Réédité le 03/2016

LA VOLONTE DE SE BATTRE

20 août, Ac 197.

La navette suivant les indications d'Heero atterrit dans un spacioport isolé. Dès que l'appareil s'immobilisa, Howard courra à leur rencontre et les hélas alors que la porte s'ouvrait :

-Dépêchez-vous ! L'équipe médicale nous attend !

Mais Trowa apparaissait déjà, la princesse inerte dans ses bras. Il descendit avec souplesse et rejoignit le vieil homme à la hâte.

La ministre fut conduite à la salle d'opération. Là l'attendaient le professeur J et deux médecins, dont un vieil ami et associé avec lequel J avait fait ses classes.

Aussitôt que Relena fut sur la table d'opération les trois hommes s'activèrent autour d'elle, J relia les appareils au corps de la jeune fille pendant que l'un faisait rapidement un bilan de son état et que le dernier se préparait pour l'intervention

-Je la perfuse et on commence tout de suite. Ne restez pas là mon garçon, vous augmentez les risques de contamination !

Le jeune homme jeta un dernier regard puis quitta la salle, retrouvant Howard et les autres pilotes qui arrivaient.

Heero se laissa conduire jusqu'à une chaise, son ami lui libéra le bras et s'assit à ses cotés.

-Tout cet équipement, cette salle est aménagée pour des opérations chirurgicales, remarqua Trowa, encore dans ses réflexions.

-Une salle d'opération dans un endroit pareil… alors qu'on se croirait plutôt dans une usine désaffectée…

-Duo, cette usinée désaffectée... n'est autre que l'ancien QG des rebelles des Colonies contre l'Alliance Terrestre…

-Et elle dispose de tout le nécessaire pour soigner des Hommes. A l'époque la plupart des rebelles étaient soupçonnés par l'Alliance et on ne pouvait pas se permettre de les emmener dans un hôpital public après une mission qui avait mal tournée, reprit Howard à la suite d'Heero

-C'est donc la fameuse base fantôme qui a tant donné de mal à OZ, maître O m'en a souvent parlé.

-C'est exact, peu de gens savent où elle se trouve et aujourd'hui encore ça reste un lieu stratégique, c'était l'endroit le plus sûr pour la ministre.

Les pilotes se tournèrent vers Heero.

-Je connais cet endroit... parce que c'est ici que j'ai vécu pour devenir pilote de Gundam... je... se perdit-il dans ses paroles alors qu'il voyait les murs s'animer étrangement autour de lui.

Ses yeux s'agitèrent dans le vide, trahissant la perte totale de son équilibre qui le fit basculer vers l'avant.

Mais Duo était attentif et le saisit aussitôt aux épaules, l'empêchant de s'effondrer.

-Hey ! Restes avec nous ! intervint sa voix inquiète.

-Duo... ça va.

-Ouais, tu m'en diras tant ! fit-il d'un air peu convaincu.

-Tu as besoin de soins et de repos toi aussi.

-Trowa a raison, je vais te conduire dans une chambre, conclut Howard.

-Je vous accompagne, déclara aussitôt le jeune homme à la natte alors qu'il repassait le bras de son ami autour de son cou.

Le pilote ne protesta pas, signe qu'il avait vraiment outrepassé ses limites.

Dès que Heero fut allongé, il sombra dans un sommeil profond.

-Gardes un œil sur lui mon petit Duo, on ne sait jamais.

-J'y comptais. Je vais rester avec lui.

-Très bien, j'enverrai quelqu'un te prévenir dès qu'il y aura du nouveau.

Et l'homme quitta la pièce, les laissant seuls.

Duo observa un instant son ami visage était bleuit à de multiples endroits et nul doute que le reste de son corps avait dû subir le même traitements.

Mais qu'avait-il bien pu se passer pour que Relena se fasse enlever si facilement et qu'il les retrouve dans l'espace ? Sans parler de l'état dans lequel ils étaient tous deux…

Le jeune homme soupira profondément, tournant son visage vers la fenêtre. Il constata alors qu'ils avaient été conduits au-dessus de la base souterraine. L'endroit était nettement plus accueillant et on pouvait y voir une partie de la ville. Au bout de quelques minutes, il quitta sa contemplation et récupéra la seule chaise qui se trouvait dans la pièce, l'installant aux côtés de son ami. Il s'assit à califourchon et se servit du dossier comme accoudoir, il y croisa ses bras et posa son menton au-dessus.

Comment a-t-on put en arriver là ? Hein Heero ? Même toi tu n'as pas su trouver de réponse à cette question…

Le temps passa très lentement dans la base, alors que tout changeait à une allure folle à l'extérieur depuis la disparition de la ministre. Mais les pilotes étaient figés dans l'attente, impuissants face à ce déferlement.

Cependant au bout de trois heures d'opération J finit par sortir de la salle. Le vieil homme avait l'air exténué. Lui qui n'exprimait jamais aucune fatigue.

-Elle a perdu beaucoup de sang du fait de la perforation de deux artères et deux veines. Ces deux hommes ont fait leur possible pour réparer les dégâts, mais les séquelles sont importantes et les complications sont probables.

-Ne serait-il pas plus sage de la transférer vers un hôpital ? remarqua alors Wufei, qui, comme ses compagnons, éprouvait de la méfiance vis à vis du Docteur.

Les deux médecins sortirent alors de la salle, tirant le brancard.

-La déplacer serait lui faire prendre encore plus de risques. Il faut qu'elle se repose et qu'elle soit au calme.

Constatant que les propos de son ami n'avaient que peu d'effet, le plus jeune des deux hommes décida de préciser un peu plus la situation.

-Ne vous inquiétez pas. Je suis le Docteur Andrew Afferson et voici mon confrére Leonardo Trivani. Nous sommes chirurgiens des tissus mous à l'hôpital central de L-1. C'est nous avons décidé d'intervenir ici. Vous savez, c'est une chance que son organisme ait pu survivre avec le peu de sang qu'il lui restait. Je ne suis pas sûr qu'un voyage d'une heure en ambulance ne lui ait été salutaire, sans parler des médias. Je pense qu'il ne faut pas regretter ce choix. Nous allons la conduire dans la salle de réanimation et voir comment son état va évoluer.

La poignée de la porte grinça et la silhouette de Trowa apparu dans l'encadrement de la chambre, Duo se releva.

-Alors ?

-Les prochaines heures vont être décisives.

-Ca je m'y attendais.

-J'ai besoin de toi pour contacter Quatre.

-Il faudrait garder un œil sur Heero.

Le docteur J qui avait accompagné le jeune homme rentra alors dans la chambre.

-Je m'occupe de lui, vas-y Duo.

Les deux pilotes quittèrent la pièce Duo jetant cependant un dernier regard suspicieux derrière lui.

J attendit quelques secondes puis se pencha alors au-dessus du jeune homme, lui passant une main sur le front. Le patient ouvrit immédiatement des yeux qui fixèrent le docteur d'un regard dur.

-Calmes-toi, je ne suis qu'un vieil homme.

-Professeur...

Son expression s'effaça aussitôt et il pencha sa tête sur le coté, essayant de réveiller son esprit embrumé qui avait réagit par instinct.

-Je vois que tu n'as pas perdu tout ce que je t'ai appris, sourit-il, agitant la barbe grisonnante qui recouvrait son menton.

-Relena... comment vas-t-elle ?

-Laisses-moi vérifier ton état et ensuite tu pourras aller la voir.

Heero encore trop faible pour protester, obtempéra et se laissa faire. J vérifia qu'il n'avait aucune blessure grave et lui administra un calmant.

L'effet de la drogue fut instantané et le pilote repartit dans l'inconscient.

-Pour le moment tu as besoin de panser tes blessures, et non pas de t'inquiéter pour ta petite protégée.

Le professeur souleva le corps du jeune homme et le conduisit dans la même chambre que celle de la ministre, ce qui lui permettrait de surveiller également son état.

-Tu as l'air de te faire du souci pour lui, constata Leonardo qui ajustait les appareils qui allaient veiller sur la princesse.

-Tais-toi donc vieux fou et viens plutôt m'aider.

Heero fut installé dans le deuxième lit de la pièce et ausculté alors qu'il était secoué de tremblements.

-Il ne semble pas avoir de lésions internes malgré les contusions multiples. Par contre il est en état d'épuisement, je vais lui faire un bilan sanguin.

-Heero s'en remettra, mais il lui en faut beaucoup pour en arriver à ce point.

-Et c'est bien ce qui t'inquiètes ?

-En effet, qui sait ce qu'ils ont bien put faire… lui répondit J en tournant son regard vers la jeune ministre.

-Ca me paraît assez évident si on prend en compte les côtes brisées, les centaines d'hématomes et les autres choses que nous apprendrons si elle se réveille, remarqua Andrew d'un ton amer.

Le silence marqua son intervention.

Mais peut être que les pilotes en savaient un peu plus.

Les deux patriciens prirent en charge les soins de Heero, alors que J rejoignais la salle commune.

A son entrée, tous se tournèrent dans sa direction.

Et lorsqu'il rencontra le regard de ces jeunes pilote, il comprit qu'il allait devoir mériter, sinon leur confiance, au moins leur coopération. Il était temps de s'expliquer.

Le vieil homme soupira et se dirigea lentement jusqu'à la table autour de laquelle ils s'étaient réuni, s'installant à son tour. Presque deux ans s'étaient écoulés depuis la fin de la mission qu'il leur avait confiée.

-Bien, je suppose que vous avez des questions à me poser. Je vous écoute.

Certains furent surpris par son attitude, mais Duo laissa ses considérations de côté et exprima de vive voix ce que tous voulaient comprendre.

-Comment ça se fait que vous soyez en vie ? Qu'avez vous manigancé à bord du Peacemillion pour que vous puissiez en ressortir ?

-Tu te méprends Duo. Nous avons juste eu de la chance. A vrai dire nous n'avions pas été les seuls à penser utiliser les réacteurs du Peacemillion pour dévier sa trajectoire. Et Quinze était décidé à nous arrêter. Mais sa tentative a échoué et nous nous sommes servit de sa navette pour nous enfuir avant que les deux vaisseaux ne soient détruit. A la fin du conflit, nous nous sommes séparés, cependant il fut convenu que si le besoin s'en faisait ressentir, alors nous reprendrions contact avec vous. Je pourrai m'étendre davantage, mais je ne pense pas que ce soit le plus important pour le moment, répondit-il au regard suspicieux de Duo. Il ne le savait que partiellement satisfait de sa réponse. J'aimerai que l'on mette en commun nos informations sur ce groupuscule qui a enlevé la ministre, termina-t-il.

Le jeune homme aux longs cheveux obtempéra, sachant faire taire ses ressentis et écouter sa raison. Son expression se fit plus conciliante et Trowa amorça alors le premier pas.

-Nous ne savons pas grand chose, c'est Heero qui a rassemblé le plus d'éléments sur l'organisation.

-De ce que j'ai pu découvrir pour l'instant, il apparaît dans ses recherches que les Epyons Terros ont un projet à long terme qu'il n'a pas su déterminer précisément. Mais ils ont pour cela lancé la fabrication d'une grande quantité d'armures mobiles sur les dix derniers mois, l'informa Wufei.

-Ce sont des entreprises sur la Terre et les Colonies qui les produisent en déviant certaines de leurs chaînes de production. La ministre en a par ailleurs mis plusieurs à l'arrêt, mais il y en a d'autres qui sont encore opérationnelles, ajouta le docteur. Et pour ce qui est des commanditaires, vous avez découvert quelque chose ?

-Il y a des gens de toutes origines dans leur rang, autant des Terriens que des habitants des Colonies, cela va des militaires des anciennes armées aux plus naïfs qui pensent se joindre à un combat pour l'émancipation des opprimés. Les Epyons Terros regroupent surtout des hommes qui cherchent à anéantir le système actuel. Mais nous n'arrivons pas à déterminer qui recrute tous ces soldat, termina le pilote qui appartenait à présent au corps des Préventers.

-Le problème c'est que des personnes d'influence se rallient chaque jour à leur cause, fit l'ingénieur, d'une voix ou l'on aurait presque perçue de l'inquiétude.

-D'après Heero, l'enlèvement de la princesse de Sank, était le véritable point de départ de l'opération. La prise d'otage qui a eut lieu il y a quatre mois n'étant qu'un leurre consistant à abaisser la vigilance des Préventers.

J était devenu silencieux, ses yeux bioniques ne laissant rien transparaître de sa réflexion.

-Hum… on dirait bien qu'ils ont vraiment l'attention de renverser les Sphères Unifiées. Dans cette optique la guerre profitera à la plupart des personnalités qui les ont rejoints. Ils seront prêts à tous les sacrifices pour défendre leurs intérêts et ce sont encore les citoyens qui vont leur servir de chaire à canon pour leur projet de domination.

-Alors ils auraient voulu faire disparaître la ministre pour déstabiliser le pouvoir actuel. Mais je ne comprends pas, pourquoi ne l'on t-ils pas tuée immédiatement si c'était le seul but recherché ?

J sortit de sa méditation.

-Tu as mis le doigt sur un détail important Trowa, cependant seule la princesse à la réponse, en l'état actuel des choses nous sommes condamnés à l'attente.

-Pourvu qu'elle se réveille... murmura alors Duo, absorbé dans ses pensées.

Heero ouvrit faiblement les yeux, la lumière tamisée de la pièce lui fit croire un instant qu'il n'était encore que dans un rêve.

Mais sa vision se fit plus nette. Et il constata qu'il n'était plus dans le même lit qu'auparavant. J avait encore dû lui administrer une substance quelconque… tout en poursuivant ses réflexions, il entreprit de tourner son visage afin de mieux appréhender son nouvel environnement, quittant la contemplation du plafond.

C'est alors qu'il réalisa qu'il n'était pas seul, le bruit d'appareils de mesures se révélant soudain à lui.

Il plissa les yeux pour mieux concentrer sa vision amoindrie. Une multitude de fils, des perfusions… et quelques mèches de cheveux qui se perdaient dans le vide.

Il se crispa soudain et voulu se lever mais un vertige le fit se rasseoir aussitôt. Il se passa une main sur le front, espérant par ce geste apaiser le mal de crâne qui venait de l'assaillir.

Au bout de quelques secondes il pu relever son regard et vit alors distinctement la personne qui se trouvait dans le second lit. Elle était toujours en vie.

Heero se débarrassa de sa perfusion, attendit encore quelques minutes puis se leva, et, doucement, se dirigea jusqu'à la ministre.

La jeune fille portait à présent une chemise légère et ses blessures avaient été nettoyées. On l'entendait à peine respirer, seul le drap qui se soulevait par intermittence trahissait qu'elle vivait encore. Un sentiment d'impuissance envahit soudain Heero et il resta auprès de Relena, immobile pendant de longues minutes. Avec le teint pâle qu'elle affichait, sa joue meurtrie apparaissait encore plus violacée. Et à présent qu'elle avait été lavée de son sang, il remarqua également sa lèvre inférieure sectionnée en deux endroits.

Ses poings se serrèrent. Il s'en voulait tellement. Et il s'inquiétait de la savoir ainsi.

Mais malgré tout, il la savait, forte. Il devait garder espoir.

-Je ne peux rien pour toi, ce combat t'appartient... Ne meurs pas… souffla-t-il un peu plus bas alors qu'il relevait une main hésitante vers son visage.

C'était certainement irrationnel, mais il avait besoin de la toucher, de s'assurer qu'elle n'allait pas renoncer. Là encore ses phalanges s'attardèrent sur ses courbes blessées. Le pilote cilla et retira sa main, revenant à l'instant présent. Il avait fort à faire, il fallait qu'il se reprenne.

Au même instant le second communiqué officiel des représentants des Sphères Unifiées était diffusé sur le canal international.

« ... Pour le moment aucune hypothèse n'est avancée sur la disparition de Melle Peacecraft-Darlian et les recherches se poursuivent. Les Sphères Unifiées s'engagent à prendre toutes les dispositions nécessaires pour continuer dans la voie de la coordination entre les peuples et invite les représentants des nations à se rejoindre dés demain pour une assemblée exceptionnelle »

« C'était un communiqué depuis le siège des Sphères Unifiées à Glimmer, après une courte pause, nous reviendrons en direct »

Duo coupa le son de la télévision.

-L'information à été diffusée aussi rapidement que je l'avais prévu, vous avez agit juste à temps avant que sa disparition ne soit à la une, commenta l'ingénieur.

-Les Sphères Unifiées se trouvent en situation de crise depuis l'annonce de l'enlèvement, les Epyons Terros se sont aussi emparés de l'arme médiatique sans que les Préventers ne puissent intervenir à temps, continua Wufei.

Trowa, appuyé contre le mur prit la parole.

-Et la nouvelle se répand comme une traînée de poudre qui n'attend plus qu'une étincelle pour enflammer à nouveau la Terre et les Colonies.

-Les gens vont à coup sûr se diviser sur la marche à suivre quant à la disparition de celle qui représente l'idéal de paix.

J se releva de son siège.

-Vous avez tous les trois raison, ils cherchent à semer la discorde dans l'esprit des citoyens et ils sont en passe d'y parvenir.

-Les Préventers seuls n'arriverons pas à régler cette situation, ajouta Howard.

-Ils ne pourront rien faire tant qu'ils n'auront pas trouvé les taupes qui les ont infiltrés.

-Wufei à raison, les Préventers n'ont aucun moyen de se défendre, si les Epyons Terros décident de frapper en force ils ne pourront pas les contrer.

-C'est pour cela que nous devrons être prêts à leur venir en aide.

Soudainement tous se retournèrent en entendant résonner cette voix au timbre si familier.

-Heero ! ! s'enquit Duo.

Le jeune homme esquissa un hochement de tête, signifiant qu'il allait bien. Hormis ses contusions qui trahissaient sa dernière bataille, il semblait parfaitement rétablit et la détermination se lisait dans son regard.

-Je suis resté inconscient pendant combien de temps ?

-Huit heures.

-Pouvez-vous me dire tout ce qui s'est passé depuis ? demanda-t-il alors qu'il rejoignait ses compagnons.

Après avoir informé le pilote, le professeur entama de le questionner.

-Heero, sais-tu pourquoi les Epyons Terros ont gardé Melle Peacecraft en vie ?

-Je sais seulement qu'ils espéraient tirer d'elle des informations, mais j'ignore lesquelles. Et je ne sais pas ce qu'elle a pu leur révéler.

-Cependant on ne pourra pas attendre éternellement l'hypothétique réveil de la ministre.

-Tu as raison Wufei, même si elle est en ce moment la seule personne qui pourrai apaiser les tensions, il faut envisager d'agir sans elle... concéda Heero.

-Alors vous êtes déterminés à vous battre à nouveau ? remarqua Howard qui jetait un regard à son collègue.

-On n'a pas le choix, on ne va pas laisser une bande de crétins réduire la paix à néant ! Je ne suis pas encore prêt à accepter que toutes les batailles que nous avons pu menées aient été vaines.

-La justice doit être rendue.

Les deux autres pilotes hochèrent la tête en signe d'approbation.

-Si vous choisissez cette voie, alors les Gundams devront probablement ressortir de l'ombre.

Duo écarquilla les yeux.

-Vous voulez dire que...

Le vieil homme soupira. Il aurait préféré éviter d'en arriver là. Mais après tout, n'était-ce pas dans cette éventualité qu'ils avaient de nouveau pris cette décision ? Il ne fallait pas hésiter.

-Oui. Nous avons conçu de nouveaux Gundams, au début de cette année.

Le professeur constata la désapprobation dans certain de leur regard.

Toute paix doit un jour ou l'autre nécessiter qu'on la défende et dans certaines circonstances il peut être nécessaire d'avoir recours aux armes. Cependant il nous reste encore un peu de temps, et si la princesse s'en sort d'ici là, c'est à elle que reviendra la décision finale de les utiliser ou non.

Léonardo rentra à ce moment, il venait de s'assurer de l'état de la ministre, comme il le faisait à tour de rôle avec Andrew, toutes les demi-heures.

-Docteur, comment vas-t-elle ?

Le patricien soupira.

-Etat stationnaire, rien ne change.

La déception fut perceptible dans le regard de chacun.

-Allez vous reposer, vous en avez tous besoin, nous surveillons l'évolution de la situation, déclara J.

Les jeunes hommes ne refusèrent pas un peu de repos. Depuis trois jours ils ne s'étaient accordés que quelques heures de sommeil, et la fatigue leur pesait. Dès qu'ils furent étendus sur leur couchette, ils sombrèrent tous dans un sommeil réparateur, seul Heero resta éveillé, allongé sur son matelas, le regard étrangement lointain.

23 août de l'an 197 après colonisation.

On frappait au loin.

Non… c'était autre chose… un bruit sourd et régulier… qui paraissait à mesure atténué.

Devait-elle aller à lui ? Elle était si bien ici…

Mais elle ne pouvait pas faire ça. Elle avait encore une mission à accomplir.

Relena reprit peu à peu conscience de son corps, elle sentait sa respiration et son cœur battre dans sa poitrine, ce cœur qui l'avait ramenée d'un songe bien étrange. Au bout de quelques minutes elle parvint à rouvrir les yeux, la luminosité l'éblouit un instant puis ses pupilles s'accommodèrent.

Où sui- je ?

La jeune fille voulut bouger l'extrémité de ses doigts mais elle sentit soudain comme une lame lui déchirer l'épaule et laissa échapper un gémissement de douleur. Elle se rappela alors de ce qu'il s'était passé. La dernière chose dont elle avait le souvenir c'était… à la simple évocation de cet instant, son cœur s'emballa subitement et elle sentit la nausée la gagner. La panique l'envahit soudain et elle se mit à regarder autour d'elle avec frénésie, cherchant à savoir si elle était encore captive.

Une évidence s'imposa à son être terrorisé : il ne fallait pas qu'elle reste ici. Elle devait s'enfuir, partir le plus loin possible de cet abominable individu. Elle devait sauver sa vie pour ne pas laisser raison à cet être sans aucune compassion.

Mais il ne fallait pas qu'elle se laisse submerger par ses émotions. Relena analysa son environnement. De toute évidence personne ne s'attendait à son réveil. C'était probablement ces appareils auxquels elle était reliée qui devaient s'assurer de son état. Elle allait déjà commencer par ça. Elle contracta ses abdominaux pour se soulever mais sa cage thoracique s'enflamma soudain et elle crut qu'on venait de lui ouvrir la chair à vif tant cela la saisit avec violence, la figeant dans l'immobilité pour ne pas hurler. Mais ce n'était pas le moment de s'arrêter à ses choses là, et sa détermination reprit aussitôt le dessus. Elle bascula ses jambes sur le côté, ignorant la douleur, et se retrouva assise sur le bord du lit. Elle ne se sentait vraiment pas bien, à mi-chemin entre la nausée et l'impression de manquer d'oxygène. Elle releva le regard vers les appareils, identifia les boutons de mise hors-tension et pris tout son courage pour laisser glisser ses pieds qui atteignirent le sol. Ses jambes tremblèrent, mais la maintinrent. Elle n'eut qu'à tendre son bras valide pour éteindre les deux appareils. Le silence se fit alors dans la pièce. Elle retira les capteurs disposés contre sa poitrine, il ne lui restait à présent plus que la perfusion. Il fallait qu'elle se rende à l'évidence, handicapée comme elle se trouvait, elle n'allait pas pouvoir s'en débarrasser facilement. Il n'y avait qu'une seule solution. La jeune fille saisit entre ses dents le tuyau qui la reliait à la poche de liquide, elle souleva son bras et le plaça dans l'alignement de sa mâchoire. Et elle tira d'un coup sec. Le cathéter fila presque droit en emportant le pansement adhésif. Mais la douleur du geste était bien présente, et de trop pour la résistance déjà peu commune de Relena. Des larmes s'écoulèrent de ses yeux alors qu'elle relâchait le tuyau qui avait résisté à l'assaut de ses dents. Elle constata que du sang s'écoulait à présent de sa veine. Elle se contenta de plaquer l'intérieur de son bras contre elle.

Il était temps de quitter cet endroit.

Elle avança lentement jusqu'à la porte, elle avait l'impression que chaque pas lui demandait autant d'effort que si elle portait deux fois son propre poids, son cœur battant à toute allure. Le couloir était désert.

La princesse avança avec détermination, faisant taire son esprit qui lui criait d'arrêter cette torture. Attentive au moindre bruit elle s'immobilisa soudain lorsqu'elle entendit à proximité quelqu'un qui s'exclamait.

Cette voix… elle la connaissait…

Elle se concentra un instant et sa mémoire matérialisa son souvenir.

Si Duo était là alors elle n'avait rien à craindre, elle pressa le pas.

Pour se figer à l'entrée de la pièce. Elle ne vit soudain plus qu'une seule chose : les images violentes qui défilaient sur le grand écran, trahissant les émeutes qui avaient éclatés sur Terre.

Personne ne la vit entrer, tous débattant avec énergie sur le pourquoi du comment de la marche à suivre, Wufei s'énerva et tapa du poing sur la table.

-On a que trop attendu, il faut aller sur Terre avec nos Gundams !

Choquée de voir se matérialiser l'une de ses plus grandes peurs, elle resta accrochée à l'encadrement, ne réalisant même pas qu'elle venait de prendre la parole.

-Je dois retourner sur Terre, immédiatement…

En l'espace d'un instant la pièce devint silencieuse. Les pilotes se retournèrent comme un seul homme vers ce murmure revenu d'outre monde.

-Re... Relena ! s'exclama Duo, stupéfait.

La jeune fille tourna lentement son visage meurtrit, révélant l'ampleur de sa souffrance, mais elle ne les voyait déjà plus. Son bras lâcha prise alors que ses jambes cédaient et elle s'effondra sur elle même comme un château de carte heurté par la brise.

Heero s'élança avec une vélocité surprenante et la rattrapa in extremis avant que son crâne ne heurte le sol. Le jeune homme dégagea immédiatement le visage de la princesse. Elle se trouva alors doucement caressée par son souffle.

Ces yeux bleus...

Son expression se détendit insensiblement et il cru voir un sentiment de soulagement traverser ses yeux rouges avant qu'elle ne sombre dans l'inconscient.

-Relena ! l'appela-t-il aussitôt avec angoisse.

Il releva son regard sur elle et se crispa lorsqu'il remarqua le liquide qui avait imbibé sa chemise blanche.

-C'est pas vrai ! Elle perd du sang ! siffla-t-il alors qu'il s'empressait de la soulever, l'amenant jusqu'au divan.

Les deux médecins prirent aussitôt en charge leur patiente, identifiant rapidement l'origine de l'hémorragie.

-Incroyable ! Elle a retiré son cathéter… souffla Andrew stupéfait alors que Léonardo était déjà parti chercher du matériel. Quelle volonté hors du commun…

-Tu penses qu'elle peut descendre sur Terre ? lui demanda alors J.

Tous se retournèrent vers le vieil homme, trop surpris.

-Vous n'y pensez pas ! Je vous accorde qu'elle fait preuve de capacité de rétablissement surprenante, mais en aucun cas elle n'est en état de faire un tel voyage ! rétorqua-t-il aussitôt, sidéré. Pourquoi ne pas faire une déclaration publique sur L1 ?

-Trop risqué rétorqua Wufei, On soupçonne une infiltration déjà importante des médias. Nous avons encore moins les moyens de la protéger ici que sur Terre...

Mais leur conversation fut interrompue par la princesse qui s'éveillait à nouveau.

Tous restèrent suspendus alors qu'ils pouvaient constater l'effort que la jeune fille devait fournir pour revenir à la réalité.

-Je… dois aller à Glimmer... le temps presse, murmura-t-elle d'une voix faible.

-Mademoiselle la ministre ! Vous n'êtes pas en état !

Relena s'éveilla un peu plus, tournant alors son attention vers l'homme qui la maintenait allongée sur le canapé, lui adressant un regard détaché.

-Là n'est pas la question… je dois me rendre sur Terre. En personne. C'est… le seul moyen d'éviter une catastrophe… Annoncez mon retour… au plus vite, ordonna-t-elle.

-Rentrez sur Terre ? intervint alors Leonardo qui revenait, mais mademoiselle Peacecraft jamais vous ne supporterez un tel voyage !

A nouveau la jeune fille fixa cet inconnu avec froideur.

-Je n'ai pas l'intention de mourir.

Le médecin la fixa avec surprise alors que le cœur de Heero se comportait de nouveau anormalement.

-Mais… ce n'était pas ce que je voulais dire… mais votre organisme…

-Je me débrouillerai avec mon corps. Je dois rentrer au plus vite ! monta-t-elle d'un ton, les yeux brillant d'une détermination dont il était impossible de connaître l'origine.

Mais le jeune pilote rebelle avait une idée sur la question. Et il contourna le divan pour se diriger à la hauteur du visage de la jeune fille, faisant s'écarter d'un regard les deux médecins. Il s'accroupit alors et l'expression de la princesse se troubla quant elle le reconnut. Le pilote n'hésita pas à plonger ses yeux en elle et il lui sembla voir passer dans son regard un regain d'espoir.

Heero s'en était sortit, elle n'avait pas rêvé. Il était bien vivant et il se trouvait là auprès d'elle, il allait la protéger, il lui avait promis… il… mais que croyait-elle !

Le jeune homme vit subitement les yeux de la princesse se figer pour redevenir deux abîmes insondables. Son expression se teinta d'incompréhension et son ventre se noua. Il ignorait pourquoi, mais il n'aimait pas ça.

Le cœur de Relena s'accéléra, lui causant une profonde douleur dans la poitrine. Il fallait qu'elle se reprenne, ce n'était vraiment pas le moment de penser à ce qu'elle éprouvait pour cet homme. Il n'avait aucun sentiment pour elle. Sa promesse était pour la ministre. Pas pour elle. Elle se sentit faillir à ses douloureuses pensées et se fit violence pour lutter contre ses émotions.

Néanmoins, malgré tous ses efforts, son cœur ne pouvait mentir. Et elle ne réalisa pas le bouleversement que son regard provoqua en lui lorsqu'il vit dans ses yeux la plus grande beauté qu'il puisse exister.

-Je suis heureuse de te savoir en vie, fit-elle simplement, mais avec une telle sincérité que Heero ne fut pas le seul à percevoir la profondeur de ses propos.

Le jeune homme resta un instant subjugué. Elle l'ébranlait une fois encore jusqu'au plus profond de son être. Mais l'effet de l'enchantement se dissipa rapidement lorsqu'elle détourna son regard, réalisant ce qu'elle n'avait pu cacher. Elle était trop faible. Mais il ne fallait plus. Elle ne devait plus jamais penser ainsi à lui.

Cela n'aurait tenu qu'à lui, Heero ne l'aurait pas laissée ainsi rompre leur contact. Il voulait savoir, il voulait comprendre quelle était cette étrange sensation grandissante qui l'habitait.

Il cilla, sentant le regard d'autres peser sur lui et les impératifs de la situation le rappelèrent à l'ordre.

Mais c'est néanmoins avec une douceur surprenante qu'il s'adressa à la ministre.

-Relena, qu'est-ce que les Epyons Terros voulaient savoir ?

A cette question, la respiration soutenue de la jeune fille se figea un instant.

-Ils voulaient… que je leur livre les politiciens qui ont appuyé la loi sur le désarmement.

-Et tu as parlé ? l'interrogea Wufei.

-Non... enfin je ne crois pas... je ne sais plus... souffla-t-elle d'une voix qui s'éteignit dans une plainte douloureuse, bien malgré elle.

Heero se retourna alors et fit face à Wufei, coupant court à la réflexion que celui ci allait diriger contre la ministre.

-Rien ne changera ce qui s'est passé. Et si elle juge que son retour est une priorité absolue, alors nous devons faire notre possible pour la ramener au plus vite au siège des Sphères Unifiées.

La princesse gratifia intérieurement le jeune homme pour son intervention avisée. Il reconcentra alors toute son attention sur elle.

-Relena, de nouveaux Gundams ont étés conçus, acceptes-tu que nous les emmenions avec nous sur Terre ?

-De nouveaux Gundams... souffla-t-elle à elle même, mais manifestement assez peu surprise, non... c'est à moi seule de régler cette crise, trancha-t-elle alors que son regard se faisait plus impénétrable.

Mais le pilote était bien décidé à être ferme dans ses intentions lui aussi.

-C'est exact, tu es la seule à pouvoir réellement contrer l'action des Epyons Terros, cependant tu vas être la cible numéro un à éliminer dès qu'ils vont te savoir en vie. De plus les Epyons Terros ont déjà positionné une quantité importante d'armures mobiles sur les points stratégiques de la Terre et ce n'est qu'une question d'heures avant qu'ils ne déploient leurs forces.

-Mais Heero ! Faire réapparaître les Gundams... ça signifierait... que la paix est perdue... trembla la jeune fille, détournant son visage tourmenté.

Mais il ne supportait plus de la savoir ainsi souffrante et il se pencha un peu plus vers elle, se rapprochant de son visage. Sa détermination la fit frémir, elle se savait perdre la raison lorsqu'il avait cette attitude envers elle.

-Non Relena, la paix n'est pas encore perdue, cependant tu ne peux pas prendre autant de risques, sois raisonnable, laisses les Gundams t'aider. Tu crois peut être que la réapparition de nos armures mobiles va accélérer les événements mais c'est un risque à prendre dans l'état actuel des choses.

Ils se fixèrent pendant quelques secondes dans un débat silencieux, puis elle jaugea les autres pilotes.

-Vous avez raison.

La jeune fille s'inclina face à leurs arguments.

-Excusez-moi d'avoir douté, c'est vous qui avez raison.

Aussitôt l'accord prononcé, tout s'enchaîna alors très vite, un rôle fut attribué à chacun et le départ fut annoncé. Mais Relena n'était plus vraiment là, elle vit les hommes s'agiter mais elle était trop profondément dans ses pensées pour s'y intéresser. Elle remarqua cependant un point fixe au milieu de ce flou d'empressement.

Heero était encore accroupi. Il la regardait. Le cœur de la princesse se serra.

Et les yeux du pilote se troublèrent. Il ressentait un besoin inexpliqué de ne pas s'éloigner d'elle.

Mais le professeur le rappela à l'ordre et il se releva.

-Reposes toi, je viendrais te chercher lorsque tout sera près.

Et il disparu aussitôt de son champs de vision, quelques instant avant que ses paupières ne s'abaissent.

J conduisit les pilotes jusqu'au hangar où il conservait les Gundams.

Il tâtonna un instant avant de trouver le tableau des commandes électriques. Le professeur abaissa alors les interrupteurs et les imposantes machines apparurent l'une après l'autre à la lumière des projecteurs. Le Gundamium, parfaitement travaillé reflétait la lumière du hangar, donnant une étrange beauté froide aux armures mobiles. Dressées de toute leur hauteur, elles n'attendaient plus que leurs pilotes pour entamer à nouveau leur danse à l'issue fatale.

-Nous leur avons apporté quelques modifications, elles sont toutes équipées du Système Zéro, le pilote peut décider ou non de l'utiliser et elles sont capables d'évoluer sur Terre comme dans l'espace. Nous nous sommes efforcés de maintenir la qualité de l'alliage tout en les rendant plus légère et de ce fait plus maniables, les armes ont également été améliorées. De toute manière tout est consigné pour chaque appareil.

Les pilotes restèrent un instant immobile, contemplant celles qui avaient bouleversé leur existence. Un étrange sentiment les liaient à leurs machines, lorsqu'ils les avaient détruites, c'était en quelque sorte une partie d'eux même qui était restée à jamais dans le cockpit de leurs armures…

Une fois tous les préparatifs terminés, ils récupérèrent leurs affaires personnelles et passèrent chercher Relena. Andrew leur expliqua les précautions à prendre quant à l'état de santé de la ministre pendant que J prenait Heero à part. Il lui tendit alors une petite mallette.

-Je te confie des seringues où il y a indiqué CX-487. Ce sont des stimulants métaboliques, elle en aura besoin Mais utilises-les avec parcimonie car elles affaiblissent l'organisme et pourraient causer de grave dommage si tu en abuses. Tu dois espacer les injections de huit heures au minimum.

-Bien compris.

Heero se saisit de la mallette et Trowa souleva la ministre inconsciente, ils se dirigèrent alors vers la zone d'embarquement et trouvèrent Howard sur le pont du transporteur.

-Bin Howard qu'est ce que tu fais encore là ?

-Il y a eu un problème avec les Gundams ? le questionna Wufei.

-Pas du tout, mais je voulais justement retourner sur Terre, et puis vous aurez sûrement besoin d'un bon mécanicien comme moi !

Les pilotes laissèrent échapper un sourire puis pénétrèrent dans la navette, Duo en passant lui adressa une tape amicale sur l'épaule.

-Bienvenue dans la galère mon vieux !

Howard lui emboîta le pas.

-Eh dis donc Duo, je ne suis pas si vieux que ça !

Quelques minutes plus tard Trowa allumait les moteurs et le transporteur décollait pour la Terre.

Les deux patriciens se rapprochèrent de J qui observait le départ de la navette depuis la salle de commande.

-La destinée de la paix repose à nouveau sur leurs jeunes épaules, remarqua la voix emplie de lassitude de Léonardo.

-J'ai confiance en eux, ils ont plus que jamais la volonté de se battre, car ils savent à présent à quel point la paix est belle et précieuse…

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