- Cesse de cracher et de te hérisser le poil ! Je vais très bien, tout va très bien.
Personne ne m'a vu !
Sirius, le sourire moqueur, mais aussi un peu gêné, faisait actuellement face à un chat très expressif, voire un peu trop...
Sa petite escapade avait déchainé la colère d'Elena, qui s'était accentuée quand elle avait réalisé être partie sans potion.
Cet homme était capable de la mettre dans un tel état d'exaspération qu'elle en oubliait les principes élémentaires de prudence.
Heureusement elle avait choisi une aire de transplanage discrète, ce qui lui avait permis de se transformer en animagus, aussitôt arrivée.
Le village de Pré-au-Lard était typiquement sorcier. A ce titre il comportait de nombreuses curiosités, dont l'une des plus effrayantes était la Cabane Hurlante.
Tout le monde la considérait comme hantée. Certains juraient y avoir entendu d'horribles hurlements en sortir.
Situé sur la colline surplombant le village, les habitants, ainsi que les touristes s'en approchaient, mais n'osaient jamais y pénétrer.
C'était sur une idée de Sirius, vivement approuvée par Elena, qu'ils avaient décidé d'en faire leur point de chute.
Le sorcier la connaissait depuis ses études à Poudlard.
Elena avait appris son existence et surtout celle du passage secret qui y menait grâce à Saphir qui en avait découvert l'entrée dans le parc de l'école.
Le siamois, habile fureteur, l'y avait fait accéder, l'année précédente, en passant par un trou caché dans le vieux saule cogneur irascible.
C'est pourquoi, ils se retrouvaient actuellement tous deux dans la pièce principale de la cabane.
Elena se doutant bien que Sirius ne manquerait pas de s'y rendre, après sa disparition de la maison de Morrigane.
Pour l'instant, le sorcier essayait maladroitement d'apaiser la fureur de l'animagus.
Il ajouta :
- Je me suis même fait un ami !
Sur ces mots, une ombre émergea de derrière sa cape.
Assez imposant, les pattes arquées, un persan roux s'avança d'un air dédaigneux vers la sorcière toujours transformée en chat.
Elena lâcha un dernier feulement, puis se tut.
La face comiquement écrasée de ce nouveau compagnon à poils sembla lui faire reprendre son calme.
Elle pencha la tête pour l'observer. Toujours indifférent, le matou se laissa examiner, tandis qu'Elena tournait d'un air circonspect autour de lui.
Le persan eut un lent mouvement de recul, pas affolé pour une mornille, quand la sorcière reprit sa forme humaine.
Il se cala aux pieds de Sirius, attendant le verdict.
- Ou l'as-tu trouvé ? demanda Elena, encore essoufflée.
- Et bien, j'étais à peine arrivée depuis cinq petites minutes, qu'il pointait son mignon petit nez.
J'ai l'impression qu'il a senti ma présence.
- Tu sais à qui il appartient ?
- Il ne me l'a pas dit. Mais tu sais la communication entre canin et félin…
- Cela t'aurait été utile… . Il est avec Hermione.
- La meilleure amie d'Harry ? Comment le sais-tu ? Il ne t'a pas parlé !
- Je l'ai vu sortir de la boutique d'animaux avec ce chat dans les bras, la veille de leurs départs à Poudlard.
- Alors il a ses entrées dans la tour des Gryffondors, cela pourrait être utile.
- Tu sais qu'il comprend tout ce que tu dis ?
- J'espère bien !
- Ils pourraient amener les enfants jusqu'ici, tu es fou !
- C'est plutôt le rat qu'il pourrait m'amener !
- Et tu crois que Pettigrow ne se défendrait pas… ?
- Pas s'il lui brise la nuque, précisa Sirius d'un air sadique.
- Je croyais que tu voulais lui régler son compte toi-même.
- Tu as raison, mais il peut toutefois nous aider.
- Oui… certainement, acquiesça Elena d'un air songeur. Retournant son attention vers le chat, elle lui dit :
- Va rejoindre ta maitresse, elle risque de s'inquiéter de ton absence. Au château, il y a un chat du nom de Saphir, il t'expliquera qui je suis. Demande-lui de venir ici, discrètement…s'il te plait.
Le chat roux leva sa grosse tête vers Sirius, l'air de guetter son approbation. Puis, comme celui-ci hochait le menton, il se détourna et frôlant les jambes de son nouvel ami, s'esquiva calmement en se dandinant, la queue en panache.
Le chat parti, Elena, encore furieuse sermonna Sirius :
- Tu as volé une baguette ! Dans la maison de Morrigane ! C'est mal la remercier, tu aurais pu lui attirer de graves ennuis !
- Cela aurait été plus simple si tu avais accepté de m'en fournir une…
- Si je ne l'ai pas fait, c'était justement pour t'empêcher de foncer tête baissée ici !
- Mais tu vois, je suis en sécurité ici !
- Comment vas-tu te déplacer ? Comment vas-tu te nourrir ?
- Seul Remus peut me reconnaître sous ma forme d'animagus. Tant qu'il est en cours, je ne risque rien. Pour manger, et bien… je comptais un peu sur toi, mais si tu ne veux pas m'aider, je chaparderai. J'ai survécu douze ans à la nourriture d'Azkaban, plus rien ne m'écœure !
- Ne sois pas stupide, bien sûr que je vais t'aider ! Il ne faudra pas que je fasse trop d'aller et venu, car je risque aussi de me faire prendre, mon animagus est plus connu que le tien.
- Par Dumbledore ?
- Et Severus…
- Rogue, cracha Sirius d'un air dédaigneux. Je ne comprends toujours pas comment tu peux être ami avec cet avorton.
- Vos querelles d'adolescents ne m'intéressent pas Sirius !
- C'est plus que çà ! C'est un Mangemort !
- C'était…, il a la confiance de Dumbledore maintenant.
- Mouais, tout le monde peut faire des erreurs…
- Tu es bien placé pour le savoir ! Nous avons déjà eu cette discussion, je préfère ne pas y revenir !
Elena pensa alors qu'elle avait bien fait de ne pas raconter toute la vérité concernant sa relation avec Severus. Sirius aurait été incapable de s'y faire. Black vouait au professeur de potions, une haine tenace. Et n'ayant pas encore abordé le thème du serment inviolable, ce n'était pas le moment de faire ce genre de révélation.
Elle aurait perdu tout crédit auprès de lui !
L'arrivé de Saphir coupa court à l'échange.
Le siamois, très digne, accepta les effusions de sa maîtresse.
Après tout, il était normal qu'il lui ait manqué.
Il écouta ensuite les quelques explications qu'elle lui donna.
C'était reparti pour l'aventure : le rat, le chat roux : Patte-en rond, le bien nommé, l'elfe et le trio infernal de l'année dernière !
A cela s'ajoutait cet énorme chien noir dont il venait de faire connaissance.
Une seule chose le contrariait, et ce n'était pas d'agir dans la plus grande discrétion, il était fait pour çà. Mais d'agir sous le nez de l'homme en noir, qu'il commençait à apprécier.
Sa sorcière ne réalisait pas du tout à quel point celui-ci serait furieux quand il découvrirait le pot-au-rose. Ce qui ne manquerait pas d'arriver.
