MacGonagall avait repris d'une main de fer la place momentanément vacante laissé par Dumbledore.
Elena percevait cependant, parfois, sur le visage de la professeure de Métamorphose, l'inquiétude latente qu'elle n'osait exprimer.
L'attaque sur la petite Granger l'avait particulièrement affectée.
Le départ du Directeur faisait peser sur ses épaules de nombreuses responsabilités. Tout cela sous la coupe du Ministère qui prenait un malin plaisir à compliquer la situation. Lucius Malefoy pavoisait et son fils Draco était devenu parfaitement insupportable.
Son niveau de vantardise et d'insolence avait atteint des sommets.
A tel point qu'il en oubliait le respect dû aux professeurs.
La limite fût atteinte lors d'un cours aux Serpentards que donna Elena en fin de semaine.
La jeune femme expliquait aux élèves l'usage de la pierre de Lune contre les Djinns :
- Ces esprits sont peureux par nature, mais ils sont attirés par les sentiments humains tels que la colère, la tristesse ou l'inquiétude.
En fait, ils profitent de leur invisibilité pour exacerber les sentiments négatifs des moldus et des sorciers. Ils sont comme des chiens qui sitôt qu'ils ont compris que vous aviez peur vous mordent.
Mais lorsqu'un Djinn prend une forme humaine ou animale alors il obéit aux lois physiques de cette forme. C'est seulement à ce moment là qu'il est vulnérable et que l'on peut s'en débarrasser.
C'est pour cela que les Djinns ne restent que peu de temps sous une telle forme.
La pierre de Lune permet de les repérer, car leur vraie nature se reflète en elle.
- Malefoy ! Je vois que ce que je dis ne vous intéresse aucunement !
- Au contraire, Mademoiselle, je disais à Crabbe qu'une pierre de Lune serait bien utile pour tous les peureux qui trainent actuellement dans les couloirs de Poudlard…Ils ont certainement attiré un sacré paquet de Djinns!
- Cette remarque suppose que votre point de vue pourrait intéresser quelqu'un, ce qui n'est évidemment pas le cas, surtout au milieu d'un cours !
Mais justement je cherchais un élève assez courageux pour m'accompagner dans ma ronde ce soir. Je ne doute pas que vous vous portiez volontaire, après cela.
Une pâleur, presque réjouissante aux yeux d'Elena, vint marquer le visage déjà naturellement livide de Draco.
- Mais… mais, les élèves n'ont pas le droit de quitter les dortoirs la nuit !
- Ne vous inquiétez pas, vous n'attirerez aucun Djinn, puisque vous ne ressentez pas la peur.
Le jeune Malefoy déglutit péniblement
- Et….le…monstre ?
- Oh, comme vous nous l'avez si souvent répété, il ne s'en prend pas au sang-pur, enfin…pas pour l'instant…
- Mon père…
- Votre père n'est pas encore directeur de Poudlard, si tant est qu'il le devienne un jour ! Fin de la discussion Malefoy, je vous rappelle que vous êtes en cours !
Le reste des explications se déroula bien évidement dans un silence complet. Nul autre élève ne souhaitait courir le risque de suivre Draco dans sa disgrâce.
Les Serpentards étaient connus pour leur grande prudence…
Cet épisode eut cependant une inévitable répercussion.
En fin d'après-midi, alors qu'Elena finissait de ranger son bureau, elle ne fut guère étonnée de voir le Directeur de la maison Serpentard pointer le bout de son nez.
Severus glissa silencieusement jusqu'à elle, sa cape noire frôlant le sol.
- Il semblerait que vous ayez cru bon de punir un de mes élèves, murmura-t-il quand il arriva à sa hauteur.
- Bonsoir Severus ! Je ne savais pas que les retenues étaient sujettes à l'approbation des directeurs de maisons.
- Ce n'est effectivement pas le cas, je souhaitais simplement souligner que la punition est peut-être, disons… disproportionnée.
- Votre petit protégé s'est permis de perturber mon cours et s'est montré méprisant envers la majorité des élèves. Devons-nous cautionner cela ?
- Rien de ce que je pourrais dire ne vous fera changer d'avis, n'est-ce-pas ?
- En effet !
- Vous semblez éprouver un certain plaisir à punir un Serpentard.
- Je ne punis pas l'élève, je sanctionne le comportement et l'insolence !
- Cela n'a donc aucun rapport avec moi, susurra-t-il.
- Pourquoi cela en aurait-il un ?
- Nos propos sont devenus acerbes depuis quelque temps…
- Comme vous me l'avez souvent fait remarquer, vous n'avez pas un caractère des plus faciles.
Elle déplaçait nerveusement, sans aucune utilité, quelques papiers sur le bureau, puis reprit :
- Mais c'est vrai que dernièrement, j'ai peut-être pris trop à cœur certaines choses. Je souhaitais d'ailleurs m'excuser de m'être … emportée. La situation est assez difficile depuis le départ de Dumbledore, mais… ce n'était pas une raison.
Elle leva alors ses yeux vers Rogue. Le regard d'onyx de celui-ci était insondable.
Puis il leva la main pour la poser sur la joue de la jeune femme.
La paume de sa main était douce et chaude.
- Vous êtes surprenante. A chaque fois que je pense que vous allez me sauter à la gorge, vous vous adoucissez.
- Vous ne me donnez pas de raison assez solide de rester très longtemps fâchée.
- Ce n'est pas faute d'essayer…
- Je me disais aussi…
- Quoi donc ?
- Que vous faisiez parfois exprès de me mettre en colère.
- Disons que j'ai un don naturel pour ce genre de choses.
Elle s'approcha un peu plus de lui, désirant ressentir de nouveau les frissons qui la traversaient toujours au contact de l'homme en noir.
- Vous avez donné des retenues aujourd'hui ?
- Pourquoi me poser cette question ?
- Juste pour savoir si vous étiez disponible ce soir…
- Je n'ai pas puni d'élèves… mais je vous rappelle que vous si !
Une petite grimace comique déforma le visage d'Elena.
- Il me reste encore un peu de temps.
- Vraiment ? Et qu'avez-vous en tête ?
- Nous pourrions sauter le dîner…
- Humm, vous n'avez pas faim ?
- Si… mais pas de nourriture, répondit-elle, les yeux brillants de désir.
- Mes appartements… ou les vôtres ?
- A vrai dire je pense ne pas pouvoir attendre, je suis affamée.
- Ici ? demanda Severus en haussant un sourcil.
- Colla porta !
- Je crois que j'ai ma réponse, dit-il dans un petit rire.
Et sans plus attendre il attira la jeune femme contre lui, écrasant ses lèvres dans une étreinte passionnée.
- Vous m'avez manqué soupira-telle entre deux baisers.
- Je vais finir par croire que vous le pensez vraiment répondit-il tout en continuant de goûter ses lèvres.
- Vous êtes difficile à convaincre.
- J'ai rarement rencontré quelqu'un d'aussi tenace… en fait je crois même que vous êtes la seule.
Tout en parlant, il dégrafait doucement le corset de sa robe.
- Avez-vous encore besoin de preuves ?
- J'apprécie que vous ayez de la suite dans les idées…
- Et moi qui étais persuadée que vous n'aimiez pas que je réfléchisse trop…
- Au contraire, je vous reproche juste de trop parler…
- Comment osez-vous…
- Chut, taisez-vous et embrassez-moi. !
Heureusement c'était également ce qu'elle avait envie e faire, elle décida donc de ne pas prendre en compte le ton autoritaire de Severus. Et préféra se venger en griffant sa nuque.
Douce vengeance qui fit se raidir le sorcier et qui obscurcit encore plus son regard.
Elena en profita pour lui ôter l'agrafe de sa cape qui tomba aux pieds du couple.
Elle enchaina, ouvrant un à un les boutons de sa veste.
Severus caressait ses hanches et son dos, son geste créant de petites ondes de plaisir qui traversaient le corps de la jeune femme.
Par intermittence il reprenait sa bouche, insatiable, mordillant et approfondissant toujours plus son exploration avec la langue.
Alors que la robe d'Elena allait rejoindre la cape du professeur de potions, elle pût voir le coup d'œil appréciateur qu'il posait sur sa lingerie.
Dommage quelle soit destinée à disparaître aussi vite….
Elle s'appuya sur le bureau derrière elle puis enroula sa cuisse droite autour de Rogue, le collant contre elle.
Il restait encore à Severus à se défaire de son pantalon, sa chemise, ouverte n'était déjà plus un rempart depuis un moment…
Les mains d'Elena exploraient son torse, suivant le détail de petites cicatrices, puis elle s'aventura plus bas.
Provoquant un sourd gémissement.
- Je préfère définitivement quand vous ne parlez pas…
- Vous allez me le payer !
- Ah oui, je suis curieux de …
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase.
La jeune sorcière le fit traitreusement basculer sur le fauteuil derrière lui et murmurant un maléfice Incarcerem, l'enchaina aux accoudoirs.
- Vous disiez ?
Un sourire ironique flottait sur son visage.
Severus revenu promptement de sa surprise semblait par contre avoir perdu un peu de sa morgue. Les liens étaient bien serrés !
- Que comptez-vous faire ? Demanda-t-il.
Elena récupéra sa baguette sur le bureau et s'approchant de Severus la pointa vers lui.
- Ce n'est pas prudent de se retrouver dans ce genre de situation.
Elle passait maintenant l'extrémité du bâton de bois sur la poitrine du maître des potions. De petites étincelles crépitaient au contact de la peau.
- Imaginez si j'avais de mauvaises intentions…
Les pupilles de Severus se rétrécirent, le danger n'était pas loin. Son instinct de Serpentard et d'ancien Mangemort était en alerte… un peu tard cependant.
Cette femme était redoutable.
Il avait raison de se méfier depuis le début… Elle était capable de tout.
Réduisant encore l'espace entre eux, Elena s'installa à califourchon sur les cuisses de Severus.
Malgré la situation mal engagée, Rogue ne put s'empêcher d'apprécier le contact.
Il sentait distinctement le poids de la jeune femme sur son propre corps et les effets que cela engendrait.
Elle passa une main derrière sa nuque, lui arrachant un frisson, et de l'autre jouait encore avec la baguette, l'appuyant sur sa gorge.
- Tu voulais me faire taire… et si c'était moi qui te privais de paroles. Tu pourrais encore moins crier. Et je pourrais faire ce que je veux de toi.
- Avec ou sans parole, jamais vous ne m'arracherez un cri.
- Es-tu bien sûr de cela ? Comme toutes autres choses, il te faut toujours des preuves…
Tu ne pourras pas me résister, affirma-telle.
Et pour lui prouver, elle le mordit dans le cou, accentuant la pression jusqu'à sentir les battements du sang qui circulait dans la jugulaire. Severus sentit ses muscles se contracter sous la douleur, mais aussi dut-il se l'avouer, sous une vague de plaisir. Il ne pût retenir un gémissement.
Se redressant, satisfaite, Elena conjura un Diffendo.
Le sortilège frappa à plusieurs endroits.
La première partie fit céder le dernier morceau de tissu qui protégeait Severus, c'est à dire son pantalon.
Mais il retrouva également l'usage des ses mains quand les cordes tombèrent.
Un sourire carnassier lui vint quand il comprit qu'il avait été joué.
C'était à son tour de prendre sa revanche.
Elena n'en attendait d'ailleurs pas moins.
