- Vous n'auriez jamais du aller là-bas seule !
- Je n'étais pas seule, Harry était avec moi.
L'entendre une fois de plus mentionner ce marmot était au-dessus de sa maigre patience !
Elle était si impulsive. Jamais elle n'écoutait ses conseils, une vraie tête brulée.
- Je suis venue vous demander de me pardonner.
Les yeux encore étincelants de colère se fixèrent sur la jeune femme.
-Vous n'en faites qu'à votre idée, vous vous mettez toujours dans des situations impossibles.
- Vous avez raison.
Entendre Elena acquiescer, au lieu de se rebeller, comme à son habitude, bloqua Rogue dans sa lancée.
La jeune femme s'approcha un peu plus.
- Je vous le répète : je suis désolée.
- A quel point ? Susurra Severus, décidant de profiter de son avantage, en digne Serpentard qu'il ne pouvait cesser d'être.
Alors que leurs robes se frôlaient, Severus posa sa main sur la nuque d'Elena et l'attira à lui, presque violemment.
- A quel point…. ? Redemanda-t-il.
Le regard du sorcier dominait la jeune femme, qui les paupières baissées, semblait sans volonté.
- Je ne veux plus ma battre Severus, inutile de me provoquer.
- Ne me dites pas comment je dois me comporter, sorcière ! Et il la serra un peu plus contre lui.
Son souffle chaud frôla l'oreille de la jeune femme puis descendit jusqu'à sa nuque.
Abandonnée, elle pencha naturellement la tête de coté, prête à recevoir les baisers délicieux. qu'il savait si bien lui dispenser.
La douleur soudaine d'une morsure sauvage annihila en une seconde tout espoir de douceur.
Severus venait, tel un vampire de planter ses dents à la base de sa jugulaire…
Cette torture lui fit cambrer son corps, qui s'incrusta un peu plus dans les courbes noueuses de son partenaire.
Ses ongles s'incrustèrent dans le dos de Rogue et ses lèvres s'ouvrirent sur un cri muet.
Relevant la tête il lui murmura doucement :
- Vous êtes à moi.
Puis s'emparant des sa bouche, il força le barrage de ses dents pour lui imposer un baiser au goût de sang…son sang.
Lorsqu'il lui laissa reprendre son souffle ce fût pour la menacer :
- Je devrais vous attacher. Cela vous éviterait les ennuis que vous attirez comme un aimant.
- Pensez- vous que je sois plus à l'abri à vos côtés ?
- A vrai dire, non, mais je ne vous laisse plus le choix, je vous interdis de me laisser de nouveau en arrière.
- Je ne suis pas sûre de pouvoir vous obéir.
- Cesser de me contredire, ou ce ne sera pas simplement une morsure que vous subirait.
Elena , les mains sur son torse le repoussa gentiment et lui dit :
- Je dois partir Severus, je rejoins ma famille, pour quelques temps.
- J'ignorais qu'il vous restez encore de la famille répondit-il, contrarié dans son élan.
- Vous ne savez pas tout de moi…
- J'avais espéré que nous aurions tout l'été pour enfin…
- Malheureusement je ne peux que vous accorder cette nuit, pour moi, Poudlard est terminé.
- Vous ne reviendrez pas l'an prochain ?
- Cela m'est impossible, c'est pourquoi je voulais vous voir… vous expliquer.
- Aucune explication n'est nécessaire, vous avez déjà fait votre choix, il me semble, répliqua-t-il sèchement.
- Certaines choses se font, en dépit de ma volonté…
Sa dernière phrase s'évanouit dans le baiser farouche de son amant.
Il tenait à profiter des dernières heures qu'il lui restait.
Au petit matin, sa main ne rencontra sur sa couche que le vide. Elle était bel et bien partie.
« J'ai aimé un rêve » soupira-t-il.
La réalité d'un début de journée chassa progressivement sa tristesse. Il devait parler à Albus.
Poudlard était encore endormi quand Severus retrouva Dumbledore dans son bureau. Le regard du vieil homme semblait se perdre dans les lueurs des flammes.
Sa barbe scintillait de quelques gouttelettes, vestige d'une boisson certainement trop vite avalée.
La perspective d'un Albus gagnait par la sénilité et ne sachant plus boire correctement ne réjouissait pas le pauvre professeur de potions.
Albus, émergeant peu à peu de ses pensées, leva lentement son visage vers Severus. Ses poings restaient crispés sur les accoudoirs du fauteuil.
- Severus, il semble que nous jouons encore de malchance…
Nous avons de nouveau perdu un professeur de Défense contre les forces du mal.
- C'est vrai, elle est partie.
- Si ces départs pouvaient être moins définitifs… Je vais finir par croire que ce poste est réellement maudit.
- Vous trouverez un autre enseignant, qui ne serait être moi, comme de bien entendu…
- C'est faire peu de cas du sort de notre cher Elena reprit Dumbledore, d'une voix légèrement étranglée, les sourcils froncés de colère.
- Elle sera tout aussi bien, là où elle est.
- C'est une façon de voir, mais c'est un peu rude, même de votre part Severus.
- Je pensais que depuis le temps, vous aviez appris à faire l'impasse sur mon soi-disant mauvais caractère.
- Mais vous pouvez cependant respecter la peine éprouvée par vos semblables. Et le manque que va laisser cette adorable enfant.
- La peine…. ?
Horrifié, Severus réalisait soudain que ce n'était pas un reste de thé qui brillait sur la barbichette du vieil homme…mais des larmes. Dumbledore avait pleuré…sur la perte d'Elena…
Bredouillant presque, il murmura, sans vraiment s'adresser à Albus :
- Elle,… Elle était avec moi, cette nuit.
- Severus, vous avez rêvé. Finalement cela vous perturbe aussi. Elena a disparu, définitivement, elle est morte hier soir, dans la Chambre des Secrets.
Harry est revenu seul. Il pense qu'elle a été frappée par le dernier sort de Voldemort. Ou plutôt, Tom Jedusor. D'après lui la baguette d'Elena n'avait aucun effet sur le fantôme de Tom. Il l'a tout simplement désintégrée.
Dès que Fumseck m'a prévenu je suis revenu à Poudlard. Harry m'a montré le chemin de la Chambres des Secrets.
Je n'y ai trouvé que quelques traces de sang… et la baguette d'Elena.
C'est absolument impossible que vous ayez pu lui parler cette nuit.
« Et pourtant » pensa Severus en s'éloignant sans répondre. « Elle n'a jamais été aussi vivante que pendant ces quelques heures, dans mes bras. »
