RÉSUME DU CHAPITRE PRÉCÉDANT :

Après l'arrivée Cannelle Dupré à bord du Sirius, la cohabitation se fait particulièrement difficile durant les onze premiers jours de navigation, le capitaine et la jeune femme enchaînant disputent sur disputes.

Toutefois, la tension retombe soudainement face à la soudaine découverte inattendue Professeur Tournesol et son étrange machine. Le pauvre homme, monté clandestinement et qui dormait au fond d'une chaloupe depuis le début du séjour, se voit donc enfin attribué une cabine.

Pour finir, après plusieurs jours de navigations difficiles, l'île sur laquelle a séjourné le Chevalier François de Hadock est enfin retrouvée.

DIS-CLAMER : L'univers d'Hergé, et ses personnages ne m'appartiennent pas.

REMERCIEMENTS : Merci à Melior, Lunastrelle, Petitefleurdautomne, Ruckire-sama, Mellyn-7, Tigerliliyth et Aquili pour vos rewiews.


TINTIN ET LE TRÉSOR DE RACKHAM LE ROUGE

UNE HISTOIRE DE FAMILLE

CHAPITRE III

Le lendemain, comme pour célébrer la découverte de l'île, le beau temps fut finalement de retour, le soleil étant éclatant au possible et assommant l'équipage par sa chaleur. Se ventilant à l'aide de son calepin, Cannelle soupira profondément, les yeux rivés sur l'agitation qui régnait sur le pont, où les marins étaient entrain d'amarrer une chaloupe, tandis que le capitaine Haddock, semblant être excité au plus haut point, faisait les cents pas et ne cessait de les exhorter à se dépêcher.

« Allons capitaine, le rabroua gentiment Tintin, accoudé au bastingage. Un peu de patience !

- De la patience ! s'exclama joyeusement Haddock. Je n'en ai pas dormis de la nuit, tellement j'ai hâte d'explorer cette maudite île. Après tous ce temps à l'avoir chercher !

- Oui, et nos efforts seront enfin récompensés », remarqua le jeune reporteur en souriant, tandis que Dupond et Dupont sortaient du réfectoire.

S'éventant, les deux policiers regardèrent en direction du ciel.

« Ce soleil fait décidément plaisir à voir !

- Assurément ! fit le second policier. Et je dirais même plus que c'est un temps parfait pour explorer l'île du Chevalier de Haddock ! »

Puis se tournant vers Cannelle, il l'interpella.

« Vous viendrez avec nous, n'est ce pas Mademoiselle Dupré ? »

La jeune femme hocha la tête.

« Et comment ! Je ne compte pas rater une occasion pareille !

- Vous avez entièrement raison, lança Haddock, avec un sourire en coin. Après tout, avec un peu de chance, on finira peut être par vous oublier au moment de revenir à bord. »

Face à la provocation, Cannelle ne dit mot, mais son regard parla tout de même pour elle, se plissant dangereusement.

« Allons capitaine, fit Dupond. Comment pouvez-vous vouloir abandonner Mademoiselle Dupré sur cette île déserte ?

- Je dirais même plus, comment vouloir se débarrasser d'une si belle sirène, qui a sut nous faire oublier les désagréments du voyage ! renchérit Dupont en s'approchant de la jeune femme sur un clin d'œil. »

Et sur ces paroles, Cannelle éclata alors de rire. De son coté, Haddock croisa les bras, grommelant dans sa barbe.

« Messieurs, le soleil vous monte décidément à la tête ! »


Moins d'une heure plus tard, le canot effleura en douceur le sable. D'un bond, tout le monde descendit à terre. Au contact des vagues qui lui caressa les mollets, Cannelle soupira de contentement.

« Il y a longtemps que je n'avais goutté aux eaux du sud ! Pour un peu, je me jetterais la tête la première, histoire de faire quelques brasses !

- Vous avez raison, approuva Dupond. Elle est très bonne !

- Elle est même très chaude ! » fit son acolyte.

Milou, qui avait déjà atteint la plage, s'ébroua non sans plaisir et aboya, les enjoignant à se dépêcher de pousser le canot sur le rivage.

« Nous aurons le temps d'en profiter lorsque nous aurons exploré l'île, remarqua Tintin dans un sourire. Après tout, nous risquons de rester ici pour quelques jours ! Et l'équipage voudra surement se reposer un peu, après ces nombreux jours de brouillard.

- Et moi le premier ! » s'exclama Haddock, en souriant également.

Le canot à l'abri, il s'immobilisa ensuite, poings sur les hanches et admira la luxuriante jungle qui bordait les kilomètres de plages de sable blanc. Il n'y avait pas à dire, l'île était très belle et était digne d'une carte postale.

« Bon, je pars en reconnaissance », déclara-t-il ensuite en s'avançant.

Mais à peine fit-il quelques pas, que le marin trébucha brusquement et s'effondra la tête la première dans le sable. Se redressant en maugréant, Haddock se retourna ensuite et avisa un morceau de bois qui semblait dépasser du sol. L'apercevant également, Tintin fronça les sourcils.

« Qu'est ce que c'est ? » demanda Haddock en se penchant, intrigué.

Les deux policiers tenant chacun à leurs mains leurs chaussures, s'approchèrent alors avec Cannelle.

« Tiens tiens, fit Dupond.

- Une découverte ? se demanda Dupont.

- Probablement », murmura Cannelle.

Arrivée à hauteur de Tintin et du capitaine Haddok, la jeune femme les aida alors à creuser et quelques minutes plus tard, après avoir fouiller en profondeur le sable, le bout de bois se révéla faire partit de la charpente d'une ancienne barque, que le temps avait finalement ensevelit sous le sable.

« Mais on dirait…commença Cannelle, n'en croyant pas ses yeux.

- C'est le canot de François de Haddock ! s'exclama Haddock en se redressant. Cela prouve que nous touchons au but ! »

A ces mots, tous parcoururent avidement la forêt du regard. Soudain le visage de Cannelle s'éclaira.

« Là haut ! » cria-t-elle en désignant un point dans la forêt.

Et lorsqu'ils levèrent les yeux, tous purent apercevoir une croix en bois, dépassant de la cime des arbres.

« Allons-voir ça de plus prés », déclara Hadock.


Cela faisait plusieurs heures qu'ils marchaient dans la jungle.

La croix, ne s'était révélée être qu'un simple repère destinée aux navires passant au large. Le chevalier l'avait probablement construite pour attirer les bateaux, afin de signaler une présence humaine sur l'île. Tout comme la barque, la croix était néanmoins un signe de bon augure, les encourageants à poursuivre leur expédition.

Néanmoins, l'enthousiasme avait fait désormais place au silence. La progression au cœur de la jungle prenait du temps, car il fallait sans cesse défricher. La forêt était dense. Et surtout magnifique, chacun s'émerveillant de la faune et la flore exotique.

Les arbres étaient immenses, les troncs massifs, recouverts de lianes. Les fleurs étaient d'une couleur éclatante et d'un parfum suave, attirant insectes et oiseaux butineurs. Enfin, résonnaient au dessus de leur têtes, le chant de divers oiseaux, qu'ils n'arrivaient pourtant pas à identifier, ni même à apercevoir.

En reporter appliquée, Cannelle s'empressait de faire des photos, sous l'œil amusé de Tintin, et lorsque la troupe faisait une pause, de faire quelques croquis du paysage environnant.

« Sacrebleu, vous dessinez vraiment très bien ! S'extasia Dupond, par-dessus son épaule.

- Je dirais même plus, que vous avez un don ! » renchérit Dupont, en avisant les détails minutieux de l'arbre couvert de lianes dont les racines plongeaient dans le torrent au bord duquel ils s'étaient arrêtés pour se reposer.

Lorsqu'ils reprirent leur chemin, la forêt semblait s'éclaircir. Les arbres étaient plus espacés et l'utilisation de la machette, que maniait Tintin avec beaucoup aisance, ne fut plus indispensable. Au contraire, ils progressaient à présent, à travers de grandes clairières et par moment, pouvaient même presque entrapercevoir l'océan entre les arbres.

« Oh ! » s'exclama soudainement Tintin.

Le jeune homme se figea un bref instant, regardant sur le coté. Suivant son regard, Haddock vit alors parmi les broussailles des ossements humains usés et jaunis par le soleil. Les crânes tournés dans leur direction, semblaient les observer avec ironie, et cette vision lui arracha une légère grimace.

« Il semblerait que l'île ait été habitée », murmura Cannelle en s'arrêtant aux cotés Haddock, suivie de prés par les Dupond et Dupont, qui ne purent s'empêcher, quand à eux, de frissonner brusquement.

Le capitaine s'apprêtait à répondre, lorsque soudain, loin devant eux, les cris de Milou retentirent.

« Milou ! » s'écria aussitôt Tintin.

Sans attendre, le jeune homme partit en courant, sautant par-dessus les buissons. Échangeant un regard, Cannelle et Haddock se lancèrent à sa poursuite, slalomant entre les arbres et tentant de suivre le jeune reporter de plus en plus inquiet. Après tout, qui sait sur quoi son ami à quatre pattes était-il tombé ? Ses aboiements résonnaient à travers tout la jungle et à les entendre, le petit chien semblait particulièrement agité.

Le vieux marin finit par rattraper Tintin et ensembles arrivèrent à la hauteur du petit chien. Néanmoins, lorsqu'ils virent contre quoi Milou aboyait avec tant de hargne, ils pillèrent net, n'en croyant pas leurs yeux.

« Oh ! Mais qu'est ce que c'est, que ça ! » S'exclamèrent-t-ils d'une même voix.

Car face à eux, se trouvait une imposante statue de bois, à l'effigie d'un homme aux traits grossiers et qui pourtant, étaient fort marqués.

« Nom de Dieu ! » s'exclama brusquement Cannelle, en arrivant aux cotés du reporter et du marin.

La surprise fut de même pour Dupond et Dupont.

« Ça alors ! » s'écrièrent les policiers.

Le petit groupe s'approcha alors lentement, et Tintin, scrutant attentivement la sculpture, haussa les sourcils, dubitatif.

« Ma parole ! déclara-t-il. C'est le Chevalier de Haddock qui est représenté, là ! »

Il tendit le bras et désigna le visage peu avenant de la sculpture. Elle représentait effectivement un homme à la barbe imposante, mais dont le visage était sculpté de façon à ce que l'expression soit le masque d'une intense colère, comme si l'homme était figé en plein cris.

« ça ne fait aucun doute ! Conclu le jeune reporter en se tournant vers le capitaine Haddock, qui ne pu dire autre chose que l'un de ses éternels jurons, toujours incapable d'en croire ses yeux.

- Voila qui explique ce flagrant air de famille, fit Cannelle en croisant les bras, faussement songeuse.

- Comment ça ? » s'étonna Haddock.

Cannelle haussa les épaules, et alors que ces compagnons la dévisageait avec curiosité, une lueur malicieuse flotta dans ses yeux saphir.

« Et bien, au vu de son expression, le fait d'être grincheux semble être un trait héréditaire chez les Haddocks. Et étant donné votre capacité étonnante à vous époumoner, je suppose que lui aussi devait sacrément bien se faire entendre. Vu la taille de la sculpture, il a du sacrément les impressionner ! »

A sa réplique, un fou rire général se rependit aussitôt à travers le groupe.

« Comment osez vous ! S'écria Haddock en fusillant Cannelle du regard. Espèce de…

- Cooorniiichon ! »

Haddock s'interrompit brusquement, et se retourna vivement, interloqué.

« Hein ?

- Bois sans soif ! Marin d'eau douce !

- Le Fantôme du Chevalier de Haddock ! s'exclamèrent soudainement les deux policiers, se serrant l'un contre l'autre.

Moule à gaufre ! »

Ignorant le chapelet d'insultes qui leur pleuvait dessus, Tintin s'avança en direction du totem et leva la tête.

« Regardez ! Ce n'est pas un fantôme, Messieurs…

- Des Aras ! » s'exclama Cannelle, en s'avançant.

En effet au dessus d'eux, se trouvaient trois perroquets au plumage vivement coloré dont, les dominantes était soient rouges ou vertes, aux longues queues et aux becs puissants. Les entendant à nouveau jurer, Tintin éclata de rire.

« De générations en générations, ils se sont transmit le vocabulaire du Chevalier de Haddock, expliqua le jeune reporter, devant l'air dubitatif du Capitaine.

- Cela ne m'étonne pas, sourit Cannelle. Les perroquets sont connus pour leur aptitude à parler.

- Vraiment ? » fit Haddock

Fronçant les sourcils, il se tourna ensuite vers les oiseaux.

« Milles millions de sabord ! » leur lança-t-il, dans l'espoir que ces derniers limitent.

Chose qui ne tarda pas, car les perroquets s'exécutèrent aussitôt, provoquant un fou rire générale.


Après réflexion, et voyant le soleil qui commençait à décliner dans le ciel, annonçant le début d'après midi, il fut décider de ramener le Fétiche au Sirius. Une entreprise ardue car la statue imposante rendit l'avancée à travers la jungle particulièrement difficile, et suscita bon nombre d'arrêts.

Ils atteignirent finalement la plage en fin d'après midi et installèrent non sans difficulté, l'effigie du chevalier de François de Haddok à bord du canot. Néanmoins avant de partir, alors que tout le monde poussait l'embarcation afin de la mettre à flot, un léger incident se produisit :

« Aiie ! Aie, aie ! » Cria soudainement Dupond.

Le policier lâcha la barque et leva la jambe. Lorsque son pied émergea de l'eau, tous pu voir qu'un crabe, s'était attaqué à l'un de ses orteils et s'y accrochait vigoureusement.

« Du sang froid ! Du sang froid ! » Cria son compère, tandis que Milou se mit à aboyer contre le crustacé.

- Ne bougez pas ! » lui ordonna Cannelle en s'approchant pour l'aider.

Malheureusement, tout à sa panique et sa douleur, le policier le repoussa et la fit tomber. La jeune femme se retrouva alors trempée jusqu'aux épaules.

« Cannelle ! cria Tintin à se précipitant à son secoure tandis que Dupond secouait désespérément la jambe pour décrocher l'agresseur, sous le regard atterré de Haddock.

- Tiens bon, j'arrive ! » lança finalement Dupont

Puis levant sa canne, il visa le crustacé.

« Attention ! »

Et l'abaissa soudainement. Ors, comme sentant le coup venir, le crabe relâcha miraculeusement sa prise, au plus grand soulagement de sa victime, mais qui déchanta aussitôt, lorsque la canne de son acolyte lui heurta à la place, les orteils.

« AHOU !

- Désolé ! Blêmit Dupont.

- Tonner de Brest, un voila un qui est estropié à présent ! jura Haddock. Ne pouviez-vous pas faire attention... ?

- C'est que…. » commença Dupont avec embarras.

Il jeta un regard inquiet à son collègue, et voyant que Dupond se retenait de pleurer de douleur, il se reprit.

- Enfin, nous en voila débarrassés ! se reprit-il.

- Oui, renchérit douloureusement Dupond. Les crustacés n'auront qu'a bien se tenir, mais Dupont….

- Oui ?

- La prochaine fois, vise !

- Ne t'en fais pas ! le rassura le policier Je te promets que la prochaine fois, ce crabe ne reviendra même pas d'embêter. Je suis sûre qu'avec tes cris, tu l'as effrayé pour de bon… »

De son coté, Tintin aida Cannelle à se redresser. La jeune femme avait la chemise trempée et apercevant en transparence la petite poitrine de la jeune femme, Tintin, détourna aussitôt le regard, les joues subitement écrevisse. Cependant Cannelle n'en prit pas ombrage, riant au contraire doucement, plus amusée de la situation que réellement choquée de la situation.

«- Hé bien, déclara-t-elle, je ne pensais pas finir à l'eau si rapidement…. »

A ces mots, Tintin sourit, plus détendu, puis aida la jeune femme à monter dans l'embarcation, qui une fois à bord, s'installa entre les Dupont et Dupond. Ce dernier s'excusa aussitôt de l'avoir repoussée, mais Cannelle secoua la tête en souriant. Puis voyant le regard désapprobateur du Capitaine fixé non sans insistance sur sa chemise, elle croisa alors pudiquement les bras. Celui-ci hocha brièvement la tête, puis se tourna finalement en direction des deux policiers.

« Bon ! Déclara-t-il en fusillant tour à tour du regard, maintenant que tout s'est arrangé, peut-t-on partir et rejoindre le bateau ?

- Mais très certainement Capitaine ! » Répondirent les concernés, qui se mirent aussitôt à ramer.

Puis les entendant se mettre à siffloter gaiement, mettant fin à cet épisode pour le moins coquasse, le petit groupe retrouva sa légèreté d'humeur, chacun observant l'île d'un air soit particulièrement enjoué, soit avec rêverie. Toutefois, avisant la mine songeuse de Haddock en dépit de l'heureuse trouvaille, qui trônait derrière lui, Cannelle fronça les sourcils.

« Quelque chose ne va pas, capitaine ? » demanda-t-elle.

Surpris, le vieux marin la dévisagea une bièvre seconde, puis se renfrogna.

« Autant chercher une aiguille dans une botte de foin, lui répondit-t-il néanmoins. Le reste du trésor est surement enfouit quelque part sur l'île, mais où ?

- Voyons nous venons à peine de découvrir l'île! s'exclama la jeune femme, un léger sourire au coin des lèvres. Il nous faut du temps pour la ratisser toute entière! Et puis votre ancêtre à très...

- Non, je ne pense pas que le chevalier de Haddock ait laissé quoique ce soit d'autre sur l'île, l'interrompit doucement Tintin en fronçant les sourcils. Comme nous le pensions, le reste du trésor est très certainement au fond de l'eau dans l'épave de la licorne !

- Si c'est le cas, je suppose que vous avez prévu des tenues de plongée alors ? demanda Cannelle.

- Exacte, affirma Tintin. Nous avons acheté à Brest un scaphandre ainsi que tout l'équipement nécessaire à plongée...»

Puis se rappelant que la jeune femme était adepte de plongée en apnée depuis sa plus tendre enfance, le reporter ajouta, malicieux:

- Mais je suppose que tout cela vous paraît obsolète n'est ce pas ?

- Pas vraiment, s'amusa Cannelle. Je ne suis pas non plus un poisson dans l'eau ! Il faut voir où est ce que l'épave s'est échouée. Si c'est dans le lagon et qu'il n'y a pas plus de 6 ou 7 mètres, alors oui, à la limite ce serait dans mes capacités. Mais pas en pleine mer, cela m'est impossible...d'autant plus qu'avec les courants, qui sait si l'épave n'a pas été disloquée au fil du temps ?

- C'est effectivement une question à se poser, remarqua Tintin dans un froncement de sourcils. Qu'en pensez-vous capitaine ? Croyez vous que la Licorne soit dans le lagon ou bien en pleine mer ?

- ça, je l'ignore, soupira songeusement Hadock. Mon ancêtre nous a laissé pour seul coordonnés ceux de l'île. A nous d'inspecter les alentours...»

Puis plongeant une main dans l'eau, il laissa son regard dériver sur la surface miroitante du lagon.

« Un soir, t'en souvient-il ? Cita-t-il subitement, s'attirant le regard intrigué de Cannelle. Nous voguions en silence. On entendait au loin, sur l'onde et dans les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence les flots harmonieux…

- Alfonse de Larmatine ? demanda Cannelle.

- Vous connaissez ces vers ? » s'étonna Haddock.

La jeune femme sourit, puis cita à son tour:

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos:
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

«O temps! suspends ton vol, et vous, heures propices
Suspendez votre cours:
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours!

- Capitaine, attention ! cria soudainement Tintin. Un requin !

- Quoi ?! » s'écria Hadock.

A peine eut-il le temps de retirer sa main de l'eau, qu'une bouche immense et remplie de dents perça la surface.

« Tonner de Brest !» cria le marin. Puis en voyant le corps longiligne retomber sur les flots, il ajouta : « Il a faillit m'emporter la main ! »

Le groupe observa alors les alentours.

« Là, capitaine ! s'exclama soudainement Dupond. Encore un !...et là, encore un autre !

- Passez-moi la carabine ! Grommela en réponse Haddock. Je m'en vais leur dire deux mots, à ces brutes !...

- Je ne suis pas sûre que cela soit réellement une bonne idée », nota Canelle en observant d'un œil désapprobateur Tintin tendre la carabine au capitaine, qui s'empressa de mettre en joue l'aileron le plus proche.

Mais Haddock n'en eut cure. Après quelques secondes de concentration, il fit feu. Le tir fit mouche, mais à la stupéfaction de tous, la balle ricocha dans un bruit curieusement métallique.

« Mais qu'est ce que…. »

La chose perça la surface. Et à la surprise générale, tous virent alors le professeur Tournesol dans son étrange machine.

« Un sous marin ? » s'étonna Cannelle en se tournant vers Tintin.

Ce dernier hocha la tête, dubitatif.

« Oui, et il semblerait finalement que l'appareil de Monsieur Tournesol pourrait s'avérer fort utile ! »

Et comme pour approuver ses dires, le professeur Tournesol ouvrit le cockpit de son sous-marin, les saluant de son chapeau melon.

« Hello ! »


Le lendemain…

« Vous êtes sûr de vouloir y aller ? » s'inquiéta Cannelle.

Suspendu à une grue mécanique, Tintin, confortablement installé dans l'appareil sous-marin en forme de squale avec Milou, hocha la tête.

« Certain ! répondit le jeune reporter. Il s'agit de la meilleure solution que nous avons pour explorer les alentours de l'île !

- Tintin à raison, approuva Haddock. Utiliser le scaphandre nous prendrait trop de temps… »

A ces dires, la jeune femme fronça les sourcils. Non pas qu'elle doutait de l'efficacité de la méthode, mais la machine lui semblait plutôt, avant-gardiste. Et si jamais Tintin avait un incident quelque conque et ne pouvait remonter ?

« Ne vous en faites pas ! Tout se passera bien ! La rassura le jeune homme dans un sourire. De plus, le professeur Tournesol m'a clairement expliqué le fonctionnement de l'appareil ! Tout ira bien !

- Halte !... Halte ! Une seconde !...! » Cria le professeur en question, qui les rejoignit en courant.

Puis s'arrêtant à leurs hauteur, le professeur reprit :

« J'ai oublié de vous dire quelque chose….Lorsque vous aurez découvert l'épave, pressez le petit bouton rouge, placé à gauche du tableau de bord. Vous libérerez ainsi une petite boîte fixée sous l'appareil et remplie d'un produit qui, au contact de l'eau, dégagera une épaisse fumée, nous indiquant l'endroit où se trouve l'épave…

- Le petit bouton rouge ? » fit Tintin en scrutant le tableau de bord.

Puis le voyant il hocha la tête.

« Très bien !

- Non, rouge… ! répéta Tournesol. Le petit bouton rouge ! C'est cela, oui ! Et n'oubliez pas de vérifier vos réserves d'oxygène !

- On compte sur vous, Tintin ! le pressa Haddock. Et bonne chance !

- Oui ! approuva le jeune homme. Trésor de Rackham le rouge, nous voila ! »

Et sur ces paroles, Tintin referma le cockpit. Après manipulation, l'appareil fut à flot. Un dernier signe de main, et tous purent voir le sous-marin disparaître sous la surface.

« Ça y est : il a plongé… » Soupira Haddock.


Pour finir sur ce chapitre, je tiens à m'exprimer sur ce qui s'est passé ce Vendredi 13 Novembre 2015;

Ce qui s'est passé, est à marqué d'une pierre noir, ce jour où tant d'hommes et de femmes sont décédés sous les balles au nom de l'imbécillité humaine et de la barbarie. Je suis indignée, en colère et surtout très triste. Mes premières pensées vont aux familles.

Le reste, ne fait que me conforter dans notre combat en tant que citoyenne, contre ces êtres qui ne sont même pas dignes de porter le genre humain. Ces êtres qui pensent qu'être libre et que de vivre sa vie dans le respect, la fraternité et l'égalité, est un blasphème. Ces êtres qui n'aiment pas la vie, et qui ne la méritent tout simplement pas.

Alors au nom de toutes ces victimes, vivons !

Et Montrons que nous n'avons pas peur ! Que nous sommes libres et que nous nous battrons, chaque jour, au quotidien, car il s'agit d'un combat de tout les instants, pour préserver notre liberté et notre intégrité, homme ou femme, ainsi que nos valeurs républicaines et démocratique. Faire preuve de civisme pour lutter contre tous ceux qui veulent nous plonger dans l'obscurantisme, et nous empêcher d'aimer la musique, la littérature, le dessin, et échanger autour d'un verre d'alcool, de préférence du vin, ce dernier accompagné par quelques rondelles de saucissons ! :p

Contre intolérance et la haine, tout simplement.

Se battre par amour de la vie, pour préserver l'amour ET la vie.

Merci à tous.

Lisa.