Un froid glacial envahi alors Harry et Elena alors qu'il assistait impuissant à l'ouverture d'une trappe dans la bouche de la statue de Salazar Serpentard.
Un chuintement mouillé les avertit de la présence d'une « chose » rampant dans les profondeurs du conduit.
Et, horrifiés, ils virent enfin apparaître le nez du monstre qui avait terrorisé Poudlard pendant toute l'année.
« Ferme tes yeux Harry ! » intima Elena en faisant de même.
Le roi des serpents fit glisser lentement et désespérément son immense corps dans la salle vouté. Le temps semblait figé.
Chaque anneau de son corps produisait un crissement en traversant l'ouverture… des dizaines de crissements…
Alors que le jeune garçon terrorisé obtempérait, les deux Phénix, dans une synchronisation parfaite ouvrirent leurs ailes pour s'envoler…
- Vos amis à plumes vous abandonnent, ricana méchamment Jedusor.
Un bruit sourd accompagna la chute de la queue du Basilic. Il était maintenant sur le sol de la salle… à quelques mètres d'Harry et Ginny.
La main encore crispait sur le Choixpeau Magique, les yeux toujours clos, Harry reculait vers le mur essayant de trainer avec lui le corps de son amie.
C'est à ce moment la que Voldemort siffla au Serpent : Tue-les !
Des cris d'orfraie répondirent à son invective. Dans un élan, les oiseaux de feux fondirent sur leur proie.
Ce fut également à ce moment là qu'Elena réussit enfin à défaire les liens qui la retenait.
Se jetant derrière un pilier, elle eut juste le temps d'apercevoir les deux Phénix attaquer la tête du Basilic.
Les dents suintantes de poison du serpent géant les frôlaient à chaque tentative, alors qu'ils essayaient de lui crever les yeux.
Mettant les mains dans ses poches, Elena y recueilli la poudre de Rue qu'elle avait eu soin d'emporter. Contournant le pilier, elle dispersa l'herbe vers le lieu du combat. Murmurant une incantation elle fit voler la substance en direction du serpent géant.
Les fines particules enveloppèrent le monstre, l'empêchant de respirer pendant quelques secondes.
Fumseck et Rubis profitèrent ainsi de l'immobilité du Basilic pour jouer de becs et de serres. Les globes visqueux du monstre furent instantanément crever sous cet assaut.
Arrachant une exclamation de satisfaction à la sorcière !
Et de rage à Jedusor :
- Vous allez tous mourir! Hurla-t-il haineusement. Vous croyez qu'un peu de poudre et des vulgaires perroquets vont pouvoir abattre ma toute puissance !
- Cessez de nous rabattre les oreilles avec votre mégalomanie, Tom !
- Ahhhhh, la petite sorcière s'est libérée. Peut-être ais-je été un peu négligent, j'aurai du vous exécuter immédiatement, mais je ne ferai pas deux fois la même erreur !
Rageur, Tom leva la baguette d'Harry et lança un sort foudroyant en direction d'Elena.
Elle bondit derrière un pilier pour l'éviter. La pierre éclata autour d'elle en milliers de morceaux.
Pendant ce temps là, Harry secouait nerveusement le Choixpeau magique en l'exhortant à l'aider. Alors qu'il répétait une dernière fois sa supplique, il lui sembla voir briller un éclair de métal à l'intérieur du tissu.
En y enfonçant sa main, il y saisit la garde d'une épée.
« Une aide sera toujours apportée à ce qui la demande », murmura le Choixpeau.
Harry tenait dans sa main l'épée de Gryffondor, l'arme fétiche du fondateur de sa propre maison.
Jetant un rapide coup d'œil au combat qui opposait toujours le fantôme de Tom à Elena, il les contourna pour arriver devant le Basilic, toujours en prise avec les Phénixs.
Evitant les sorts qui fusaient au-dessus de sa tête, il grimpa sur la statue de Serpentard. Gêné par la lourde épée, il manqua plusieurs fois de se rompre le cou.
Parvenu à l'aplomb du monstre, il jeta un dernier regard à la forme encore immobile de Ginny et d'un bond sauta sur l'énorme échine mouvante du Serpent.
Le monstre réagit aussitôt en se contorsionnant pour l'attraper, mais Harry avait atterri bien trop près de sa tête.
Cependant les ruades du Basilic, et le fait qu'il ne pouvait se retenir que d'une main augmentaient la difficulté.
Comprenant qu'il fallait faire vite s'il ne voulait pas être éjecté de ce rodéo et finir en mille morceaux, piétiné par le Serpent, il s'élança vers la tête de l'animal.
Glissant sur les écailles luisantes comme sur un toboggan, il brandit l'épée de Gryffondor.
La force du mouvement quand il retomba, compensa la faiblesse de ses bras et son manque d'expérience.
Un horrible craquement suivi du terrible sifflement d'agonie de la bête accompagna sa chute.
Le glaive avait traversé la boîte crânienne et la mâchoire du Basilic.
Il ne savait pas depuis combien de temps il gisait là.
Quelques secondes, plusieurs minutes ? Des heures ?
Tout était silencieux. Seul résonnait une douleur lancinante dans son bras.
Puisant dans ses maigres forces pour soulever les paupières, il constata que la salle était vide devant ses yeux.
Plus de trace de combats. Plus de Tom …et plus d'Elena.
A côté de lui, le cadavre du Basilic.
Au dessus de son poignet, une profonde entaille. Une vilaine blessure, causée par la pointe acérée d'un des crochets du Roi des serpents.
La dernière action du monstre avant de mourir.
Alors qu'il tentait péniblement de se relever, une masse de plume atterri près de lui.
- Fumseck ! Tu es vivant…
Un trémolo vibrant lui répondit.
- Où sont passés les autres ?
La vue encore brouillée, il jeta un regard circulaire dans la pièce et se fût avec soulagement qu'il vit enfin Ginny.
La petite fille, encore très pâle, prostrée au pied de la statue du fondateur, l'observait en tremblant. Mais au moins, elle était vivante !
- Mais ou est Elena … et son Phénix ? Que s'est-il passé ?
Se retournant vers Fumseck, comme si celui-ci pouvait répondre, il fut surprit de voir de grosses larmes dorées couler de ses yeux.
L'oiseau pleurait, et tandis que ses pleurs s'écoulaient gouttes à gouttes sur son bras, Harry sentit une chaleur bienfaisante remplacer la douleur.
Les larmes du Phénix étaient en train de guérir sa blessure.
- Harry… Oh Harry, Comment as-tu fait pour tuer cette chose ? Où est Jedusor ? demanda Ginny, sortant de son mutisme.
Le jeune homme se relevant tout à fait lui répondit : - Je ne sais pas…
La jeune fille le regarda, perplexe :
- La dernière chose dont je me souvienne, c'est quand il est sorti de…de son journal.
- Le journal, mais bien sûr… où est-il ?
- Regarde là, à côté de l'épée !
Le journal de Tom Jedusor était bien là, par terre, dans la Chambre des Secrets.
Au milieu de la couverture, Harry pouvait voir un crochet de Basilic qui le transperçait de part en part. Sur le sol, une flaque d'encre noire s'élargissait lentement.
Les sourcils fronçaient par un effort de réflexion le jeune homme murmura :
- Mais…Comment ?
Puis se retournant vers Ginny : C'est fini, viens, sortons d'ici.
Précédés de Fumseck, ils reprirent le tunnel en sens inverse, se soutenant mutuellement.
