Le printemps achevait sa course, l'été serait bientôt là…

Maintenant qu'elle avait découvert l'entrée de la Chambre des secrets, il restait à décider pour Elena à quel moment elle devrait y entrer.

Elle hésitait à faire part de sa découverte aux autres professeurs. Une attaque groupée n'avait pas forcément plus de chance de réussite qu'une incursion furtive.

De plus, elle était la seule à parler le Fourchelang, hormis Harry bien sûr. Cela pourrait peut-être lui permettre un certain contrôle sur le Basilic…en étant optimiste.

En repensant au jeune garçon, l'idée lui vint subitement qu'il devait toujours être en quête de résoudre le mystère des araignées.

La surveillance de Saphir avait ses limites. Sous la cape d'invisibilité, il pouvait trouver le moyen d'échapper à son attention. Même si l'odorat du félin lui permettait de ne pas être facilement mis en défaut.

Alors qu'elle tergiversait sur la conduite à tenir, une voix nasillarde traversa les murs de sa chambre.

Suivi de près par son propriétaire :

- Elèves hors du dortoir…élèves hors du dortoir… !

- Qu'y-a-t-il Peeves ? On ne t'a jamais appris à t'annoncer avant d'entrer chez une dame ?

- Que Mademoiselle m'excuse ! Mademoiselle voulait savoir si le petit Potter faisait quelque chose d'interdit… Je ne fais que m'exécuter !

- Il est sorti de la tour des Gryffondors ? Où… ?

A cet instant la porte du salon livra passage à Saphir. Le siamois s'engouffra en trombe dans la pièce, glissant sur le tapis.

Il fini sa course aux pieds d'Elena, sa petit langue pendante et le souffle court.

Un échange de pensées plus tard et Elena dévalait les escaliers menant au hall, sa baguette à la main.

Peeves qu'elle avait planté là observa le chat et lui tira la langue :

- C'est pas juste, j'ai été plus rapide que toi !

Un feulement bien senti lui donna lieu de réponse. L'esprit frappeur se garda bien d'insister !

Pendant ce temps, Elena courrait vers la Forêt interdite.

Le message télépathique du chat avait été très clair : Harry et Ron étaient partis, sous le couvert de la cape d'invisibilité, pour suivre les araignées.

Destination : les ennuis !

Elena s'en voulait un peu de ne pas avoir essayé de dissuader Harry.

Cependant elle connaissait la ténacité du Gryffondor et se doutait qu'il serait passé outre ses recommandations.

Pas par inconscience ou forfanterie, comme aurait pu dire Severus, mais simplement parce qu'il pensait que c'était ce qu'il devait faire.

Ce qui, au milieu de la nuit, amenait inévitablement à cette situation périlleuse : deux élèves et un professeur dans une forêt connue pour receler dangers et bêtes sauvage de toutes sortes !

D'ailleurs, il était tant pour elle de prendre sa forme d'animal.

La progression dans les sous-bois en serait facilitée.

Cette forêt était un véritable dédale et l'animagus n'avait aucune idée de la direction prise par les enfants.

Aucune araignée n'était visible, difficile donc de suivre leur piste. La truffe au ras du sol, le félin cherchait le moindre indice.

Les arbres semblaient de plus en plus proches et leurs feuillages plus denses au fur et à mesure de sa progression.

Les chemins s'entrelaçaient, le terrain devenait accidenté.Le chat continuait à trotter, il ne savait même plus à quel moment la lune et les étoiles avaient disparu totalement au-dessus de la cime de arbres.L'obscurité était totale.

C'est alerté par un bruit sur sa droite que le félin manqua d'attention.

Une racine traîtresse le fit trébucher et les feuilles mortes, rendues glissantes par l'humidité, achevèrent de le déséquilibrer.

Il bascula, la tète la première, au versant de la pente qu'il venait de gravir, dans un magnifique roulé-boulé !

Heureusement, un matelas de mousse amortit sa chute. Plus de peur que de mal !

Mais pourquoi cette sensation que le sol bougeait sous ses pattes. Et pourquoi avait-il le poil qui se hérissait spontanément ?

Baissant le regard vers ce qu'il avait pris pour de la mousse, le félin bondit d'horreur et de dégout en constatant qu'en réalité il était tombé sur une zone grouillante de milliers de petites araignées !

Bien, il les avait trouvées !

S'ébrouant pour se débarrasser des dernières petites bêtes trop amicales qui restaient accrochées à son pelage, il reprit sa route. Il avait enfin une direction à tenir.

Le chat entendit soudain les voix des garçons à quelques mètres devant lui.

Mais ils n'étaient pas seuls…

Si Elena avait eu à faire aux bébés araignées, Harry et Ron n'eurent pas la même chance.

Une étrange lueur éclairait la scène, digne d'un film d'horreur.

A la lisière de la clairière qui s'ouvrait à son regard, le chat, impuissant, vis se dresser derrière les enfants et le chien d'Hagrid, Crockdur, un immense arachnide.

Le monstre devait au moins faire deux mètres de haut. Ses mandibules s'entrechoquaient, guettant sa proie.

En une seconde la bête fondit sur Harry, l'enlevant entre ses crochets.

Un autre de ses congénères, tout aussi impressionnant, apparut à sa suite et se chargea de Ron, pétrifiée de terreur. Leurs pattes puissantes et nombreuses s'animèrent dans un terrifiant ballet qui les propulsa de nouveau a l'abri des arbres.

L'action n'avait duré qu'un instant, les enfants venaient d'être kidnappés, sous les yeux d'Elena.

La jeune femme se dirigea rapidement vers l'endroit où ils avaient disparu.

C'est à ce moment là qu'elle comprit quelle était la source de lumière qui éclairait la clairière.

Elle provenait des phares de la Ford Anglia qu'Elena avait aperçu en début d'année. La voiture qui avait amené les deux garçons le jour de la rentrée semblait s'être adaptée au milieu sauvage. Cabossée et rayée de l'extérieur, son moteur ronronnait pourtant doucement tel un gros chat.

Sautant sur la banquette avant, Elena reprit sa forme humaine et s'exclama :

- Suit-les, ils vont avoir besoin d'aide !

La Ford s'élança au quart de tour à la poursuite des enfants, du chien… et des araignées !

Elena était persuadée qu'Harry et Ron venaient, d'une manière un peu abrupte, d'être conviés pour le dîner.

Le problème étant qu'ils en seraient certainement le met principal !

Elle n'était certainement plus la seule à maudire le garde chasse ! Hagrid venaient de servir deux tendres rôties à son ami Aragog…

La voiture restait à distance respectable, soutenant tout de même une vitesse assez importante pour ne pas perdre de vue les garçons à travers les arbres.

Les brusques changements de cap projetaient Elena d'une portière à l'autre, mais elle n'en voulait pas à l'Anglia qui gérait la situation avec brio. La Ford avait même éteint ses phares pour ne pas se faire repérer.

Si la situation n'avait pas été aussi dramatique, Elena aurait presque pris plaisir à cette balade nocturne.

Seule la destination ne lui convenait pas vraiment.

Elle ne fut d'ailleurs pas déçue.

Lorsque l'Anglia s'arrêta et ouvrit la portière, elle comprit que le but était atteint.

La voiture avait mis à profit ces quelques mois de liberté pour explorer la Forêt interdite. Elle s'était arrêtée juste avant le dernier talus qui délimitait le nid du roi des Arachnides.

La jeune femme descendit de l'Anglia et s'approcha pour mieux voir.

Alors qu'Elena se dissimulait derrière une souche d'arbre, elle entendit une voix caverneuse s'élever.

Elle appartenait à celui qui était définitivement, de part sa taille, le maître des lieux : Aragog !

Les enfants et Crockdur venaient juste d'être déposés devant lui.

La jeune femme qui les observait, compatit en voyant les yeux exorbités et la bouche ouverte de Ron figée dans un hurlement muet*.

Harry était à peine plus à l'aise. Le chien tremblait, le poil hérissé.

Elena, la baguette à la main était prête à intervenir. La multitude d'araignées, descendantes d'Aragog qui cernait les enfants n'allait pas lui faciliter la tâche !

Agenouillés devant le roi, Harry tentait d'expliquer à Aragog qu'il était venu de la part d'Hagrid. Elena grimaça devant la candeur du garçon, croyait-il vraiment que cette carte de visite allait les sauver !

De son point d'observation, elle ne pouvait entendre toute la conversation. Par bribes, elle comprit que le roi-araignée avait assez de mansuétude pour expliquer sa relation avec Hagrid et surtout le fait qu'il n'était pas le monstre de la chambre des secrets.

Harry lui demanda ensuite s'il savait ce qui avait tué la jeune fille à l'époque de Jedusor.

Quand Aragog lui répondit furieux : Nous n'en parlons jamais ! Jamais nous ne la nommons ! Même à Hagrid, je n'ai jamais révélé le nom de l'atroce créature, bien qu'il me l'ait souvent demandé.

Elena comprit à ce moment là que la conversation, jusque là presque polie ,touchait à son terme.

Les acromentules s'étaient rapprochées des garçons, refermant impitoyablement le cercle autour d'eux…

Se retournant vers la Ford Anglia, elle lui lança : Tu fonces dans le tas et tu récupères les enfants, je m'occupe du reste !

Sa voix fit écho à celle d'Aragog, qui à l'affirmation d'Harry disant qu'ils allaient partir lui répondit :

- Partir…Je ne crois pas…

Le reste se perdit pour Elena dans le rugissement du moteur de la Ford. La voiture bondit dans la fosse, droit devant, bousculant au passage des dizaines d'araignées de toutes les tailles.

La sorcière en profita pour lancer un sort de 'Lashlabask' sur la courageuse Anglia, lui facilitant le chemin vers les garçons.

Arrivées devant eux, celle-ci ouvrit ses portières. Harry se jeta dans la voiture. Dans la seconde qui suivit Ron attrapa Crockdur et l'imita !

Toujours protégée par le sortilège de répulsion d'Elena, la Ford mis plein gaz et s'enfonça dans la Forêt.

Alors que les araignées s'apprêtaient à les poursuivre, la jeune professeure en défenses contre les forces du mal déchaîna ses pouvoirs.

Debout au bord de la fosse, elle lança autant de maléfices d'entraves que possible.

A un rythme effréné elle enchaina sur des 'Locomotor Barda', projetant les araignées les unes sur les autres.

Parachevant son œuvre d'un aveuglant 'Lumos Solem' Elena se retira à l'abri derrière un arbre.

Les enfants devaient être loin maintenant, elle n'avait plus rien à faire là.

Epuisée mais le sourire aux lèvres elle transplana à l'orée de la Forêt interdite.

Harry et Ron ne saurait certainement jamais qu'elle avait favorisée leur fuite.

Elle espérait seulement que cela leur servirait de leçon et qu'il ne renouvellerait pas ce genre d'expérience de sitôt.

Il n'y avait pas que les élèves pour faire preuve d'un optimisme béat !

* Quand Ron avait trois ans, il a cassé le balai-jouet de Fred, et celui-ci s'est vengé en transformant son ours en peluche en araignée géante alors que Ron le tenait dans ses bras. Depuis, Ron est terrifié par les araignées, bien qu'il arrive à travailler avec en cours de potions, mais seulement quand elles sont mortes