Bien que peu intéressée par le Quidditch, Elena trouva un réel dérivatif à ses pensées en suivant les entrainements des deux équipes qui s'affronteraient lors du prochain match.
Gryffondor et Poufsouffle avaient deux styles bien différents.
Le coté agressif des rouges et ors buterait certainement sur la défense très bien organisée des jaunes et noirs.
L'avantage décisif se ferait grâce au rôle de l'attrapeur et Elena ne doutait pas un instant qu'Harry ferait tout son possible pour remporter la victoire.
Son habileté en vol était magnifique à observer.
La veille du match, lors de la dernière séance elle ne put s'empêcher d'applaudir lorsqu'il effectua une figure particulièrement audacieuse.
Inutile de préciser que Severus n'apprécia pas le nouvel engouement de la jeune femme pour le talent du garçon.
Il continuait à ne vouloir voir en lui qu'un gamin arrogant.
Sur ce sujet là aussi, Elena avait appris à marcher sur des œufs, moins elle prononçait le nom de Potter, mieux cela valait.
Le lendemain en s'éveillant, la jeune femme calcula que cela faisait la cinquième nuit qu'elle passait seule.
Severus lui faisait de nouveau profiter d'un de ses nombreux mouvements d'humeurs.
Préférant ne pas s'attarder sur cette idée, elle s'étira longuement, imitée par Saphir.
Le soleil entrait à travers les rideaux mal tirés, illuminant la chambre. La journée s'annonçait splendide.
En regardant à travers la vitre, elle aperçut quelques élèves se diriger vers le terrain de Quidditch. Elle aurait tout juste le temps de s'habiller et de grignoter avant le début du match !
En dévalant les escaliers, elle croisa Hermione, les cheveux en bataille et l'air décidé.
- Vous n'allez pas voir votre équipe jouer ?
- J'ai quelque chose à faire à la bibliothèque avant !
- A tout à l'heure alors !
Arrivée devant le stade elle bifurqua vers les vestiaires pour procurer un dernier encouragement à l'équipe des Gryffondors.
Après avoir salué Dubois, le capitaine de l'équipe, elle se retourna vers Harry avec un sourire.
- Bonne chance Potter !
- Merci Miss Graves.
Puis il lui fit un signe pour lui parler à l'écart.
- Qu'y-a-t-il Harry ?
- La voix, je l'ai entendue de nouveau.
- Quand ?
- Il y a quelques minutes en sortant de la Grande Salle.
- J'y suis passée devant également, tout était normal. Ne vous inquiétez pas, je m'en occupe, vous avez votre match à jouer.
Sur ce, elle tourna les talons pour revenir vers le château. Cette fois-ci, elle ne laisserait pas le Basilic le temps d'agir !
C'est en croisant MacGonagall sous le porche de l'entrée qu'elle comprit qu'elle avait, de nouveau, raté une occasion.
La mine angoissée de la professeure de métamorphose laissait deviner qu'une nouvelle attaque avait eu lieu.
Un simple échange de regards, elle comprit, Elena vit dans l'esprit de Minerva l'image de Pénélope Deauclaire, une élève de Serdaigle et d'Hermione, toutes deux pétrifiées à deux pas de la bibliothèque.
Elle se maudit de ne pas avoir fait plus attention à la précipitation de la jeune Gryffondor. Tout aurait pu être évité, elle jouait de malchance.
Minerva prit rapidement la parole pour lui dire :
- Elles sont à l'infirmerie, je vais prévenir les autres professeurs et ordonner que tous les élèves regagnent leurs salles communes.
Elle n'avait pas même eu un mot de reproche pour Elena qui s'était introduit dans son esprit. Elle était trop émue.
Mme Pomfresh, s'activant autour de deux nouveaux lits, ne vit pas Elena entrer, pas plus qu'elle ne la vit ressortir.
Après réflexion, Elena estimait ne rien pouvoir faire de plus pour les petites.
Il lui fallait inspecter le château, en espérant entendre la voix du serpent.
S'il le fallait elle détruirait des murs entiers pour l'atteindre !
Mais il était dit que la solution lui passerait encore une fois sous le nez.
Elle avait parcouru tous les couloirs du château, visité toutes les salles de Poudlard, mais le soir venu, aucun indice, aucun murmure de voix ne l'avait aiguillé vers la cachette du serpent.
Il semblait s'être de nouveau envolé, une fois ses méfaits accomplis.
Seul point positif, la pétrification était réversible. Le serpent n'avait toujours pas eu l'opportunité d'achever son œuvre morbide.
Et avec tout ce qu'elle avait dispersé comme Rue dans le château durant la journée, il n'apprécierait pas sa prochaine escapade dans les couloirs !
S'il elle n'arrivait pas à trouver sa cachette, elle devait au moins l'empêcher de venir batifoler aux milieux des élèves.
Alors qu'elle redescendait vers le bureau de Dumbledore, elle fut stoppée par la voix hautaine de Severus :
- Etes-vous donc inconsciente, n'avez-vous pas entendu les consignes ?
- Quelles consignes ?
- Aucun professeur ne doit circuler seul !
Exaspérée, elle poursuivit son chemin en lui lançant :
- Je ne suis pas seule !
- Cessez de faire la maligne, la situation est dangereuse !
- Je répète, je n'étais pas seule… laissez-moi maintenant je suis fatiguée et je dois voir encore le Directeur.
Alors qu'elle passait devant lui, il lui attrapa le poignet, mais lâcha aussitôt quand des serres aiguisées s'enfoncèrent dans son bras.
Rubis, qui avait suivi sa maîtresse toute la journée et l'avait aidée à disséminer la Rue, n'avait pas perdu son instinct protecteur. Surtout contre Rogue.
- Satané perroquet de malheur ! cria-t-il en se reculant vivement.
- Vous ne voulez jamais me croire ! Je vous conseille de désinfecter rapidement, je ne veux pas être tenu pour responsable de la perte d'un de vos membres !
Le visage crispé de rage et de douleur, le professeur fit volte face en marmonnant :
- Que Merlin vous emporte, vous et votre vautour !
Et il disparut au détour du couloir, sa cape virevoltant dans son sillage.
- Mieux vaut un vautour qu'une chauve-souris mal élevée, pensa-t-elle peu miséricordieuse.
Agacée par cette énième dispute, elle aborda l'escalier menant au bureau de Dumbledore en jetant à la gargouille le mot de passe.
Ce n'est qu'après avoir poussé la porte d'un geste brusque qu'elle se rendit compte qu'elle n'était pas la première visiteuse.
Un homme, tenant un chapeau melon qu'il faisait tourner nerveusement entre ses mains, était en pleine discussion avec le Directeur.
Elle eu tout juste le temps de saisir le dernier mot avant que la conversation ne s'interrompe : - … Azkaban.
- Veuillez m'excuser, je ne voulais pas être inopportune.
- Ce n'est rien Elena, nous avions terminé. Cornélius, laissez-moi juste une minute avec Miss Graves, je vous rejoins.
Le petit homme acquiesça de la tête et sorti en lançant un regard curieux vers la jeune femme.
- Vous venez de croiser Cornélius Fudge, notre ministre de la Magie.
- J'imagine que les derniers évènements l'ont contrarié.
- Lui et quelques uns des membres du conseil d'administration de l'école.
- Laissez- moi deviner : Malefoy ?
- Je vois que vous êtes bien renseignée.
- Connaître c'est déjà anticiper. Et puis-je vous demander ce que ce petit monde a décidé ?
- En premier lieu d'arrêter Hagrid et de le confier aux gardiens d'Azkaban. Mais je crains que cela ne s'arrête pas là.
- Pourquoi lui ?
- Il pense Hagrid coupable, il y a eu un antécédent.
- Et que pensez-vous ?
- Mon avis importe peu.
- A moi si !
- Je vous remercie de votre confiance. Je peux vous assurer que notre garde-chasse n'a rien à voir dans cette histoire.
- Dois-je comprendre que ce n'est pas la vérité que cherche Monsieur Fudge, mais un coupable ? Et se contentera-t-il d'un seul ou êtes-vous aussi sur la liste ?
- Miss Graves, il va falloir être très prudente, ne faites rien que je ne ferai moi-même…
- Amusant le ton que vous employez en disant cela.
Un petit sourire flotta sur les lèvres de Dumbledore :
- Votre perspicacité est sans limite
- J'en ai autant à votre service.
- Je dois vous laisser. Ne faisons pas attendre ce bon Cornélius, il est assez chiffonné comme çà !
Elena savait ce qu'il lui restait à faire.
Elle n'était pas à proprement parler une espionne, mais elle devait savoir ce qui allait se passer dans la cabane d'Hagrid.
Remontant sa robe sur ses chevilles, elle courut jusqu'à l'un des passages secrets qu'elle avait découvert durant ses rondes.
Arrivé devant la sculpture du premier étage, elle poussa le mécanisme du bas-relief méplat. La serrure à verrou de nuit s'enclencha, découvrant le passage vers le champ de citrouilles situés derrière la maison du garde-chasse.
S'étant, au préalable, métamorphosée en chat, elle eut tout le loisir de se blottir sur le rebord de la fenêtre pour suivre le déroulement des évènements.
Sans surprise, elle entendit Fudge annoncer l'arrestation d'Hagrid malgré ses protestations et celles de Dumbledore.
A l'arrivée de Lucius Malefoy, elle comprit que cela en en été fait de l'autorité du Directeur.
Le conseil d'administration de l'école avait voté sa suspension.
Une dernière recommandation de Dumbledore resta une énigme, jusqu'au départ de tous les interlocuteurs.
Perdue dans ses pensées, elle se demandait également pourquoi Hagrid avait parlé de suivre les araignées.
C'est alors qu'elle vit Harry et Ron apparaître dans la cabane.
Ces sacrés gamins possédaient une cape d'invisibilité !
Comme elle, ils avaient suivi la conversation, dissimulés à tous les regards.
