Réédité le 10/2017
LA DECADENCE DES SPHERES UNIFIEES
Au milieu de la nuit, une camionnette arriva en trombe jusqu'à l'hôpital et s'arrêta devant l'entré de service des ambulances.
Heero se couvrit d'un grand manteau et dissimula son visage sous une ample capuche.
-Tu es sûr que ça va aller ?
-Oui, il vaut mieux que j'y aille seul, attendez-moi ici, je ne serais pas long.
Les portes automatiques s'ouvrirent à l'approche du jeune homme, il pénétra dans le bâtiment mais s'arrêta quelques mètres après la porte.
Il ne pouvait pas faire ça…
Il allait tourner les talons lorsqu'il entendit des pas se rapprocher. Une femme passa d'un air pressé à la bifurcation entre deux allées. Mais à la vue de cet homme portant un être inconscient elle s'arrêta dans son mouvement et se tourna dans sa direction.
En d'autres circonstances, elle aurait appelé le service de sécurité mais une certitude inconnue la poussa à aller à la rencontre de cet étrange individu.
La jeune femme s'approcha et Heero ne bougea pas, gardant la tête baissée afin de protéger son identité.
-Je peux vous aidez ?
Je dois lui faire confiance…
-Ne révélez pas son identité… protégez-la.
La doctoresse fut surprise par cette déclaration, et elle lui parla d'une voix douce qui l'encouragea à poursuivre.
-Que voulez-vous dire jeune homme ?
Heero découvrit alors le visage de la jeune femme.
-Mon dieu ! Mais c'est…
Elle parcouru rapidement les quelques mètres qui les séparaient et son regard s'abaissa sur la ministre. Son teint était livide, révélant son visage meurtri. Ses cheveux humides et boueux tombaient par-dessus l'avant bras du jeune homme. Et son expression s'assombrit lorsqu'elle constata la gravité de la situation.
-Mais que c'est-il passé ? Souffla-t-elle, son regard figé sur le corps inerte.
Heero lui offrit alors le corps de la jeune fille ainsi qu'une seringue de CX-487.
-Elle s'est injectée deux seringues de ce produit il y a une heure. Son dossier médical sera sur votre serveur d'ici quelques minutes sous le nom de Anna Still. Surtout ne prévenez pas les autorités, ce serait la condamner, hâtez-vous.
Aussitôt que la jeune femme eut la ministre dans ses bras, Heero se retourna en direction de la sortie.
-Nous lui sommes tous redevable, et je crois en votre parole, promit-elle alors.
Le pilote s'arrêta un instant, elle s'autorisa un sourire, tout en activant le système d'appel d'urgence qui se trouvait dans le couloir. Un infirmier apparut après quelques secondes.
-Jeff ! Appelez-moi le docteur Benz d'urgence au 45 !
Heero claqua la portière et enleva sa capuche.
-Wufei nous a contacté, Sally envoie des Préventers de la garde rapprochée, ils arriveront d'ici deux heures.
-Alors on va les attendre, conclu Heero.
Catherine eut un frisson à l'idée de rester encore deux heures de plus trempée et frigorifiée.
-Tu as froid.
-Mais non, c'est juste que… que… balbutia-t-elle en baissant la tête.
Trowa se rapprocha d'elle et passa son bras par-dessus ses épaules.
-Je suis désolé de t'avoir entraînée dans cette histoire.
La jeune femme lui répondit par un faible sourire. Elle ne lui en voulait pas, cela faisait juste trop d'émotions pour elle. Il répondit à son sourire en resserrant son étreinte. Elle se laissa aller à sa présence calme et assurée, peu à peu sa chaleur l'envahit et elle s'endormit.
Alors que l'aube allait bientôt poindre, les Préventers arrivèrent et suivant les instructions de Sally, rentrèrent par le service des ambulances.
-Trowa ils sont là.
Le pilote s'éveilla aussitôt.
-Ce sont les deux hommes, là bas, je les reconnais, lui indiqua Heero d'un mouvement de menton.
Les pilotes laissèrent le soin aux Préventers de veiller sur la ministre et retournèrent au gîte, déposant au passage Catherine devant le cirque.
-Trowa, ne vas pas disparaître sans prévenir…
Le pilote lui déposa un baiser sur la joue.
-Fais attention à toi grande sœur.
-Toi aussi…
Sur ce, le jeune homme remonta à bords du véhicule qui s'éloigna rapidement en direction de la forêt, encore sombre à cette heure matinale.
Duo somnolait sur le canapé, regardant la télé et surveillant du coin de l'œil l'écran du portable juste devant lui pendant que Wufei s'était endormis.
La porte s'ouvrit et Trowa suivit de Heero apparurent. Les deux hommes étaient exténués, encore mouillés de cette nuit et les traits tirés par la fatigue. Duo se releva.
-Allez-vous changer, je vais vous préparer quelque chose de chaud.
Les pilotes se réunirent autour de la table, Duo servit les boissons puis s'assit à son tour et lança la conversation.
-Alors, qu'est ce qu'on fait ?
-Le plus important pour le moment, c'est de rester discret, on ne sait pas encore vraiment comment les Epyons Terros vont réagir face à la réapparition des Gundams et il ne faut surtout pas que nous les attirions par ici, commença Trowa.
-De plus si les Gundams prennent part à des combats, cela risque de se retourner contre nous, nos ennemis semblent habiles à manipuler l'opinion publique, ajouta Wufei.
-C'est vrai, on a bien vu comment ils ont réagit envers Relena.
-Il faut se méfier des apparences, je ne pense pas que les citoyens voulaient réellement s'en prendre à la ministre, fit remarquer Trowa.
-Heero, t'en penses quoi, après tout, c'est toi qui est le mieux placé pour savoir.
Le concerné tournait machinalement sa cuillère dans sa tasse, le regard fixé sur le mur d'en face. Duo claqua des doigts devant le visage du jeune homme.
-Hey, reviens parmi nous !
Le pilote cilla des paupières et cessa de remuer son café.
-Tu devrais aller te reposer. Hein ? Ca fait combien de temps que tu n'as pas dormi ?
-Prévenez-moi dès que les caméras seront en place.
Sur ce le jeune homme se leva et se dirigea vers la chambre.
-Il a pas l'air en forme, remarqua Duo qui resta le regard fixé sur la porte de la chambre qui venait de se refermer.
-Laissons-le tranquille, pour le moment il a besoin d'être seul.
Trowa savait ce qui n'allait pas, il l'avait déjà vu ainsi. Heero se tenait pour responsable de ce qui était arrivé cette nuit.
Cela faisait déjà plusieurs heures que la jeune fille avait été conduite à l'hôpital et pour le moment les pilotes n'en savaient pas davantage que les quelques informations que Sally recevait de ses hommes.
Une tension croissante s'insinuait dans le chalet, plus le temps passait, plus la ministre risquait d'être découverte par les Epyons Terros.
Finalement les Préventers installèrent les caméras au soir et Relena apparut sur le portable d'Heero. Quatre s'adressa à ses camarades.
-Ca y est, elle a été mise dans une chambre, je vous ai connecté directement au système de surveillance.
Les pilotes se réunirent devant l'écran.
-Comment vas-t-elle? interrogea Heero.
-Je n'ai pas eu tous les détails. Elle est restée plusieurs heures en soins intensifs, a cause d'une hypotension et hypothermie sévère. Son état s'est stabilisé dans l'après midi et ils ont enfin pu la remonter dans une chambre.
-Et comment ça se passe pour les Préventers ?
-Pour le moment tout va bien Trowa, ils n'ont pas à intervenir puisque le personnel médical à l'air décidé à garder le secret, rassurez-vous, elle est entre de bonnes mains.
-Merci Quatre.
-Je vous en prie, on reste en contact.
-Entendu.
Quatre disparut alors de l'écran et fut remplacé par la chambre d'hôpital de la ministre.
Les jours qui suivirent furent essentiellement organisés autour de la surveillance de l'état de Relena et des éventuels mouvements des Epyons Terros dans la région.
Heero passa de nombreuses heures devant l'écran du portable, muré dans son silence, le regard fixé sur cette chambre d'hôpital.
-Ca me coûte de le voir comme ça, on ne peut vraiment rien faire pour l'aider ? demanda Duo à Trowa alors qu'ils allaient chercher des provisions à la camionnette.
-La seule chose qu'il faut espérer pour lui c'est qu'elle s'en remette vite.
-Je te le fais pas dire…
Une fois les paquets ramenés, les deux hommes se mirent à préparer le repas du soir.
C'est alors que le petit pilote qui n'avait pas bougé depuis plusieurs heures se redressa insensiblement, comme si quelque chose avait réveillé ses sens. Trowa le remarqua aussitôt.
-Heero ?
-… elle se réveille.
Duo se précipita avec sa spatule dans les mains.
-C'est pas vrai ! Enfin une bonne nouvelle !
Les paupières de Relena se contractèrent et elle ouvrit faiblement les yeux, cilla à plusieurs reprises puis perdit connaissance.
La ministre tentait de reprendre le dessus, et le lendemain matin elle s'éveilla de nouveau. La première chose dont elle eut conscience, ce fut le visage d'une jeune femme qui lui était inconnu. Son instinct pris aussitôt le contrôle de son être affaibli et la panique lui donna la force de basculer sur le côté dans un élan de fuite . La doctoresse un instant surprise par sa vivacité plaqua aussitôt sa main contre son torse, l'arrêtant dans son mouvement. Son regard désespéré rencontra alors la teinte chaleureuse de la doctoresse. Et sa voix douce l'invita à s'apaiser.
-Non, ne craignez rien, je m'appelle Claire, je suis médecin.
-Où suis-je ? Formula-t-elle aussitôt, son esprit toujours sous adrénaline.
-Vous êtes à l'hôpital de Saint Joseph, un jeune homme vous y a conduit il y a trois jours.
-Trois jours ! Ce n'est pas possible ! Je ne peux pas rester ici ! se redressa-t-elle avec une énergie qui stupéfia à nouveau son interlocutrice.
Mais Claire la retint une seconde fois.
-J'ai entendu moi aussi la déclaration des terroristes mais vous ne pouvez plus rien faire. Soyez raisonnable, vous êtes arrivée ici dans un état d'épuisement avancé et vous êtes encore bien trop faible pour espérer aller où que ce soit.
-Mais vous ne comprenez pas ! protesta-t-elle, désespérée.
-Ce que je comprends, c'est que vous êtes en danger et que l'homme qui vous a conduit jusqu'ici a fait le bon choix.
-… Heero, pourquoi ?
-Ecoutez, j'ignore qui vous a mis dans cet état mais ici vous êtes en sécurité.
La ministre saisit soudain le bras du médecin.
-Personne ne doit savoir, personne !
-Rassurez-vous, je ne dirai rien et votre présence dans cet hôpital restera secrète le temps qu'il faudra.
Relena cessa alors de résister et se recoucha, malgré elle, accablée par les impératifs de sa convalescence.
-S'il vous plaît, laissez-moi seule.
-Bien sûr, n'hésitez pas à faire appel à moi s'il y a quoi que ce soit.
Claire se retira alors et la chambre devint de nouveau silencieuse.
Elle ne comprenait pas pourquoi les pilotes l'avaient conduite ici. Elle aurait voulu s'enfuir mais il fallait se rendre à l'évidence, sa condition rendait tout espoir de fuite inconcevable.
Les Epyons Terros auront tôt fait de me retrouver si cela fait déjà trois jours que je suis dans cet hôpital… Si telle est la volonté des pilotes de Gundam…
-… pourquoi ? souffla-t-elle faiblement.
Mais le silence qu'elle eut en réponse fut aussi douloureux que la question. Quelques larmes silencieuses coulèrent sur son visage et la peine la fit capituler. Ses paupières s'abaissèrent et elle repartit dans l'inconscient.
Heero avait observé toute la scène depuis son écran. Son cœur accéléré par la tentative désespérée de Relena.
-Parce que je n'ai pas eu le choix, Relena. Je suis désolé.
Le soir venait de tomber lorsque le président des Sphères Unifiées fit une déclaration officielle.
-Hey les gars, on dirait que les Sphères Unifiées se décident enfin à contre-attaquer.
Les pilotes se rapprochèrent du poste de retransmission. Le visage grave du président apparut, il prit une profonde inspiration et entama son monologue.
« Citoyens de la Terre et des Colonies, je viens de m'entretenir avec l'organisation des Epyons Terros.
Ils n'ont pas d'intentions belliqueuses envers les Sphères Unifiées et ils ne se sont pas déployés afin de déclencher une guerre. En réalité, ils souhaitent nous offrir leur protectorat, la garantie d'être protégé contre d'éventuels détracteurs de la paix. Comme vous le savez tous, la paix est fragile et je pense sincèrement qu'il est de notre intérêt de se joindre aux Epyons Terros.
En cela, et afin d'éviter de nouveaux événements tragiques comme ceux qui ont eu lieu au royaume de Sank, je vous demandes de ne plus reconnaître Melle Darlian Peacecraft comme un membre des Sphères Unifiées. Sa dernière intervention ainsi que sa position envers les Epyons Terros étant contraire aux intérêts de la paix, nous l'appelons dès à présent à renoncer officiellement à ses fonctions. Il en va de même pour les Gundams et leur pilotes, en aucun cas leur opposition contre les Epyons Terros ne sera tolérée, cela reviendrait à compromettre la paix et nous les appelons dès à présent à renoncer à se battre, ce serait engager le monde vers de nouveaux conflits.
Citoyens, une ère nouvelle se profile à l'horizon, je souhaite que ce jour marque un nouveau pas vers une paix totale ! »
Les pilotes gardèrent un instant le silence, désemparés par la déclaration du président.
-Si je m'attendais à ça !
-Je me demande à quoi il joue, pensa tout haut Wufei.
-En tout cas, une chose est sûre, c'est qu'il ne bluffait pas, regardez.
Trowa tourna le portable en direction des autres pilotes.
-Shit !
-Et bien ils ne perdent pas de temps, ajouta Wufei.
…..
Deux représentants officiels des Sphères Unifiées venaient de faire irruption dans la chambre de Relena. La doctoresse tenta de leur barrer le passage.
-Arrêtez, vous ne pouvez pas la transporter dans son état !
-Je te conseille de la fermer ou je t'envoie devant les tribunaux pour trahison envers la nation !
Mais Claire ne se laissa pas impressionner et s'interposa entre les agents et le lit de la jeune fille.
-Je vous préviens, les vidéos de cette salle sont stockées sur un serveur, et si vous emmenez la ministre, je diffuse les images, et l'action sournoise que le gouvernement est en train d'entreprendre apparaîtra comme une vaste farce aux yeux du monde !
Les deux hommes se regardèrent.
-Très bien, mais vous ne faites que retarder l'inévitable.
Ils s'assurèrent que la jeune fille ne bougerait pas puis ressortirent de la chambre.
-Ken, on te confie la surveillance de la ministre pour cette nuit et gardes un œil sur son médecin, quant à nous, il faut que l'on s'occupe de ton petit camarade.
-Comptez sur moi.
….
Les pilotes se mirent aussitôt au travail et échafaudèrent un plan. Quelques heures plus tard tout était en place, il ne restait plus que Trowa et Heero ainsi que le Wing Zéro sur le continent américain.
-On y va.
La camionnette démarra et partit en direction de l'hôpital. Heero se vêtit de la tenue des infirmiers de l'hôpital et Trowa le laissa à l'entrée de service où ils avaient déposé la ministre plusieurs jours auparavant.
-Tiens-toi prêt dans dix minutes.
-J'y serais.
Heero se saisit de son paquetage et pénétra dans le bâtiment. Il trouva rapidement un chariot de soins sous lequel il glissa son ballot, le pilote prit alors la direction de la chambre de la ministre, situé au tout dernier étage de l'immeuble, c'est-à-dire au vingt cinquième.
Relena s'éveilla, ses sensations revenant progressivement, elle sentit le contact froid du métal contre sa peau.
Je suis captive…
Heero sortit de l'ascenseur, le couloir était désert.
Ca ne va pas être facile de passer inaperçu.
Il avança en direction de la ministre, le bruit du chariot raisonnant en écho dans le couloir. A la dernière bifurcation, le jeune homme s'arrêta, se demandant comment il allait pouvoir faire.
C'est alors qu'il entendit des pas se rapprocher, il se retourna et reconnu la femme à qui il avait confié Relena. Elle s'arrêta à quelques mètres de Heero et le fixa. Ils se jaugèrent tout les deux pendant de longues secondes, un imperceptible sourire apparu alors sur le visage du médecin qui se mit en marche et se dirigea vers la chambre de Relena. Heero lui emboîtant le pas.
Ken releva la tête à leur approche.
-Qu'est ce que tu veux, et qui c'est derrière toi ?
-Je viens relever les constantes de ma patiente et j'ai besoin d'un infirmier pour le faire.
Ken se leva.
-Je veux pas le savoir ! Personne n'entrera dans cette pièce !
C'est alors que Heero apparu au Préventers, un masque de crainte recouvrit soudain le visage de Ken.
-Toi !
-Espèce de traître !
Le pilote lui décocha un coup de poing qu'il n'eut même pas le temps de voir venir et Ken s'effondra au sol, inconscient.
Claire resta un instant sans voix face à l'éclat de violence qu'elle venait d'observer sur ce jeune homme d'apparence si posée. Elle se ressaisit alors que Heero récupérait l'arme du Préventers au sol.
-Attendez…
Le pilote se releva face à la jeune femme.
Elle prit le temps de l'observer. Malgré son jeune age il avait le regard dur d'un homme qui semblait avoir enduré bien des épreuves, il émanait de sa personne une grande force, et en même temps une certaine lassitude…
… de la lassitude face à la nécessité de se battre.
-… vous devriez prendre les clefs qu'il a dans sa poche.
Son regard profond fixa alors la jeune femme qui ne cilla pas.
-Ne restez pas là où les Epyons Terros s'attaqueront à vous.
Heero ramassa les clefs et tourna le dos au médecin pour pénétrer dans la chambre.
-Attendez ! Je ne peux pas vous laissez l'emmenez sans vous avoir informé de son état et des risques que vous lui faite encourir.
Le pilote se retourna.
-Allez-y, mais dépêchez-vous.
Elle fut surprise par la réplique sèche du jeune garçon, mais elle obtempéra.
-La blessure à son épaule est infectée, elle a un traitement puissant qu'il est nécessaire de lui administrer en continu afin d'éviter que l'infection ne se propage au reste de son organisme. Elle est parfaitement incapable de résister sans assistance, alors faites vite. Vous trouverez sur son brancard son dossier médical au complet. Je l'ai mise sous tranquilisant afin d'éviter qu'elle n'ai conscience de sa captivité, soyez prudent… Bonne chance.
Claire recula d'abord en faisant face au jeune homme puis se retourna et partit en courant.
Heero tourna alors les talons et entra dans la chambre.
La lumière du soleil levant perçait à travers les stores et éclairait faiblement le visage de la jeune fille. Le pilote s'approcha, elle semblait dormir paisiblement. Une paire de menottes nouait une de ses chevilles et une autre son bras valide. Il se saisit alors de sa cheville, et fut surpris par sa peau gelée. A nouveau ce sentiment de colère profonde resurgit en lui. Mais il resta concentré, il devait faire vite.
Seulement Relena luttait. Elle savait que les Epyons Terros venaient la chercher et toute l'énergie qui lui restait était animée par le désir ardent de tenter l'impossible pour ne pas se retrouver ainsi à leur mercie.
Et dès qu'elle se sentit libérée, la peur lui donnant une force bien au-delà de sa condition, elle repoussa Heero avec violence et bondit hors de son lit. Seulement son état de demi conscience lui avait fait oublier l'autre paire de menottes. Et son élan fut brusquement stoppé alors qu'elle s'effondrait contre le chariot de soins.
-Jamais je ne vous suivrais ! cria-t-elle tout en tentant avec peine de se redresser, son sens de l'équilibre grandement diminué par les sédatifs.
Le pilote fut un instant déstabilisé par sa réaction.
-Relena, calmes-toi, c'est Heero, lui parla-t-il d'une voix aussi posée qu'il lui était possible.
Cela sonna très étrangement en elle, et cette déclaration eu l'effet inverse de ce qu'il avait escompté.
L'esprit de la ministre, embrumé par toutes les substances que l'on lui avait administré ne faisait plus la part des choses.
Voyant approcher le jeune homme, elle s'accula au mur.
-Non, laisses-moi… ne reviens pas… tu… tu es partis, articula-t-elle d'une voix suppliante.
Heero prit sa déclaration comme une gifle en pleine figure, mais il ne laissa rien paraître.
-Je n'ai jamais voulu t'abandonner… Relena…
La jeune fille releva alors la tête vers cette voix étrangement familière et reconnut enfin la silhouette du jeune homme.
-… Heero ?
Le pilote commença à s'approcher prudemment afin de ne pas provoquer de nouvelle réaction violente de sa part.
Il s'accroupit alors à sa hauteur.
La réalité se mêlait au rêve, tout se bousculait dans l'esprit de la jeune fille, pouvait-elle faire confiance à cet homme qui semblait être Heero ? N'était ce pas plutôt son esprit qui se jouait d'elle ?
Heero passa alors doucement le revers de sa main contre la joue de la ministre. Tout son corps frissonna et cela eut pour effet de la faire sortir de sa torpeur. Elle posa son regard sur celui du pilote et il se détendit, voyant qu'elle était revenue à la réalité.
- … tu es revenu souffla-t-elle faiblement.
-Allons-nous en d'ici. Tu peux te relever ?
La main libérée dans celle du pilote, elle reprit appuis sur ses jambes tremblantes.
Heero récupéra le dossier médical, déconnecta la perfusion qui n'avait pas bougé durant le mouvement de panique, et prit les deux poches de liquides encore pleines. Il se saisit ensuite du sac qu'il avait apporté avec lui et en sortit un ensemble de sangles et de tissus.
Il constata alors qu'elle ne portait qu'une culotte, le reste de son corps était recouvert d'une chemise d'hôpital, nouée au niveau des reins. Il n'avait pas pensé à ce paramètre. Tout ce qu'il put faire, c'est ôter sa blouse d'infirmier et la recouvrir avec. Elle lui adressa un faible sourire en retour, à peine teinté de gêne.
Mettant l'étrange sentiment qu'il ressentait de côté, il habilla la ministre d'un harnais puis fit de même. Le pilote appliqua ensuite un explosif contre la fenêtre, une fois l'appareil en place il rejoignit Relena dans un coin de la chambre et la protégea de son corps.
- Qu'est ce que… tu fais ?
-Il faut que l'on se fasse remarquer.
-Mais…
-Fais-moi confiance.
Il appuya alors sur le détonateur et la fenêtre ainsi qu'une partie du mur furent pulvérisés.
Heero relia ensuite les deux harnais et ils se dirigèrent vers la brèche. Relena se figea à quelques centimètres du trou béant.
-Nous allons sauter ensemble. Maintenant !
Elle s'exécuta et il les projeta alors dans le vide. Il déploya aussitôt le parachute et ils arrivèrent en douceur au sol, à quelques mètres de Trowa qui les attendait avec la camionnette.
Le véhicule évacua rapidement les lieux pour se diriger vers l'extérieur de la ville.
Au bout d'une petite heure de trajet, la camionnette emprunta une route désaffectée qui conduisait à une ancienne base de Oz.
Un homme vêtu d'une chemise hawaïenne les accueillit devant un grand hangar.
Les deux pilotes descendirent et le rejoignirent.
-Tout s'est passé comme vous voulez ?
Heero lui fit un signe de tête en réponse.
-Et pour toi ?
-C'est bon, Duo et Wufei m'ont livré leur paquet et ils sont partis il y a trois heures, ton appareil est chargé et opérationnel.
Heero se tourna alors vers Trowa et lui tendit un porte document.
-C'est son dossier médical, remets-le à Sally dès ton arrivé.
-Entendu.
-Bien, alors si vous êtes parés, allons-y !
Le vieil homme appuya sur son boîtier et le grand hangar s'ouvrit, découvrant un transporteur et une petite navette.
Heero alla chercher Relena et la porta au transporteur, la ministre étant inconsciente depuis qu'elle s'était jetée dans le vide.
Quant à Trowa, il prit la navette. Le pilote se retourna avant de pénétrer dans l'appareil et s'adressa au vieil homme.
-Eh bien, tu ne viens pas ?
-Non, je dois m'occuper de cette base et j'ai pas eu le temps de tout préparer pour la sauterie, je vous rejoindrais peut être plus tard, je ne sais pas encore.
-Sois prudent Howard, on risque d'avoir besoin de tes services prochainement.
L'homme agita le bras en direction du pilote.
-Comptes sur moi Heero !
Les deux appareils décollèrent à la suite, destination : la rive orientale de la mer méditerranée, à la pointe du continent africain, là où résidait Quatre et l'unité Maganac.
Trowa prit rapidement de la distance sur le transporteur.
-Je descends au niveau du 30e parallèle, je devrais atteindre l'Afrique dans environ trois heures.
-Bien, je maintiens mon appareil sur le 40e , je fais signe lorsque j'arrive en Europe.
-Bonne chance Heero.
Trowa poussa les réacteurs et la navette disparut bientôt des écrans radar du transporteur.
Relena fut réveillée par le son de plusieurs voix, le jeune homme la vit s'agiter et il coupa la communication.
La ministre ouvrit les yeux et cilla à plusieurs reprise, elle regarda autour d'elle d'un air hagard, où est-ce qu'elle se trouvait cette fois-ci ?
-Heero ?
Elle semblait surprise de le voir, mais il s'attendait à cette réaction.
-Tu te sens mieux ?
-… oui, je crois… mais je…
-Tu ne sais pas comment tu es arrivée jusqu'ici ?
-Non… avoua la jeune fille en baissant la tête.
-Je suis venu te chercher à l'hôpital, tu avais été découverte par les Epyons Terros. Tu te rappelles de l'hôpital ?
La mémoire lui revint peu à peu, elle revoyait tout ce qui c'était passé, depuis son réveil dans cet hôpital et les sentiments qui l'avaient accompagnée : la douleur, le désespoir mais surtout l'incompréhension.
Elle se tourna alors vers le pilote.
-Heero, pourquoi ?
Il comprit aussitôt quel était le sens de sa question.
-Parce que c'était la seule solution. La nuit où tu as essayé de t'enfuir, tu t'es injectée un produit à une dose qui t'aurait été fatale sans soins médicaux d'urgence, nous t'avons donc conduite à l'hôpital et t'y avons laissée le plus longtemps possible.
Heero quitta alors des yeux le tableau de bord et se tourna vers la jeune fille.
-Si je n'avais pas laissé les seringues dans ta chambre, rien de tout cela ne serait arrivé. Ce que tu as enduré ces derniers jours est de ma faute, je ne suis qu'un incapable.
Le visage fatigué de la ministre se détendit dans un sourire.
-Merci.
L'expression du jeune homme s'étira de surprise.
-Merci de continuer à veiller sur moi comme tu le fais.
Les yeux de Relena rencontrèrent ceux du pilote, et ils restèrent ainsi pendant plusieurs secondes, incapables l'un comme l'autre de détacher leur regard.
-Relena…
Mais le radar du transporteur les ramena bientôt à la réalité.
Bip Bip Bip
Le regard du jeune homme se durcit aussitôt, il fit pivoter son siège et se replaça face aux commandes.
Au bout de quelques minutes, il se détendit.
-Tout va bien, ils ne nous ont pas encore remarqué… Relena ?
Il se retourna. La ministre s'était rendormie, un faible sourire aux lèvres.
Les deux heures qui leur restaient avant d'atteindre l'Europe se passèrent sans nouvelle alerte, Relena alterna entre de courtes périodes où elle était consciente et la majeure partie du temps où elle dormait.
L'expression de pilote se fit plus assombrie à partir du moment où ils franchirent le détroit de Gibraltar. A partir de maintenant la marge de manœuvre était extrêmement limitée. Le pilote prit soin de ne survoler aucune zone terrestre.
Lorsque le point de rendez-vous fut proche, il alluma le communicateur.
-Quatre, ici Heero, je m'apprête à remonter l'Adriatique, comment ça se présente ?
-Bien, les Sphères Unifiées vous recherchent et les médias s'en sont donnés à cœur joie sur la disparition de la ministre et les raisons de sa présence dans cet hôpital. Trowa vient d'arriver, on n'attend plus que vous.
-Tes hommes sont-ils prêts pour la retransmission ?
-Absolument, tu peux y aller.
-Très bien, je modifie ma trajectoire, quand tu veux pour lever la couverture, déclara Heero alors qu'il enclenchait la caméra de surveillance de l'appareil.
Le plan que les pilotes avaient établi consistait dans le fond à mettre Relena en sécurité.
Pour se faire, par l'évasion spectaculaire de l'hôpital, ils avaient braqué l'attention des Citoyens sur le sort de la ministre Darlian et augmenté l'animosité des Epyons Terros.
En s'appuyant sur les moyens médiatiques qu'ils maîtrisaient encore, ils s'apprêtaient à présent à afficher au plus grand nombre leur position exacte, et surtout la valeur de ce qu'il transportait.
Le transporteur apparut soudain sur les radars de tous les appareils en vols et des navires sur un périmètre de cinq cent kilomètres de diamètre. Et l'accès à la vidéo fut instantané sur Internet, ainsi qu'a à tous les appareils et tours opérateur de la région.
Le timing était parfaitement calculé, et après trois minutes d'enregistrement, le pilote se leva, prenant soin de ne jamais montrer son visage face à la caméra. Il restait quelques secondes avant que l'appareil ne cesse de retransmettre.
Il débrancha la perfusion d'antibiotique et prit la ministre dans ses bras. Sentant qu'on la soulevait elle se réveilla, au même instant le communicateur s'activa.
-Ici l'aéroport de Newport City, veuillez vous identifier.
-Le…Le royaume de Sank ! Heero !
Le pilote baissa les yeux sur la ministre et répondit à son regard interrogateur.
-Non Relena, il n'est pas encore temps pour toi de réapparaître.
-Mais Heero ! Pourquoi ?
-Parce que tu n'es pas en état de faire face aux Sphéres Unifiées.
Ils arrivèrent à l'arrière de l'appareil, Heero la porta jusqu'au Wing Zéro et la déposa à l'intérieur du Gundam.
-Relena.
-…
Mais il n'eut pour seule réponse que ses yeux rougissant de souffrance. Le jeune homme détestait la voir ainsi et cela ne fit que renforcer sa détermination.
Il rentra lui aussi dans l'armure mobile et se rapprocha jusqu'à être à quelques centimètres du visage de la ministre, sa main à présent contre sa joue.
Relena, surprise releva les yeux et se retrouva face au regard du pilote.
-C'est vrai, je ne me rends probablement pas compte à quel point tu souffres, cependant je ne te laisserai pas mettre ta vie en danger.
-Heero…
Le rythme cardiaque du pilote se fit plus soutenu, son cœur résonnait contre sa poitrine, il venait frapper pour faire entendre sa voix.
Son souffle s'accéléra sensiblement et il se rapprocha un peu plus de la jeune fille.
-Relena, promets-moi qu'à partir de maintenant tu ne tenteras plus rien pour te mettre en travers de la route des Epyons Terros.
Un long silence marqua sa réflexion, avant que ses lèvres ne s'agitent faiblement.
-… Je te… le promets.
A ces mots, des larmes perlèrent le long de ses joues.
Le sens de cette promesse était lourd de conséquences pour la ministre, elle signifiait qu'elle renonçait à sa dernière chance de pouvoir encore sauver ses proches.
Heero en était conscient, mais elle était trop importante pour mourir et son rang la contraignait à faire des sacrifices, aussi injustes soient-ils. C'était nécessaire si l'on voulait que la paix puisse perdurer, et dans le fond, il savait qu'elle en était consciente.
Le pilote soupira, il savait qu'elle tiendrait parole. Heero essuya de son pouce les larmes sur le visage de la jeune fille.
-Ne crois-tu donc pas que tous ceux qui t'aiment préfèrent te savoir en vie ?
C'est alors que le communicateur transmit une sommation.
« Ici le commandant en chef des Epyons Terros dans cette région, je vous parle en tant que représentant pour la sécurité des Sphères Unifiées, rendez-vous où nous serons dans l'obligation d'ouvrir le feu sur votre appareil ! »
-Quoiqu'il arrive, ne tentes rien, le Wing Zéro veillera sur toi !
-Heero !
Le pilote activa le Système Zéro et sortit de l'appareil avant que le sas ne se referme. Il retourna alors au poste de pilotage du transporteur et adressa un message à l'aéroport de Newport City, laissant ouvert tous ses canaux de communication.
-Ici le transporteur GI-355, je viens de la base de Glimmer et j'ai à mon bord votre souveraine, Melle Peacecraft. Je viens de vous transmettre les images de la surveillance vidéo de mon appareil. Vous pourrez constater mes intentions. Je demande l'autorisation d'atterrir.
-Nous avons bien reçu votre enregistrement, et je vous demande de vous rendre sur le champ, répéta le militaire.
-Seulement si vous m'assurez que vous aller restituer le pouvoir de ce pays à ses dirigeants.
-Dois je vous rappeler que le président des Sphères Unifiées a destitué Relena Peacecraft de tous ses droits ! Vous n'avez aucune chance ! Que croyez vous ! s'emporta alors le militaire, sa voix portant bien plus loin qu'il ne l'imaginait.
-Comment pouvez-vous prétendre protéger les Sphères Unifiées alors que vous voulez condamner celle qui symbolise cette organisation ! Retentit la voix du pilote, vibrante de colère.
-Je vous aurai prévenu ! hurla alors le commandant.
Aussitôt un Serpentarius apparuru sur l'aile gauche du transporteur et pointa son canon sur l'appareil.
-Je n'en attendais pas moins des Epyons Terros !
Il y eut une explosion contre l'aile du transporteur et s'ensuivit une épaisse fumée noire qui laissa une gigantesque traînée derrière l'appareil.
Le moteur gauche avait été détruit, Heero fut projeté contre le tableau de bord par le choc de l'explosion. Il se redressa, et rejoignit son Gundam aussi vite qu'il lui fut possible.
La porte de l'armure mobile s'ouvrit et il pénétra dans le cockpit, Relena n'avait pas bougé et lorsqu'elle le vit, son visage se détendit un peu.
Heero s'installa aux commandes, et rattacha le harnais de la ministre au sien. Il activa les radars du Wing Zéro et le Serpentarius apparut sur l'écran, il continuait à poursuivre le transporteur dans sa chute.
-Visiblement il veut s'assurer que l'on va bien y rester.
Le pilote activa un programme informatique qu'il avait relié au transporteur, il prit ainsi les commandes de l'appareil.
-Relena…
La ministre comprit aussitôt et entoura son bras autour du cou du jeune homme. Elle haletait et visiblement peinait à respirer, sa blessure la faisait souffrir.
Le pilote détourna un instant son attention de ses commandes et la regarda.
-Rassures-toi, c'est bientôt terminé.
Le choc fut violent, Relena sentit des bras l'entourer, puis le noir total.
Ce qui restait du transporteur fut pulvérisé lorsqu'il entra en contact avec la méditerranée. L'eau bouillonna quelques instant puis sa surface redevint paisible, seule une traînée noire qui disparaissait dans l'atmosphère trahissait le lieu où l'appareil était tombé.
Heero perdit connaissance mais eut le réflexe de garder ses bras serrés et la jeune fille ne bougea pas.
Le Système Zéro s'activa alors. Plusieurs des voyants d'alerte de l'appareil clignotant, il fit les vérifications d'usage et un à un les signaux s'éteignirent. Le Gundam avait malgré tout subit des dommages, mais il restait suffisamment opérationnel pour remplir la mission que son pilote lui avait donnée. Le Wing Zéro repéra le Serpentarius qui rôdait au-dessus de la surface. Il se dégagea des débris du transporteur et se laissa tomber doucement au fond de la mer, son rôle à présent n'était pas de combattre, mais de protéger, et tant qu'il resterait de l'oxygène pour la ministre il ne se ferait pas voir de l'ennemi.
L'armure mobile était en sécurité au fond de l'eau car les Epyons Terros ne disposaient pas d'engins submersibles, et c'était là le point faible que les pilotes de Gundams avaient mis à leur profit, ils pouvaient ainsi faire disparaître la ministre. Leurs ennemis la prendraient pour définitivement hors d'état de leur nuire et les citoyens considéreraient les Epyons Terros comme responsable de sa mort, et avec un peu de chance, cela suffirait faire réagir les Sphères Unifiées.
Plusieurs minutes plus tard, Heero reprit connaissance, il ouvrit les yeux et sentit contre son corps celui de la ministre, le jeune homme vérifia aussitôt son état. Relena respirait faiblement et son souffle était anormalement chaud. Il passa une main sur son front et constata que celui-ci était brûlant.
-On ne peut pas attendre plus longtemps, Wing Zéro, nous devons sortir d'ici.
Le pilote analysa l'état de son appareil et fit le compte des ennemis en présence.
-Visiblement il n'y a que le Serpentarius sur les lieux, il va falloir se faire discret.
Heero modifia la structure de son appareil près de l'épave et le bouillonnement des réacteurs du Wing se confondirent avec celui de la carcasse encore chaude du transporteur.
-Allons-y.
Il resta en submersible jusqu'à ce que l'ennemi disparaisse de ses radars.
Le Wing Zéro survola à vive allure la mer méditerranée, à quelques mètres seulement de la surface de l'eau, ce qui lui permettait d'être indétectable pour les radars.
Une demi-heure plus tard, il arriva en vue des côtes orientales de l'Afrique.
Heero suivit les instructions de Quatre et fut conduit dans la base souterraine Al-jirma des Maganac.
Quatre et Sally les attendaient. Le cockpit s'ouvrit, la doctoresse récupéra la ministre et la déposa sur la civière, elle l'ausculta sommairement, fit signe à Quatre et partit rapidement.
Le petit blond resta quelques secondes immobile, le regard fixé sur le médecin qui s'éloignait, puis il se ressaisit et se tourna vers son ami.
Heero descendit de son Gundam aidé de Quatre. Le jeune homme remarqua son air préoccupé.
-Ne t'inquiètes pas, Sally sait ce qu'elle fait.
Le concerné se sentit gêné par sa remarque, il savait son ami pilote, capable de ressentir parfois les émotions des autres. Il changea de sujet.
-Mon Gundam… il a été endommagé.
-Les Maganac vont s'en occuper, mais apparemment il n'y a pas que le Wing Zéro qui ait été « endommagé ».
Heero mit quelques secondes à comprendre ce à quoi il faisait allusion.
-Je vais bien.
-Oui… et c'est pour ça que tu vas me laisser t'aider.
Le pilote céda, Quatre après un faible sourire, passa un bras du jeune homme par-dessus ses épaules et ils se dirigèrent vers l'ascenseur.
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