- Je ne vais pas rester !

Un hoquet de stupeur secoua la jeune femme.

- Mais où donc veux-tu aller Sirius, tu es recherché de partout…

- Je me débrouillerai, comme toujours, assura-t-il d'un ton désinvolte.

Il avait reprit un peu d'assurance depuis qu'il avait enfin pris un bain et mangé à sa faim.

- Oui, tu t'es tellement bien débrouillé jusque là que tu as atterri en prison pendant douze longues années !

- Merci de me le rappeler ! De toute façon, si je reste, je vous mets en danger, Morrigane et toi.

- Nous savons ce que nous risquons Mr Black, le coupa la jolie blonde.

- Sirius, appelez moi Sirius. Je vous remercie charmante hôtesse, mais vous n'avez pas idée de ce que pourrait vous faire subir un Détraqueur. Et malheureusement il ne viendra pas seul.

- Nous sommes capable de nous défendre lui répondit-elle. Ne nous sous-estimé pas, vous seriez surpris.

Une grimace de résignation apparue sur le visage de Sirius. Il se passa la main dans les cheveux, propres mais encore longs et en broussaille.

Cette discussion ne menait à rien, il avait déjà pris sa décision.

Outre le fait que le danger qui le menaçait pouvait également s'abattre sur ses compagnes, il avait une vengeance personnelle à accomplir.

Son œil tomba une nouvelle fois sur l'article de LA GAZETTE DU SORCIER consacré à la famille Weasley.

Au dire d'Elena, ces gens étaient amis avec Harry.

Harry Potter, le fils de son meilleur ami… et son filleul. Chose que le gamin ignorait totalement.

Mais ce n'était pas la photo de famille Weasley, en vacances en Egypte, qui l'intéressait, mais plutôt un élément bien spécifique de celle-ci.

Sur l'épaule du plus jeune fils, Ron, un familier était perché : son rat.

Et il ne faisait aucun doute pour Black que ce rat était un animagus.

Tout simplement parce qu'il le connaissait et qu'il venait de faire plusieurs années de prison pour son meurtre.

Le rat sur la photo, identifiable à une de ses pattes mutilée était Peter Pettigrow, le responsable de la mort des Potter.

Il s'était officiellement désintégré dans une explosion au cœur de Londres quelques années auparavant, alors qu'il était poursuivi par Black, cherchant à faire justice lui-même.

Sirius, au fond de sa cellule, avait compris qu'il avait simulé sa propre mort et qu'il était resté caché sous sa forme animale depuis tout ce temps.

Un accès de rage avait suivi cette découverte, et c'est pour cela que les gardiens de la prison l'avait changeait de cellule, compliquant le plan d'évasion d'Elena.

La deuxième chose qui lui sautait maintenant aux yeux était que Peter, ce rat d'égout, semblait dangereusement proche du fils Potter et que cela ne pouvait pas être dû au hasard

Des forces malfaisantes cernaient son filleul. Il avait échoué à sauver ses parents, où même à les venger, mais il était prêt à se sacrifier pour réparer ses erreurs et protéger le garçon.

En leur montrant l'article daté de deux semaines et qu'il avait précieusement gardé, il avait expliqué ces derniers éléments aux jeunes femmes.

Elena, inquiète, était restée silencieuse pendant un bon moment et c'est là qu'il leur avait annoncé son départ.

Levant ses yeux du journal il reprit :

- D'abord je vais aller voir Harry et tout lui raconter…

- Mais tu es complètement fou, il ne te croira jamais ! Tu n'as aucune preuve de ce que tu avances !

Que ce soit ton innocence dans la mort des Potter ou bien l'existence de Peter … Et puis, il ne connaît même pas ton existence.

- Tu viendras avec moi, toi il te croira !

- Dois-je te rappeler que je suis sensée être morte !

- Je ne comprends toujours pas pourquoi tu t'es amusé à faire ça. Ce n'est pas comme Pettigrow, tu n'a rien à te reprocher !

Un échange de regard entre les deux jeunes femmes éveilla sa curiosité.

Elles lui cachaient quelque chose.

- Gardez vos petits secrets, demoiselles et je m'en tiendrai à mon idée.

Je retrouverai Peter et je ferai, enfin, ce pourquoi j'ai été condamné. Il ne mérite pas de vivre plus longtemps !

- Accepte au moins notre aide, proposa Elena.

- Tu ne veux pas m'accompagner voir Harry ! Et tu as perdu ta baguette il me semble…

- Cela ne servira à rien et nous mettra tous deux en danger. Mais je peux t'aider à t'introduire à Poudlard, tout comme j'ai réussi à te faire sortir d'Azkaban. Quand à ma baguette j'ai prévu un petit tour au chemin de traverse pour m'en procurer une.

- Je nous vois bien atterrir en plein milieu du parc en convoi de Phénix !

- Je ne voyais pas vraiment les choses comme ça, mais c'est une idée, ironisa-t-elle.

- Et que proposes-tu ?

- J'ai laissé derrière moi quelque chose qui pourra nous aider à entrer.

- Tu as toute mon attention. Dis-moi en plus…

Sur la table de la cuisine du mas de Morrigane, où cette conversation se déroulait, des regards de conspirateurs se croisèrent.

Par la fenêtre on pouvait apercevoir, au loin, les maisons moldus de villages voisins. Petit hameaux tranquilles bien éloignés du monde sorcier.

Alors que le soleil atteignait son zénith et que les cigales chantaient l'été radieux de la Provence, Elena exposa son plan.