Coucou tout le monde. Oui, je sais, je suis en retard d'une journée, jetez-moi pleins de tomates. Pour ma défense, je viens juste de sortir d'un CCF à gros coeff (que je pense avoir à peu près réussi) et je me suis concentrée sur mes révisions hier soir. Je ne vais donc pas faire de réponse aux reviews, je remercie juste énormément toux ceux qui en ont laissé, j'avais le gros smile à chaque fois que j'en lisais une. Merci aussi à ceux qui follows ou ajoutent en favoris :) Et pour ceux qui se demandes, vous allez enfin connaître le passé de nos deux protagonistes :)
Bonne lecture, et n'oubliez pas la pitite review :)
Chapitre 4: Chaleureuses étreintes, mystère et boule de gomme.
Stiles et Derek avaient passé leur après-midi à parler, se rappelant leur passé. Les jeux qu'ils inventaient, les blessures de Stiles, tout y était passé. Ils avaient finis par s'installer sur le canapé, un plaid étalé sur eux, alors que la nuit venait de tomber.
Un petit loup noir sautait pour tenter d'attirer l'attention. Plus personne ne s'occupait de lui. Ils étaient tous occupé à s'extasier devant un bébé criard qui lui perçait les tympans. Le petit loup se fit attraper par deux grandes mains. Son père le souleva de terre et l'obligea à le regarder:
- Bon, ça suffit Derek! Retransformes toi!
Face à l'air sévère de son père, le petit loup noir obéit. Derek, du haut de ses 8 ans, n'arrivait pas à contenir sa jalousie. D'habitude, toutes les attentions des adultes étaient dirigées vers lui. Seulement, aujourd'hui, il y avait cette dame avec ce bébé qui criait, et tout le monde s'extasiait devant lui, laissant de côté l'enfant. Même sa soeur ne s'occupait plus de lui.
- Allez, viens dire bonjour. sourit gentiment sa mère.
Elle le prit par la main et l'entraîna avec elle. Les adultes se dispersèrent, permettant ainsi à Derek de s'approcher. La mère avait l'air fatiguée mais elle souriait. Le bébé dans ses bras continuait de pleurer doucement. L'enfant s'approcha lentement. Il regarda le bébé. Il était tout rouge d'avoir trop pleuré et ses joues étaient trempées par ses larmes. Il bavait aussi. Mais Derek le trouva mignon malgré tout.
- Tu veux le porter? lui proposa la mère du bébé.
Derek leva son regard vers cette dame, puis vers sa mère. Cette dernière hocha imperceptiblement la tête. Un grand sourire apparut alors sur le visage du jeune loup. Il hocha à son tour la tête avec entousiasme. La mère du bébé le fit s'asseoir. Sa mère, Talia, lui montra comment placer ses bras et le bébé y fut déposé. Dès lors qu'il toucha les bras de Derek, le bébé s'arrêta de pleurer et fit un grand sourire au louveteau qui le tenait. Derek jeta un coup d'œil aux 2 adultes, ne comprenant pas ce qu'il se passait, mais elles souriaient toutes les deux. Il reporta son attention sur le bébé qui venait de s'endormir. Derek fut condamné à le porter jusqu'à ce que sa mère juge qu'il était temps de rentrer. Le bébé se remit à pleurer lorsqu'il fut enlevé des bras du loup, mais cela ne dura pas. Derek, quant à lui, eut l'impression qu'on lui arrachait un morceau de son cœur tandis qu'il regardait la voiture s'en aller en faisant des signes d'au revoir. Le loup en lui savait déjà, même si l'enfant était trop jeune pour avoir appris et pour se rendre compte de tout ce que cela impliquait.
Derek tenait le bébé dans ses bras, tout en parlant avec la mère de celui-ci.
- Vous savez, au début je ne l'aimais pas beaucoup.
Elizabeth, la mère du petit garçon, eut un sourire doux avant de lui répondre:
- Et pourquoi tu n'aimais pas Genim?
Derek haussa les épaules, pas très sûr de ce qu'il devait répondre.
- Je crois que j'étais jaloux. Vous savez, avant, tout le monde s'occupait de moi, jouait avec moi. Et maintenant qu'il est là, tout le monde m'oublie. Je comprends pas pourquoi.
- Et bien, c'est un bébé. répondit Elizabeth. Il est encore fragile. Il faut le protéger.
Derek se contenta d'hocher la tête. Il allait protéger Genim.
Un petit garçon de 3 ans était couché dans son lit. Il se faisait sermonner par un autre garçon de 11 ans. Le petit était tombé en jouant avec Laura, la grande sœur de Derek, et s'était ouvert le genou. Derek, car c'était lui, continuait de sermonner Genim:
- Tu pourrais faire un peu attention! Combien de fois je t'ai déjà dit de ne pas courir, de ne pas suivre Laura, de regarder où tu marches, de ne pas grimper aux arbres, de faire attention en mangeant, de ne pas aller dans la forêt, de ne pas jouer avec les animaux, de ne pas...
Mais l'air triste de Genim fit pitié au loup qui se tut.
- Pourquoi tu cris? demanda le plus jeune en pleurant presque.
Derek se releva et se dirigea vers la porte. Mais il fut interrompu par le petit garçon qui l'appela:
- Tu peux me raconter une histoire?
Le loup s'arrêta, avant de se retourner et de s'avancer vers le lit. Il soupira:
- Bon, qu'est-ce que tu veux?
- Le petit chaperon rouge!
"Encore!" pensa Derek. Mais même s'il était exaspéré, il accéda à la demande du plus jeune. Piochant le livre dans le tas au pied du lit, il se plaça à côté de l'enfant pour qu'il puisse voir les images. C'était son livre préféré et il les connaissait toutes par cœur mais il piquait une crise dès lors qu'il ne pouvait les voir. Derek ouvrit le livre et commença à lire:
- Il était une fois une petite fille que tout le monde aimait bien, surtout sa grand-mère. Elle ne savait qu'entreprendre pour lui faire plaisir. Un jour, elle lui offrit un petit bonnet de velours rouge, qui lui allait si bien qu'elle ne voulut plus en porter d'autre. Du coup, on l'appela « Chaperon rouge ».
Un jour, sa mère lui dit :
- Viens voir, Chaperon rouge : voici un morceau de gâteau et une bouteille de vin. Porte-les à ta grand-mère ; elle est malade et faible ; elle s'en délectera ; fais vite, avant qu'il ne fasse trop chaud. Et quand tu seras en chemin, sois bien sage et ne t'écarte pas de ta route, sinon tu casserais la bouteille et ta grand-mère n'aurait plus rien. Et quand tu arriveras chez elle, n'oublie pas de dire « Bonjour » et ne va pas fureter dans tous les coins.
- Je ferai tout comme il faut, dit le Petit Chaperon rouge à sa mère.
La fillette lui dit au revoir. La grand-mère habitait loin, au milieu de la forêt, à une demi-heure du village. Lorsque le Petit Chaperon rouge arriva dans le bois, il rencontra le Loup. Mais il ne savait pas que c'était une vilaine bête et ne le craignait point.
- Bonjour, Chaperon rouge, dit le Loup.
- Bonjour, Loup, dit le Chaperon rouge.
- Où donc vas-tu si tôt, Chaperon rouge ?
- Chez ma grand-mère.
- Que portes-tu dans ton panier ?
- Du gâteau et du vin. Hier nous avons fait de la pâtisserie, et ça fera du bien à ma grand-mère. Ça la fortifiera.
- Où habite donc ta grand-mère, Chaperon rouge ?
- Oh ! à un bon quart d'heure d'ici, dans la forêt. Sa maison se trouve sous les trois gros chênes. En dessous, il y a une haie de noisetiers, tu sais bien ? dit le petit Chaperon rouge.
Le Loup se dit : « Voilà un mets bien jeune et bien tendre, un vrai régal ! Il sera encore bien meilleur que la vieille. Il faut que je m'y prenne adroitement pour les attraper toutes les eux ! »
Il l'accompagna un bout de chemin et dit :
- Chaperon rouge, vois ces belles fleurs autour de nous. Pourquoi ne les regardes-tu pas ? J'ai l'impression que tu n'écoutes même pas comme les oiseaux chantent joliment. Tu marches comme si tu allais à l'école, alors que tout est si beau, ici, dans la forêt !
Le Petit Chaperon rouge ouvrit les yeux et lorsqu'elle vit comment les rayons du soleil dansaient de-ci, de-là à travers les arbres, et combien tout était plein de fleurs, elle pensa : « Si j'apportais à ma grand- mère un beau bouquet de fleurs, ça lui ferait bien plaisir. Il est encore si tôt que j'arriverai bien à l'heure. »
Elle quitta le chemin, pénétra dans le bois et cueillit des fleurs. Et, chaque fois qu'elle en avait cueilli une, elle se disait : « Plus loin, j'en vois une plus belle » ; et elle y allait et s'enfonçait toujours plus profondément dans la forêt. Le Loup lui, courait tout droit vers la maison de la grand-mère. Il frappa à la porte.
- Qui est là ?
- C'est le Petit Chaperon rouge qui t'apporte du gâteau et du vin.
- Tire la chevillette, dit la grand-mère. Je suis trop faible et ne peux me lever.
Le Loup tire la chevillette, la porte s'ouvre et sans dire un mot, il s'approche du lit de la grand-mère et l'avale. Il enfile ses habits, met sa coiffe, se couche dans son lit et tire les rideaux.
Pendant ce temps, le petit Chaperon Rouge avait fait la chasse aux fleurs. Lorsque la fillette en eut tant qu'elle pouvait à peine les porter, elle se souvint soudain de sa grand-mère et reprit la route pour se rendre auprès d'elle. Elle fut très étonnée de voir la porte ouverte. Et lorsqu'elle entra dans la chambre, cela lui sembla si curieux qu'elle se dit : « Mon dieu, comme je suis craintive aujourd'hui. Et, cependant, d'habitude, je suis si contente d'être auprès de ma grand-mère ! » Elle s'écria :
- Bonjour !
Mais nulle réponse. Elle s'approcha du lit et tira les rideaux. La grand-mère y était couchée, sa coiffe tirée très bas sur son visage. Elle avait l'air bizarre.
- Oh, grand-mère, comme tu as de grandes oreilles.
- C'est pour mieux t'entendre...
- Oh ! grand-mère, comme tu as de grands yeux !
- C'est pour mieux te voir !
- Oh ! grand-mère, comme tu as de grandes mains !
- C'est pour mieux t'étreindre...
- Mais, grand-mère, comme tu as une horrible et grande bouche !
- C'est pour mieux te manger !
À peine le Loup eut-il prononcé ces mots, qu'il bondit hors du lit et avala le pauvre Petit Chaperon rouge.
Lorsque le Loup eut apaisé sa faim, il se recoucha, s'endormit et commença à ronfler bruyamment. Un chasseur passait justement devant la maison. Il se dit : « Comme cette vieille femme ronfle ! Il faut que je voie si elle a besoin de quelque chose. » Il entre dans la chambre et quand il arrive devant le lit, il voit que c'est un Loup qui y est couché.
- Ah ! c'est toi, bandit ! dit-il. Voilà bien longtemps que je te cherche...
Il se prépare à faire feu lorsque tout à coup l'idée lui vient que le Loup pourrait bien avoir avalé la grand-mère et qu'il serait peut-être encore possible de la sauver. Il ne tire pas, mais prend des ciseaux et commence à ouvrir le ventre du Loup endormi. À peine avait-il donné quelques coups de ciseaux qu'il aperçoit le Chaperon rouge. Quelques coups encore et la voilà qui sort du Loup et dit :
- Ah ! comme j'ai eu peur ! Comme il faisait sombre dans le ventre du Loup !
Et voilà que la grand-mère sort à son tour, pouvant à peine respirer. Le Petit Chaperon rouge se hâte de chercher de grosses pierres. Ils en remplissent le ventre du Loup. Lorsque celui-ci se réveilla, il voulut s'enfuir. Mais les pierres étaient si lourdes qu'il s'écrasa par terre et mourut.
Ils étaient bien contents tous les trois : le chasseur dépouilla le Loup et l'emporta chez lui. La grand-mère mangea le gâteau et but le vin que le Petit Chaperon rouge avait apportés. Elle s'en trouva toute ragaillardie. Le Petit Chaperon rouge cependant pensait : « Je ne quitterai plus jamais mon chemin pour aller me promener dans la forêt, quand ma maman me l'aura interdit. »
Derek releva la tête et jeta immédiatement un regard attendris sur l'enfant. Genim s'était endormit. Il rangea le livre, borda son protégé puis sortit de la chambre sans un bruit.
À 4 ans, Genim était intenable. Il passait son temps à se cogner dans différents meubles, à tomber, s'écorcher, s'assommer, tout ce qui pouvait rendre Derek cinglé. Genim se faisait maintenant déposé par sa mère le matin et repartait le soir lorsqu'elle venait le chercher. Entre temps, il était capable de se faire un bleu sur le front, de s'ouvrir le genou et le coude, de s'enfoncer une épine dans la main, de se faire piquer par une abeille et mordre par un chat. Et tout ça dans la même journée. Derek en devenait totalement dingue. Après chaque blessure, il devait consoler le petit Genim qui pleurait. Et ensuite il recommençait. Pour l'occuper, Derek l'avait habillé en cow-boy. Mais Genim s'était baladé dans toute la maison et le loup l'avait retrouvé, pleurant devant un meuble. Le petit venait de se prendre le coin dans le front. Exaspéré, Derek attrapa sa main et l'entraîna jusque dans sa chambre. Puis il commença à le déshabiller, vérifiant à chaque vêtement enlevé que son protégé n'était pas blessé. Le petit Genim tentait de protester, mais Derek lui grogna dessus, étouffant toute forme de cris ou pleurs. Finalement, le plus jeune se laissa faire. Derek l'avait laissé en sous-vêtements mais avait passé 10 minutes à tâter son corps. Finalement, étant satisfait de ne trouver aucune blessure, il le laissa se rhabiller et repartir sans plus le contraindre.
À 5 ans, Genim était fasciné par la forêt. Il y passait ses après-midi et ses week-ends. Ses pas le menaient souvent jusqu'à la maison de son parrain. Ou bien Derek le retrouvait et l'attendait de pied ferme, le ramenant jusqu'à la maison de Jack ou jusque chez Elizabeth, s'il était trop tard. Elizabeth ne s'étonnait d'ailleurs pas de voir son fils de 5 ans disparaître, au plus grand désespoir de son mari. Régulièrement, Genim trouvait des animaux qui n'avaient pas peur de lui, et Derek le retrouvait en grande conversation avec l'un d'eux. Il ne disait rien, l'animal s'enfuyant à son approche. Alors, Genim se retournait et arborait un grand sourire heureux, voyant son presque grand frère approcher. Parfois même, Derek trouvait le petit garçon en train de regarder un arbre. Et c'était comme si quelque chose se passait entre les deux. Et Derek ne pouvait rien faire jusqu'à ce que Genim remarque de lui-même sa présence. Et il avait toujours l'air de sortir d'une transe. C'était quelque chose que Derek avait toujours trouvé magnifique à voir.
Un petit lapin blanc gambadait dans toute la maison, poursuivit par un Derek rageur.
- Mais j'ai soif! braillait le petit garçon de 6 ans.
Le loup abandonna facilement et remonta dans sa chambre, grognant à Genim de se dépêcher. Le jeune avala son verre d'eau et passa devant le salon remplie d'adulte en scandant:
- Je suis en retard je suis en retard je n'ai pas le temps de dire au revoir je suis en retard.
Les adultes éclatèrent de rire en le voyant passer. Jack envoya quand même son frère, Peter, surveiller Derek. Il savait bien de quoi son fils était capable.
Dans la chambre, Derek tentait de soutirer des informations à Genim. Il savait que le plus jeune avait caché quelque chose dans la poche du costume mais n'arrivait pas à lui faire cracher le morceau. Il attrapa donc une ceinture, avec laquelle il bloqua les mains de Genim le lapin blanc, prévoyant ainsi toute tentative de riposte. Il se servit ensuite du poids de son corps et fit basculer le plus jeune sur le lit. Il le bloqua avec ses jambes et fouilla dans sa poche. Puis, triomphalement, il sortit le petit paquet à peine emballé. Genim sanglota doucement tandis que Derek ouvrait le paquet. Il s'y trouvait un petit personnage fait avec des branches et quelques feuilles. Derek trouvait l'attention très mignonne et il posa un baiser sur le front du petit garçon pour le remercier.
- Vous ne devez plus vous voir! annonça Jack, froidement.
Les deux garçons s'entre regardèrent. Dès qu'ils avaient vu les adultes, Elizabeth et Jack, et Peter aussi, ils avaient pressentis quelque chose. Et maintenant, ils leurs annonçait ça. Genim eut l'horrible envie de pleurer, mais il se retint, soutenu par la main de Derek dans son dos. Les deux garçons furent contraints de se dire au revoir, ne sachant pas que c'était pour eux la dernière fois avant longtemps. Puis Genim partit et Derek se retrouva à nouveau seul.
Pendant deux mois, Derek avait surveillé Genim, restant pourtant à distance. Il veillait à ce que l'enfant aille à l'école le matin et rentre chez lui le soir, et surtout à ce qu'il ne traîne pas dans la forêt. Il continuait de sentir l'odeur rassurante de son ami et se conformait du même coup à leur séparation. Mais bientôt, l'odeur se fit plus trouble, et la famille disparut. Il ne fut plus qu'une loque humaine après ça. Ce fut aussi à peu près le moment où la famille Argent s'installa en ville. Le fils travaillait avec son père mais la fille, plus jeune, allait au lycée de Beacon Hills. Elle avait très vite fait amis-amis avec Laura et Derek. Ils avaient réussis à lui faire oublier Genim, un tant soit peu. Mais 8 mois plus tard, la famille Stilinski s'installa à Beacon Hills. Leur fils, Stiles, semblait désintéressé de tout. Jusqu'à ce qu'il commence à traîner avec Scott McCall. À partir de ce moment, il recommença à sourire. Derek ne savait pas pourquoi, mais ça lui faisait chaud au cœur.
Pour Genim, 6 ans au moment de la séparation, ce ne fut pas joyeux non plus. Peu après cet ordre injuste, sa mère tomba malade et le petit passa son temps à pleurer. Elle le consola efficacement au début, mais son état s'aggrava et elle fut transportée à l'hôpital. Elle tentait toujours de le rassurer, lui disant qu'il était comme elle, mais qu'il accomplirait de grande chose. Genim et son père venaient tous les jours, après l'école. Deux mois plus tard, sa mère prit le temps de lui murmurer:
- Lorsque tu auras 17 ans, si tu te réveilles en ayant un gros mal de ventre, vas voir Mr Deacon, le vétérinaire, et il t'aidera.
Quelques heures plus tard, elle était morte. Genim avait été inconsolable. Il avait hurlé et pleuré dans l'hôpital, devant la chambre de sa mère où il n'avait désormais plus le droit d'entrer. C'était le 29 Septembre 2001.
À peine rentré chez lui, le calvaire du petit Genim commença. Il se coucha dans son lit, et s'endormit de fatigue d'avoir trop pleuré. Il se réveilla en sursaut, la gorge nouée, incapable de respirer. Il chercha de l'air mais se contenta de s'étouffer en avalant une bouffée. Il avait l'impression de se noyer, d'être un poisson hors de l'eau. Il tenta par tous les moyens de se calmer. Sa poitrine lui faisait mal. Il inspira et expira le plus régulièrement possible, jusqu'à ce qu'il se calme. Ces crises furent fréquentes par la suite. Elles avaient parfois lieues en présence de son père, et parfois quand l'enfant était seul. Un autre problème le touchait. Chaque fois que son père prononçait son prénom, Genim, l'enfant fondait en larmes. Seuls sa mère et les personnes les plus proches de lui l'appelaient par ce prénom. Son père lui donnait toujours un surnom. Et d'un coup, l'enfant avait tout perdu, son monde était totalement chamboulé. Deux mois plus tard, son père décida d'intervenir de façon radicale. Il mit la maison à vendre, et elle fut achetée rapidement. Ils déménagèrent dans un autre état. Le Sheriff avait trouvé tout près un médecin spécialisé dans les enfants. Le petit garçon avait fortement exigé qu'on l'appelle Stiles, ne supportant plus l'utilisation de son ancien prénom. Il suivit là-bas une thérapie de 8 mois, se confiant plus au pédopsychiatre qu'à son père. Tout le monde avait fini par accepter le nouveau nom du garçon de 6 ans. Lorsque le médecin jugea que Stiles pouvait à nouveau se débrouiller seul, il stoppa les séances, lui donnant tout de même quelques derniers conseils. Le garçon et son père retournèrent alors à Beacon Hills, et Stiles fut transféré dans une autre école pour la deuxième fois. Ils achetèrent une nouvelle maison, plus près du centre-ville et éloignée de la forêt. L'enfant dû se remettre à niveau pendant tout l'été et il fit sa rentrée en septembre. Il fut très vite mis à l'écart, ainsi qu'un garçon qu'il ne connaissait pas. Il s'appelait Scott et était aussi exclu que lui, sauf que Stiles s'en fichait. Mais bientôt, il se rendit compte que le petit le suivait tout le temps. Ça l'exaspérait, mais il se contentait de l'ignorer la plupart du temps. Jusqu'à ce qu'il devienne vraiment trop encombrant:
- Pourquoi tu souris pas? Pourquoi t'as l'air triste? Pourquoi tu parles à personne? Pourquoi tu...
- Lâche-moi! lui ordonna Stiles en se retournant. Le petit Scott avait l'air vraiment gentil et naïf. Tout le contraire de Stiles qui, à 7 ans, avait l'impression d'avoir déjà trop vécu. Il se prit la tête dans les mains et essaya de se calmer. Provoquer les pleurs de son camarade serait pire.
- Bon, qu'est-ce tu veux? demanda le garçon en adoucissant sa voix.
Le visage du petit Scott s'illumina, et il lui dit d'un air tout à fait naturel, comme si c'était évident:
- Tu veux pas être mon ami ?
Stiles avait accepté, principalement pour que l'enfant lui fiche la paix. Puis il s'y était attaché, et les deux enfants étaient devenus inséparables. Stiles avait raconté à Scott pourquoi il n'arrivait plus à sourire. Il lui avait parlé de sa mère, et de comment elle était morte. Mais jamais il n'avait parlé de Derek ni de la famille Hale. Ça n'aurait de toute façon aucun impact, et aucun intérêt que l'autre soit au courant. Et le garçon s'était fait une raison et en parler n'aurait rien fait sinon augmenter l'impression qu'il avait eu d'être abandonné. Puis il avait fini par ne plus y penser, et celui qui devenait maintenant comme un frère jumeau pour lui avait réussi à lui rendre le sourire.
Ils s'étaient peu à peu rapprochés du reste de la classe, se soutenant l'un l'autre. Ils étaient devenus amis avec Lydia et Jackson, jouant avec eux à chaque récré. Stiles était tombé amoureux de la blonde, à moins qu'il ne s'en soit convaincu. Mais ça n'avait aucune importance. Il ne lui avait jamais rien dit, gardant ce secret pour lui. Inconsciemment, il attendait quelqu'un d'autre. Ensuite, ils avaient grandis. Il n'y eut qu'une seule période pendant laquelle Stiles fut aussi inconsolable que lorsqu'il avait perdu sa mère. Ses crises d'angoisse avaient recommencé, principalement à l'école, et Scott l'avait soutenu lors de chacune d'elle. Son père avait tenté de le tenir le plus à distance possible de son enquête actuelle, mais Stiles étant Stiles, il avait tout de même tout découvert. L'incendie de la maison Hale. Comme son père refusait de lui dire qui était mort et qui ne l'était pas, le petit garçon avait l'impression qu'on lui arrachait une partie de son cœur. Il avait par la suite appris que Derek et sa sœur Laura avaient quittés la ville.
Ensuite, ils étaient entrés au collège, et Lydia et Jackson s'étaient mis ensemble. Stiles avait secrétement espéré qu'ils se séparent, mais ils étaient resté ensemble jusqu'au lycée. Stiles et Scott avaient de plus en plus étaient mis à l'écart, à cause de la stupidité de Scott mais aussi de la bizarrerie de Stiles qui s'était réfugié dans des choses totalement extravagantes pour tout oublier, exactement de la même façon que quelqu'un qui se serait réfugié dans l'alcool. À ceci près que le garçon ne risquait pas de mourir en en abusant. Il s'était isolé des autres de façon plus ou moins intentionnelle, se réfugiant dans son travail scolaire, permettant à son ami de passer en classe supérieure, et pensant en son for intérieur qu'il pourrait ainsi impressionner la blonde qui avait, en tout cas le pensait-il, pris son cœur.
Stiles avait ainsi passé la majorité de sa vie sans tous les êtres qu'il avait le plus aimé au monde. Il avait trouvé une alternative dans son meilleur ami. Ils étaient tous deux devenus des frères l'un pour l'autre. Et Stiles avait eu une lueur d'espoir, ce jour dans la forêt, après que Scott se soit fait mordre. Il avait revu Derek pour la première fois depuis une éternité. Au début, il n'avait pas voulu y croire. Il avait donné l'information à son ami d'une voix atone. Il ne pouvait pas être là, n'est-ce pas ? Il avait aussitôt pensé qu'ils pourraient reprendre leur vie d'avant comme si rien ne s'était passé, mais il lui avait paru évident après plusieurs rencontre que son premier meilleur ami ne se souvenait plus de lui. Après cette révélation, Stiles avait pleuré dans son lit, refusant la visite de Scott.
