Eh hop, une nouvelle up ^^

PS : réédité le 03/2016

LE SATELLITE DES EPYONS TERROS

La navette atterrit après plusieurs heures de trajet. Onze descendit, salua l'assistant de Mr. Rob et lui confia Helen, prenant soin d'omettre les détails sur leur discordance et l'état de la ministre.

-Menez les prisonniers à leurs cellules, ordonna le lieutenant.

Le regard d'Helen se fit noir à l'injonction du militaire, mais Onze n'en fut pas impressionné, bien au contraire.

-Et mettez-les dans des cellules séparées ! rajouta-t-il en fixant la jeune femme, la défiant de remettre encore en cause son autorité.

Heero et Relena furent conduit à travers le bâtiment jusqu'à un sous-sol.

Cette structure doit être ancienne, on ne fait plus depuis longtemps des zones de détention comme celles-ci, songea le pilote. On les enferma dans des cellules voisines.

Le sergent s'adressa à ses captifs.

-Bien, vous êtes ici car vous détenez des informations qui nous intéresse et tant que l'un de vous deux n'aura pas parlé vous resterez séparés et sans nourriture.

Aucun des deux prisonniers ne releva ses menaces.

-Bien, je fais part de vos réponses au lieutenant.

Et les soldats quittèrent la zone, les laissant seuls

Le jeune homme attendit encore quelques minutes puis s'approcha des barreaux qui séparaient les deux cellules. Relena avait été déposée sur un matelas, elle était adossée contre le mur d'en face, sa tête penchée sur le côté, elle semblait endormie. Il ne l'avait pas revue depuis qu'elle avait été emmenée par ce soldat, au tout début du voyage. Helen lui avait sauvée la vie à n'en pas douter, elle avait l'air dans une situation beaucoup moins critique maintenant que toute trace de sang avait disparue et que sa blessure était habilement dissimulée sous des habits propres. Peut être même l'avaient-ils maquillée… A quoi jouait Onze…

La princesse fut alors prise d'un spasme qui la secoua toute entière, soulevant également ses paupières.

Le cœur du jeune homme se serra sans même qu'il ne s'en rende compte. Cela ne servait probablement à rien dans son état, mais la raison ne put l'empêcher de l'appeler.

-Relena... Relena ! insista-t-il un peu plus fort, il lui semblait la voir réagir.

Il n'avait pas rêvé. Il ne savait pas par quel miracle, mais elle était consciente.

-… Heero ... où est tu ? souffla-t-elle dans un murmure presque inaudible, alors qu'elle essayait avec peine de déterminer où elle se trouvait, sa vision ne lui livrant qu'une suite d'images animés de mouvements désordonnés.

-Dans la cellule voisine, face à toi.

La jeune fille l'aperçut et ses esprits revinrent.

-... cellule, répéta-t-elle, visiblement perdue ... jusqu'à ce que son expression se fige subitement : les Epyons Terros ! Il ne faut pas que je reste ici !

Dans un élan instinctif, elle dégagea la couverture qui lui était tombée sur les genoux et la peur décuplant ses forces, elle se releva, ignorant complètement l'état grave dans lequel elle se trouvait. Mais la volonté n'était pas tout et c'était déjà bien trop demander à ce corps qui ne pouvait plus la porter. Heero la vit vaciller.

-Ca ne sert à rien ! Attention !

Se sentant tomber, elle voulut relever son bras droit pour s'assurer un appui. Celui-là même qui portait une atteinte qu'elle avait un instant oublié. Et la gravité de sa blessure lui causa une atroce douleur lorsqu'elle voulut faire usage de son membre.

Un puissant cri déchira le silence et elle s'effondra à terre, le corps tout entier figé dans la souffrance alors que les larmes inondaient son visage.

-Relena ! s'écria-t-il alors qu'il se jetait sur les barreaux, envahit par la colère.

Il ne pouvait rien faire.

Cependant le pilote se contrôla, ce n'était sûrement pas de colère qu'elle avait besoin, elle avait besoin de réconfort. Du réconfort ? Comment est ce que l'on apportait du réconfort à quelqu'un ? A vrai dire il l'ignorait.

La jeune fille était retombée sur le matelas, seuls ses sanglots résonnaient à présent. Il l'appela doucement.

-Relena, calmes-toi, rien n'est encore perdu.

La voix du jeune homme apaisa ses pleurs. Elle savait qu'elle pouvait avoir confiance en lui. Elle l'avait toujours su au plus profond de son être.

Mais c'était en elle qu'elle ne croyait plus.

-Heero... je me sens si faible… j'ai si froid...

-Bats-toi ! Tu peux tenir, aller bats-toi ! Tu es Relena Peacecraft !

Mais elle ne trouva rien à lui dire que ces yeux ne trahirent.

Il la voyait capituler et cela ne lui plaisait pas du tout. Si elle cédait maintenant, c'était la victoire des Epyons Terros et l'annonce d'une nouvelle ère de chaos. Il voulut la réprimander, mais finalement, n'était-ce pas légitime de la part de la princesse de se décourager ? Au fond de lui Heero comprenait ce sentiment d'impuissance.

-Tu penses que ton combat est fini ? Que la cause que tu défends est irréaliste ? Ne te caches pas derrière des désillusions, il n'y aura plus d'espoir seulement lorsque tu l'auras décidée. Ne laisses pas croire à tes ennemis qu'ils peuvent décider de tes choix. Relena ne les laisse pas faire.

Ses paroles touchèrent la jeune ministre dont les yeux changèrent de teinte à la véracité de ses propos.

-Tu as raison … je ne peux pas disparaître comme ça. A quoi aurais-je consacré ma vie si je mourrais en générant de nouveaux conflits.

Elle put voir dans son regard qu'il comprenait néanmoins ce qui se cachait derrière ses paroles. De toute manière il l'avait toujours mise totalement à nue.

-Ne t'inquiètes pas, fit-elle dans un souffle, je ne comptais pas les laisser gagner, moi aussi, je remplirais ma mission… à présent… je vais reprendre des forces, murmura-t-elle avant que sa tête ne retombe sur le côté, perdant aussitôt connaissance.

Le pilote resta néanmoins le regard fixé sur la princesse.

Il fallait qu'il la sorte d'ici au plus vite. L'esprit du jeune homme entama alors une intense réflexion. Il se releva puis entreprit d'inspecter sa cellule et d'observer les alentours. Il y avait de nombreuses autres cellules, toutes identiques, un alignement de cages froides et sombres ou bien des Hommes avaient dû souffrir.

Le jeune homme se passa une main sur la hanche et sentit à travers le tissu le fin composant que Quatre lui avait confié.

Si seulement ce transmetteur avait fonctionné dans l'espace... A moins que...

Le pilote retira délicatement le circuit électronique collé contre sa peau.

C'est un modèle qui n'est pas utilisé par les Préventers, Quatre savait qu'ainsi qu'il passerait inaperçu. Je peux peut être modifier sa fréquence sur celle de mon ordinateur portable.

Duo serait sûrement passé chercher son PC, il y avait donc une chance pour que le signal soit capté. Cependant il fallait déjà parvenir à modifier la fréquence de la puce et pour cela il faudrait se procurer un appareil adapté, comme ceux que l'on utilisait pour la réparation des MS…

Le répit des deux prisonniers fut relativement long, comme ce que Heero avait prévu. Il fallait que la princesse ait repris suffisamment de forces pour être interrogée, et personne ne pouvait se soustraire à cette contrainte imposée par la nature.

Huit heures après leur arrivée sur le satellite, Onze venait les chercher pour un premier interrogatoire.

Relena se réveilla en sursaut lorsque l'un des gardes la saisit par le bras pour l'emmener. Elle reprit vite conscience de la situation et sont regard s'empli de volonté alors qu'elle se relevait.

Heero s'arrêta un instant, surprenant le soldat qui le conduisait. Il la vit alors se redresser sur ses jambes. Il était stupéfait. Mais le canon d'une arme pressé contre sa colonne vertébrale lui imposa d'avancer.

C'est le pilote que l'on mena le premier dans une pièce à part, la ministre étant attendue plus loin. Les deux captifs ne s'échangèrent pas un regard, Relena ne laissa rien paraître cependant son cœur se serra lorsqu'elle vit le chétif garçon se faire conduire, encadré par Onze et deux soldats vers une salle d'où aucune lumière ne sortait. Mais ce n'était pas le moment de fléchir, il allait lui falloir à elle aussi affronter ses bourreaux et elle aurait besoin de toutes les forces qui lui restaient.

Relena se redressa lorsque la porte s'ouvrit, elle se dégagea du soutient du soldat, et rentra seule. A l'intérieur plusieurs hommes attendaient la vice ministre des affaires étrangères, parmi eux elle reconnu Mr Rob. Le soldat qui l'avait escortée lui présenta une chaise et lui ordonna de s'asseoir. Elle s'exécuta, avant de jauger ses adversaires d'un regard noir.

-Vous aviez des façons plus décentes de recevoir un membre des Sphères Unifiées Mr Rob.

L'homme d'une quarantaine d'années, blond aux yeux sombres, se dirigea vers la ministre.

-Je suis satisfais de voir que Onze vous a ramené en meilleur état que l'on me l'avait laissé entendre. J'ai eu peur d'avoir à regretter ses services.

Relena ne répondit rien, mais plus il approchait, plus elle sentait la colère monter en elle. L'homme avança encore jusqu'à ce qu'il soit à sa hauteur, se penchant alors jusqu'à son oreille.

-La diplomate serait-elle prête à coopérer ?

-Jamais je ne cautionnerai une politique de guerre, répondit-elle avec une répartie qui laissait entendre qu'elle n'était aucunement disposée à leur révéler quoi que ce soit.

Le ministre des finances de L3 se releva.

-Vous êtes peut être courageuse, mais vous ne réussirez pas à sauver l'humanité de son destin.

La jeune femme se maîtrisa et répondit très calmement.

-Les Hommes ne sont pas tous comme vous, la plupart n'aspirent pas à la guerre mais à la paix.

Elle releva alors la tête et le regarda.

-N'avez-vous donc pas encore compris ?

-C'est vous qui n'y comprenez rien ! Que croyez-vous en interdisant tout armement ? Les Epyons Terros veulent se battre pour sauver leur liberté ! Pensez-vous que priver l'Homme de ses libertés sauvera cette paix que vous chérissez tant ?

Tous se retournèrent vers celui qui venait d'intervenir. C'était un soldat. Encore trop jeune, à peine la majorité, songea-t-elle.

La princesse fixa le jeune garçon, il était en colère mais le regard qu'elle lui adressa sembla le faire douter de ses paroles.

-Avoir le droit de s'armer c'est donner la possibilité d'ôter des vies en un instant. Il n'y a pas besoin de tuer pour défendre ses convictions.

Elle était désolée de voir encore une fois à quel point certains Hommes étaient prêts à tout pour parvenir à leur fin, manipuler, utiliser la vie comme si c'était quelque chose qui s'achetait et qui se jetait une fois que l'on en avait plus besoin. Cela la mettait hors d'elle.

Rob intervint alors, se plaçant aussitôt entre le jeune homme et la ministre.

-Kalvin ça suffit ! Dehors ! Soldats sortez tous !

Les militaires obéirent et il ne resta plus que l'interrogateur et son second.

-Assez de tergiversations, je ne t'ai pas faite venir pour que tu endoctrines mes hommes, donnes-moi les noms de ceux qui ont appuyés cette loi !

-Pour que vous les assassiniez ? rétorqua-t-elle du tac au tac.

-Donnes-nous ces noms et aucun mal ne te sera fait.

Alors Onze ne lui avait vraiment rien dit de son état… comment pouvait-il espérer renverser un régime avec de tels alliés… cet homme c'était si facilement laissé berner… alors à elle de le tromper également.

-Le chef des Epyons Terros a été bien avisé de vous faire prendre autant de risque pour si peu car je ne parlerai pas !

Elle avait touché le point sensible de Rob, et il s'emporta.

-Comment oses-tu ! Je ne laisserai pas une gamine me traiter de la sorte !

-A la course au pouvoir, on finit toujours par se faire prendre à son propre jeu, vous n'y avez vu que votre intérêt mais vous aller tout y perdre, c'est ça de...

Rob la saisit avec force par les poignets et la releva, le visage de la jeune fille se contracta de douleur, mais pas un cri ne sortit. L'homme arma alors son poing. Elle savait que la douleur occasionnée lui ferait perdre conscience.

J'aurai fait ce qu'il y a de mieux pour la paix…songea-t-elle une dernière fois avant que la douleur ne lui fasse perdre le pas sur la réalité.

Mais au moment où il allait frapper, il sentit une poigne puissante retenir son coup.

Rob se retourna vers le second de Onze, le regard noir.

-Lâchez-moi, que faite-vous !

-Pardonnez-moi, mais je ne peux pas vous laissez faire ça.

Le militaire s'avança, tout en rabaissant le bras du ministre de sa poigne puissante. Il révéla alors l'épaule bandée de la princesse.

-La vérité c'est que vous l'auriez achevée si je vous avais laissé faire. Et il n'aurait plus été question de lui demander quoi que ce soit.

-Comment… ! s'exclama Rob, ses yeux laissant transparaître des sentiments mêlés de colère et de profonde frustration.

-La mission ne s'est pas passée comme prévu. Nous vous l'avons amenée pour que vous puissiez l'interroger, mais je crains qu'il faille changer vos prévisions, fit-il en détournant son regard sur la princesse qui se figea aussitôt en rencontrant le fond de sa pensée. Vous devriez laisser le lieutenant poursuivre. Bien sûr, en aucun cas cela ne vous remettra en cause auprès de notre supérieur.

Le ministre des finances sembla réfléchit un instant. Il ravala sa fierté et acquiesça. Mais il se permit cependant le plaisir se souffler quelques paroles désagréables à la seule personne qu'il pouvait attaquer.

-Bravo, tu es très habile, tu as failli m'avoir, mais tu ne te sacrifieras pas pour les protéger... tu vas regretter de ne pas avoir voulu t'en tenir à moi.

Les deux hommes quittèrent la pièce.

Et la porte se referma.

Relena se retrouva seule, elle avait joué le tout pour le tout face à Rob.

Je les ai sous-estimé et maintenant il va me falloir affronter Onze... Je ne peux pas... je n'y arriverai pas... je faibli et bientôt je ne pourrai plus garder un esprit lucide, je ne dois pas… si cela arrivait ce serai fini de tout ce que nous avons tant peiné à créer, tous ces sacrifices...

Elle commença à perdre connaissance. .. parler... je ne dois pas... il ne faut pas...

A ce moment là Onze pénétra dans la pièce...

Le lieutenant venait de quitter Heero, il était furieux car le pilote n'avait pas desserré les dents face à lui...

... cela faisait déjà vingt minutes que l'interrogatoire avait commencé, les Epyons Terros n'avaient encore tiré aucune information du pilote de Gundam et après les sermons Onze en passa aux mains...

Heero était maintenu debout, encadré par deux soldats.

-Tu as tort de résister !

Le militaire le frappa avec force à l'abdomen et le corps du jeune homme s'agita mollement.

-Mon lieutenant ! Ca ne sert plus à rien, il est inconscient !

La rage de Onze n'en diminua pas, cependant il finit par perdre patience.

-Boyd injectez-lui une dose de pentotal !

-Mais lieutenant vu son état cela pourrait le tuer !

A cet instant son second ouvrit la porte.

-Lieutenant, nous avons eu un problème avec la ministre. M. Rob est au courant.

-Comment ! s'exclama-t-il en se retournant alors.

-La ministre a voulu tourner la situation à son avantage. J'ai dû intervenir ou nous aurions pris le risque qu'elle l'emporte.

Onze jura et annula son ordre à Boyd.

-Très bien, je vous suis, et vous deux gardez-le à l'œil ordonna-t-il en indiquant Heero.

Onze sortit en claquant la porte, au même moment le pilote ouvrit les yeux, en un instant il reprit appuis sur ses jambes, d'un revers du gauche il mit KO le premier soldat qui retomba assis sur une chaise, le second était en train de dégainer quand Heero stoppa son action. Par un coup de genou il récupéra l'arme et assomma l'homme, le rattrapant dans sa chute et le posant doucement au sol. Le pilote resta immobile quelques secondes, à l'affût du moindre bruit et réfléchissant à toute vitesse.

Quelle était la meilleure stratégie à adopter ? Il avait déjà prévu un plan, mais le fait que Onze rejoigne si subitement la ministre n'avait pas été envisagé. Il avait bien comprit quel genre d'homme était ce lieutenant. Mais l'émetteur était pour le moment leur seule chance. Il se força à se raisonner.

Le pilote se releva, il se munit des armes des soldats et de leur pass puis sortit de la pièce qu'il prit soin de refermer. Grâce à ses qualités de soldat Heero parvint rapidement jusqu'au hangar des MS. Les informations inquiétantes que ces recherches sur les Epyons Terros lui avaient apportées étaient à la hauteur de la réalité. Il venait de pénétrer dans un secteur où s'étendaient un nombre impressionnant d'armure mobile, pour la plupart des Serpentarius, mais plus au loin, il semblait voir un autre type d'armure. Mais il n'avait pas le temps de s'attarder à ces choses là pour le moment.

Au moins je n'aurai pas de problème pour trouver un modificateur de fréquence, ensuite je détruirai ces MS.

Le pilote mit son plan à exécution, l'appareil fut rapidement trouvé, l'opération dura tout juste quelques minutes. Il réappliqua ensuite le petit circuit contre sa hanche.

A présent je vais faire en sorte de concentrer toute l'attention des hommes de cette base sur ce secteur.

Heero n'eut aucun mal à se procurer un MS, la surveillance étant pratiquement nulle mise à part quelques mécaniciens. Il n'avait encore jamais piloté un Serpentarius mais les commandes étaient visiblement similaires aux Taurus. Heero mit l'appareil sous tension ce qui eu pour effet de se faire redresser l'armure. Tous les hommes de la maintenance accoururent alors devant le MS.

-Mais bon sang qu'est ce qui se passe ici ! hurla le chef mécanicien.

Le Serpentarius se mit en mouvement, il se retourna, se saisit d'un canon et tira sur les MS les plus éloignés. Une gigantesque explosion s'en suivit et tout le satellite trembla par la déflagration occasionnée.

Heero laissa le temps aux hommes de s'enfuir, il tira encore une fois puis les explosions se propagèrent d'armures mobiles en armures mobiles. Le pilote de Gundam quitta le secteur avant que celui ci ne soit isolé du reste du satellite et se retrouva dans le hangar des navettes, il fit le plus de dégâts possibles jusqu'à ce que son Serpentarius se retrouve sans énergie et s'accroupisse à nouveau, des armures mobiles l'encadrèrent alors prudemment. C'est Onze qui lui somma de se rendre et il obtempéra. C'était tellement l'effervescence dans le satellite que dès qu'il se rendit, on le conduisit à sa cellule sans lui demander plus de comptes.

On jeta Heero au sol sans ménagement et les soldats repartirent aussi vite qu'ils étaient arrivés. Lorsqu'il en eut la force, il releva la tête et aperçu Relena dans l'obscurité, recroquevillée dans l'angle entre le mur et les barreaux qui séparaient leurs deux cellules. Malgré toute sa volonté, le pilote mit quelques secondes avant de parvenir à se relever, il se dirigea vers la ministre et ses jambes s'affaissèrent alors qu'il arrivait à sa hauteur. Il fit cependant abstraction de son être qui manifestait ses limites et passa aussitôt ses bras au travers des barreaux, relevant le corps affaissé de la jeune fille.

Son regard se figea.

Et jamais il ne ressentit pareille douleur en son cœur.

Sa main se mit à trembler sans qu'il ne puisse rien faire alors qu'il tentait vainement de faire disparaître le sillon rougeâtre qui courait depuis la commissure de ses lèvres tellement blanches. Mais c'était trop tard.

Il était arrivé trop tard. Il aurait dû changer de stratégie. Mais Heero se força à ne pas se laisser aller. Elle avait tenu sa promesse. Elle était encore en vie. Il n'avait aucunement le droit de renoncer. Il fit glisser l'une de ses mains jusqu'au poignet de son bras gauche où il rechercha son pouls. Il était rapide, mais régulier.

Les battements du cœur de la princesse résonnèrent bientôt en lui et il ferma les yeux…

-Rahhhh j'en peux plus d'attendre !

Duo était appuyé contre la tôle blanche et même lui commençait à trouver le temps long. Wufei s'était enfermé dans le mobil home et voilà qu'il se retrouvait à la porte !

-Allez Wufei fait pas ta tête brûlée et laisses moi te remplacer, ça fait des heures que tu n'as rien avalé.

-Ces types me sont passés sous le nez, si j'arrive à recouper encore quelques unes de mes informations avec celle de Heero, je suis sûr que je peux arriver à quelque chose.

Cela faisait maintenant presque douze heures qu'ils avaient commencé leurs recherches et ni Quatre et Sally, ni les trois autres pilotes n'avaient avancé.

-Mais laisses-moi faire ça au moins dix minutes ! Faut que tu oxygène ton cerveau, ça ne mènera à rien de s'acharner comme ça.

Duo soupira.

Pfff ! C'est peine perdue, j'arriverai pas à le faire décoller de son écran, il va finir par avoir les neurones en compote !

Le pilote leva une main au ciel et prit un air désintéressé.

-Tant pis pour toi ! Tu ne goûteras pas à la cuisine immonde de Catherine. Bon bin excuses-moi mais puisque que je suis de si mauvaise compagnie je vais aller voir si je ne pourrai pas être utile à Trowa.

Wufei n'y tint plus et se rua sur la petite fenêtre.

-DUO ! Pourquoi est ce que tu te comportes de cette manière ! T'as le don de m'agacer lorsque tu es comme ça !

-Bien ! Tu fais des progrès, t'as réussi à mettre le nez dehors !

-Maxwell ! Je vais te...

D'un seul coup les deux pilotes se figèrent.

Un bip sonore à répétition régulière retentissait.

Wufei se jeta sur l'ordinateur et Duo s'agrippa à la fenêtre.

-... Wufei ?

-C'est un signal, vas chercher Trowa !

Le jeune homme sauta à terre et s'empressa d'obéir. Wufei pianota frénétiquement sur le clavier et une suite de chiffres apparurent.

Les trois pilotes furent vite réunis autour de l'écran du portable.

-C'est une série de chiffre qui se répètent, ils doivent coder un appareil, commenta Wufei.

-C'est peut être le signal de l'émetteur d'Heero.

-Je contacte Quatre tout de suite.

-Trowa ! Vous avez du nouveau !

-On a reçu un signal sur l'ordinateur de Heero, pourrais-tu transmettre le programme de décryptage de l'émetteur sur son PC?

-Une seconde ! J'envois !

Une fenêtre s'ouvrit aussitôt, indiquant qu'un programme externe essayait d'entrer en contact avec le PC du pilote. Wufei accepta la procédure et le chargement s'opéra. Il ne dura que quelques secondes.

-C'est lui. La fréquence n'est plus la même, mais c'est bien son émetteur. Confirma Quatre qui recevait les informations en temps réel. Wufei tu peux le localiser ?

Le garçon se mit immédiatement au travail.

-Je l'ai, c'est au niveau de la zone GP-456.

Duo désenchanta.

-Tu peux pas être plus précis ? Ca regroupe une Colonie et des tas de satellites ! Comment on va pouvoir les retrouver ?

-Désolé mais le signal est trop faible.

-La modification de la fréquence a dû coûter beaucoup d'énergie à l'émetteur.

-Ca ne nous avance à rien ! cracha le pilote asiatique en tapant du poing sur la table.

C'est la voix de Sally qui rompit le silence.

-... attendez ! Je viens de repérer à l'instant un satellite de cette zone où il s'est produit une explosion il y a environ un quart d'heure.

-Des accidents de ce genre, il en arrive souvent, lui répondit Trowa. La silhouette de l'ancien major apparut alors aux côtés de Quatre.

-Même quant des débris d'armures mobiles flottent dans l'espace ?

Ils se jaugèrent alors du regard et constatèrent qu'ils en étaient tous arrivés à la même conclusion. Duo se releva.

-Alors au boulot, on a plus une seconde à perdre !

Les pilotes échafaudèrent un plan de sauvetage sommaire, ils décidèrent d'agir seuls malgré la proposition de la jeune femme de joindre quelques Préventers à leur opération. Sally et Quatre couvriraient leur infraction dans le satellite et ensuite il leur faudrait se débrouiller seuls. Ils disposaient de quelques armes légères, d'explosifs et d'un vieux plan du satellite. C'était bien peu en comparaison de l'armada des Epyons Terros mais l'enjeu méritait de prendre tous les risques, la nouvelle de la disparition de la ministre se répandait comme une traînée de poudre et l'inquiétude se lisait sur le visage de bien des citoyens. Il leur fallait agir, et vite.

Deux heures plus tard, les trois jeunes hommes "empruntaient" une navette et quittaient L4 pour le satellite. Après un voyage rapide, leur appareil entra dans la zone Gp-456. Les pilotes s'équipèrent silencieusement, chacun vérifiant son matériel.

Ces gestes cent fois répétés rappelèrent à la mémoire de Duo son ancien compagnon des mauvais jours. Mon vieux Deathscythe ta présence n'aurait pas été de trop…

Trowa se remit aux commandes de la navette.

-Duo, Wufei vous êtes prêts ?

-Ca roule !

-C'est bon.

-Ok j'entame la phase d'approche, accrochez-vous.

La navette commença la descente sur sa cible.

Quelques kilomètres avant le satellite, la couverture de Quatre se termina comme prévu et ils apparurent sur les écrans radar de leur ennemi.

-Lieutenant Onze, on a un appareil inconnu en phase d'approche.

Les Epyons Terros tentèrent de prendre contact avec la navette, mais en vain.

-Activez les canons et débarrassez-moi de cet objet !

L'appareil eut bientôt à faire face à un déluge de feu mais les talents de Trowa les firent parvenir au-delà. Mais à proximité du satellite, des Virgos les attendaient, constituant une deuxième ligne de défense à laquelle ils ne purent faire face. La navette fut touchée et alla s'écraser contre la paroi du satellite, créant ainsi une ouverture.

-On entame la seconde étape.

-Ok.

-Ok.

Les trois capsules pénétrèrent par la brèche fumante et atterrirent discrètement dans le secteur 6. Les pilotes s'infiltrèrent aisément dans la base, l'attention des troupes étant concentrée sur l'explosion. Ils trouvèrent rapidement les deux otages, guidés par un Epyon Terros qu'ils avaient fait captif. Heero n'avait pas bougé, sa main toujours dans celle de Relena. Mais l'agitation l'avait réveillé. Il n'avait encore jamais autant espéré qu'on lui vienne en aide. Et c'est avec un très grand soulagement qu'il reconnu les silhouettes de ses compagnons.

Heero se releva avec effort alors que Duo s'empressait de déverrouiller sa porte.

-Content de te voir, sourit simplement le pilote aux longs cheveux tressés.

-Moi aussi. Il faut faire vite, la ministre à besoin de soins d'urgence, son pouls devient de plus en plus irrégulier.

Mais Trowa était déjà auprès de la princesse et son regard habituellement si imperturbable se troubla lorsqu'il s'accroupit à sa hauteur.

Mais ça n'était pas le moment de se poser des questions.

-En effet, il va falloir la transporter avec le plus de douceur possible.

Trowa souleva délicatement Relena et Duo soutint Heero.

Il y eu un instant de surprise lorsque le deux autres pilotes découvrirent l'ampleur de la teneur des propos de Heero.

L'Epyon Terros eut alors un mouvement en avant vers le corps de la ministre, mais Wufei qui le tenait en respect lui colla aussitôt son arme contre la tempe.

-Je ne te conseille pas, souffla-t-il, brûlant d'une colère qu'il contenait avec peine.

Le soldat s'immobilisa, les yeux rougissants, il s'effondra.

-Mon dieu ! Qu'ai-je fais !

-Il fallait y penser avant !

Le jeune asiatique allait assommer le soldat lorsque Trowa le stoppa.

-Attends !

Ce garçon avait l'air sincère. Et avec deux blessés leur opération devenait vraiment délicate.

Il s'adressa alors au jeune homme :

-Il n'est pas encore trop tard pour la sauver, cependant il faut agir vite, tu peux nous y aider, mais nous ne pourrons pas t'assurer de protection.

Le soldat regarda le pilote, serra ses poings et se releva.

-Il y a un autre secteur, moins fréquenté qui héberge la navette du ministre de L3, il vous sera plus facile de fuir par ce coté.

Wufei abaissa son arme, mais il resta vigilant.

-Très bien, alors dépêchons.

La petite troupe se mit en marche, Duo, et Heero par la même occasion, se positionnèrent aux cotés de l'Epyon Terros.

Le jeune soldat avait peur, ça se voyait dans son regard mais il avait eu le courage de remettre en question ses convictions. Et Duo éprouva de la sympathie pour lui, il aurait bien aimé que plus de gens aient son cran.

-Hey ! C'est quoi ton nom ?

-Kalvin.

-Te fais pas de bile Kalvin, ça arrive à tous le monde de faire des erreurs, t'inquiètes pas, ça vas aller.

Le déserteur sourit faiblement.

-Merci.

Cependant au fur et à mesure de leur progression les pilotes rencontrèrent de plus en plus d'Epyon Terros et la situation devenait vraiment délicate. Ils allaient bientôt se faire repérer. Heero tenait à peine sur ses jambes, il savait qu'il empêcherait Duo de se défendre correctement en cas de problème. Et il ralentissait les autres.

On ne peut pas continuer comme ça.

-Duo, laissez-moi.

Le pilote s'arrêta net et fixa son compagnon.

-Sûrement pas !

Le jeune homme rassembla ses forces et frappa le natté dans les côtes, celui ci, surpris, lâcha prise et Heero s'appuya in extremis contre le mur pour ne pas s'effondrer à terre.

-Il faut que vous sauviez Relena... Je ferais diversion.

Son attaque avait un peu sonné son ami à la natte, plus dans son estime que du point de vue physique. Heero n'allait-il jamais perdre cette mauvaise habitude de toujours tout vouloir faire seul !

-Ce que tu peux être borné ! lacha-t-il, un peu amère.

-Je crois que l'on a mieux comme diversion, Wufei ? intervint alors Trowa.

-C'est partit.

Il appuya sur le déclencheur, une série d'explosions apparurent en plusieurs points du satellite qui fut secoué l'espace d'un instant.

-Tu ne croyais tout de même pas que l'on était venu sans leur préparer un petit cadeau ? Aller, accroches toi et ne bronches pas ou c'est moi qui vais frapper et ne te vexes pas mais ça fera plus mal, fit-il alors que leurs regards se croisaient un instant. Heero vit alors qu'il l'avait blessé. Ce n'était pas ce qu'il voulait, il était juste déterminé à réparer son erreur… Il ne sut pas quoi dire. Il se laissa faire sans un mot et la troupe repartit.

Mais le pilote n'avait pas besoin de paroles pour comprendre son camarade.

-Et puis tu sais, je crois que Relena ne me l'aurait jamais pardonné, souffla-t-il à son ami, sa voix apaisée lui laissant comprendre que le désaccord était passé.

-… merci Duo… je suis désolé.

-Si tu tiens à te faire pardonner dignement, restes en vie.

Il ne répondit pas, mais leur accord tacite était entendu.

Les explosions laissèrent à nouveau le champ libre aux pilotes et ils arrivèrent enfin à la navette. Wufei alla vérifier qu'elle était opérationnelle, pendant que les autres attendaient en sécurité.

-C'est bon, tout à l'air ok.

-Allez !

Ils partirent tous en avant alors que Wufei resta en arrière avec l'Epyon Terros. Kalvin ne bougea pas, il attendait son châtiment, il se fichait bien de ce qui pouvait lui arriver car pour la première fois de sa vie il savait qu'il avait fait le bon choix. Le pilote de Gundam le jaugea de son regard dur que Kalvin soutint, Wufei finit par sourire et jeta au soldat une paire de menottes.

-Mets-les à tes poignets, ensuite je t'assommerais et tu diras à tes supérieurs que c'est nous qui t'avons fait ça.

-J'ai une meilleure solution.

Duo et Trowa allumèrent les moteurs au moment où Wufei pénétrait dans la navette, et sans plus attendre, ils décollèrent.

-Ca ne va pas être facile de sortir de là ! commenta Duo qui esquissait les attaques du satellite.

-Voilà que les Virgos s'y mettent !

C'est alors que les tirs du satellite changèrent de cible et s'attaquèrent aux MS, Duo ne chercha pas à comprendre et fila en dehors de la zone de combat.

Une fois la navette hors d'atteinte et la couverture de Quatre de nouveau opérationnelle, il s'autorisa un instant de relâchement.

-Je ne sais pas quel miracle vient de se produire, mais il est tombé à pic !

-On a surtout eu un bon coup de main.

Tous se tournèrent vers Wufei qui se relevait, ôtant sa ceinture de sécurité.

-J'ai laissé le soldat nous aider à sa manière.

-Je savais bien que ce petit gars avait du bon !

Mais l'instant de soulagement fut coupé par un profond râle de la ministre qui parvint jusqu'à la salle de commande, presque aussitôt répercuté par la voix inquiète de Heero.

Son épaule blessée n'avait pas été épargnée lors de l'interrogatoire. Cependant les bandages avaient maintenus l'ensemble assez rigide pour limiter la perte de sang. Mais les dernières secousses avaient annihilées les effets de la fragile cicatrisation.

Wufei et Trowa arrivèrent aussitôt, alors que Heero se redressait pour constater lui aussi l'origine de sa douleur.

-Il faut l'empêcher de perdre plus de sang, le temps qu'on puisse la conduire jusqu'à un établissement hospitalier, fit alors remarquer Trowa. Mais je ne suis pas très qualifié dans ce domaine là.

-Je vais jeter un œil, se lança le jeune asiatique.

Ils le savaient le plus apte à intervenir, partageant depuis plusieurs mois ses journées avec l'ancien médecin de l'Alliance Terrestre.

Wufei décolla prudemment le tissu rigidifié par le sang et observa ce qu'il put de la blessure.

-Je ne vois pas grand chose, je vais essayer de limiter les pertes, mais je ne voudrai pas aggraver la lésion… je ne sais pas ou se trouve la balle.

-Il n'y a pas de balle. Son épaule a été transpercée de part en part.

Les deux hommes se tournèrent aussitôt vers leur camarde. Quel type d'armements avaient-ils utilisés pour occasionner ce genre de blessure ? Mais ils constatèrent que Heero n'en savait pas plus qu'eux.

-Ca me simplifiera les choses. Je vais faire mon possible.

-Ou sommes nous situés ? demanda alors Heero.

-Aux environs du point GP-456.

-Alors il faut aller sur L1 et solliciter l'aide du docteur J.

-J ? Merci bien mais je tiens ne pas à avoir affaire ni à lui, ni aux autres, ils avaient disparus de ma vie et c'était très bien comme ça ! s'exclama Duo qui écoutait avec attention depuis la salle de pilotage.

-Je n'apprécie pas plus cet homme que toi, mais nos mentors se sont toujours battus pour les Colonies et il viendra en aide à la ministre.

-Alors ils sont encore en vie.

En effet Trowa, aux dires de J ils sont tous en vie.

-Je m'en doutais, remarqua Wufei alors qu'il se procurait la trousse de premiers soins de la navette, et tout en se retournant de nouveau vers la princesse, il questionna Heero : comment ça se fait que tu en saches autant, tu les as recherchés ?

-Pas vraiment, c'est plutôt J qui m'a trouvé, il a cherché Howard et ensuite il a pris contact avec moi.

-On verra ça plus tard. Je crois que l'on n'a pas le choix, c'est le plus proche de notre position, dans l'état de la princesse on ne peut pas se permettre de rejoindre les Préventers comme prévus. Wufei ? Duo ?

-C'est la meilleure solution.

-Ca ne me plait pas, mais vous avez raison. Modification de la trajectoire sur L1.

-Il faut que contacte J.

Heero se releva soutenu par Trowa et s'installa devant le communicateur.

Le pilote ouvrit le canal de communication qui lui avait servit autrefois à recevoir ses ordres de mission et visage du professeur apparu sur l'écran.

-Heero Yuy, j'attendais ton appel...

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