Alors que le temps avançait lentement vers les vacances de Pâques, un état de grâce semblait flotter au dessus de Poudlard.

Plus aucune attaque n'était à déplorer, au grand dam de Peeves qui peinait à trouver d'autres occasions de provoquer des chahuts.

Il faut dire que la présence d'Elena lui rendait la tâche plus difficile, le pauvre esprit frappeur en venait presque à regretter le joug du baron Sanglant ou les remises au pas débonnaires de Dumbledore.

Tandis que la relation entre Elena et Severus continuait sans véritable heurts, la jeune femme se prenait à penser au futur. Ils trompaient les apparences en continuant leurs joutes verbales devant les élèves et les autres professeurs.

Mais le soir venu, lorsqu'aucune obligation ne les en empêchait, ils se retrouvaient dans les appartements des cachots, moins exposés aux regards.

Dumbledore semblait se contenter de ce qu'ils voulaient bien montrer et n'avait plus fait d'allusions à aucun des deux.

Les élèves de deuxième année profitaient des vacances pour décider de leur avenir en choisissant les différentes matières qu'il garderait l'année suivante.

Ce fut l'occasion pour la professeure de DFCM de revoir Harry dans son bureau.

Après avoir toqué à la porte, le jeune garçon entra, il eut quelques difficultés à refermer le battant, ce qui éveilla la curiosité d'Elena :

- Un problème Harry ? Vous semblez préoccupé…

- Pas vraiment, j'avais juste une question.

- Volontiers, si je peux y répondre.

- J'ai discuté avec mes camarades pour les cours à prendre l'an prochain…

- Et vous avez du mal à vous décider ?

- Pas vraiment, j'ai pris les mêmes que Ron, comme çà j'aurai toujours quelqu'un avec qui suivre.

La réponse amena un sourire sur les lèvres de la jeune femme :

- Eh bien si ce n'est pas des conseils que vous voulez, que puis-je faire pour vous ?

- Est-ce-que vous serez là l'an prochain ? Demanda-t-il.

- Je ne peux malheureusement pas vous répondre. Mon contrat à Poudlard ne vaut normalement que pour une année. Je ne suis pas la seule à prendre la décision, cela dépend également d'Albus et de la Directrice de Beauxbâtons.

- Mais, ca vous plaît d'être ici ? N'est-ce-pas ?

- Oui Harry, beaucoup…

- Ca va alors… Je vais vous laisser.

- Merci Harry !

- De quoi ?

- D'être venu poser la question.

- Oh, de rien, à plus tard ! Le rouge aux joues, il se dépêcha de claquer la porte.

- PAS SI VITE !

Un éclair fusa de la baguette d'Elena alors qu'elle lançait un maléfice d'entrave.

Le bruit mat d'un objet lourd tombant sur le sol résonna dans le bureau, suivi d'un gémissement

- Je ne sais pas encore qui tu es mais quand je t'aurai de nouveau rendu visible, ce ne sera pas difficile à découvrir. Croyais-tu que je ne remarquerais pas que tu t'es faufilé derrière le jeune Potter ?

Ces élèves, toujours à se mettre dans des histoires impossibles !

- Dobby n'est pas un élève !

- Avec un nom pareil, je veux bien te croire. Vas-tu bientôt apparaître que je vérifie par moi-même ?

Un Crac ! suivit instantanément la question, révélant la présence d'un elfe de maison, un gros nez, l'air larmoyant, il apparaissait maigrichon simplement vêtu d'un vieux torchon.

- Tu n'appartiens pas à Poudlard !

- Non.

- Ce n'était pas vraiment une question, reprit Elena en remettant debout la créature.

Si je te détache, tu vas t'enfuir ?

- …

- Les elfes de maisons ne doivent pas mentir.

- Seulement à leur maîtres… Répondit Dobby.

- Je vois ! Tu es malin, tu vas donc rester attaché, je vais juste t'installer sur la chaise, là, près du feu, ce sera plus agréable pour discuter. Ne gigotes pas ou je te fais tomber dedans !

- Dobby est habitué aux menaces.

- Ce n'est pas une menace, juste un conseil, précisa Elena en déposant doucement l'elfe sur le siège.

- Tu veux boire quelque chose, tu as soif ? Je ne te libérerai pas les mains sinon tu partirais trop facilement, mais je peux te fournir une paille.

La créature la regarda d'un air étonné :

- Vous n'allez pas me torturer ?

- Ah tiens, c'est une idée, tu le mérites ?

- Dobby a été méchant.

- Bois un peu, et tu me diras pourquoi tu suivais Harry.

L'elfe faillit s'étrangler avec sa gorgée de jus de citrouille.

- Comment… ?

- On va dire que je suis maligne aussi… donc ?

- Dobby doit protéger Mr Potter.

- De qui ou de quoi ?

- Je ne peux pas le dire répondit l'elfe en s'agitant et en roulant des yeux, effrayé.

- Bien calme toi, je vais essayer de poser des questions auxquelles tu peux répondre. Tu es donc là pour protéger le jeune Potter ?

- Oui

- Et ton maître ne le sait pas ?

- Non

- Est-ce que le danger a un rapport avec ce qui s'est déjà passé au château cette année ?

- Oui

- C'est ton maître qui est responsable du danger ?

Dobby recommença à se débattre.

- Inutile de répondre, j'ai compris ! Reprend un peu de jus de citrouille…

Elena fixa la cheminée, essayant de réfléchir à la prochaine question :

- Tu as connaissance d'un petit livre noir ?

L'elfe hocha frénétiquement la tête.

- Est-ce le testament de Jedusor ?

Les yeux de Dobby étincelèrent.

- Je vois, repris la jeune femme pour elle-même tout en tapotant machinalement l'accoudoir de son fauteuil.

- Pourquoi protéger Harry et aller à l'encontre des désirs de ton maître ?

- Mr Potter est un garçon courageux et honnête et aimable et ...

- Hum, tout ce que n'est pas la personne à qui tu appartiens alors…

Un regard éloquent du petit être fut l'unique réponse.

- Est-ce toi que j'ai vu au match de Quidditch ? Ton cognard a blessé Harry, tu as une drôle de façon de prendre soin de lui…

- Dobby voulait seulement faire peur à Monsieur Potter, pour qu'il quitte l'école, trop dangereuse !

- Je pense qu'il en faut beaucoup plus pour effrayer ce garçon, soupira Elena. Je vais te détacher Dobby, mais tu va me promettre une chose.

- Miss ?

- Je veux que tu me promettes que quoi qu'il arrive tu continueras à aider le jeune Potter. En évitant de l'estropier bien sûr !

- Dobby promet ! répondit-il avec enthousiasme.

S'agenouillant devant lui, Elena rompit les entraves de l'elfe d'un petit geste de sa baguette.

- Dobby, dit-elle d'une voix douce, je ne suis pas ton ennemie, ni celle d'Harry, annonce toi la prochaine fois que tu auras à entrer ici.

- Oui Miss, dit-il avec ce qui ressemblait le plus à un sourire. Un claquement de doigts, il disparut.