Désolée pour l'attente, voici la suite (peut-être fin ?) de ma fanfiction Dragon Age basée sur le fandom ADORIBULL !

J'espère que ça vous aura plu, n'hésitez pas à me dire si vous avez aimé ou non, et si vous aimeriez une suite ! Je suis aussi ouverte aux idées que l'on pourrait me proposer !

RETOUR A TEVINTER

Part. 2

Arrivé à Tevinter, il savait qu'il ne ressemblait à rien après le voyage et les nuits d'insomnie passées à avoir trop froid, à se sentir seul et à subir ses propres élans sentimentaux. Il se rendit alors dans la première auberge qu'il croisa pour faire en sorte de retrouver une apparence correct à son goût. Il ouvrit son écrin et soupira. Il ne pouvait pas porter la dent de dragon ici, bien qu'il en mourrait d'envie. Et puis, n'était-ce pas lui qui avait rompu finalement ? Il la glissa dans sa besace, bien protégée dans son écrin et sortit de l'Auberge, méconnaissable comparé à son arrivée. Son style à nouveau impeccable, il pouvait à présent retrouver la noblesse tevintide et enquêter à sa guise. Il retrouva plusieurs connaissances, dont la plupart ne lui inspira pas confiance du tout.

Il virevolta entre les bals, les dîners mondains et les réceptions pompeuses afin de repérer un peu le terrain, puis il se dirigea vers son ancienne étude, ou plutôt, l'ancienne étude d'Alexius. Alors qu'il fouinait dans les correspondances de son ancien mentor afin d'avoir des réponses sur certains magisters, une voix connue se fit entendre:

-Il me semblait avoir entendu des rumeurs sur ton retour… je pensais bien te trouver là.

-… père.

-Bienvenue chez toi.

Dorian se tourna pour le voir et son géniteur semblait se retenir de sourire. Il continua:

-Tu as reçu mes lettres, je suppose.

-Oui… et même d'autres…

-Etant donné que tu ne t'es pas fait voir depuis quelques temps, peut-être parviendras-tu à obtenir des informations plus facilement que moi ou d'autres déjà surveillés par l'Archonte.

-Je vais devoir me faire discret, ce n'est pas dans mes habitudes.

-Il me semble que tu sais t'adapter en toute circonstance.

Dorian eut un sourire en coin en repensant à son échappée dans le sud, dans des conditions bien moins agréables que tout ce qu'il avait pu vivre jusqu'alors dans sa prison dorée :

-Il y a de ça, c'est vrai.

-Je suis conscient de ne pas avoir retrouvé ta confiance, du moins, pas complètement, mais sache que je suis de ton côté…

-Oui… vous ne m'auriez pas prévenu de ce qu'il se passe ici sinon.

Halward eut un léger sourire, puis hocha la tête:

-Je vais te laisser à tes recherches, je dois être présent à la réunion du magisterium…

-Bonne chance.

-Oui… je te donnerais un compte rendu de ce qu'il s'y est débattu.

-C'est entendu.

Halward hocha juste la tête, puis s'en alla. Dorian eut un petit sourire en pensant qu'ils étaient finalement sur la même longueur d'onde concernant le magisterium. À croire que ses regrets sur sa tentative de changer son fils par la magie du sang et Coryphéus l'avait poussé à revenir sur ses premières idées, en accord avec celles de Dorian. L'Altus pensa que si cela pouvait continuer comme ça, peut-être serait-il même capable d'accepter sa relation avec B… … quelle relation ? Il avait tout annulé en quittant Fort Céleste. Une violente salve d'émotions douloureuses lui compressa la poitrine. Il secoua la tête et tenta de remettre de l'ordre dans son esprit pour mieux assimiler les notes d'Alexius. Malheureusement, malgré les heures passées à observer, il remarqua qu'il ne comprenait rien de ce qu'il lisait. Toutes ses pensées étaient parasitées par son envie d'avoir Bull à ses côtés. Ou simplement de le savoir quelque part à le soutenir mentalement. Il aurait aimé avoir la possibilité de lui demander son avis, de l'entendre l'encourager comme il le faisait parfois avec humour lorsqu'il peinait à traduire un quelconque parchemin ou texte ancien:

« N'abandonne pas, tu vas en venir à bout de ces écrits ! Tu affrontes et vaincs des dragons, des démons et des maléficiens, ce ne sont pas des mots qui vont t'arrêter! »

Dorian eut un sourire en entendant dans son esprit la voix profonde du qunari. Puis la douleur à nouveau. Est-ce qu'il avait eu raison de le quitter ? Stop, ce n'était pas le moment d'y penser, il fallait penser à Tevinter à présent. Mais malgré tous ses efforts, il ne parvenait pas à se concentrer. Il prit alors toutes les notes et les scella dans une sorte de porte document magique afin de préserver les pages et d'empêcher toute autre personne que lui d'y accéder. Il retrouva l'une de ses planques de jeunesse où il se cachait de son père à l'époque. Personne n'avait jamais réussi à le retrouver là-bas, alors il y élu domicile pour l'instant, y cachant les écrits d'Alexius.

Il tenta plusieurs recherches et enquêtes, mais rien de concluant, ou, tout du moins, il n'y parvenait pas. Bull lui manquait vraiment. Il ne pouvait pas rester ainsi. Il fallait qu'il voie des gens. C'était peut-être le seul moyen pour lui de se distraire assez pour retrouver sa concentration. Il fallait également qu'il trouve des alliés sur qui il pourrait compter. Il retourna alors jongler entre les bals et les réceptions, puis soudain, il remarqua celui dont il avait reçu la lettre et qu'il n'avait plus revu depuis très longtemps. Il s'approcha:

-Rilienus ?

-…? Dorian ? Incroyable, alors c'est bien vrai, tu es de retour !

-Oui…

-C'est génial. Il faut…

Il s'arrêta en jetant un coup d'oeil sur le côté. Puis il changea de sujet, se mettant à flirter avec Dorian. Ce dernier compris qu'ils étaient observés, et entra dans son jeu le temps qu'ils parviennent à se mettre à l'abris des regards et des oreilles mal intentionnées. Il lui souffla alors:

-J'ai rencontré Tilani dernièrement.

-Mae ?

-Oui, elle et moi, on rassemble le plus possible de mages de notre parti.

-C'est rassurant, j'avais peur qu'elle n'ait eu des ennuis, je n'avais plus de nouvelles d'elle !

-Savoir que tu es là est également rassurant ! Tu étais le meilleur ami de Félix, je suis certain que je peux te faire confiance à raison.

-Peu s'en faut.

-Nous allons tous nous retrouver dans quelques jours, ce serait bien si tu pouvais nous rejoindre.

-Bien entendu !

-Il faudrait que je te donne le lieu de…

Mais ils furent interrompu par un bruit derrière eux et Rilienus, voyant arriver quelqu'un, attrapa la nuque de Dorian pour l'attirer contre lui dans un baiser. Etrange. Le jeune Pavus avait pourtant été longtemps attiré par Rilienus, et il savait qu'ils s'embrassaient surtout pour donner le change face à l'intrus, mais malgré tout ça, il se sentait mal. Le seul qui lui venait en esprit était Bull. Encore. Heureusement, l'homme qui était entré dans la pièce, après un petit étouffement choqué, s'en alla directement.

-Pardon, sourit Rilienus, mais c'était le meilleur moyen.

-Oh, je ne m'en plains pas, répondit Dorian en lui rendant son sourire.

-Je vais t'écrire le lieu de rendez-vous et l'heure sur deux papiers différents, ne les garde pas dans la même poche.

-Compris.

Une fois les choses glissées discrètement et le dialogue plus léger pour terminer la soirée, Dorian était plutôt souriant, heureux que, malgré tout, il y ait de la résistance face à la corruption qui s'installait. En retournant dans sa cachette, Dorian avait le coeur léger, pensant qu'il aurait peut-être plus de chance de réussir dans son objectif que ce qu'il avait cru. Ce ne fut cependant pas la même chose une fois dans son lit, trop grand, trop froid, trop vide. Il avait cru que la sensation s'estomperait avec le temps, mais non. À chaque fois, les soirs devenaient une torture pour l'Altus. Il repensait sans cesse à Iron Bull, à son poids sur lui après leurs ébats, son ronronnement alors qu'il lui caressait le torse en s'endormant, tout ce à quoi il devait éviter de penser pour réussir à dormir. Dorian se mordit la lèvre en se tournant sur le dos, la sensation de manque le tiraillait au fond de sa poitrine et dans sa libido. Il brûlait d'envie de se perdre dans les bras du guerrier, de sentir sa langue contre la sienne, ses doigts se presser dans sa chair. Sachant bien que ce n'était pas une bonne idée, il descendit malgré tout une main à son entre-jambe pour tenter de calmer ses besoins et se fatiguer un peu. Evidemment, dès qu'il sentit le plaisir monter, son esprit s'emplit d'images de son ex-amant. Dorian ferma les yeux, se laissant aller à son imagination et accentuant ses touchés, jusqu'à amener son autre main plus bas, pour faire glisser ses doigts en lui. Faible compensation de ce que lui apportait habituellement Bull. Mais la privation qu'il s'était infligé l'avait rendu assez sensible pour le satisfaire un minimum et compenser avec ses souvenirs et son imagination. L'image du guerrier penché sur lui, lui mordillant le torse et s'insinuant lentement en lui, insistant sur chacun de ses points sensibles déclencha un frémissement dans la colonne du mage. De toutes les extravagances qu'ils avaient expérimenté en matière de sexe, ce qui lui revint en mémoire était cette fois-ci, où Bull avait été terriblement tendre et intense. Chacun de ses baisers le persuadait d'être le centre de son univers et ce soir-là, il avait poussé son plaisir jusqu'aux larmes sans aucune violence. Et le mage les retrouva, ces larmes, brouillant sa vue après avoir joui. Dorian se recroquevilla en position foetale et se mordit la lèvre. Il lui manquait vraiment. Tellement. Beaucoup trop. Il se demanda s'il manquait aussi à Bull. Dans le cas où il ressentait la même chose, Dorian culpabilisait, et dans le cas contraire, il se sentait horriblement triste. Il chassa ces pensées-ci et tenta encore en vain de s'endormir, ne faisant que laisser la place à ses souvenirs et aux regrets.

Malgré plusieurs nuits blanches, Dorian continua à lire les notes d'Alexius, passa même chez lui pour discuter avec son père de la réunion du Magisterium. Il trouva d'ailleurs sa mère moins aigrie qu'à l'accoutumée et son père plus détendu, malgré le malaise qui restait difficile à estomper entre les trois. Mais la discussion concentra le père et le fils assez pour qu'ils ne parlent de rien d'autre. Puis, Dorian se rendit au rendez-vous de Rilienus où devait également se trouver Maevaris et d'autres. Il fut surpris d'y voir plusieurs autres têtes connues, d'anciens camarades de l'académie, des amis de Félix, et d'autres encore. Il n'y avait quasiment que des gens du même âge que lui, sinon des plus jeunes et cela rassura Dorian sur l'avenir de sa patrie. Il suffisait à présent de trouver un moyen de faire flancher la pression qu'imposait les corrompus du Magisterium et l'Archonte. Rienn de moins facile, surtout en tant que jeunes entêtés. Seule Maevaris avait été promue au titre de Magister et elle ne parvenait pas à faire le poids face à tous les autres, qui plus est, des hommes et ce, malgré une aide préalable de l'Inquisition elle-même. La jeune mage fut ravie de revoir Dorian et les discussions qui eurent lieu mirent l'Altus à jour sur d'autres informations que son père n'avait pu déjà lui donner. Ils essayèrent de mettre en place leurs avantages et leurs inconvénients pour s'organiser et prendre gentiment assez d'importance pour se faire entendre du Magisterium. Heureusement, la plupart étaient des aristocrates, bien que souvent dans le même cas que lui-même: des parias. Dorian participa et donna ses propres idées, souvent bien reçues. Mais la soirée s'éternisait et ils burent du vin pour maintenir une ambiance plus relaxée que tendue, malgré la teneur des propos. C'est à ce moment que Rilienus remarqua que Dorian semblait parfois absent. Il alla alors vers lui:

-Hey !

-Mh ?

-Tu sembles distrait, tout va bien ?

-Oh, désolé… j'ai… j'étais ailleurs.

-J'ai remarqué, sourit doucement Rilienus.

-Je crois que je manque un peu de sommeil, et la soirée s'éternise.

-Tu es retourné vivre chez tes parents ?

-Certainement pas, s'exclama doucement Dorian.

Rilienus eut un rire, puis lui demanda:

-Ca te dirait de venir dormir chez moi, cette nuit ? Mes parents sont en voyage d'affaire.

Dorian sentait bien dans l'attitude du jeune homme ce qu'il sous-entendait et sans le cacher du tout. Hésitation. Peut-être était-ce ce qu'il lui fallait pour réussir à se détacher du souvenir de Bull ? Quelqu'un d'autre pour réchauffer ses nuits. Il sourit doucement:

-Ce serait une idée.

-Alors c'est décidé ! sourit chaleureusement Rilienus.

La soirée se finissait de toute manière gentiment, tous retournant chez eux avec, en tête, le compte-rendu des discussions qui eurent lieu. Maevaris salua chaleureusement Dorian, puis Rilienus lui montra le chemin pour aller chez lui. À peine arrivé dans la chambre du jeune homme, ce dernier s'était glissé contre Dorian pour lui voler un baiser, puis un autre, pour ensuite se mit à entrainer son compatriote dans un jeu sensuel de caresses et embrassades. Le descendant Pavus se laissa d'abord aller à la chaleur montante, puis, alors que Rilienus commença à défaire les boucles de ses vêtements en glissant ses lèvres à son cou, Dorian se souvint à nouveau. Bull savourant chaque parcelle de son corps qu'il découvrait en défaisant un par un les morceaux de la complexe mode tévintide et y déposant un baiser, une morsure ou l'effleurement de ses lèvres à chaque fois. Dorian attrapa les mains de Rilienus. Pas violemment, il le retint simplement. Rilienus leva son regard sur lui, interrogé. Dorian rougit, embarrassé:

-Je… suis désolé.

-Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Je ne peux pas…

Rilienus s'éloigna d'un pas et lui demanda:

-Où est le problème ?

-Ce n'est pas… commença Dorian avant de soupirer, tu n'y es pour rien…

Rilienus fronça les sourcils:

-Alors explique-moi !

-C'est… un peu…

-Rho, ça va, hein ! Tu es venu jusqu'à chez moi en me donnant de faux espoirs, maintenant, j'ai le droit de comprendre ce qui ne fonctionne pas !

Dorian se rappela que derrière son visage d'angelot, Rilienus pouvait largement être caractériel et que lorsqu'il voulait quelque chose, généralement, il l'obtenait, par l'adresse, la force ou la séduction. Se frottant la nuque, Dorian acquiesça d'un hochement de tête. Rilienus se détendit alors et lui proposa de s'asseoir tout deux sur son lit. Rilienus lui lança une fois les deux installés:

-Raconte-moi !

Dorian prit une grande inspiration, puis lui dit:

-À Fort Céleste, dans l'Inquisition… j'ai… rencontré quelqu'un.

Rilienus pencha la tête sur le côté, attendant la suite.

-Je crois que je me suis laissé allé avec lui un peu trop… à présent que j'ai dû le quitter pour venir ici et c'est … difficile…

-Autant que ça ? C'est pour ça que tu ne dors que peu et que tu décroches des discussions parfois ?

-… oui…

Rilienus leva les yeux en direction de son plafond, songeur. Puis il lui demanda:

-Tu dis que tu l'as quitté, ça signifie que tu as rompu avec lui en partant, c'est ça ?

-C'est exact.

-Et tu regrettes ?

-Parfois oui… mais je sais que je dois me trouver ici et que je ne pouvais pas le laisser dans l'attente sans savoir si je pourrais un jour revenir. De plus, en voyant comment ça se passe ici, je sais qu'il y a quelque chose à faire, et que je dois y participer.

-Devoir, devoir… sourit Rilienus.

-Qu'est-ce qu'il y a d'amusant ?

-Tu parles comme Mae ! Avant de faire ton devoir, essaye déjà d'être bien avec toi-même ! Sinon, tu es inutile !

Dorian leva un sourcil face à son ami qui continua:

-Je comprends tout à fait ce que tu ressens ! Je sais aussi que ce que tu as appris ces derniers jours t'a conforté dans l'idée que tu devais venir ici !

-Oui…

-MAIS !

Dorian sursauta alors que Rilienus s'exclamait en le pointant du doigt:

-Je sais aussi que tu réfléchis encore pour savoir si ta décision de quitter ton homme là-bas était la bonne !

-… oui… avoua Dorian.

-À quoi penses-tu maintenant ?

-Je réfléchis… à tout ce qu'il est possible de faire ici, les ouvertures que l'on pourrait se créer, tous ensemble. Au fait que cela pourrait même peut-être s'arranger avec mon père. Mais… je n'arrive pas à m'imaginer continuer sans réussir à dormir à cause du manque de… … de lui… J'ai l'impression que son souvenir me ronge…

-Tu crois que tu devrais retourner le voir ?

-Non… mais j'en crève d'envie…

-Je vois… tu regrettes d'un côté ta décision, mais de l'autre, tu sais que tu as fait le bon choix.

Dorian sourit faiblement :

-Ça semble être clairement le cas, en effet.

-En fait, tu hésites ! Tu ne sais s'il vaut mieux pour toi parvenir à l'oublier et continuer ici sans t'en soucier, ou repartir là-bas, quitte à devoir revenir ici seulement plus tard.

-C'est la question que je me pose en continue, malheureusement. Et elle m'empêche de me concentrer… ça me rend dingue.

Rilienus s'étira, étonnant à nouveau Dorian par son attitude désinvolte. Mais lorsqu'il relâcha son souffle, il se tourna vers Dorian et posa sa main sur son bras:

-Ecoute, tu veux savoir quelle décision est la bonne ? Alors écoute-moi et fais travailler ton imagination !

-Très bien, fit Dorian, se prêtant au jeu.

-Imagine que tu envoies une lettre à ton amant, et que celle que tu reçois en retour est positive ! Tu rentres alors pour le voir. Comment tu te sens ?

-Impatient... Réconforté d'avance.

-Parfait, maintenant, tu te rapproche de ta destination, et donc, de lui. Tu vas penser à vos retrouvailles ?

Dorian eut un petit sourire:

-Je penserais à toutes sortes de retrouvailles...

Rilienus rit doucement, puis continua:

-Ensuite, tu arrives dans le bâtiment où il doit t'attendre !

Ce que Dorian ressentait en s'imaginant ça était déjà en train de le convaincre qu'il devait rentrer pour retrouver Iron Bull, mais il ne s'était pas attendu à la suite des mots de son ami. Et il se laissa porter par son imagination en suivant ses phrases:

-Mais ce n'est pas lui qui t'accueille, c'est l'Inquisitrice... Et elle n'est pas souriante. Elle est là pour t'apprendre que celui que tu venais revoir est mort juste avant ton arrivée.

Dorian sentit son cerveau avoir un moment de flottement alors qu'il s'imaginait tout à fait cette scène, une possibilité non négligeable finalement. Son cœur se retourna, et avec lui son estomac. Il eut un haut-le-cœur face à l'horreur que lui inspirait cette simple idée, et plaça sa main devant sa bouche, manquant de régurgiter son dernier repas, rejetant en bloc l'idée même qu'il puisse arriver malheur à Bull, ou pire, qu'il ne puisse pas le revoir avant pour s'excuser d'être parti, pour lui dire à quel point il avait eu tort de le quitter comme ça, à quel point...

-Mince... Dit Rilenius en voyant la réaction de Dorian et son expression à ce moment-là, Tu es fou amoureux de lui !

L'Altus tourna les yeux vers son ami et assimila la réalité. Il n'avait clairement pas réussi à se détacher du Qunari. Se séparer de lui n'avait qu'accentué la force avec laquelle il avait besoin de sa présence. Il dit alors à Rilienus:

-Je suis désolé...

-Ne dis pas n'importe quoi ! Tu es l'un des rares d'entre nous à avoir pu choisir ta voie et à être resté en vie ! Même ton père t'aime trop pour te répudier réellement ! Profite ! Tire-toi aujourd'hui ! Reviens demain avec ton amant ! C'est égal ! On a besoin de toi au meilleur de ta forme si on veut faire bouger les choses ici !

-Merci... vraiment… je pense que c'est ce que je vais faire... Je vais retourner à Fort Céleste... je dois m'organiser entre ici et là-bas... Mais je resterais en contact avec toi et les autres...

-J'y compte bien ! Tu es le plus fort et le plus talentueux d'entre nous, et sans doute le meilleur depuis que Felix n'est plus. Alors pas question que j'abandonne l'idée de te voir revenir ! Et Mae dira la même chose !

-Merci, sourit doucement Dorian, alors que je te repousse d'une manière aussi…

Rilienus secoua sa main devant lui faisant signe d'arrêter:

-C'est rien ! Tu es l'un de mes petits fantasmes salaces, mais je ne me sens pas insulté ! Après tout, c'est par amour que tu me refuses ! Pas parce que je ne te plais pas, pas vrai ?

-Dans d'autre circonstances…

-Je sais. J'avais déjà remarqué ton regard dans mon dos il y a quelques années. Juste déçu de ne pas avoir eu le courage de t'envoyer un signe à cette époque-là.

Dorian sourit doucement, puis enlaça amicalement le jeune mage qui lui rendit son étreinte:

-Je compte sur toi pour régler ta vie dans le Sud afin de mieux nous revenir ici !

-Tu peux. Je le ferais. Je reviendrais. Avec plus de puissance et une détermination à toute épreuve.

Rilienus sourit jusqu'aux oreilles:

-Voilà ce que j'aime entendre !

Dorian le remercia encore, puis Rilienus lui proposa de partager quand même son lit, mais en pyjama. Le jeune Pavus rit et accepta, dormant enfin correctement depuis qu'il était arrivé à Tevinter, malgré les positions improbables des deux, comme deux enfants partageant le lit de leurs parents.

Alors qu'il allait monter à cheval pour rejoindre le navire qui l'amènerait en Orlaïs, Dorian fut interpellé par une voix connue:

-Dorian... ? Tu repars déjà ?

-... oui, répondit le mage, ayant reconnu son père, Je n'arrive à rien pour l'instant… j'ai trop de choses en tête.

-Tu retournes à l'Inquisition...?

-Le temps de me reprendre... je dois venir ici avec un plan.

-... et... je n'ai pas eu le temps de te demander… est-ce que… c'est vrai ?

-De quoi parlez-vous ?

-Lorsqu'on est venu à Fort Céleste, ta mère a vu... … enfin...

-Est-ce que cela concerne la personne que je fréquente ?

-... c'est ça...

-Un problème ?

-Je peux encore concevoir que tu préfères les hommes... mais un... qunari ?!

-Il n'est pas comme l'image que vous en avez, père. Moi-même j'ai été surpris lorsque j'ai appris à le connaître.

-... peut-être, mais... tout de même... je me suis demandé si ce n'était pas uniquement pour nous énerver...

-Non.

-... alors je ne comprends pas...

-Je ne suis pas sûre que ce soit possible pour vous...

-Pas sans plus d'explication, en effet.

-Je ne crois pas que… grimaça le fils Pavus.

-Je ne te demande pas de détails ! Créateur préserve-m'en ! s'exclama Halward.

Dorian dû se retenir de sourire, puis lui dit:

-De toute manière, je ne suis même pas sûr que nous serons encore… ensemble, à mon retour… le départ n'était pas des plus heureux.

Halward ne répondit pas, un peu trop perturbé par le reflet douloureux qu'il discernait dans le regard de son fils.

-Bref, je laisse pour l'instant Tevinter, le temps de m'organiser mieux. Mais je reviendrais, je n'ai pas dit mon dernier mot. Et je suis tout à fait d'accord avec vous sur un point: ce qu'il se passe au Magisterium n'est absolument pas naturel et il va falloir faire quelque chose.

-Je garderais l'oeil ouvert de toute manière. En cas d'autres mouvements importants, je te contacterais.

-Bien, merci.

Les deux hésitèrent un instant, puis Halward lui fit un simple signe de tête en lui souhaitant bon voyage. Dorian eut un petit sourire en coin, puis lui rendit son signe avant de s'en aller prendre la mer pour rejoindre Orlaïs, puis chevaucher jusqu'à la frontière Féreldienne et grimper la montagne jusqu'au siège de l'Inquisition.

Il faisait très sombre, le soir étant déjà avancé alors que l'Altus atteignait Fort Céleste. Le château lui sembla plus qu'impressionnant, voir intimidant. Il avait tant d'appréhension qu'il en tremblait. Mais en même temps, l'idée qu'Iron Bull puisse l'accepter à nouveau lui tiraillait l'estomac. Après une grande inspiration, il entra. D'abord il marcha, puis, petit à petit, retrouvant les odeurs et les sons familiers, l'envie de revoir celui qui lui avait tant manqué surpassa tout le reste, et il accéléra le pas. Toujours plus. Jusqu'à courir au milieu de la cour, espérant voir apparaître la silhouette imposante du guerrier. Essoufflé après avoir monté les marches quatre à quatre jusqu'à la taverne, le mage aperçut la carrure et les cornes qui retournèrent son cœur. Il ralentit sa course pour tenter un timide:

-Bull… ?

Les oreilles du guerrier frémirent et il se tourna lentement, une expression d'extrême surprise sur le visage:

-Dorian ?!

Par la fenêtre de la taverne, l'Inquisitrice remarqua que quelque chose d'étrange se passait et posa son verre pour s'approcher de la vitre. Elle s'exclama à son tour:

-Dorian ?!

À ce nom, Krem en renversa sa chope et se rua contre la porte d'entrée. Trevelyan se demanda d'abord pourquoi, mais comprit rapidement en voyant toute la charge se ruer furieusement en direction de l'extérieur. Krem tenta de les retenir:

-Je sais ce que vous ressentez, mais laissez-les se parler d'abord !

Rien à faire, ils tentaient tous de le virer pour sortir flanquer une raclée à Dorian. L'Inquisitrice vint au secours du lieutenant et retint la charge avec lui:

-On se calme ! Allez plutôt observer la réaction de votre chef ! S'il prend mal les paroles de Dorian, je vous permettrait d'aller le tabasser un petit peu !

Face aux deux figures d'autorité qui les contraient, les membres de la charge du taureau reculèrent un peu, puis allèrent aux fenêtres pour observer le dénouement des retrouvailles inattendues. En effet, toute la charge avait été témoin de la perte d'enthousiasme de leur chef. Il avait fallut un dragon et une soirée de jeux à boire pour lui tirer à nouveau un véritable sourire. Krem s'était mis à s'inquiéter pour Bull, étant peut-être le seul avec l'Inquisitrice à remarquer lorsqu'il jetait un regard vers le lointain des montagnes entourant Fort Céleste dans un soupir. Mais tous ceux qui avaient côtoyé assez longtemps le guerrier pour se targuer d'être un proche avaient remarqués que l'absence de Dorian lui avait fait du mal. L'Inquisitrice et Krem avaient aussi eu l'envie d'en flanquer une à l'Altus, mais le fait qu'il revienne ainsi sans prévenir et directement vers Bull signifiait peut-être bien quelque chose de positif. Et c'était dans l'espoir de faire retrouver la joie de vivre à leur ami que le lieutenant et la jeune femme s'étaient interposés devant la porte qui séparait la Charge du mage.

Ce dernier peina à reprendre son souffle et son coeur refusait de calmer son rythme effréné. Il tenta d'articuler:

-Bull... Je...

Il inspira, puis expira longuement, ne parvenant pas à délier sa gorge. Il se tenait devant lui et il avait du mal à gérer tout ce qu'il ressentait en même temps. Il fallait pourtant qu'il lui parle, au moins pour lui dire...

-Je suis désolé... J'ai... Je n'arrive à rien sans toi...

Le guerrier resta silencieux, alors Dorian continua:

-C'était une idée stupide... Je sais que je débarque à l'improviste, là, et je suis certain que tu m'as aussi gardé rancune quelque part. Ou pire, peut-être que tu n'en as plus rien à faire de moi. D'ailleurs, peut-être même que je viens ici, alors que tu as trouvé quelqu'un pour me remplacer...

La douleur de cette idée lui piqua violemment le plexus et il souffla pour lui-même:

-Kaffas, ça, je ne suis pas certain de réussir à m'en remettre...

Iron Bull n'ajoutait rien alors que le mage tentait de retrouver le fil de son discours. Il reprit enfin :

-Je sais que je n'ai aucun droit de t'imposer ma présence... Ni même de te demander quoi que ce soit, mais si... S'il y a la moindre chance que tu me pardonnes... Si... Si je peux faire quoi que ce soit, qu'importe... Pour pouvoir rétablir quelque chose entre nous... Je...

Mais le guerrier restait encore silencieux. Désespéré, le regard fixant le sol, sentant qu'il lui fallait à tout prix entendre quelque chose de la voix du Qunari, Dorian lui demanda encore:

-Je t'en prie... Dis-moi juste si je peux rester...

Iron Bull ne répondit pas. Il attendit uniquement que le mage relève un peu la tête pour le voir, et il lui ouvrit les bras. Le sang de Dorian pulsa à l'envers. Il n'eut aucune réflexion, juste une énorme déflagration dans le cerveau qui le fit se jeter en courant contre le torse du Qunari, le laissant l'emprisonner contre lui de ses bras puissants. Le mage eut un soupir de soulagement. Il n'aurait pas eu de mots pour décrire ses émotions alors qu'il retrouvait la chaleur et le contact du guerrier. Il lui souffla encore:

-Pardonne-moi...

Et Iron Bull ouvrit la bouche pour la première fois depuis que Dorian s'était mis à parler:

-Tu m'as manqué, Kadan.

Les doigts du mage se serrèrent sur les épaules du guerrier et il leva les yeux pour fixer son regard:

-Kaffas, et ça me fait tellement de bien de l'entendre !

Bull eut un sourire en coin et Dorian lui dit:

-Ne me laisse plus prendre de décision aussi stupide ! Fais ce qu'il faut, mais empêche-moi de te quitter à nouveau !

Iron Bull choisit alors de l'embrasser. Dès le contact de ses lèvres contre les siennes, il passa beaucoup trop de pensées dans l'esprit de Dorian pour qu'il puisse en faire le tri. Cela ressemblait à :

"Cebaiserceslèvrescesmainsurmoitroplongtempsveutpastelacherembrassemoiencoremefairepardonnerenviedeluicommejamaissalangueserremoiplusfortkaffascommejelaimepunismoi..."

Lorsque le baiser se termina, Bull attrapa les cuisses de Dorian pour le soulever contre lui et Dorian entoura sa nuque de ses bras en posant son front contre le sien et en lui soufflant:

-Amatus...

-Je ne te lâche plus, fit Bull dans un sourire.

Dorian laissa son sourire s'élargir à son tour et il se serra contre lui. À les voir tous les deux sourire à ce point, trop heureux de se retrouver, la Charge se calma. Krem sourit et l'Inquisitrice soupira de soulagement:

-Pas trop tôt !

Tous se retirèrent alors pour les laisser à leur retrouvailles. Dorian embrassa Bull jusqu'à plus souffle, se fichant royalement de qui pouvaient bien les voir à ce moment-là. Le guerrier savourait le baiser sans fin du mage, trop heureux que ses besoins se joignent à son désir égoïste de le garder pour lui seul. Dès qu'ils se détachèrent pour reprendre leur souffle, Dorian lui chuchota :

-Et si on se trouvait un endroit plus… intime ?

-Tu ne sais pas à quoi tu t'exposes en me demandant ça maintenant, lâcha Iron Bull, sachant pertinemment qu'il aurait un mal fou à se retenir vu ce qu'il ressentait à cet instant.

Mais le mage eut un sourire séducteur et lui susurra:

-J'ai envie de te sentir encore en moi durant tout le jour suivant, jusqu'à te retrouver à nouveau le soir, pouvoir contempler les marques que tu m'auras laissée comme autant de preuves que je t'appartiens et ainsi me rappeler avec un plaisir dépravé que je suis le seul à pouvoir te rendre dingue à ce point…

Bull eut un sourire pervers et embarqua son mage dans la première pièce déserte et possédant un lit qu'il trouva, qu'importait à qui elle appartenait.

Lorsque Dorian parvint à rassembler assez de son esprit éclaté pour comprendre dans quelle position et dans quel sens il se trouvait, il leva ses bras endoloris devant ses yeux et ne put s'empêcher de sourire. Quelques bleus, une marque de morsure et deux autres de succions, sans compter qu'il savait très bien que le reste de son corps devait être dans le même état. Mais il souriait. Il ressentait de plus en plus ce qui l'entourait et constata que son crâne reposait sur le biceps de son amant, il laissa sa tête tomber sur le côté pour constater que Bull dormait. Il resta étonné, car la dernière fois qu'il s'était laissé allé à ce point durant une partie de jambes en l'air, le guerrier s'en était voulu et avait passé la moitié du temps à accéder aux caprices de son amant. Pas cette fois-ci. Mais Dorian en fut soulagé et se demanda si Bull n'avait pas passé autant de nuits blanches que lui dans son lit froid, d'où cette intense fatigue. Se fichant de la douleur - la savourant même, car elle était l'empreinte de la passion de son amant pour lui - Dorian se tourna pour se glisser contre le torse de Bull, lovant sa tête contre son épaule et le début de son cou. Le guerrier se réveilla en partie et entoura le mage de son bras en lui demanda avec une voix ensommeillée :

-… c'ment tu te sens, Kadan… ?

-Jamais été mieux, répondit Dorian en posant son bras autour du torse musclé de son partenaire.

Il sentit le sourire de Bull et souffla alors:

-Si tu savais comme je t'aime, The Iron Bull.

-J'espère autant que je t'aime, Altus Dorian Pavus.

Les deux eurent un petit rire et le mage soupira d'aise avant de lancer:

-Je ne sais pas à qui était ce lit… mais il penche… et je crois que c'est à cause de nous…

À cette réflexion, Bull rit de bon coeur et serra tendrement son mage contre lui.

BONUS

Dorian se dirigea vers sa meilleure amie, l'Inquisitrice Trevelyan, pour aller s'excuser et la saluer cette fois-ci correctement. Elle le reçut avec un énorme câlin qui le rassura grandement avant de lui dire :

-Je préfère que tu sois d'abord allé vers Bull, surtout vu l'heure à laquelle tu es arrivé, j'aurais potentiellement pu être déjà dans les bras de mon chéri !

Dorian rit doucement et lui lâcha :

-Je suis heureux de te revoir.

-Moi aussi ! Et puis, je suis plus rassurée de t'avoir près de moi.

Le mage sourit doucement. Puis, alors que Iron Bull arrivait pour les rejoindre, l'Inquisitrice eut un vertige. Dorian la rattrapa et elle se rétablit rapidement :

-Ouh, désolée ! C'est la deuxième fois aujourd'hui que j'ai une baisse de tension. J'ai pourtant mangé pour quatre, comme à mon habitude.

-Tu n'es pas malade ? Demanda Bull.

-Je ne me sens pas malade, c'est étrange.

-Est-ce que tu veux que je t'examine par magie, pour voir ? Demanda Dorian.

-Moui... pourquoi pas. Si j'en parle à Cullen sans avoir déjà déterminé ce que c'est, il va paniquer.

Iron Bull se mit à rire, et le mage passa sa main entourée de mana violet devant l'Inquisitrice depuis la tête jusqu'aux cuisses, puis fronça les sourcils.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda la guerrière, un peu inquiète.

-C'est... étrange.

-Il y a un problème ? renchérit Bull, n'aimant pas savoir son amie mal en point.

-Non, non, il n'y a aucune trace de maladie, c'est autre chose... je ne pense pas que ce soit quelque chose de dangereux, mais... oh... OH !

-Quoi, quoi ? commençait à stresser la jeune femme.

-Juste un instant.

Dorian plaça sa main contre son ventre, puis eu un sourire en coin :

-Eh bien, je pense qu'il pourrait y avoir pire que moi pour te l'annoncer, mais...

Iron Bull crut soudainement comprendre et l'Inquisitrice se figea tandis que le mage lui dit :

-Tu es enceinte.

La mâchoire de l'Inquisitrice aurait heurté le sol si cela avait été seulement possible. Elle bégaya :

-Hein ? Moi? Mais... non ! J'ai... je suis...

-C'est une bonne nouvelle ! fit Dorian pour la rassurer.

-Quoi ? Oui, non, je ne sais pas ! J'ai...

-Respire ! fit Bull en la voyant expirer sans jamais inspirer.

Elle prit une grande inspiration et parvint enfin à faire une phrase :

-Je suis une guerrière et la cheffe de l'Inquisition, je ne peux pas !

-Cela n'empêche rien, sourit doucement Dorian.

-Mais je n'aurais pas de temps, et si je dois me battre alors que j'ai le ventre d'une baleine ! Et si je ne suis plus capable de prendre les bonnes décisions, et si, si...

Elle manqua d'air et vacilla. Bull la rattrapa et l'aida à s'asseoir sur le tonneau d'à côté.

-Eh, reprends-toi, lui souffla le mage.

Elle tremblait et respirait difficilement, prise d'une crise de panique qu'il n'était vraiment pas habituel de voir chez elle. Jamais elle n'avait perdu son sang froid face à ses ennemis, mais là, face à cette nouvelle, elle paniquait.

Iron Bull avait du mal à comprendre la crainte de la jeune femme :

-Tu es capable de défaire un Magister-Engeance, un Titan et une douzaine de dragons, mais un bébé te fait peur ?

-Arrête ! J'aurais trop peur qu'il meure à cause de moi ! Je suis sûre que je vais réussir à le tuer sans faire exprès !

-Mais bien sûr que non, fit Dorian, Tu as beau être une combattante hors-pair, tu sais aussi traiter les gens avec douceur !

-Comment je vais faire ? Je n'aurais jamais le temps de m'en occuper, il va se sentir délaissé ! Et Cullen ? Comment je vais lui dire ça ? Peut-être qu'il n'en voudra pas ! Qu'est-ce que je peux faire ?

-Déjà, te calmer, fit Bull en posant ses grandes paumes sur ses épaules.

Dorian prit les mains de son amie, les serra et lui dit :

-Ca va aller ! On parle de Cullen, là. Ton commandant adoré sera ravi si tu l'es aussi. Et puis, tu ne seras pas seule, tes amis sont tous là, et je parie que Josephine, Lelianna et même la Charge seraient ravis de pouponner de temps en temps !

Iron Bull éclata de rire à cette idée :

-De sûr ! Ils seront gagas devant le gamin ou la gamine !

L'Inquisitrice sembla se détendre un peu. Elle leva la tête au ciel et soupira en fermant les yeux.

-Il faut que je le dise à Cullen... puis à Josie et Leli... … Créateur... moi qui pensait qu'avec toute la magie que je me suis ramassée, plus les combats et ma marque, jamais ça ne se produirait...

-C'est un petit miracle, sourit le mage.

Il finit par décrocher un sourire en coin à son amie qui prit une nouvelle grande inspiration :

-Je vais... rejoindre Cullen...

Dorian l'enlaça alors en lui soufflant :

-Félicitations !

-Ouais, fit Bull, Félicitations, future maman !

La jeune femme eut un hoquet et lui envoya une frappe sur l'épaule :

-Ne me stresse pas à nouveau !

Le guerrier cornu rit et elle secoua la tête dans un sourire :

-Merci, vous deux. À toute à l'heure.

Ils hochèrent la tête, puis, sans se parler, décidèrent d'aller observer la discussion de loin. Cachés dans un recoin pour voir ce qu'il se passait entre l'Inquisitrice et son Commandant, Dorian se rendit compte de l'absurdité de la situation :

-Mais qu'est-ce qu'on fiche... ?

Bull se retint de rire et répondit :

-On s'assure que tout se passe pour le mieux.

-Mais pourquoi cela se passerait mal ?!

-Il vaut mieux prévenir que guérir !

Les deux observèrent de loin, puis, dès qu'ils virent l'expression de Cullen, ils furent soulagé. Passant de la surprise au bonheur, il embrassa ensuite l'Inquisitrice avec fougue, la faisant sourire sous ses lèvres et se détendre entre ses bras.

Les deux voyeurs soupirèrent, puis Dorian secoua la tête :

-Quels imbéciles on fait...

-Imagine, une mini-Inquisitrice qui tire sur tes fringues pour que tu lui fasses un tour avec ta magie ! S'exclama Bull dans un rire.

-Oh, mais tu sais, un mini-commandant voudra sans nul doute t'escalader pour grimper sur tes épaules et jouer avec tes cornes en voyant le monde d'en haut !

Bull rit à nouveau :

-Ça va être la fête, ce gosse !

-Il va grandir dans l'environnement le moins sain du monde... grimaça Dorian.

-Au contraire, je suis sûr que tout le monde va adorer ce môme !

Le mage eut un petit rire :

-Tu as peut-être raison.

Il eut à peine le temps de finir sa phrase qu'il se retrouva plaqué au mur par le guerrier qui lui vola un long baiser. Bloqué par la main de Bull contre son ventre, Dorian lui demanda :

-Qu'est-ce qu'il te prend... ?

-J'avais envie, fut la réponse du qunari.

Dorian eut un semblant de sourire, et soudainement, ils se reçurent un énorme sceau d'eau glacée sur la tête. Le mage retint un cri aigu et Bull jura en qunlat. Ils entendirent alors la voix de Sera :

-Bienvenue, Dorian ! Ça t'apprendra à mettre autant de temps avant de venir me saluer !

-Hey ! S'exclama Bull, pourquoi j'y ai droit, moi ?!

-Parce que tu fais partie de ceux qui l'ont retenu ! Lança l'elfe des villes en lui tirant la langue.

-Kaffas ! Frissonna le mage sous le coup de froid, ! Sera ! Tu me paieras ça !

Elle éclata de rire et s'en alla en courant. Bull se mit à rire :

-En tout cas, tout le monde est content de te revoir !

-S'ils pouvaient être plus comme notre chère Inquisitrice, et moins comme Sera, je ferais l'effort de ne pas me plaindre.

Bull lui envoya une petite frappe sur les fesses et avança jusqu'à la taverne où se trouvaient les membres de sa Charge. Dorian roula des yeux, puis le suivi. Lorsqu'il entra dans la salle, chaque membre de la Charge planta un regard acéré sur le mage qui déglutit en tentant de garder contenance. Ils ne semblaient pas ravis de le voir, eux. Bull tenta un petit « Les gars… » en soupirant, mais ce fut Krem qui calma les autres en allant vers Dorian, puis en rejetant en arrière le pan de ses vêtements qui reposait sur son épaule.

-Fastavass ! s'exclama le mage en rougissant, sachant que le lieutenant venait de mettre à jour une partie des hématomes et autres marques sur sa peau de la nuit passée.

Dès qu'ils virent l'épaule à moitié dénudée de Dorian dans cet état, la Charge se mit à rire. Bull passa sa main contre son visage, dépité, et Krem tendit une chope à son compatriote dans un sourire. Ce dernier eut une expression outrée :

-Vous…

-Ne vous plaignez pas, le coupa le lieutenant alors que Dorian acceptait finalement la chope, ça aurait pu se finir bien plus mal.

Le mage secoua la tête, mais eut un sourire en coin alors que Krem remettait le tissus sur son épaule et que tous lui levèrent le verre. Il était pardonné.