Alors qu'Elena s'apprêtait également à rejoindre sa salle de cours, un hurlement provenant des couloirs la fit sursauter.

Une nouvelle attaque venait de se produire et Peeves, l'esprit frappeur de Poudlard, annonçait à sa façon la triste nouvelle.

La jeune femme eut du mal à rejoindre le lieu du drame, cela nécessitant de se frayer un passage entre les élèves qui se trouvaient sur son chemin.

La vue de Nick quasi-sans tête flottant au dessus du corps de Finch lui arracha une grimace.

Mais elle ne fut qu'à moitié surprise de découvrir Harry à proximité.

MacGonagall essayait de contenir les élèves affolés et en même temps de faire taire Peeves qui caquetait de plus belle sur la culpabilité d'Harry.

- Ah, Elena, s'il-vous-plaît, débarrassez-nous de ce mauvais Esprit, il est insupportable ! Je m'occupe du reste.

Tandis que Minerva distribuait ses ordres aux autres professeurs, Elena, après un dernier regard à la scène et à Harry encore stupéfait, fit signe à l'esprit frappeur de la suivre.

De mauvaise grâce, Peeves s'élança derrière elle en faisant des cabrioles, les derniers évènements le rendaient fou de joie. Il tenta d'accompagner sa danse d'une chanson de son cru, mais le regard glacial d'Elena le fit taire dans la seconde.

L'air boudeur, il stoppa ses simagrées :

- Peeves n'a pas l'habitude qu'on lui donne des ordres !

- Oh, mais je ne t'ai donné aucun ordre, tu es libre de partir.

- MacGonagall vous a dit de vous occuper de Peeves.

- Crois-tu vraiment que j'ai du temps à perdre ?

- La directrice de Gryffondor est une sorcière puissante.

- Je ne la crains pas.

- Mais si vous ne vous occupez pas de Peeves, elle le répétera à Dumbledore…

- Grand bien lui fasse !

- Vous devez vous occuper de Peeves !

- Et que suis-je sensée te faire : Te ligoter ? Te bâillonner ? Te suspendre par tes petits pieds fourchus ?

- Vous ne sauriez pas faire ça à Peeves !

- Tu crois vraiment, tu veux qu'on essaye ? Comme je te l'ai dit, je n'ai pas le temps, j'irai au plus court, je te ferai disparaître !

- Peeves ne peut disparaître, affirma-t-il

- C'est curieux, j'ai justement lu quelque chose à ce sujet au début de l'année… Je crois que les moldus appellent cela, pratiquer une exorcisation, j'ai gardé la formule…

- Peeves ne vous croit pas ! Aucun sorcier ne sait plus faire ça, mais dans ses yeux, Elena pouvait lire la crainte.

Lui tournant le dos, elle conclut par : - Je ne pense pas qu'il soit souhaitable pour Peeves de tenter Morgane !

L'esprit frappeur, n'avait pourtant pas dit son dernier mot et alors qu'Elena commençait à monter les escaliers vers le bureau du Directeur, il la rattrapa.

- Peeves sait des choses, car Peeves est malin.

- Tu essaies de gagner mes faveurs, mais je ne suis pas le Baron Sanglant.

- Chuttt, il risque de nous entendre. Hésitant, il ajouta : Peeves sait ce qui se cache entre les murs et Peeves sait que vous le cherchez, dit-il d'un ton triomphant.

Elena continuait à gravir les marches vers le deuxième étage.

- Tu sais que je cherche le serpent, et alors ?

La mine abasourdie du malfaisant fit sourire Elena.

- Peeves sait aussi que les araignées ont peur.

- A la vitesse où elles décampent du château, tu ne m'apprends rien !

Franchement dépité il ajouta : Peeves sait que…

- Si c'est encore pour me dire ce que je sais déjà, Peeves ferait bien de se taire avant qu'il ne m'agace vraiment !

- Jedusor !

- Jedusor, autrement dit Voldemort est derrière tout ça, nous le savons aussi ! Si tu veux vraiment te rendre utile vilain petit bonhomme, trouve moi plutôt par qui Jedusor est passé pour ouvrir la chambre des secrets et libérer le serpent ! Et peut-être que j'oublierai de communiquer à Dumbledore la formule pour te faire disparaître !

Ils étaient arrivés devant la gargouille et Elena donna le mot de passe.

- Peeves va chercher…

- Bien ! Je te laisse, tu sais comment me trouver.

Dumbledore était en train de converser avec Harry.

- Entrez Miss Graves, je suppose que vous êtes venus me dire que ce jeune homme n'est pas coupable.

- Il pourrait difficilement l'être, puisqu'il était avec moi !

- Parfait, mais de toutes façons, je viens de le rassurer sur ce point. Harry, nous avons terminé je pense, vous pouvez retourner en classe.

- Au revoir, professeurs.

Un même sourire salua son départ.

- Quelque chose le perturbe mais il ne veut pas en parler dit-il pensif.

- C'est qu'il porte beaucoup de choses sur les épaules : depuis le duel, l'école pense définitivement qu'il est l'héritier et il vient une fois de plus de se faire attraper à côté du lieu de crime !

- Le fait de parler Fourchelang ne joue pas en sa faveur.

- Je ne pense pas qu'il faille remercier Severus pour cette révélation et ce n'est pas parce qu'on parle la langue des serpents qu'on est foncièrement mauvais !

- Vous êtes bien placée pour le savoir.

- Une fois de plus on ne peut rien vous cacher, c'est d'ailleurs de cela que je voulais vous parler, Harry et moi entendions la même voix. Ce n'est que récemment, en rencontrant une des anciennes victimes du monstre que j'ai réalisé.

- Qu'avez-vous découvert ?

- Les voix dans les murs, je pensais que c'était Peeves, mais en fait c'est un serpent, c'est pour cela que seul Harry ou moi l'entendons, car nous parlons tous deux Fourchelang

Et Mimi Geignarde, le fantôme des toilettes des filles, a été tuée il y a 50 ans, c'est elle la victime de Jedusor, elle m'a avoué avoir vu deux énormes yeux avant de mourir.

J'ai discuté avec le Choixpeau, la dernière fois que je suis venue dans votre bureau. Vous étiez absent, mais il m'a aidé à comprendre que Jedusor avait dû laisser une trace écrite de son passage à Poudlard et le moyen d'ouvrir la chambre des secrets.

- Vous n'avez pas perdu votre temps !

- J'ai simplement regroupé les indices, mais nous ne savons toujours pas qui a en sa possession les instructions commandant l'ouverture de la chambre.

- Et nous avons un nouvel élève pétrifié.

- Les racines de mandragores poussent bien, elles seront prêtes à la fin du printemps.

- Ce qui ne nous sauve pas d'une future attaque qui pourrait être fatale.

- C'est ce qui m'inquiète. De plus, que le monstre puisse avoir un tel effet sur un fantôme est réellement étonnant.

- Seul un Basilic pourrait être aussi puissant !

- Si vous avez raison, plus personne à Poudlard ne doit se balader seul dans les couloirs.

- Les rondes se feront maintenant à deux, mieux vaut redoubler de prudence.

L'entretien terminé, la jeune femme se prépara à sortir.

- Miss Graves ?

- Oui Professeur ?

- Qu'est-ce-qui vous a fait penser à utiliser le Choixpeau ?

- Je n'y suis pour rien, c'est Fumseck qui m'a aidée. Tiens d'ailleurs, il a bien changé depuis la dernière fois, constata-t-elle, en voyant l'oisillon déplumé.

- C'était le moment qu'il meurt et renaisse de ses cendres. J'avoue que son aspect à la renaissance est proche du vilain petit canard.

- Espérons qu'il n'ait pas entendu !

- Le Choixpeau vous a-t-il dit autre chose ?

- Rien d'important, seulement qu'il était heureux de ne pas avoir eu à me choisir une maison à Poudlard.

- Heureux de ne pas avoir eu à vous choisir une maison. Il a dit çà ? répéta Dumbledore songeur.

- Oui, cela vous étonne ?

- Pas vraiment, et sur cette phrase sibylline, la conversation s'acheva.