Mathieu blêmit. Si l'archer avait raté son coup, il aurait sans doute perdu son pied. Levant les yeux, il vit que les peaux-rouges avaient tous avancé d'un mètre dans leur direction, leurs arcs bandés à la limite de la rupture. Le message était clair. Un seul mouvement déplacé, un seul faux pas, une seule parole à la légère et ils finiraient tous en porc-épic…

- Je me répète mais… je crois qu'ils veulent qu'on les suive, murmura le Geek en se plaçant derrière la Fille.

- Je crois que, finalement, ce n'est pas une si mauvaise idée que ça…

Le Youtubeur regarda l'indien qui était devant lui et hocha la tête. Le guerrier ne bougea pas et au bout de quelques secondes, pendant lesquelles Mathieu se demandait s'il avait compris qu'ils acceptaient de bouger, il baissa son arc. Les autres archers relâchèrent la pression sur leurs armes sans pour autant les quitter des yeux.

Le peau-rouge, que le Podcasteur pensait être le chef, pointa la forêt du doigt.

- Avancez.

- Eh ! Fallait le dire que vous parliez, s'écria la Fille, ça aurait été plus simple pour commun…

TCHAC !

La flèche arracha l'une des boucles d'oreille que la demoiselle portait et alla se planter dans arbre avec un bruit mat. La blonde déglutit et porta sa main à son oreille. Quelques gouttes de sang perlèrent là où se trouvait le bijou quelques secondes auparavant.

- Avancez.

- Oui oui ! On avance, on avance…

- Je vois pas ce qu'on pourrait faire d'autre, gros…

Les 6 amis se dirigèrent vers le sentier désigné par l'indien et marchèrent sans bruit. Le silence était pesant, uniquement brisé par le bruissement du vent dans les feuilles des arbres de cette forêt à la fois magnifique et angoissante.

- Au fait, murmura le Youtubeur, il est où le Panda.

- Je ne sais pas du tout Mathieu, répondit le Prof avec la même intonation, mais si tu veux mon avis, il a été capturé juste avant nous pendant qu'il allait laver son kigurumi.

- J'espère sincèrement que tu as raison…

Au bout de plusieurs minutes, longues comme une éternité, ils arrivèrent en vue du campement.

Au bout d'un chemin étroit au-dessus de l'eau, le village indien ressemblait énormément aux vieilles images de l'ancien Far-West. Des tipis de toile, colorés et remplis de symboles était disposés en cercle sur le sommet de la colonne rocheuse qui surplombait la mer. Des tam-tams étaient posés un peu partout, attendant d'être utilisés pour les danses traditionnelles. Ou bien pour les morts rituelles…

Le jeune homme et ses personnalités furent assis autour du grand totem au milieu du village et attachés solidement. Tout autour d'eux, les indiens du camp se regroupaient, sans doute dans l'attente de l'arrivée du chef.

- J'ai peur…

- Ne le montre pas, gamin… Soit fier et brave, comme eux.

- On pourrait peut-être essayer de leur parler, non ? suggéra la Fille. Vu qu'ils nous comprennent, on devrait réussir à trouver un terrain d'entente.

- Peine perdu, j'ai déjà essayé…

Ceux qui le pouvaient tournèrent leur tête vers la voix familière.

- Panda ! cria le Geek.

- Maître Panda s'il te plaît mon grand, sourit le chanteur. Content de voir que vous allez bien.

- Si « bien » signifie « être attaché à un totem indien et entouré par des guerriers peaux-rouges menaçants au milieu d'un village indigène », alors, oui nous allons bien.

- Ton souci du détail m'avait manqué, Prof, siffla l'ursidé.

- Vous croyez vraiment que c'est le moment de commencer vos chamailleries ? demanda Mathieu en soupirant.

- Euh… les gars ? dit la Fille. On a un problème.

- On a vu ça, gamine… T'as pas autre chose de plus pertinent à dire ?

- Regarde dans ma direction et tu verras si c'est pas « pertinent » !

Sortant du tipi principal, le chef des Indiens venait d'apparaître. Grand, voir imposant, le visage plus rouge que les autres et marqué par les années, il portait une tenue couleur vert océan et une immense coiffe à plumes surmontée de deux cornes noires. Les joues barrées de deux traits bleu ciel et ses yeux perçant comme ceux d'un aigle royal, il se dirigea, menaçant, vers les prisonniers.

- Laissez-moi parler, dit le Geek.

- C'est pas le moment de plaisanter…

- Pour une fois, Mathieu, tu la fermes trente secondes et tu me laisses parler ! Je connais cet Univers, je sais quoi dire, je sais quoi faire, alors tu te tais et tu regardes !

Mouché par le gamin, le Youtubeur ouvrit la bouche avant de la refermer aussitôt. Après tout, Disney était un de ses domaines de prédilection. Si il y'avait bien une personne qui pourrait réussir à les sortir de là, c'était bien lui.

Dans l'œil du Patron, bien caché derrière ses lunettes noires, une étincelle de fierté apparut.

Le Grand Chef se planta devant Mathieu.

- Haaaooowww….

Ne sachant pas trop quoi dire, le jeune homme ouvrit la bouche mais se ravisa en voyant le Geek prêt à parler.

- Haow, Grand Chef.

L'imposant indien se tourna vers le gamin à la casquette. Celui-ci se redressa et soutint le regard acéré du peau-rouge.

- Depuis que le Soleil et la Lune se coursent mutuellement, visages-pâles tenter d'envahir nos terres.

- Hug, répondit le garçon pour être repris par la suite par les autres personnalités.

- Toujours, nous avoir chassé les intrus. Toujours, nous les avoir combattus. Toujours, ils revenir.

- Envahisseurs jamais apprendre de leurs erreurs, approuva le geek.

- Vous avoir débarqué ici venant du bateau des maudits pirates. Peaux-rouges devoir faire un exemple pour les générations à venir.

- Chef Petit-Doigt-Volant nous avoir donné la direction de la terre par-delà les flots. Nous seulement vouloir rester en vie et rentrer chez nous, loin, au-delà des étoiles.

À la mention du nom indien, le Chef haussa un sourcil.

- Vous pas faire partie de la tribu de Petit-Doigt-Volant. Vous trop vieux. Vous mentir.

- Et non chef, ils ne mentent pas. Bon ils sont un peu trop vieux effectivement, mais ils ne mentent pas, ils sont avec moi.

Le grand indien leva la tête vers le sommet du totem. Assis en tailleur, un immense sourire aux lèvres, Petit-Doigt-Volant, ou Peter Pan pour les intimes, les regardaient tous tranquillement.

- Relâchez-les Grand Chef. Je suis curieux de savoir qui ils sont, d'où ils viennent et pourquoi ils sont là…

Appuyé sur la rambarde, au niveau de la barre du navire, le Capitaine Crochet contemplait le massacre.

Jamais, de sa longue vie de pirate, il n'avait été aussi humilié. Les corps jonchaient le pont du bateau, teintant le bois vernis de reflets écarlates. Les tonneaux étaient renversés, les cordes coupées, les voiles arrachées et les pirates toujours en vie étaient prostrés dans leur coin, ruminant, murmurant et maudissant le groupe qui leur avait fait ça.

Le grand forban serra le poing. Cette fois-ci, tout était allé trop loin. Ces intrus allaient payer cher cet affront et Peter Pan allait mourir de sa lame. Il en faisait le serment.

- Capitaine ? fit une petite voix plaintive

Crochet se tourna vers son fidèle et pitoyable second qui se tenait derrière lui, chiffonnant son éternel bonnet à rayure dans les mains.

- Qu'est-ce qu'on fait Capitaine ? C'est la première fois que nous perdons autant d'hommes. Il vaudrait peut-être mieux abandonner et partir, non ? Ça serait mieux pour tout le...

Le geste fut si rapide que Mouche ne s'y attendit pas. Le célèbre pirate avait attrapé le petit homme par le col de son pull avec son crochet pour le ramener vers lui et serrait à présent sa nuque avec sa main.

- Encore un mot, misérable moule puante, et je briserai ton cou tellement fort que l'on pourra entendre tes os craquer à l'autre bout de l'île, feula Crochet d'une voix rauque et remplie de haine. Jamais je n'abandonnerai... Tu m'entends ? JAMAIS ! hurla-t-il en balançant Mouche violemment contre la rambarde. Même si je dois sacrifier jusqu'au dernier de mes hommes, même si je dois mettre le Pays Imaginaire à feu et à sang, même si je dois en mourir, je détruirai cette abomination volante, ce démon, ce... PETER PAN ! Et personne, pas même toi, pauvre petit plancton dégoulinant de rien du tout, ne m'en empêchera !

Se tournant vers le pont, il fit sonner la cloche se trouvant à côté de la barre pour capter l'attention des pirates encore vivants et déclara.

- Entassez les corps dans une barque, mettez-la à flot et brûlez-la. Pas le temps de s'apitoyer sur leur mort. Soignez-vous, préparez vos armes et tenez-vous prêts. À l'aube, nous débarquerons sur l'île. Aujourd'hui, le Pays Imaginaire va trembler sous notre fureur. Et enfin, les cadavres sanglants de Peter Pan et de ses indésirables nouveaux amis reposeront à mes pieds ! Préparez-vous, misérables ! Mon crochet a soif de sang !

...

- Bon... que je résume un peu, commença Peter. Vous venez d'un autre univers, où moi, mes compagnons et tous ceux qui vivent sur cette île, sommes des créatures de conte de fée qui n'existent pas vraiment, et si vous êtes là c'est uniquement parce que vous vous êtes tous "endormi" à cause d'un objet qui a explosé et donc tout ceci n'est pour vous qu'un rêve dont vous ne pouvez pas vous réveiller.

Assis en tailleur autour du feu gigantesque qui brûlait et crépitait joyeusement au milieu de la grande place du village, le jeune garçon regardait l'un après l'autre Mathieu et ses personnalités qui étaient dans la même position que lui.

- Il est vrai que c'est improbable, difficilement acceptable voir quasi-impossible, dit le Prof en essuyant ses lunettes, mais c'est la vérité.

- Vous êtes là, sous mes yeux et avez descendu plus de pirates en une attaque que moi en une semaine. Je vous crois.

Clochette, qui depuis le début était assise sur l'épaule du garçon, se leva d'un coup et se mit à virevolter brièvement devant le visage des sept compagnons avant de revenir se poser sur Peter.

- Et Clochette aussi apparemment.

- Alors tu vas nous aider ? demanda le Geek, les yeux brillants d'espoir.

- Non.

Devant la réponse brève de l'adolescent volant et l'air soudain pensif du gosse, le Youtubeur ne pût s'empêcher de tiquer.

- Et pourquoi donc ? dit-il sèchement.

- Tout simplement parce que je n'en ai pas le pouvoir, déclara Peter en haussant les épaules. Votre univers m'est totalement inconnu, je n'en avais encore jamais entendu parler. Et croyez moi, j'en ai visité des mondes. Mais je n'ai ni les connaissances, ni la magie pour vous aider.

- Alors on va être coincé ici, c'est ça ? questionna Maître Panda en se triturant les mains.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit, rassura le garçon volant. Mais pour partir, il va vous falloir l'avis d'une personne bien plus calée que moi dans ce domaine.

- Qui ?

- Merlin l'Enchanteur, déclarèrent Peter Pan et le Geek d'une même voix.

Surpris par cet écho d'idée, Peter regarda le gamin et sourit de toutes ses dents.

- Merlin ? demanda la Fille. Comme le Merlin des Chevaliers de la Table Ronde ?

- Oui, dit le gamer surexcité. Oui c'est lui. Enfin, ici, il n'y a pas encore de chevaliers ni de table ronde. Pour le moment, il s'occupe de Moustique, Arthur de son vrai nom, et lui enseigne comment devenir Roi. Mais Peter a raison… Cet homme est un véritable paradoxe ambulant ! Dans son Disney, il voyage dans le temps et sait que des histoires et des films seront inventés sur le Roi Arthur. Je le soupçonne presque de savoir qu'il est lui-même un personnage de Disney ! Exactement comme Deadpool dans Marvel !

Le Geek ne tenait plus en place. Par les oreilles de Mickey, il avait oublié Merlin ! Alors qu'il était un des piliers du domaine de la magie dans Disney ! Pour un peu, il s'en serait giflé.

- Il faut qu'on quitte cette île, déclara le garçon. On doit impérativement rencontrer Merlin. Peter, est ce que tu peux nous aider à partir ?

- Moi non. Mais je connais quelqu'un qui pourra très certainement vous…

BAOUM !

La terre trembla sous l'impact du boulet de canon, soulevant des gerbes de terre et de pierres. Un long bruit strident se fit entendre et, peu après, un deuxième projectile s'abattit sur le camp.

- C'est pas vrai mais il se passe quoi encore ! hurla Mathieu.

- On se fait sauvagement bombarder par le bateau pirate qui a dû jeter l'ancre prêt du campement ! répondit Peter. On ne doit pas rester ici, continua-t-il en dégainant sa dague et en prenant de la hauteur. Les hommes de Crochet ne vont pas tarder à poser le pied à terre et là ça va faire mal.

- Ah non, on va pas encore nous demander de fuir, rouspéta la Fille en posant les poings sur les hanches.

- Je connais votre valeur, dit le garçon en esquivant un boulet qui fonçait droit sur lui, mais cette fois, laissez nous nous amuser un peu d'accord ?

Il porta ses doigts à sa bouche et siffla longuement. Aussitôt, tout autour du campement, une dizaine de garçons hauts comme trois pommes apparurent. Ils portaient tous des tenues en peau et fourrures afin de les faire ressembler à des bêtes. Lapin, ours, castor, écureuil, ces animaux miniatures se ruèrent vers le groupe et se mirent au garde à vous devant Peter.

- Les enfants perdus… C'est les enfants perdus ! dit le Geek en sautant de joie.

- C'est qu'ils ont l'air très appétissant…

- Patron, c'est dégueulasse !

Le pervers se mit à rire puis fit claquer sa main sur l'arrière train du gamer qui laissa échapper un petit cri.

- T'inquiète pas, gamin… C'est toujours toi mon préféré…

Le garçon lui lança un regard assassin ce qui ne fit ni chaud ni froid à l'homme aux lunettes noires.

- Bien, bande de ramasseurs de noix, cette fois c'est à nous de nous débarrasser de ces pirates puants et hargneux. C'est compris ?

- Oui, Peter !

- Parfait ! Préparez-vous et que le meilleur gagne !

- OUAIS !

En un éclair, la petite troupe se sépara et chacun se plaça à un endroit stratégique pour l'arrivée des forbans.

- Moi, les garçons et les indiens on se charge des pirates, dit Peter en se tournant vers l'équipe. Vous, vous allez directement à l'Arbre. Je vous y rejoins dès qu'on a fini ici.

Mathieu se tourna vers ses amis et tous hochèrent la tête.

- D'accord. Prends pas trop ton temps.

Le geek, mû par une envie soudaine, attrapa Peter et le serra dans ses bras. Comme s'il savait qu'il n'allait plus jamais le revoir…

- Geek ! On y va !

- Attends, fit le patron. On a perdu le camé…

- Quoi ? Mais c'est pas vrai ça… Hippie !

- Gros ?

- Arrête ce que tu fais et vient ! Faut qu'on se tire.

- Reste cool, gros. Prends le temps de…

- LÂCHE CE PUTAIN DE CALUMET ET GROUILLE TOI DE VENIR !

Le bitnik lâcha son nouveau jouet avec grande tristesse et se traina pour rejoindre son groupe. Il fut accueilli par les regards courroucés de la Fille et du Prof et par une légère claque sur l'arrière du crâne.

- Tu vas réussir à nous faire tuer, bouffeur de soja…

- Arrête gros, c'était de la bonne ! La meilleure que j'ai jamais fumé…

- Bon on y va ou…

Le Panda ne finit pas sa phrase qu'un pirate surgit devant eux, sabre au clair. Deux secondes après, il se retrouva par terre, un tomahawk géant planté dans le dos.

- Merci Grand Chef ! cria le Geek alors qu'ils courraient tous vers la forêt.

- Hug, répondit l'imposant indien en levant la main comme pour leur dire adieu.

À l'entrée du village, le Capitaine Crochait irradiait d'agressivité et de colère sous la lumière rouge de l'aube. Son attaque n'avait fait aucune victime sur le camp. Tous avaient réussi par miracle à échapper à la mort.

Devant lui, le reste de son équipage se battait furieusement contre les indiens et les mioches de Peter Pan. Lui-même était à quelques mètres de là et voletait avec insolence entre les combats en se moquant ouvertement de ses matelots.

La rage qu'il contenait était sur le point d'exploser, lorsqu'il aperçut du coin de l'œil les nouveaux indésirables qui avaient fait tant de dégâts sur son navire.

Et pendant un instant, sa haine pour ces étrangers surpassa toutes les autres.

Il se tourna vers les trois pirates qui étaient restés derrière lui et leur montra les fuyards du bout de son crochet.

- Tuez-les.

L'équipe de SLG courait. Jamais ils n'avaient couru aussi vite de leur vie, qu'ils savaient en danger. Car à un moment ou à un autre, Crochet allait envoyer des pirates à leurs trousses. Se dirigeant au hasard dans la forêt, ils finirent par retomber sur la clairière où ils s'étaient faits encercler par les indiens.

- Quelqu'un a une idée de où il faut aller ? demanda Maître Panda.

- Pas… la moindre… de mon côté, haleta le Prof.

- Pareil, dit la Fille qui se tenait les cotes.

- Je vois un lapin, gros.

- Geek ? Tu sais où est l'arbre ? questionna Mathieu. Et d'ailleurs, c'est quoi cette histoire d'arbre ?

- L'Arbre du Pendu, dit le Geek. C'est la cachette de Peter, mais je vous avoue que je ne sais pas du tout par où il faut se diriger…

- Gros… je vois un lapin, répéta de Hippie en tapant doucement sur l'épaule du garçon.

- Et ça nous avance à quoi de savoir ça, gamin ! On sait pas où il est cet arbre de mes deux…

- Pas la peine de s'énerver, Patron, dit doucement la Fille. Ça sert à rien.

- Ouais, mais ça fait du bien ! Qu'ils viennent les pirates, j'ai une petite revanche à…

- GEEK !

Tout le monde sursauta et se tourna vers celui qui d'ordinaire n'haussait jamais, JAMAIS, la voix.

- Oui Hippie ?

- Je vois un lapin, déclara-t-il une troisième fois en pointant un coin de la clairière du doigt.

Le groupe tourna la tête et en restèrent bouche bée. Devant leurs yeux se tenait un lapin blanc, en habit très classe, veste rouge, plastron jaune, nœud papillon et pantalon mauve, avec des petites lunettes, un parapluie bleu et une énorme montre à gousset dans les pattes. Il courait en rond autour de la clairière en déclamant.

- En retard… Je suis en retard en retard en retard ! La Reine va être furieuse !

Devant cette vision étrange, Mathieu rompit le silence.

- Suis-je le seul à voir ce lapin ?

- Non, firent les autres membre du groupe.

- Ok ça me rassure… Geek ?

- Par ma casquette… c'est le Lapin…

- Oui ça on a bien vu que c'était un lapin…

- Non ! fit le garçon tout tremblant. Pas UN lapin… LE lapin ! Le Lapin Blanc de Alice aux Pays des Merveilles ! Celui qui travaille pour la Reine de Cœur et qui amène Alice dans sa folle aventure via son terrier ! Ce Lapin-là !

À peine avait-il fini sa phrase que ledit animal s'engouffra dans la forêt. Sans hésiter, le Geek le suivit en courant, obligeant les autres à courir avec lui.

- Pourquoi on suit ce truc-là ? questionna le chanteur du groupe.

- On suit le gamin, nuance, répondit le Patron.

Après quelques minutes de folle course-poursuite, ils arrivèrent devant un arbre gigantesque avec un immense trou dans le tronc.

- Serait-ce là l'Arbre du Pendu ? interrogea le Prof

- Non… C'est le terrier du Lapin.

- Et on fait quoi maintenant ? fit la Fille qui commençait à en avoir assez de courir.

- On peut avoir une réponse rapide à cette question s'il vous plait… gros ? dit le Hippie d'une voix tremblante en montrant la forêt.

À quelques mètres, les pirates à leur poursuite arrivaient à grandes enjambées.

Le Geek respira un grand coup et se tourna vers ses amis, sa famille.

- Les gars… Est-ce que vous me faites confiance ?

Tous se regardèrent. Et tous hochèrent la tête. À l'unisson.

- Alors on saute.

Et les sept rêveurs s'approchèrent du trou béant de l'arbre et sautèrent sans la moindre hésitation. Ensemble.

Au début, ce fut le silence. Puis le son survint avec force, réveillant Mathieu en sursaut. Il était étendu sur un sol à la fois mou et dur, assez étrange. À ses côtés, la Fille pionçait tranquillement. Il la secoua gentiment par l'épaule afin de ne pas la faire sursauter. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, ils se levèrent et observèrent les environs.

Ils étaient de nouveau dans une forêt. Mais une forêt… dérangeante, lugubre et inquiétante. Les arbres étaient de couleurs étranges, certains carrément à l'envers et partout autour d'eux, des panneaux de toutes sortes indiquaient des « là-bas » des « par ici » ou des « par-là » et au-dessus d'eux, sur une des branches les plus basses, un chat les regardait en remuant la queue.

Puis, ce chat violet étrange, aux rayures mauves et aux yeux fous, montra ses dents en un sourire de dément…

- Ooooohh…. Des nouveaux arrivants dans le Pays où la folie est Reine… Bienvenue, chers infortunés aventuriers… Bienvenue au Pays des Merveilles…

La chaleur était forte… Trop forte pour le Prof qui n'en pouvait plus. Assis sur un tonneau, le Geek était sur le point de tourner de l'œil. Heureusement qu'il était à l'ombre et non pas en plein soleil.

Le scientifique leva les yeux vers l'édifice qui les surplombait. Un palais, immense et étincelant sous les rayons solaire, dont les murs blancs et les coupoles d'or faisaient mal aux yeux de tous ceux qui n'avaient pas l'habitude de les voir.

Un marchand ambulant passa près d'eux. Le Prof se rua vers lui pour lui demander un peu d'eau et pour savoir où ils étaient.

- Des voyageurs, hein… ? répondit l'homme ventripotent. Vous êtes dans l'Oasis Merveilleuse, la Ville des Milles et Un Enchantements, le Joyau du Désert. Bienvenue à Agrabah.

La clameur fut telle que le Hippie poussa un petit cri de surprise. Il faut dire qu'avec tout ce monde au même endroit, en train de hurler tout son soul… il y avait de quoi avoir peur. Maître Panda regardait le spectacle avec attention.

Un homme, seul combattait une espèce de créature difforme et monstrueuse, mélange de taureau et d'homme. Elle était accompagnée d'une autre abomination verte de pied en cape, aux crocs saillants et des serpents dans les cheveux.

- Approchez, approchez ! cria un homme tout près d'eux. Venez voir le puissant défenseur de notre ville terrasser les créatures de cauchemar qui veulent nous empoisonner la vie. Un événement unique dans notre belle cité de Thèbes sous le regard bienveillant des Dieux de l'Olympe ! Venez voir le fort et majestueux Hercules !

Le vent soufflait doucement dans les herbes hautes. Le ciel était clair et les nuages blancs et paresseux. Un cours d'eau passait tranquillement pas loin et un petit pont de bois l'enjambait gentiment.

Le Patron décida de passer par cette route pour arriver quelques mètres plus loin devant une petite maison construite à même un arbre.

Et devant… un ours, assis sur une souche d'arbre.

- Pense, pense, pense… murmura l'ours. Pense, pense… Oh ! fit-il en apercevant l'homme inconnu qui marchait vers lui. Oh…bonjour, Monsieur. Belle journée dans la Forêt des Rêves Bleus, n'est-ce pas. Je m'appelle Winnie. Winnie l'ourson et vous ?

L'univers de Disney est comme un livre et tous ses mondes en sont les pages. Ils arrivent que certaines aient des histoires communes et d'autres n'utilisent pas la même encre.

Mais à cet instant, dans 4 mondes différents, sept personnages, totalement inconnus à cet Univers magique et mystérieux, hurlèrent. En même temps. Et d'une même voix…

- NOM… DE… DIEU !


J'ai dit qu'il ne se passait pas grand chose ? Moi, sérieusement ? Ben... j'ai menti. =^^=

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