« Emmenez-moi au bout de la terre, emmenez-moi au pays des merveilles, il me semble que la misère serait moins pénible au soleil… »


- Non mais sérieux, ce que tu peux être têtue !

- N'est pas Black qui veut ! Ricana-t-il.

- Voilà que maintenant tu es un Black, je pensais que tu faisais tout pour oublier ton ascendance…

- Ils n'étaient pas tous mauvais, mon arrière-arrière grand père par exemple.

- Oui, je vois très bien de qui tu parles, un vrai charmeur celui-là, j'en suis encore toute retournée depuis notre rencontre, ironisa Elena.

- Je ne t'ai pas demandé de revenir !

- Ah mais bien sûr, suis-je sotte ! pourquoi demander un peu de reconnaissance ! J'aurais du te laisser pourrir dans ta cellule !

-Cela aurait peut-être mieux valu que d'être coincé comme deux idiots sur cette falaise.

- Excuse-moi si le timing n'est pas à ton goût.

- Je tiens simplement à faire remarquer que ton oiseau le prend un peu à son aise !

- Si tu n'avais pas eu l'idée stupide de te faire changer de cachot, nous serions déjà loin. Et baisse le ton je te prie, ce n'est pas le moment de nous faire remarquer par les Détraqueurs.

Dernière précision : Rubis n'est pas un simple oiseau, c'est un Phénix !

- Un Phénix Irlandais, tu oublies de préciser, humeur maussade, versatile et quelques autres défauts qui m'échappent…Ah si je sais : toujours en retard !

- Ce que tu peux être désagréable.

- Je suis mort de froid et de faim !

- Si tu ne te tais pas tu seras bientôt mort tout court…

Alors que nos deux protagonistes continuaient à se chamailler sur le versant abrupt de la falaise qui entourait la prison d'Azkaban, une petite lueur verte bravait les vents violents et les embruns de la mer du Nord pour les rejoindre.

La consigne donnée à Rubis avait été claire : revenir toutes les heures, à un point précis du rocher maudit.

Trempé, épuisé mais toujours vaillant, le Phénix était au rendez-vous.

Le visage d'Elena s'éclaira à l'approche de son familier. Ils allaient enfin pouvoir quitter cet endroit lugubre. Elle y était venue deux fois, c'était déjà deux de trop.

Sirius quand à lui, l'espoir au cœur, n'osait encore croire à la délivrance. Toutes ces années passées dans la crasse et la puanteur de sa geôle avaient terni son optimisme.

Alors que le Phénix atteignait enfin l'endroit où les sorciers étaient dissimulés, une bourrasque manqua de l'écraser sur les arêtes aiguës des rochers.

Opérant un magnifique rétablissement, d'un puissant coup d'ailes, Rubis se positionna au-dessus d'Elena.

La jeune femme attrapa le bras de son compagnon et s'accrochant aux pattes du Phénix lui demanda :

- Emporte nous loin d'ici !

Un crack assourdissant couvrit momentanément le bruit des vagues se fracassant sur les récifs.

Cela alerta les Détraqueurs qui arrivèrent en glissant, s'agglutinant sur le bord de la falaise.

Trop tard ! Elena et Sirius s'étaient enfuis.

La prison d'Azkaban connaissait ainsi sa première évasion.