Bonjour/Bonsoir !

Merci à la jeune fille ainsi qu'à ce jeune homme, rencontré en vacances, qui m'ont inspirée toute cette histoire

Les titres de mes parties s'inspirent des paroles de la chanson de Julien Doré, Paris-Seychelles qui est aussi le titre de cette fanfiction. Je ne possède pas la saga Harry Potter, ni les personnages.

Pour les besoins de ma fiction, Harry a 21 ans et Draco 18. Et peut-être qu'ils sont un peu OOC... (enfin, les Dursley sont gentils et j'ai transformé Harry en un geek tout mignon (vous voyez le geek dans SLG ? Voila!)) Et exceptionnellement, aujourd'hui, je publie le mardi parce que demain, j'aurais pas le temps et que je trépigne d'impatience de vous mettre la suite !

J'ai 3 fins alternatives à vous proposer, celle-là est la première !

(Désolée pour la mise en page un peu "brouillon" aujourd'hui)


Petite appartée : Je voudrais vous remercier : même si vous êtes des lectrices invisibles, ben ça me fait plaisir d'écrire ça pour vous et j'espère que mon histoire vous plait. Et on se connaît pas, on se parlera sans doute jamais et p'têtre que vous m'oublierez quand je quitterais ce site, mais j'espère que vous allez bien, que votre famille, vos proches aussi avec ce qu'il s'est passé le 13 novembre...

"Tout ce qui vit meurt un jour.
Que nous soyons prêt à mourir ou non,
Ce jour va inéluctablement arriver.
(...) Les larmes, la colère, la pitié, la cruauté,
La paix, le chaos, la croyance, la trahison,
(...) Nul ne doit obstinément être privé de sa vie."

Traduction de Vogel Im Käfig par Cyua. C'est tout ce que j'ai à dire.


Bonne lecture, enjoy :)


Partie 4.1 - Le temps que l'eau se pose sur nos ronces lilas


J'avais oublié de mettre ce passage dans le chapitre dernier, quand Harry et Draco se rencontrent. J'étais morte de rire en l'écrivant XD

"Peut-être avait-il un mono sourcil ? S'affola Harry. Non, cette chose-là était interdite depuis 2010, il n'avait pas de souci (de sourcils, hahaha) à se faire de ce côté-là."

Oui, j'ai un humour à un niveau négatif...


« J'essaie d'être plus qu'un ami pour toi

Car tu es encore plus [beau] que sur les photos

(…) Je n'ai confiance qu'en toi, qu'en toi »

Traduction de Th Hills de The Weeknd.

xxx

« Souviens toi de moi, du mieux que tu le peux

Ne m'oublie pas, ne m'oublie pas
Ne m'oublie pas, ne m'oublie pas

Je suis paralysé par l'idée d'avoir changé
Dans un paradis où je ne peux rien changer.
Alors s'il te plaît souviens toi de moi »

Traduction de Unravel, de Ling Tosite Sigure *keur*


La petite musique d'ambiance : Synthetic Epiphany feat. CoMa - Inhale


Il se rappelait encore de la première fois où ils s'était appelés, ça avait été intimidant mais tellement... intense, du moins du côté du brun. Comment un gosse arrivait à le mettre dans cet état fébrile ? Il se trouvait débile.

Il avait proposé à Draco qu'il se téléphone sur un coup de tête, sans espoir de réussite et pourtant, le blond avait accepté. Harry s'était fait prendre à son propre jeu. Son cœur s'arrêta un instant quand il vit le numéro de son ami s'afficher sur l'écran de son smartphone. Il était obligé de décrocher. Les doigts tremblants, le jeune homme fit glisser le petit combiné vers la droite et colla le téléphone contre son oreille.

« Allô ? »

Sa voix tremblait, lui qui voulait paraître assuré, c'était raté.

« Ravi d'entendre ta voix, Harry. »

Ledit jeune homme étouffa un soupir en entendant la voix chaude de Draco contre son oreille. Il se sentait comme un adolescent en fleur, son cœur battait toujours la chamade et il ne savait pas quoi dire.

« Tu parles plus ? »

En vérité, il aurait voulu rester toute l'éternité à écouter cette voix contre son oreille.

« N-Non ! Désolé, je... c'est que ça me fait bizarre haha !

- Quoi ? Je te fais tant d'effet que ça ? »

Le ton était moqueur mais Harry espérait qu'il le taquinait, il avait toujours du mal à savoir si c'était du lard ou du cochon.

« C'est juste que c'est bizarre, » répéta Harry.

Mais il était tellement heureux.

« C'est toi qui a demandé qu'on s'appelle, t'es drôle.

- Arrête de te moquer de moi !

- Qui aime bien chât-ie (1) bien. »

Harry se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux, son cœur accéléra encore. Était-ce une déclaration cachée ou était-ce dit en toute amitié ? Une amorce de drague ? Il était perdu.

« Et-et sinon, ça va bien ?

- Oui, je vais bien, Harry – bordel, qu'il arrête de répéter son prénom de cette manière ou son cœur allait s'arrêter sous l'afflux sanguin – et toi ?

- Je vais b-bien aussi !

- Cool. »

Harry sentit un sourire dans la voix de son ami, il aurait tout donné pour le voir en vrai. Le silence s'installait, il ne voulait pas que Draco raccroche, il voulait l'entendre parler encore et encore, sa voix était si belle. Alors, il se mit à raconter des bêtises pour le faire rire, à raconter des âneries pour qu'il lui réponde et à lui raconter sa vie afin que son ami parle de la sienne. Peine perdue, le blond restait discret mais Harry l'avait au moins entendu rire et leur conversation durait déjà depuis vingt minutes.

Quand il raccrochèrent, le cœur du brun battait toujours follement mais peu importe, il était heureux, il n'y avait que ça qui comptait. Il aurait pu parler de ce sentiment bizarre qui l'envahissait chaque fois qu'il recevait un de ses messages, ou en entendant sa voix, mais il avait préféré se taire.

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Harry soupira en jetant un millième coup d'œil à son téléphone. Il attendait un message de Draco. Il voulait tellement le revoir... Il n'osait pas faire le premier pas. Mais après tout, c'était normal de ne pas se voir tous les jours quand on était amis... Harry gémit en se rappelant son rêve, en prenant conscience de ses sentiments : il était foutrement amoureux de Draco, l'amitié avait cédé la place à un autre sentiment depuis bien longtemps après qu'il ait continué à se voiler la face.

Non, en réalité, il était tombé amoureux dès la première histoire, dès le premier message. Il avait eu beau renier et dissimuler ses sentiments sous une amitié particulière, le résultat était là : Harry était foutu.

Nouveau coup d'œil, toujours rien de nouveau. Théoriquement, si Draco écrivait des histoires gays, les chances qu'il le soit étaient plus élevées. N'est-ce pas ? Enfin, ça paraissait logique. Et si Draco aimait les garçons, comment savoir s'il était intéressé par Harry, comment le faire tomber amoureux ? Harry soupira une nouvelle fois et enfouit sa tête sous l'oreiller, toute cette histoire était merdique. Si seulement, son cœur d'artichaut ne s'en était pas mêlé !

Un vibration le fit se redresser d'un coup sur son lit. Un SMS de Draco. Son cœur se mit à galoper dans sa poitrine tandis qu'un énorme sourire étirait ses lèvres. « Ça te dit qu'on se voit aujourd'hui ? Je connais un endroit sympa ». Oh, Merlin, merci.

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Trois quart d'heure plus tard, Harry était lavé, rasé, habillé, parfumé et tout frais. La décence l'empêchait se sautiller sur place, bordel qu'il était heureux de le revoir. D'ailleurs, il l'apercevait au loin. Celui-ci marchait vers Harry, d'un pas tranquille et le nez levé vers le ciel. Le cœur du brun recommença ses battements effrénés, tandis qu'un doux sentiment se déversait en lui. Finalement, être amoureux avait de bons côtés, il se sentait si... apaisé, juste heureux de la présence de son ami. Tant pis si ça n'était pas réciproque.

« Salut. »

Harry avait du mal à contenir son gigantesque sourire niais, il espérait que Draco ne le remarque pas.

« Salut. »

Son cœur battait vraiment trop fort, ses joues le cuisaient, tout son corps s'échauffait.

« J'espère que t'as bien dormi, je vais te faire marcher mais la vue en vaut le coup ! »

Le jeune homme repensa à son rêve de la nuit dernière, et il rougit encore si c'était possible. Draco lui avait précisé qu'il devait prendre des chaussures adaptées pour la marche, et pas des chaussures de ville, néanmoins, il avait quand même espéré se tromper : il allait cracher ses poumons durant toute la randonnée.

« Allez, viens j't'emmène. » (2)

Le blond sortit ses clefs de sa moto et les phares s'allumèrent un instant. Il sortit un casque de son petit coffre et le tendit à Harry, qui le regarda comme une chose curieuse. Le temps de relever les yeux, Draco était à côté de lui, prit son casque de ses mains et lui enfila sur la tête assez brusquement.

« J'espère ne pas t'avoir fait mal, c'est juste qu'il faut le mettre d'un coup sec, rajouta t-il en rabattant la visière d'un doigt.

Il mit son casque et enfourcha la bécane. Harry se plaça derrière lui, troublé. Il était si près de Draco, il lui suffirait de se pencher juste un tout petit peu et ses lèvres seraient dans la nuque du blond... D'ailleurs, où devait-il se tenir ?

« Tu peux te tenir à moi si tu veux, » lui dit Draco d'une voix étouffée, usant son don pour la télépathie.

Heureusement qu'il n'entendait que les pensées « convenables » de Harry. Le brun entoura la taille du blond et posa son menton contre son blouson en cuir. Il espérait que les épaisseurs de vêtements masqueraient les battements fous de son cœur, et il bénissait le casque de cacher son visage rouge pivoine.

Draco démarra, sa moto fit un bruit d'enfer, Harry se rapprocha encore plus de lui tant qu'il en avait l'occasion.

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« Je vais te niquer, je vais vraiment te niquer, » s'emporta Harry en enlevant son tee-shirt, avant de rougir violemment et de plaquer ses deux mains sur sa bouche.

Draco eut un sourire espiègle.

« Essaie un peu pour voir. »

Harry rentra le premier dans l'eau. Sans doute qu'en temps normal, elle lui aurait parut glacée mais en cet instant, elle avait la température idéale. Draco et sa balade l'avait achevé ! Quelle idée de crapahuter sur 2 kilomètres de montées ? Cela lui avait rappelé la randonnée qu'il avait faite quelques jours plus tôt, à la différence que celle-ci avait été vraiment éprouvante et horrible. Avec Draco, tout semblait plus doux. En plus, la vue valait vraiment la peine : le lac qui s'offrait devant eux était coincé entre deux montages, l'endroit était désert de toute âme humaine.

Le brun se renversa en arrière, dans le haut du corps allongé dans l'herbe et les jambes dans l'eau. Sa température corporelle ne voulait pas redescendre. Draco qui bataillait contre les boutons de son jean, torse nu, n'aidait sûrement pas.

Il se perdit dans la contemplation du ciel, d'un bleu pur comme les yeux de Draco. Il ne lui restait plus qu'un jours à la montagne. Un jour pour faire comprendre à Draco ses sentiments.

Une gerbe d'eau atterrissant sur son visage le fit sursauter. Son ami se tenait devant lui, entre ses jambes, et tout fier de sa blague.

« T'es pas drôle ! Viens dans l'eau avec moi ! »

Harry se redressa sur un coude et du pied, envoya de l'eau sur le blond.

« Pas envie, elle est froide. »

Draco plissa des yeux et un énorme sourire s'étala sur ses lèvres. Le brun le trouva adorable, et son cœur se remit à battre plus fort. Il luttait contre l'envie de l'enlacer et de l'embrasser, de sentir la chaleur et sa peau et la dureté de ses abdominaux, de caresser les cheveux pâles et d'effleurer ses lèvres si chastes. Comment un gosse pouvait le rendre aussi fou ?

Le blond le tira par les pieds, les tentatives de Harry de s'accrocher à l'herbe furent vaines : il finit quand même à l'eau. Le changement de température lui fit claquer des dents et hérissa ses poils sur ses bras.

« Je te dé-déteste ! bafouilla t-il en frottant ses mains l'une contre l'autre. Elle est glacée !

- Je peux te réchauffer ?

- Quoi ?! »

Draco s'approcha de lui, passa ses mains autour de son cou et le colla contre lui. Harry resta figé, le nez dans son cou. Il priait tous les saints du ciel que Draco ne sente pas son rythme cardiaque qui jouait un solo de batterie. Malgré sa peau mouillée, une douce chaleur l'envahit.

« Ça va mieux ?

- O-oui. »

Était-ce son cœur ou celui de son ami qui battait si fort ? Harry ferma les yeux et posa ses mains bien haut sur les hanches du blond, sa peau semblait si chaude sous ses paumes et son odeur enivrait Harry. Peut-être avait-il ses chances, tout compte fait.

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Quand ils rentrèrent, la nuit était déjà tombée. Harry s'accrochait de toute son âme au blouson de son ami, il tenait à profiter des derniers moments qu'il lui restait. Il avait proposé à Draco de boire un verre dans son centre de vacances, alors il avait encore quelques instants de plus avec lui. Quelques instants de plus pour lui faire sa déclaration. Son ventre se tordit à cette pensée.

Draco se gara près d'une voiture familiale grise, Harry descendit le premier et enleva son casque. L'électricité statique lui dressait les cheveux sur la tête, Draco se moqua gentiment, ses cheveux à lui étaient impeccable, comme toujours.

« On prends l'ascenseur, hein, dit Harry, j'ai pas le courage pour monter trois étages. »

Draco lui fit signe que c'était ok, tout en baillant. Heureusement pour le brun, personne ne se trouvait dans leur appartement provisoire. Il s'affala en travers du lit et enleva ses chaussures.

« J'ai plus d'énergie, putain ! »

Ses paupières se fermaient lentement, il tentait de lutter contre Morphée cependant son appel l'attirait irrésistiblement. Il ne devait pas dormir, il devait dire à Draco...

« J'peux me doucher ?

- Hein ? »

Il rouvrit un œil. Draco lui sourit, Harry rougit. Il le prenait sûrement pour un débile vu le nombre de fois où il avait dû se réexpliquer.

« Est-ce que je peux me doucher ? Je déteste cette odeur de transpiration.

- Ah, euh, oui vas-y. Tu peux prendre ma serviette, c'est la rouge.

- Super. »

Debout au milieu de la pièce, le blond enleva son blouson, son pull ainsi que son tee-shirt avant de s'attaquer à sa ceinture. Harry le regarda quelques secondes, éberlué, avant de s'écrier, le visage écarlate :

« Mais qu'est-ce que tu fais ?

- Oh ! Désolé, j'ai la mauvaise habitude de me mettre à poil avant d'aller à la douche, peu importe la pièce.

- Putain, fais ça ailleurs !

- Tu veux pas voir mon corps d'Apollon ? »

La moue boudeuse ainsi que le pantalon glissant sur les jambes blanches acheva Harry, qui se laissa retomber sur le lit, les bras en croix.

« Comment un gosse peut-il me faire cet effet ? marmonna t-il pour lui-même.

- Quoi ? demanda Draco enfin dans la salle de bain – et sûrement nu.

- Rien rien. »

Il entendit l'eau couler. La pensée que Draco allait utiliser sa serviette, y mettre son odeur, émut Harry. Il repensait encore à son strip-tease imprévu, à la façon qu'il avait de sourire... Brusquement, Harry se roula en boule sur le lit, la tristesse l'envahit : Draco allait le quitter dans quelques heures. Ils ne se reverraient quand dans longtemps et, sans doute, jamais si les sentiments de Harry n'étaient pas partagés. Il bailla jusqu'à avoir des des larmes dans les yeux et mit en position fœtale. L'eau coulait toujours à la salle de bain, si Draco prenait son temps, peut-être qu'il avait le temps de dormir un peu, juste un petit peu, histoire de récupérer de son après-midi sportif...

« Oh. Oh, la belle au bois dormant ? Eh, Harry réveille-toi. »

Ladite belle au bois dormant ouvrit un œil, puis l'autre, sans comprendre ce qu'il se passait. Il chercha ses lunettes près de l'oreiller et gémit en regardant sa montre. Il avait dormi près de trois quart d'heures.

« Je suis désolé, Draco, » fit-il d'une voix pâteuse en attrapant la bouteille d'eau au pied de son lit. L'eau fraîche lui fit du bien, il colla la bouteille contre sa joue pour se réveiller. « J'étais trop fatigué mais j'pensais pas m'endormir.

- T'inquiètes pas, je comprends. »

Draco passa une main dans ses cheveux mouillés, les ramenant en arrière. Était-il humainement possible d'être aussi mignon ? Il était assis sur le lit, et regardait Harry d'un air bienveillant.

« T'as fini ta douche depuis longtemps ?

- Une dizaine de minutes. Bon, on va le boire ce verre ?

- Oui ! »

Harry se redressa brusquement et la tête lui tourna, il retomba aussi sec sur le lit en gémissant. Draco attendit qu'il aille mieux, en enfilant un tee-shirt, puis ils sortirent de l'appartement. Le point rencontre était désert, Harry était heureux : ils auraient plus de temps ensemble, et il lui dirait... Ils commandèrent des coca et s'assirent à un table dans un coin de la pièce.

Les battements du cœur de Harry remplissaient ses oreilles, toutes ses pensées lui donnaient le tournis. Il fallait qu'il le dise ou qu'il fasse comprendre à Draco qu'il l'appréciait fortement. Le serveur leur apporta leur boissons et ils burent la moitié de leur verre en silence. Il fallait vraiment qu'il lui dise ou qu'il lui fasse comprendre ses sentiments – peut-être en l'embrassant ?

Harry ressassait ses pensées, le regard dans le vide. En réalité, il était terrifié à l'idée de perdre son ami, il se fichait que Draco ne ressente rien pour lui, le fait de le perdre serait le plus atroce. Que faire ? Resteraient-ils amis malgré la distance, se reverraient-ils ?

Le brun voulait écouter son cœur qui lui hurlait d'embrasser le blond, cependant son cerveau le freinait : son amitié était plus forte que ses pulsions, ses sentiments lui passerait : l'amitié durerait plus longtemps, tandis que son corps restait pétrifié. Merde, merde, merde, quelle merde ! Draco, lis dans mes pensées comme tu le fais si bien, embrasse-moi par pitié.

Il releva les yeux vers Draco qui sirotait son coca d'un air tranquille.

« Draco ?

- Oui ? »

Celui-ci leva la tête et lui sourit, le cœur de Harry se serra. Embrasse-moi, j'ai envie de t'embrasser. C'était terrible.

« Je-je suis... heureux de t'avoir... r-rencontré. »

Les mots sortaient avec difficulté, il avait envie de rire et de pleurer, il voulait que ce moment dure pour toujours.

« Moi aussi, Harry.

- On se reverra... hein ? »

Il se sentait comme un petit garçon qui avait peur du noir, qui priait son parent de ne pas l'abandonner. J'ai envie de t'embrasser.

« J'espère. »

Les minutes s'étiraient, leurs verres étaient bientôt vides et Harry avait envie de s'enterrer au fond d'un trou.

« J'vais devoir rentrer chez moi, » annonça Draco, en passant sa main dans ses cheveux.

Le cœur de Harry se brisa et il lutta contre ses larmes. J'ai envie de t'embrasser. Les mots ne voulaient pas sortir, se bloquaient dans sa gorge et l'étouffaient. Il voulait le supplier de rester avec lui, encore un instant ou bien pour l'éternité.

Draco se leva, son verre vide. Harry sera les poings et finit le sien d'une traite. Il se surprit à penser avec son côté alcoolique et à souhaiter que le liquide soit un shoot de whisky pour lui donner du courage.

« Je te raccompagne, déclara Harry, la voix chevrotante.

- Pas de souci, » sourit Draco et le brun eut à nouveau envie de fondre en larmes.

Les quelques mètres jusqu'à la moto du blond se firent en silence. La gorge serrée de Harry lui donnait de la difficulté à respirer, son corps entier tremblait. Draco attrapa son casque et le mit sous son bras, il se rapprocha de Harry.

« Au revoir. »

La vision du brun se brouilla, il luttait contre ses larmes, contre l'envie d'enlacer Draco de toute son âme, de l'embrasser. Mais la terreur de perdre son amitié, de se faire rejeter le bloquait complètement. La différence d'âge le refroidissait aussi quelques peu : Draco était à peine majeur, encore étudiant, il vivait chez ses parents à 300 kilomètres de chez Harry, tandis que celui-ci travaillait déjà, avait son indépendance mais n'avait pas le permis, à la différence de son ami.

Intérieurement, il se repassait tous leurs moments, à la recherche d'un indice qui signalerait une quelconque attirance qu'aurait Draco pour Harry mais ses pensées étaient trop embrouillées.

« Au revoir. »

Draco se rapprocha de lui, son odeur envahit les sens de Harry et il respira à plein poumons, afin de garder en mémoire son parfum. Il posa sa main sur l'épaule du blond, lui qui détestait toucher d'autres personnes. Draco frôla sa barbe naissante deux fois et se recula. Harry sentait un poids peser dans sa poitrine, il était désespéré : son corps ne lui répondait, sa bouche refusait d'articuler la phrase magique « Puis-je t'embrasser ? » et de s'avancer vers son ami. Il voulait se gifler et se rouler par terre, hurler et trépigner. Si seulement, Draco pouvait lire dans ses pensées ou comprendre ce qu'il voulait lui faire passer dans son regard.

Pourtant, même après leurs « au revoir », ils restèrent longuement à se dévisager sans mot dire, sans rien faire.

Finalement, Draco détourna les yeux, Harry se remit à respirer et son envie de pleurer revint brutalement. Le blond enfila son casque et enfourcha sa moto. Le moteur fit un bruit d'enfer en démarrant et il fit un signe de la main à Harry. Celui-ci lui répondit, un pâle sourire aux lèvres.

La première larme du brun coula quand Draco rabattit sa visière, la deuxième quand son pied quitta le sol, la troisième quand il commença à avancer lentement la sortie et son barrage céda quand la moto disparu dans la nuit.

Fin, numéro 1 !


1 C'est pas une faute, c'est une dédicace !

2 « Allez, viens, je t'emmène au veeent, je t'emmène au dessus et des chaaaaamps et je voudrais que tu te rappelle notre amour est ééééternel lalalala »


C'est très largement inspirée de la Princesse de Clèves : en gros, cette mademoiselle est amoureuse du Duc de Nemours, qui l'aime aussi. Le problème : Madame de Clèves à un mari ! Mais quand celui-ci meurt, elle refuse de se marier avec le Duc de Nemours, alors qu'elle pourrait, car elle aime l'amour qu'elle porte au Duc, elle aime l'image qu'elle a de lui (et si elle se donnait au DdeN, ben ça serait un roman "normal"), du coup elle ne déclara pas ses sentiments au DdeN et préfère entretenir sa passion de son côté : son amour pour lui reste intact et pur, elle reste fidèle à ses codes moraux, et le DdeN l'aimera toujours car elle ne lui aura pas cédé.

Je suis nulle pour les explications, mais c'est un peu le cas de Harry qui, 1) est peureux et n'ose pas de déclarer et 2) préfère aimer l'amour qu'il a pour Draco et rêver de qqch plutôt que se déclarer et vivre quelque chose de réel. Dans son esprit, il aura toujours le doute "Est-ce que Draco l'aime/l'a aimé". Vous voyez ce que je veux dire ? Je sais que je m'exprime un peu mal mais je fais au mieux XD (et à l'oral, c'est pire haha)

A mardi ou mercredi prochain, prenez soin de vous et couvrez vous bien, fait froid dehors !