Harry se précipita vers son amie, oubliant toute prudence :

- Ginny ! Ne sois pas morte ! Je t'en supplie, ne sois pas morte !

Jetant sa baguette, il prit la jeune fille dans ses bras et se retournant vers Elena, murmura :

- Je vous en prie, faites quelque chose !

- Inutile elle ne se réveillera pas, affirma alors une voix jeune et masculine.

Sortant de l'ombre d'un pilier, la silhouette fantomatique d'un adolescent aux cheveux noirs s'approcha des enfants.

Sur le qui-vive, Elena observait la scène.

- Tom … Tom Jedusor ? demanda Harry.

Alors que le fantôme de Jedusor approuvait d'un signe de tête, Elena affermissait sa prise sur sa baguette.

- Tom, reprit Harry, il faut nous aider…

Un sourire sarcastique apparu sur le visage floue de l'adolescent.

- Ca ne sert à rien Harry, Tom ne nous aidera pas !

- Maligne la petite professeure, susurra Jedusor.

- Seulement logique, je comprends très bien que Voldemort ne soit pas enclin à voler au secours de celui qui l'a tué !

Deux réactions s'entrechoquèrent alors…

Celle d'Harry : Voldemort, Jedusor EST Voldemort ?

Et celle de Tom hurlant : JE NE SUIS PAS MORT !

- Vois-tu Harry, il semblerait que tu es un don pour multiplier les confrontations avec l'assassin de tes parents et malheureusement pour vous, Tom, cela joue rarement en votre faveur ! Ironisa Elena.

Voudriez-vous bien vous éloigner de mes élèves, personne d'autre ne sera blessé par votre faute !

- C'est ce que nous allons voir ! Et sur ces mots Jedusor s'empara de la baguette d'Harry qui se trouvait à ses pieds.

L'Expelliarmus que lança dans la foulée d'Elena rebondit sur la poitrine du jeune homme, sans effet…

La fraction de seconde d'étonnement de la sorcière suffit à Jedusor pour prendre l'avantage, il conjura un sortilège de ligotage qui mit hors d'état de combattre la malheureuse Elena.

Harry se retrouvait seul face à son pire ennemi !

Un rictus ironique aux lèvres, il s'approcha d'Elena et du bout de sa chaussure vérifia qu'elle était bien ficelée :

- Pas si futée, finalement !

Puis se retournant vers Harry, il poursuivit :

- J'ai longtemps attendu ce moment Harry Potter ! Le moment de te voir, de te parler.

Impuissant sans baguette, le jeune sorcier regardait d'un air désespéré du coté d'Elena.

Celle-ci, privée de ses mouvements pouvait cependant utiliser son don de Legilimens :

« Essaye de gagner du temps, Harry, c'est tout ce qui nous reste ! »

Le garçon ferma un instant les paupières, surprit d'entendre la voix de la sorcière dans ses pensées, puis inclina légèrement la tête en signe d'assentiment.

- Qu'est-ce que vous avez fait à Ginny ?

- Disons que ton amie m'a un peu trop fait confiance, elle a ouvert son cœur dans mon journal intime, et j'ai réussi peu à peu à prendre le dessus sur son âme…

- Le petit livre noir ? C'est donc elle qui l'a jeté dans les toilettes… là où je l'ai trouvé.

- Tu fini par comprendre, comme elle a compris mais trop tard, après plusieurs mois. Vous êtes si candides, vos professeurs ne vous apprennent donc pas à vous méfiez ?

Elle m'a raconté tous ses petits secrets, ses peurs, ses espoirs et en particulier son intérêt pour le jeune Potter. Celui qui a survécut au plus grand des mages noirs…Tu peux comprendre ma joie quand mon journal a atterri entre tes mains… Tu n'imagines pas à quel point j'ai apprécié pouvoir te montrer la scène avec cet idiot d'Hagrid, tu es si facile à bluffer !

- Je n'ai jamais cru qu'Hagrid soit coupable !

- Bien sûr que cet abruti ne peut être l'Héritier de Salazar ! Je suis l'Héritier ! Moi, Voldemort !

Et c'est moi qui ai pris le contrôle du corps et de l'âme de ta petite rouquine, c'est à travers elle que j'ai de nouveau pu contrôler mon Basilic et attaquait les élèves !

- Alors Ginny n'est pas responsable, elle a même essayé de se débarrasser de vous !

- Et c'est toi qui m'as trouvé, j'aurai aimé m'amuser plus longtemps avec toi, mais elle a vu que tu détenais mon Journal, et te l'a reprit !

Je n'ai cependant pas eu mal à récupérer mon ascendant sur elle… et à t'attirer ici.

Finalement nous sommes là et je vais enfin découvrir comment un bébé sans talent magique a réussi à me mettre en échec, comment tu as détruit mes pouvoirs ! Moi, le plus grand sorcier du monde !

Alors qu'Elena étouffait une exclamation face à la mégalomanie galopante de Tom, Harry ne put s'empêcher de répondre :

Vous n'êtes pas le plus grand sorcier du monde. Désolée de vous décevoir, mais le plus grand sorcier du monde c'est Albus Dumbledore !

- « Continue à le provoquer Harry, c'est bien ! »

Elena venait de trouver un moyen de faire basculer la situation ! Morgane, pourquoi n'y avait-elle pas pensé plus tôt !

La voix d'Albus résonnait dans sa tête : une aide sera toujours apportée à ceux qui le demandent… Elle y avait pourtant déjà eu recours lors de son expédition à Azkaban !

Ses propres sortilèges étaient sans effet sur Voldemort, il fallait donc explorer une autre voie…

Alors que ses pensées s'entrechoquaient à la vitesse de vifs d'or, le jeune Potter provoquait Tom de plus belle :

- Même au temps de votre puissance, vous n'avez jamais osé vous attaquer à Poudlard. Dumbledore a tout de suite compris qui vous étiez lorsqu'il vous avez comme élève !

- Tais-toi morveux !

- Il vous fait toujours peur, quelque soit le lieu ou vous vous cachez…

- Dumbledore a été chassé de Poudlard par mon fantôme ! Cracha Jedusor.

- Il n'est pas aussi loin que vous le pensez !

Et l'espoir d'Elena fut récompensé :

Un tourbillon de couleurs apparu sous la voûte de la salle.

Des volutes rouges et vertes s'entremêlaient en descendant rapidement vers eux.

Une musique lancinante et intense accompagnait leurs mouvements.

- Fumseck ! s'écria Harry.

« Rubis, murmura Elena »

Alors que le Phénix de Dumbledore atterrissait sur l'épaule d'Harry, celui d'Elena se posait lourdement à ses cotés.

Les yeux brillants de l'oiseau Irlandais fixaient intensément sa maîtresse.

- C'est çà que vous envoie Dumbledore pour vous aider ? De stupides oiseaux ?

Et cette boule de chiffon à tes pieds Harry, le Choixpeau magique?

Effectivement, au pied du garçon, Fumseck avait laissait tomber le vieux chapeau rapiécé.

Tandis que l'attention de Jedusor était reportée sur Harry, Elena présentait discrètement les cordes liant ses mains au bec acéré de son Phénix.

Un rapide coup d'œil vers Harry la persuada qu'il avait compris le but de la manœuvre.

Tom continuait sa diatribe : … nous nous sommes rencontré deux fois dans ton passé et dans mon avenir, Harry. Et ces deux fois là, je n'ai pas réussi à te tuer. Comment as-tu fait pour survivre ? Dis le moi, si tu parles, je ne torturerai pas

Et si tu me révèles ce que je veux savoir je te tuerai rapidement, sans souffrance…

« Harry, il faut que tu te serves du Choixpeau magique, il n'est pas là pour faire joli ! »

La voix d'Elena venait de résonner une nouvelle fois dans le cerveau du garçon…

Les contours définissant la silhouette de Jedusor s'affirmaient peu à peu, tandis que sous les doigts d'Harry le pouls de Ginny s'estompait de plus en plus.

« Il n'est plus temps de le faire parler Harry, il faut le combattre, sa substance s'épaissit, il devient vraiment réel ! »

Harry sembla recouvrer toutes ses facultés, il lança alors au vil Serpentard :

- Vous n'avez pas pu me tuer car ma mère vous en a empêché, elle a donné sa vie pour me sauver. Et j'ai vu ce que vous étiez devenu, elle vous a détruit. Vous n'êtes plus qu'un débris, une épave ! Voila où votre pouvoir vous a mené !

Tout en parlant il laissait doucement glissé le corps de Ginny, s'approchant progressivement du Choixpeau magique.

Les yeux brillants de colère Jedusor lui répondit :

- Ta mère est morte pour te sauver et a ainsi conjurer un sort, rien d'extraordinaire finalement…Pourtant, je me demandais : Vois-tu il y a cette ressemblance physique entre nous. Et le fait que nous soyons les deux seuls à Poudlard à parler Fourchelang depuis l'époque des Fondateurs et de Salazar Serpentard…

Mais finalement, si tu es encore vivant c'est juste une question de chance.

Mais ta bonne fortune s'arrête ici, ainsi que celle de tes amies !

Harry effleurait de ses doigts le tissu du Choixpeau quand Jedusor s'exclama :

- Parle-moi, Serpentard, le plus grand des quatre de Poudlard !