Réédité le 10/2017
Alors, " Trahis par les siens ", c'est à partir de maintenant que je rentre dans le vif du sujet, ça va commencer à devenir intéressant…^^
TRAHIS PAR LES SIENS
26 août, AC 197.
Le trajet de l'espace jusqu'à la Terre fut long. Il permit cependant à chacun de se reposer et de prendre du recul quant aux derniers événements.
La navette passa inaperçu sous sa couverture de transporteur de minerai et arriva sans heurts jusqu'à la planète bleue.
-On va bientôt entrer dans l'atmosphère, assurez-vous que tout est en ordre, demanda Trowa.
Howard se leva et se dirigea vers l'arrière de l'appareil.
-Je vais garder un œil sur les Gundams.
Heero regarda Duo en coin et ils se comprirent spontanément.
-T'inquiètes, je m'occupe d'elle, fit-il en se levant pour céder lui sa place.
-Alors allons-y.
Wufei et Trowa s'installèrent aux commandes pour seconder Heero. Juste avant de pénétrer dans l'atmosphère, le pilote alluma le communicateur.
-Ici le transporteur JF-457 depuis le satellite MO-52, nous avons un propulseur défectueux, nous sommes dans l'obligation d'effectuer un atterrissage forcé, nous modifions notre plan de vol.
-Attendez ! Vous ne pouvez pas survoler cette zone ! grésilla alors une voix à laquelle personne n'accorda de considération.
Wufei coupa la communication et les pilotes se concentrèrent sur la phase la plus délicate de leur voyage, la traversée des couches supérieures de l'atmosphère.
Une fois arrivée dans la troposphère la navette se stabilisa.
Howard et le jeune homme à la natte rejoignirent alors les autres pilotes.
-Nous sommes à 45 minutes de Glimmer, j'active les radars, commenta Trowa.
-Duo, remplaces moi, je vais prévenir Relena.
Heero se leva, se saisit de la petite mallette et se dirigea vers l'arrière de l'appareil.
La ministre était allongée sur sa couchette, les yeux clos. Le bruit des moteurs était tel dans l'atmosphère qu'elle n'entendit pas le jeune homme entrer et réagit avec force lorsque celui-ci posa une main sur son bras. Heero fut surpris par sa réaction. Elle était très nerveuse et s'était murée dans son silence durant tout le trajet. Et à mesure qu'ils s'étaient rapprochés de leur destination, il avait constaté l'expression de plus en plus assombrie de la princesse. Et il n'était pas le seul à s'en être rendu compte.
-Excuses-moi…
-Je ne t'avais pas entendu rentrer, se justifia-t-elle mal à l'aise.
C'était la première fois qu'elle s'adressait vraiment à lui depuis 2 jours.
-Nous sommes presque arrivés, je vais vérifier tes constantes une dernière fois.
Relena se crispa. Elle n'avait aucunement envie qu'il constate encore ses faiblesses. Elle ne supportait plus de le sentir aussi proche d'elle. Mais elle se savait sans parade, comment pouvait-elle justifier son attitude ? Et puis ce n'était pas comme si elle lui en voulait… non c'était contre elle qu'elle était en guerre.
La jeune fille se renferma alors dans son silence et se laissa ausculter.
Encore. Relena réagissait encore de cette manière. Il ne comprenait pas. Plus le temps avançait et moins il la reconnaissait. Il ne savait pas comment réagir, il se sentait vraiment désemparé face à cette situation. Bien qu'il soit conscient de la réticence de la ministre, il se pencha néanmoins au-dessus d'elle pour accéder à son bras valide qu'il enveloppa du capteur du tensiomètre. Il le reposa prudemment et lança la procédure d'analyse. Les résultats s'affichèrent en quelques secondes. Même si il était conscient que la princesse veillait du mieux possible à éviter son regard, il afficha néanmoins une expression inchangée. Mais il avait de quoi être préoccupé. Son cœur battait à plus de 130 pulsations par minute, et sa pression artérielle était encore plus faible que d'habitude. De telles constantes étaient les conséquences normales d'une perte de sang importante. Mais il ne pouvait croire que ces seules raisons expliquaient son état.
Le pilote, se pencha de nouveau au dessus de son corps et lui retira le capteur. Mais tout en se redressant, il l'effleura par mégarde, contractant subitement le visage de la princesse.
-Je t'ai fais mal, fit-il dans une constatation à voix haute.
-Un peu, mentit-elle.
Elle savait qu'il aurait été vain d'essayer de le lui cacher.
-Laisses-moi regarder, lui demanda-t-il par politesse.
Mais il se concentrait déjà vers l'origine de son mal alors qu'elle ne lui avait aucunement accordé son consentement.
Et la main de Relena se posa contre la sienne, le surprenant dans son mouvement.
-Ce n'est rien, insista-t-elle, affrontant son regard par pure obligation.
Mais elle vit bien que Heero ne comptait pas en rester là. Ses yeux déterminés changèrent un instant de teinte alors qu'elle le sentit se saisir délicatement de sa main. Et elle se trouva de nouveau sans défense, et ses paroles ne firent que la rendre plus vulnérable encore :
-Je ne te veux aucun mal, souffla-t-il dans une promesse, alors qu'il soulevait doucement sa chemise.
Il était clair qu'elle ne tenait pas à ce qu'il regarde, mais il était hors de question qu'il la laisse dans cet état.
Il prit soin de rabattre le tissu contre sa poitrine afin de ne pas la mettre encore plus mal à l'aise, mais il s'immobilisa soudainement dans son geste lorsqu'il réalisa l'ampleur de sa douleur. Il avait consulté son dossier médical, il savait pourtant à quoi s'attendre. Mais les mots lui apparaissaient soudain bien dérisoires face à la vérité qui s'imposait à lui. Son corps n'était qu'un dégradé de couleur. Il n'osait même plus la toucher de peur d'accroître sa souffrance qu'il mesurait à présent pleinement.
Il releva alors un regard empli de questions vers son visage.
-Je n'ai rien à te dire, le coupa-t-elle d'une voix sans équivoque.
Ce qu'elle regretta presque aussitôt. Elle ne voulait pas le blesser mais elle était tellement sur la défensive que son ton n'était absolument pas conciliant.
Le cœur de Heero frémit à sa déclaration et il détourna son attention, replaçant prudemment le tissu de sa chemise. Il se retourna pour se saisir d'une seringue que le professeur J lui avait confié.
-Je ne sais même pas si tu as connaissance de tes blessures. Je ne crois pas que tu ais pu t'entretenir avec ceux qui t'ont opérée avant de partir.
Il vit à son expression qu'il avait visé juste, il poursuivit donc :
-En dehors de ton épaule qui a été perforée de part en part, tu as plusieurs côtes fêlées. J'ai vu les radios, mais ton état a certainement évolué depuis ces derniers jours et tu as peut être aggravé tes blessures, je n'en sais rien étant donné que tu refuses de me dire quoi que ce soit.
-Je n'ai pas plus mal que lorsque je me suis réveillée. Et je n'ai pas l'intention de me perforer un poumon si c'est ça qui t'inquiète.
Le pilote fronça les sourcils à ses paroles.
-Je sais que je n'ai pas ta confiance. Mais je te ramènerais le plus vite possible là où tu le souhaites. Cependant si tu refuses de coopérer, je risque de te faire prendre des risques inutiles.
Il fut surpris de la voir prestement tourner son visage dans sa direction, rencontrant tout à coup ses yeux bleus. Il vit alors qu'il l'avait blessée, il ne comprenait plus.
-Heero… bien sûr que j'ai confiance en toi.
-Alors pourquoi refuses-tu mon aide ? Souffla-t-il, laissant un instant transparaître son inquiétude.
Il vit bien le trouble qu'il venait de provoquer en elle, mais il voulait savoir, alors il insista un peu plus, rapprochant son visage du sien.
-Relena, donnes moi une explication, dis moi si j'ai mal agit, je veux comprendre.
Un sourire triste marqua son expression alors que ses yeux s'embrumaient, touchés par la sincérité de ce jeune homme si dévoué.
-Heero, tu es quelqu'un d'admirable, comme tu l'as toujours été. Mais rassures-toi, fit-elle alors que sa voix vacillait, nous serons bientôt séparés et tu n'auras plus à t'inquiéter.
A nouveau son front se plissa. Comment pouvait-elle lui demander de ne pas s'inquiéter alors qu'il pouvait ressentir une telle peine en elle.
Mais la princesse se ressaisit.
-Nous allons bientôt arriver il me semble, je devrais aller me préparer.
Heero la fixa encore pendant plusieurs secondes, il ressentait le besoin de poursuivre cette conversation. Mais le temps les rattrapait, il le savait. Et il devait rester professionnel, il lui avait promis de la ramener au plus vite.
-Je ne peux pas te redonner de morphinique pour apaiser la douleur de ton épaule, tu risquerais de perdre connaissance, accepta-t-il de changer de sujet.
-Ca ira, je m'en passerai.
Heero imbiba alors une compresse d'alcool et prépara la seringue de CX-487 qu'il avait entre les mains. La jeune fille le regarda faire. Il prit son bras sur lequel il appliqua un garrot, tapota pour faire apparaître la veine et injecta la dose avant d'appliquer quelques seconde la compresse pour contenir toute perte de sang.
-C'est un produit qui devrait te redonner des forces, répondit-il à sa question silencieuse.
-Merci, fit-elle faiblement.
Le jeune homme croisa alors le regard de la ministre. Pourquoi avait-il l'impression qu'il n'était pas le seul à vouloir poursuivre la discussion ?
A cet instant, Howard ouvrit la porte à la volée.
-Heero on a un problème.
Heero et Relena s'échangèrent un regard et le jeune homme partit prestement à la suite de Howard.
Ils arrivèrent rapidement à la salle de commande.
-Que se passe-t-il ?
-Ca grouille d'armures mobiles par ici et on a déjà eu droit à une sommation et si on dégage pas rapidement on va se faire tirer comme des lapins !
-Il est inutile d'espérer aller plus loin avec ce transporteur, confirma Wufei.
-Alors on a plus le choix, on va descendre avec nos Gundams et je prendrais la ministre avec moi.
Le jeune homme à la natte prit un air exaspéré.
-Je savais que tu allais dire ça !
Duo rentra en trombe et courut jusqu'à la ministre, il se saisit de la mallette puis soutint Relena et la mena à l'arrière de l'appareil, veillant à la déplacer avec le plus de précaution possible.
-Duo, où est ce que tu me conduis ? parvint-elle à articuler entre les assauts de douleurs qui la prenait à chaque pas.
-Il y a eu un changement de programme, on va devoir utiliser les Gundams pour t'emmener jusqu'à Glimmer.
-Comment ! ?
-Désolé mais j'ai pas le temps de t'expliquer !
Le pilote confia la jeune fille à Howard qui revenait avec tout un équipement. Il lui passa un ensemble de sangles qu'il avait retiré d'un parachute et, ainsi équipée la conduisit jusqu'au Wing Zéro. Il l'aida à s'installer dans le cockpit où Heero était déjà occupé à initialiser son appareil. Howard et Heero installèrent avec précaution la jeune fille sur les genoux du pilote, de sorte que celui-ci conserve une bonne visibilité. Heero attacha les sangles de la ministre aux siennes et fit signe à Howard qu'il était prêt.
Les visages des autres pilotes apparurent tour à tour sur l'écran vérifiant ainsi que chacun était paré.
Relena n'eut pas le temps de demander de plus amples explications que Howard donna ses instructions.
-Je vais vous larguer ici, ensuite je referai un passage pour faire diversion, bonne chance !
-A toi aussi et n'en fait pas trop ! lui lança Duo.
La soute du transporteur s'ouvrit alors.
-Passe ton bras derrière ma nuque, et tiens-moi fermement.
La jeune fille s'exécuta et entoura son bras valide autour du cou du pilote.
-Wing Zéro, il va falloir que tu m'aides. Nous allons devoir piloter avec la plus grande douceur.
Relena vit une vague lumière jaune envahir le cockpit pour disparaître aussitôt.
Elle n'eut pas le temps de se questionner davantage qu'elle fut soudain saisit par un puissant haut-le-cœur comme si elle se trouvait dans un grand huit. Elle laissa échapper un hoquet de surprise et s'agrippa à au pilote.
En raison de son envergure, le Wing Zéro était contraint de tomber quelques secondes en chute libre afin de pouvoir déployer ses ailes. Et malgré l'usage des propulseurs auxiliaires, la gravité exerça sa puissante attraction.
Mais l'armure se stabilisa rapidement et la décélération se fit en douceur.
Relena avait logé son visage contre son cou et haletait, luttant pour ne pas se laisser submerger par la nausée qui l'avait saisie.
Tout en mettant sous tension les appareils de surveillance, le pilote s'adressa à la jeune fille.
-Rassures-toi le plus dur est passé.
Elle releva alors prudemment la tête et se força à ralentir sa respiration. Les autres Gundams les rejoignirent alors.
-J'ai repéré plusieurs armures mobiles ennemies. Vous êtes tous opérationnels ?
Les pilotes confirmèrent.
-C'est bon, la couverture de mon armure nous protège, les informa Duo.
-Ok alors allons-y.
Les Gundams se mirent en formation et ils volèrent jusqu'à Glimmer sous la protection radar du Deathsythe.
Cependant leur passage au-dessus de la ville ne passa pas inaperçu et plusieurs armures mobiles apparurent bientôt dans le ciel.
-Je m'occupe de celles qui arrivent par la droite, Wufei tu t'occupes de la gauche ?
-Entendu.
Duo ralenti son allure et activa sa faux.
-Je couvre tes arrières Heero, ne traînez pas !
Le Wing Zéro prit aussitôt de la vitesse et se dirigea jusqu'au siège des Sphères Unifiées.
Une foule impressionnante s'était amassée devant le parlement et le pilote dû se résoudre à l'impossibilité d'atterrir devant. La seule zone dégagée était une rue de traverse dont les médias avaient pris possession, ils y avaient entreposé tout leur matériel pour émettre et disposés à l'entrée une grande estrade qui donnait sur l'avenue principale.
-Je ne peux pas m'approcher plus près, la foule est trop dense.
-On ne peut pas reculer maintenant, je vais essayer de leur parler, déposes-moi sur l'estrade des journalistes.
Mais cette idée n'était pas du tout pour plaire au jeune homme.
-C'est risqué, il y a peut être des gens armés dans cette foule.
-C'est possible, mais personne ne s'attendait à me voir ici. L'effet de surprise est notre seule chance de gagner les Sphères Unifiées.
Elle n'avait pas tord… Le pilote décida de faire taire ses ressentis et l'armure mobile toucha le sol en douceur juste derrière le promontoire. Heero débarrassa la ministre de ses sangles, il ouvrit la porte du cockpit et lui tendit le petit filin d'acier. Le jeune homme la soutint et l'aida à se positionner sur le filin. Il avait du mal à croire qu'elle soit capable de se tenir debout toute seule.
-Ca va aller ? demanda-t-il d'une voix d'où elle crut percevoir un sentiment d'inquiétude… Elle avait dû rêver.
Elle hocha la tête en signe d'affirmation et il la fit alors descendre.
L'arrivée du Gundam avait concentré toute l'attention des foules. Les caméras du plateau se braquèrent sur la jeune fille qui descendait de l'armure et lorsqu'elles reconnurent la vice ministre des affaires étrangères, les milliers de personnes rassemblées firent silence. Des journalistes tentèrent de regagner le plateau pour interviewer la jeune fille mais Heero les tint en respect.
Relena avança avec effort jusqu'au devant du promontoire qui avait été aménagé en plateau de retransmission. Elle n'eut donc aucun mal à trouver un micro qu'on s'arrangea pour mettre aussitôt sous tension. Elle se trouva alors face à cette foule gigantesque qui avait les yeux braqués sur elle.
Pourvut qu'il ne soit pas trop tard, souhaita-t-elle alors qu'elle parcourait d'un regard circulaire les Hommes amassés. Il devait il y avoir deux cent mètres tout au plus jusqu'aux grilles de l'assemblée des Sphères Unifiées. Il fallait qu'elle le fasse si elle voulait empêcher Onze de mettre sa menace à exécution. Elle savait qu'elle jouait la carte de la surprise. Et c'était la seule qu'il lui restait. Mais pour parvenir jusque là, il fallait d'abord qu'elle arrive à convaincre ces Hommes qui manifestaient. Elle ne connaissait pas les motifs de leur présence, d'ici les seules banderoles qu'elle apercevait étaient trop loin. Mais ce n'était plus le moment de douter.
Et sa détermination lui donna une voix claire et franche :
"Citoyens, il est vrai que j'ai été enlevée. C'est la raison pour laquelle j'ai disparu subitement de mes fonctions. Cet événement à été l'œuvre d'un groupe terroriste, cependant les intentions belliqueuses de quelques personnes isolées ne doivent pas remettre en cause l'orientation pacifiste des Nations Unifiées"
Relena marqua un temps d'arrêt, elle peinait à trouver les mots justes.
"Citoyens de la Terre et des Colonies, l'instauration de la paix a nécessité de nombreux sacrifices, cependant l'humanité a eu foi en elle et cela nous a conduit jusqu'ici. J'en appelle à votre cœur, apaisez sa colère et aidez-le à pardonner ! Le temps presse et je n'ai qu'une hâte, celle de mettre fin à cette crise. Pour cela, je vous demande de me laisser accéder au parlement."
Elle abaissa alors son micro et la réaction des citoyens ne se fit pas attendre, la foule s'écartait peu à peu, dessinant ainsi un sentier en direction du bâtiment.
Elle senti alors son corps vaciller, et dû se concentrer pour retrouver son équilibre. Encore un effort. C'était presque terminé.
-Et puis quoi encore ! Tu n'as même pas même pas réussit à préserver la paix !
-Ouais ! Tu nous mets tous en danger en venant ici !
-Vas au diable !
Le cœur de la ministre sauta un battement alors qu'elle relevait les yeux. Pour réagir juste à temps, esquivant un jet de pierre qui lui arrivait en pleine face. Mais la terreur supplanta son instinct et après un léger sursaut elle se rigidifia, laissant tomber son micro qui fit un bruit strident en touchant le sol.
Tout se passa très vite. Alors que le chemin vers la paix disparaissait, effacé par les clameurs des Hommes qui commençaient à s'en prendre les uns aux autres, une énorme main robotisée s'abattit au devant de la princesse, faisant trembler le promontoire. Les projectiles ricochèrent dans un bruit métallique alors qu'un pilote masqué sautait de son cockpit pour courir jusqu'à la jeune femme dont les jambes avaient cédées, la faisant tomber au sol. Il arriva juste à temps pour se mettre en travers d'un nouveau projectile, le Wing ne pouvant la protéger de tous les côtés.
La mise en mouvement de l'armure mobile et l'intervention impromptue du pilote calmèrent un instant la foule.
Un lourd silence se fit alors qu'Heero stoppait le projectile et le jetait au sol avec rage.
-Vous n'êtes que des imbéciles ! hurla-t-il sous son casque. Allons-nous en, nous n'avons plus rien à faire ici, s'adressa-t-il à la ministre alors qu'il la saisissait par la taille. Il la releva et la plaqua fermement contre lui, la conduisant jusqu'au Gundam tout en surveillant les réactions des manifestants.
La manœuvre fut délicate, mais Heero parvint à remonter la jeune fille à l'intérieur de l'armure, il la réinstalla sur ses genoux, mais elle n'était plus qu'une marionnette désarticulée. Et ils ne pouvaient pas décoller comme ça.
-Relena ! Reprend-toi ! tenta-t-il de la faire réagir.
Voyant que son injonction n'avait aucun effet, il prit le bras de la jeune fille et le passa contre sa nuque. Aussitôt elle serra d'instinct la prise, logeant son visage contre son cou.
Heero n'en attendit pas plus et décolla, aussitôt prit en chasse par deux Serpentarius.
-Ici 01, j'ai deux armures mobiles ennemies après moi, et je ne peux pas vraiment riposter.
Les trois autres Gundams qui étaient à couvert réapparurent alors et neutralisèrent les ennemis.
-Je crois qu'il vaut mieux que l'on dégage rapidement, il y a des renforts qui arrivent, et visiblement ils n'auront aucuns scrupules à engager un combat en pleine ville, commenta Duo.
-On se replie comme prévu.
-Bien reçu.
-Ok.
Ils s'éloignèrent encore de quelques kilomètres en formation et puis les deux appareils adaptés au vol modifièrent leurs structures et arrimèrent leurs compagnons pour partir au plus vite.
Ils avaient décidé d'utiliser comme base arrière le cirque de Trowa qui avait précipité son retour sur Terre suite aux derniers événements. Il se situait à 300 km plus au Nord de la capitale du continent Nord Américain.
Les Gundams se posèrent discrètement dans la forêt qui bordait le cirque. Ils trouvèrent à proximité un petit chalet de bois sur la porte duquel un post-it était accolé.
Trowa,
Le gîte est pour vous, je vous ai laissé des vivres sur la table.
Et ne salissez pas tout car c'est moi qui ai payé la caution !
Catherine.
Trowa décolla le message, remerciant intérieurement celle qui veillait si bien sur lui.
-C'est bon, c'est l'écriture de Catherine.
Les autres pilotes ne se firent pas prier pour rentrer au chaud car dehors, la nuit tombante avait apporté la fraîcheur d'une fin d'été et une pluie légère commençait à tomber.
Le gîte était rustique, composé au rez de chaussé d'un salon avec cheminée et d'une chambre, et à l'étage de deux autres chambres ainsi que de la salle d'eau. Tout était de bois et de meubles anciens, pour peu, on se serait crût à une autre époque.
Heero porta la ministre jusqu'à la chambre la plus proche et la déposa sur le lit. Il la déchaussa et l'installa sous les couvertures.
Elle gémissait dans son sommeil et transpirait. Et alors qu'il s'attardait sur l'appréciation de son état, Duo rentra avec la trousse de soin.
-Comment elle va ?
-La fièvre semble avoir repris le dessus…
Il vit bien qu'il y avait autre chose qui préoccupait le jeune homme et il se risqua à insister.
-Et...
-... et je crois que ce qui s'est passé à Glimmer l'a profondément blessée.
-Oui, on a tous vu, ça a été retransmis en direct par les médias, c'est injuste la façon dont ils ont réagit.
Le pilote à la longue natte soupira.
-Je vais lui chercher de l'eau et une serviette.
Heero et Duo firent les soins de la ministre puis rejoignirent les deux autres pilotes dans le salon. Le téléviseur était allumé, Trowa écoutait les informations tout en préparant à manger pendant que Wufei contactait Quatre.
La nuit était tombée depuis quelques heures et une camionnette venait de s'arrêter devant le chalet. Ils n'attendaient pourtant personne. Les pilotes s'étaient consultés du regard et avaient décidé de ne pas bouger, de toute manière ils avaient été pris de court.
-Et puis après tout nous ne sommes que de simples touristes ! n'avait pas manqué de constater ironiquement Duo.
Cependant ses camarades ne semblaient pas disposé à l'humoristique du jeune homme, l'arrivée de ce véhicule les inquiétaient.
Ils entendirent une portière claquer et une main cogna bientôt contre le bois de la bâtisse.
-Entrez ! formula le jeune homme à la natte avec entrain, ce qui eut pour conséquence de s'attirer le regard noir des trois autre.
La personne s'exécuta et apparue, d'abord masquée par un grand parapluie noir. Son visage se révéla lorsqu'elle le referma pour pénétrer dans le salon.
- Catherine ! laissa échapper Trowa.
La jeune femme au regard vif observa les pilotes. Mis à part Trowa, aucun ne décrocha un mot, pas même un sourire.
- Chaleureux l'accueil ! Non mais vous vous êtes vu ? Vous tirez une tête de six pieds de long, et moi qui m'inquiétais ! s'exclama-t-elle un brin agacée.
-Excuse-nous, mais c'est juste que l'on se demandait qui pouvait bien débarquer à une heure pareille et avec le temps qu'il fait ! tenta de justifier Duo qui n'aimait pas du tout la savoir se mettre en colère.
Trowa se releva.
-Ca tombe bien que tu sois là, on risque de rester ici pour quelques jours, c'est le moment idéal pour aller se ravitailler.
Accompagnés du pilote aux longs cheveux nattés, ils partirent donc pour le cirque. Heero referma la porte derrière eux et en profita pour aller voir comment se portait la ministre.
Elle se réveilla lorsque le jeune homme épongea ses dernières traces de sudation. Sa fièvre avait diminué progressivement au cours de la soirée et elle commençait à retrouver ses esprits.
-Merci, murmura-t-elle.
Heero rajusta les couvertures, sa main se retrouva alors sur celle de la jeune fille. Pendant un instant le temps sembla se suspendre et ils se fixèrent tous deux, leurs regards plongés l'un dans l'autre.
-Reposes-toi Relena, fit-il finalement tout en retirant sa main.
Les yeux tristes de la ministre semblèrent briller un peu puis elle se rendormit. Heero resta quelques minutes encore auprès d'elle puis il se releva et quitta la chambre.
Wufei tendit une tasse de café au jeune homme.
-Tiens, fais attention il est brûlant.
-Merci.
Les deux pilotes s'installèrent sur le divan et profitèrent de leur boisson tout en surveillant les informations. Heero commençait à s'assoupir lorsque ce qu'il entendit lui fit soudain rouvrir les yeux.
« Nous interrompons notre programme pour un flash spécial, nous venons d'apprendre à l'instant que le royaume de Sank a été victime d'un attentat contre la résidence de la famille Darlian… »
Sa gorge était sèche et la soif la tiraillait tellement que cela avait fini par la réveiller.
Elle tenta d'appeler mais sa voix était trop faible pour être entendue. Elle devait se lever. Heero sans faire attention avait laissé la porte entrouverte, Relena la poussa sans bruit.
« …L'attentat n'a pas été revendiqué, cependant les terroristes ont laissé une lettre de menace à l'intention de la vice ministre, je cite « Nous détenons Mme Darlian ainsi que son majordome, nous invitons la ministre Melle Darlian Peacecraft à renoncer officiellement à ses fonctions politiques d'ici à 48 heures sous peine de voir nos otages exécutés ». Ah, on nous transmet des images de la résidence.»
Les médias diffusèrent alors un spectacle affligeant, tout n'était que feu et destruction à perte de vue.
-Mon dieu… laissa échapper Wufei.
Heero serra ses poings et resta silencieux devant cette vision cruelle.
-Les lâches… siffla-t-il.
-Je suppose qu'ils espèrent que la ministre va se jeter dans leur bras, fit le jeune chinois entre ses dents serrées par la colère.
-Certainement. Et c'est pour ça qu'il ne faut pas qu'elle le sache.
Heero marqua une pause, et ferma les yeux, se forçant à réfléchir posément.
-… la meilleure solution pour le moment c'est de rester sur nos positions actuelles, reprit-il, nous n'avons pas les moyens d'agir, et ça serait trop risqué de baisser la garde autour de la ministre.
-Tu as raison, concéda Wufei.
Mais la colère brûlait dans son regard, il aurait voulu poursuivre les auteurs de ce crime et leur faire payer.
Des larmes silencieuses s'écoulèrent le long des joues de la jeune fille dont le corps tout entier s'était figé.
Pourquoi ? Pourquoi toute cette haine ? Pourquoi sa mère et Pagan ? C'est alors qu'elle vit ses écuries en flamme. Et la vision de ses chevaux agonisants s'imposa à son esprit. La douleur de son cœur parvint à la faire réagir et elle recula d'un pas, repoussant la porte avant de s'effondrer. La tristesse et le désespoir l'envahirent comme jamais auparavant. On l'avait touché en plein cœur en s'attaquant à ceux qui lui avait donné la force de se battre, elle avait toujours eu peur que cela arrive. Mais elle n'avait pas pu tous les protéger.
C'était de sa faute… elle avait si mal !La jeune fille se recroquevilla sur elle même, serrant avec désespoir ses bras contre sa taille alors ses larmes silencieuses redoublaient d'intensité.Elle n'avait que sa souffrance, que la douleur de son corps pour elle. C'était tout ce qu'il lui restait. Personne ne pouvait l'aider.
Et il n'y avait plus qu'une seule chose à faire.Avec la seule énergie du désespoir, elle se releva et se dirigea vers le matériel médical qu'on avait laissé dans la pièce. Relena trouva rapidement ce qu'elle cherchait, reconnaissant l'inscription « CX-487 ». Ignorant la douleur, elle s'injecta comme elle le put deux doses du produit dans son avant bras droit. Elle remit ses chaussures et sans plus attendre ouvrit doucement la fenêtre de sa chambre. La jeune fille se faufila à l'extérieur, rejoignit le chemin de terre qui conduisait à la ville et tenta de rendre l'impossible possible. Les larmes et la pluie battante qui troublaient sa vision la firent trébucher à plusieurs reprises, mais à chaque fois elle se releva, poursuivant inlassablement sa course folle.
Aussitôt la nouvelle annoncée les pilotes s'étaient empressés de prendre contact avec Quatre et Sally, essayant de coordonner ensemble leurs efforts.
Et ce n'est que vingt minutes plus tard que Heero pénétra dans la chambre. Sa gorge se noua et il cria le nom de son compagnon, alors qu'il se précipitait vers la fenêtre ouverte. Mais il n'y avait plus personne.
Le chinois alerté accouru aussitôt, alors que Heero retournait son attention à l'intérieur de la pièce, cherchant frénétiquement le moindre indice. Ses yeux s'arrêtèrent alors sur les draps blancs tâchés de sang encore frais, il les souleva à la hâte et senti soudain son estomac se nouer.
-Pas ça… souffla-t-il.
-Heero… demanda son collègue d'une voix d'où perlait une vive inquiétude.
-Relena ! Il faut la retrouver le plus vite possible, elle est en grand danger ! réagit-il tout à coup tout en se précipitant dans le salon.
La jeune fille commençait à avoir du mal à respirer, et son épaule la faisait souffrir un peu plus à chaque pas. Elle ferma les yeux un instant comme pour tenter de contrôler la douleur, mais lorsqu'elle les rouvrit une vive lumière blanche l'éblouit. Ses réflexes la sauvèrent, la projetant sur le bas côté alors qu'elle laissait échapper un cri de douleur.
-Attention !
Trowa enfonça la pédale de frein et braqua le volant d'un coup sec, faisant déraper la camionnette en direction de l'autre bord de la chaussé, stoppant sa course contre un sapin.
-Est-ce que tout le monde va bien ? demanda-t-il d'un ton presque inchangée.
-Ca… ça va, articula Catherine d'une voix tremblante.
-Je vais voir si le gars n'est pas trop amochée.
Duo descendit en premier et couru jusqu'au corps étendu dans la boue, face contre sol. Il la prit par les épaules et la retourna.
-HEY ! HEY ! Est-ce que ça va !
La pluie l'empêchait d'y voir clair et il rapprocha le visage de la victime.
-Hein… ! Mais… ! Relena !
La princesse réagit au même instant, se saisissant de l'arme que Duo portait à la taille. Elle le mit aussitôt en joue tout en reculant au sol.
-N'approches pas ! lui cria-t-elle d'une voix tremblante.
Mais le jeune homme ignora complément son injonction.
-Relena, est-ce que ça va ? lui demanda-t-il d'une voix inquiète alors qu'il s'abaissait vers elle.
-Restes où tu es ! lui ordonna-t-elle d'une voix plus forte tout en enlevant d'un geste sec la sécurité de son arme.
Cette fois Duo se figea et écarta les bras. A ce moment là les deux autres rejoignirent le pilote. Trowa en voyant ce qui se passait stoppa net et tendit son bras tout en parlant d'une voix calme et égale.
-Catherine, restes derrière moi.
-Oh mon dieu ! laissa échapper la jeune femme d'une voix étouffée en passant sa tête par dessus son épaule.
Relena se redressa alors devant eux, pointant l'arme de son bras gauche, l'autre pendant inerte le long de son corps. La pluie qui ruisselait la débarrassa peu à peu de la boue dont elle était recouverte, elle était livide.
-Ecoutez, je ne vous veux aucun mal, mais je suis déterminée et vous ne m'empêcherez pas de passer !
A ce moment là Heero et Wufei apparurent sur le chemin.
-Laissez-moi lui parler, expira-t-il alors sans même s'arrêter.
Le souffle court, il marcha calmement jusqu'à Duo et Relena pointa plus fermement son arme en direction de celui qui s'approchait.
-Non Heero !
Le pilote s'arrêta, il se trouvait au même niveau que son ami. Heero lui fit signe et le jeune homme se mit à reculer, lentement. Il concentra alors toute son attention sur la fugitive, posant ses yeux sur son corps détrempé et frissonnant. Il la trouvait tellement courageuse. Mais il devait la raisonner au plus vite.
-Relena tu te jettes droit dans le piège qu'ils t'ont tendu.
-Peu m'importe ! Ne te mets pas en travers de mon chemin ! commanda-t-elle d'un ton ferme alors que son expression n'était que détermination.
La mâchoire de Heero se contracta. Elle n'allait pas se laisser convaincre facilement.
-C'est la paix que tu mets en danger en t'exposant ainsi aux Epyons Terros, poursuivit-il, imperturbable.
La princesse fixa alors le pilote d'un regard indéfinissable et se mit à rire nerveusement.
-Moi ? La paix ! Les Citoyens ne veulent plus entendre parler de la vice-ministre des affaires étrangères ! Je ne suis plus rien Heero ! s'écria-t-elle.
Ses larmes redoublèrent alors d'intensité et le pilote voulu en profiter, mais elle l'avait anticipé. Elle ne le laisserait plus se jouer de ses faiblesses. Et elle releva son arme, plongeant son regard dans le sien, le défiant de comprendre toute la peine qui l'habitait.
-A présent écartes-toi où je tire !
Elle était désespérée et prête à tout, à présent c'était clair pour Heero. Le pilote abandonna alors sa position agressive et plongea son regard en elle. L'expression de la ministre se figea de crainte face à ses yeux qui s'abandonnaient à elle et sa main se mit bientôt à trembler. Elle ne voulait pas, elle ne devait pas l'écouter. Mais le jeune homme poursuivit :
-Tu te souviens de la promesse que je t'ai faite à la fin de la Grande Guerre ? Je t'ai promis de te protéger, et je tiendrais parole.
Sur ces mots il détacha son regard de la jeune fille et attendit sa sentence. Il ne bougerait pas. Il préférait mourir et l'empêcher de courir au suicide. C'était de sa faute si elle se trouvait dans cette situation et si sa mort était nécessaire pour la sauver, alors il en serait ainsi.
Le face à face mortel de ses deux êtres affola le cœur de Duo qui voulu s'impliquer dans leur combat silencieux. Mais Trowa le retint d'essayer.
-C'est trop tard. Si tu interviens maintenant un drame pourrait se produire. Tu dois leur faire confiance.
Relena contracta un peu plus ses doigts sur la gâchette.
Elle devait le faire si elle voulait sauver sa famille… Il lui suffisait de viser une de ses jambes...
Le jeune homme lui faisait face, elle ne voyait plus ses yeux, recouvert par ses cheveux lissés par la pluie. Elle devinait juste l'eau qui ruisselait de la pointe de son menton. Il était parfaitement immobile et elle savait qu'il ne bougerait pas, même si elle décidait… de tirer. Tirer… blesser Heero… avoir de telles pensées fit trembler sa main tellement fort que les secousses envahirent bientôt tout son bras la rendant incapable de faire usage de son arme.
Une plainte douloureuse brisa alors le silence de la nuit.
-… tu ne peux pas … tu ne peux pas me demander de sacrifier les êtres que j'aime…
Son regard s'abaissa alors en même temps que son arme. Sa volonté s'envola, ses forces se dissipèrent, et la défaite la fit quitter cette terre désolée.
-Relena… murmura-t-il avec empathie.
Le pilote se rapprocha et elle ne manifesta pas d'opposition. Par des gestes lents il se saisit délicatement de l'arme qui pendait à présent le long de son corps. Aussitôt qu'il la tint, il remit la sécurité et la jeta à Duo sans même prendre la peine de regarder en arrière, conservant toute son attention sur la ministre. Et il lui parla d'une voix basse et calme :
-Relena, acceptes notre aide.
Mais la jeune fille n'eut aucune réaction, elle resta, tête baissée.
Les paroles de Heero raisonnèrent vaguement dans son esprit mais elle n'en perçu pas le sens car elle n'était déjà plus là. Un grand vide s'était emparé d'elle, seule la pluie battante qui frappait ses flancs la maintenait encore éveillée.
L'expression du pilote s'assombrit d'inquiétude alors que le temps filait, laissant la princesse figée dans l'obscurité. Un profond soupir s'échappa alors de son être et elle s'effondra. Le cœur de Heero s'arrêta un instant lorsque le visage de la ministre passa à quelques centimètres du sien. Son corps fut soudain envahi d'une douleur inconnue qui le figea dans la peur. Mais le temps n'était pas suspendu et la jeune femme poursuivit sa chute. Le choc de sa tête contre son épaule lui insuffla de réagir et il déploya soudain ses bras, l'entourant avant qu'elle ne touche le sol. Il la suivit dans son mouvement et s'agenouilla à terre alors qu'il desserrait son emprise, cherchant son regard. Il put apercevoir ses yeux rouges. Un dernier instant avant que ses paupières ne s'abaissent totalement.
-Relena ! Ouvres les yeux ! s'écria-t-il soudain d'une voix que personne ne lui avait encore jamais entendue.
Cela troubla ses compagnons. lui qui ne laissait jamais rien paraître de ses émotions. C'était une réaction nouvelle de la part du pilote réputé pour sa froideur.
-Il y a quelque chose qui ne va pas, commenta Trowa qui observait le comportement du jeune homme.
-En effet, il me déçoit, lâcha Wufei avec dureté.
Duo tiqua à la réplique du chinois, décidément il avait vraiment un sérieux problème avec les relations humaines.
-Quoiqu'il en soit, on ne peut pas les laisser comme ça ! trancha le pilote à la natte, sa voix laissant transparaître son agacement envers le pilote asiatique.
Duo s'approcha et posa une main amicale sur l'épaule de son ami.
-Allons ça ne doit pas être plus grave que toute les autres fois où elle est tombée dans les pommes, tu ne t'y es pas encore habitué ? voulu-t-il plaisanter, sentant sous sa main son épaule crispée. Mais le jeune brun ne l'écoutait pas, il continuait obstinément à tenter de ranimer la princesse. Mais il dû se rendre à l'évidence. Et il exprima sa capitulation d'une voix vibrante.
-Mais comment ai-je pu être aussi stupide ! s'écria-t-il en frappant le sol de son poing résonnant de colère.
A son ton, Duo fronça les sourcils.
-Heero ça va aller ? fit-il, tout à coup beaucoup plus sérieux alors qu'il se penchait vers les deux êtres à terre.
Mais Heero s'était déjà ressaisit, ça n'était pas le moment de s'apitoyer sur ses erreurs.
-Il faut la conduire à l'hôpital, on ne peut plus rien faire pour elle.
Il se releva avec la ministre dans les bras et allait se diriger vers la camionnette, lorsque Duo réagit en se plaçant devant lui, lui faisant barrage.
-Hey oh ça va pas ! On ne peut pas l'emmener à l'hôpital ! Reprends tes esprits !
Voyant la tournure que la situation prenait Trowa décida d'intervenir. Il s'avança vers Heero, l'interrogeant du regard.
-Un groupe terroristes en lien avec les Epyons Terros a pris en otage le majordome et la mère de Relena, en échange de leur vie ils ont demandé à la ministre de renoncer officiellement à ses fonctions. Relena a essayé de se rendre pour les sauver et avant de partir elle s'est injectée deux doses de CX-487, c'est un stimulant des fonctions vitales que J m'a confié, il a bien insisté sur le fait que si elle prenait plus d'une dose toutes les huit heures dans son état cela pouvait la tuer. Il faut qu'elle soit prise en charge par une équipe médicale.
-Alors nous n'avons pas de temps à perdre, conclu le grand homme brun qui se dirigea aussitôt vers la camionnette.
Catherine se faufila à l'arrière du véhicule et dénicha sous les provisions une couverture. Elle s'en saisit et l'apporta à Heero.
-Enveloppes-la dedans, ça la réchauffera.
-Merci.
A eux deux ils emmitouflèrent la ministre, elle était trempée et sa respiration qui s'était apaisée quelques temps se faisait à présent de plus en plus soutenue. Catherine eut un pincement au cœur de la voir dans un tel état.
-C'est triste qu'elle en soit arrivée là, je ne pensais pas que ça allait dégénérer à ce point.
A ces mots Heero cessa un instant de la frictionner et posa son regard sur le visage livide de la ministre.
La lanceuse de couteau sourit à l'attitude du jeune homme.
-Serres-la bien contre toi, ça la réchauffera.
Sur ces mots la jeune femme repassa à l'avant de la camionnette afin de guider Trowa jusqu'à l'hôpital.
Il ne faut pas que ça se termine ainsi…songea-t-elle.
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