Taub et Kutner revinrent dans la salle de diagnostic où se trouvaient le reste de l'équipe.
Ils semblaient visiblement épuisés et déroutés par cette mésaventure avec le détective. Kutner ouvrit la porte et entra le premier.
Kutner : - Ouf ! s'exclama t-il.
Foreman : - Qu'est-ce qui vous êtes arrivés ? Vous vous êtes battu ? se demanda Foreman en remarquant les blouses froissées des deux médecins et leurs air quelque peu inquiet.
Kutner : - Avec le patient. dit Kutner.
House : - Oh,pas cool. Qu'est-ce qu'il a fait ? Il a osé réfuter le fait que vous étiez jeune, beau et bronzé et vous chauve, petit et vilain ? lança méchamment House comme à son habitude.
Taub : - Non le patient a fait subitement une crisse d'angoisse pendant sa prise de sang. Il s'est débattu comme une bête, mais j'ai quand même pu lui prélevé un peu de sang. rétorqua le médecin dégarni.
Numéro Treize : - Il a fait une crise d'angoisse pour une simple prise de sang ? s'exclama Numéro Treize.
Kutner: - Faut dire qu'à ce moment là Taub avait un peu l'air d'un psychopathe avec sa seringue.C'est sûrement pour ça que le patient a failli faire une syncope. commença à plaisanter Kutner.
Taub : - Quoi ? Non...l'aiguille ne faisait que trois centimètres et il a plus eu la frousse qu'un gosse qui aurait peur de se faire vacciner.
House : - Vous auriez peut être dû lui filer une sucette pour qu'il soit sage.
Kutner : - N'empêche qu'on était quand même à vingt sur lui pour l'empêcher de gigoter. Faut dire qu'il a une sacrée force quand même. se plaignit le médecin en massant son bras droit endoloris.
Chase: - Vous vous êtes mis à vingt sur lui ? S'exclama Chase qui visiblement ne s'attendait pas à ce que le détective soit aussi difficile à gérer. Mais à qui ou plutôt à quoi avaient t-il affaire ? Une chose est sûr, ils n'allaient pas tarder à le découvrir.
Foreman : - Difficile de lui faire passer toute une série d'examens, s'il se met à paniquer comme ça. dit Foreman.
Chase: - En attendant les résultats des prise de sang, je vais lui faire passer une Spirométrie pour vérifier si il n'y a pas une affection respiratoire. termina Chase qui sortit de la salle pour aller examiner le détective.
House : Euh...à part ça, rien d'intéressant ? Demanda House en sirotant son café.
Taub : - On sait juste qu'il a des antécédents psychiatrique qui incluent des TOC et des phobies...et qu'il est veuf depuis sept ans environ.
Kutner: - Voilà la liste de ses phobies. dit Kutner en tendant plusieurs photocopies de cette liste à ses collègues. Tous prirent le temps de feuilleter cette liste qui caractérisait la folie de Monk.
Numéro Treize : - Mais il y en a un paquet là-dedans...
Kutner : - ... A peu près 312 d'après ce qu'il nous a dit. A cette déclaration, Numéro Treize releva la tête d'un air très surpris en regardant Kutner, comme si ce qu'il disait était trop improbable pour être vrai.
Foreman : - Le vent ? Il a peur du vent ?
Numéro Treize : - La peur des rodéos ? La peur des bagarres de supporters ? La peur des abeilles dans les...mixeurs ? La plupart de ces phobies n'ont ni queue ni tête, on se demande qu'est-ce qui a pu les déclencher.
House : - La peur des hôpitaux. La peur de toute les professions de santé en blouse blanche. Elles sont marrantes cela. En tout cas si je me pointe devant lui, il risque pas de me balancer ses médocs à la figure pour me dire de foutre le camp.
Kutner: - Il ne prend pas de traitements pour ses phobies et ses TOC.
House : - Donc on peut exclure, les effets indésirables du produit qui aurait peut-être pu provoquer tout ces symptômes.
Foreman : - Les anxiolytiques et les anti-dépresseurs ne provoque pas ce genre de symptômes.
House : - Vous voulez qu'on vous repasse la cassette en arrière ? Il ne prend aucun traitement, évidemment que les symptômes ne collent pas.
Numéro Treize : - J'ai jamais vu un patient aussi glauque que celui là.
Kutner : - Peut-être mais faut pas trop s'encombrer de ces phobies c'est pas elles qui nous révèle ce qu'il a.
Foreman : - Est-ce que t'as déjà eu peur de l'asymétrie toi ?
Kutner : - Non...on en a eu des cas bizarre à diagnostiquer,mais celui là ça peut pas être le pire.
A ces mots toute l'équipe relevèrent leurs tête de leurs feuilles, pour fixer Kutner de manière à lui faire comprendre que si...là ils avaient vraiment affaire à un cinglé de première. Kutner grimaça, comme si sa réflexion était d'une connerie monumental.
Kutner : - Bah quoi ?
Taub : - C'est un grand fan. dit Taub comme argument de défense à l'égard de son ami Kutner.
Kutner : - Oui...enfin disons plutôt que je suis un peu admiratif.
Foreman : - C'est pour son côté flippant que tu l'admire ou est-ce qu'il y aurait autre chose ?
Kutner : - Quoi ? Non...je veux dire...oh mais il est juste trop mortel. C'est un vrai phénomène. Je suis ses affaires depuis quelque temps déjà.Je m'étonne que vous ne le connaissiez pas. Il a résolu plusieurs affaires complexes qu'aucun autre enquêteurs et policiers ne pouvaient résoudre. Un peu comme vous, pour vos diagnostics ; quand personne d'autre n'arrive à résoudre un cas, c'est toujours à vous qu'on fait appelle pour trouver la réponse et lever le voile du mystère. Vous êtes tout les deux des génies dans votre domaine. Vous êtes pareils enfin de compte.
Pareil ? Pareil ? Mais pourquoi est-ce que Kutner se mettait subitement à déblatérer ça ? Comme si cela ne suffisait pas pour House que Wilson le compare à un patient qu'il ne connaissait pas et qui plus est allait peut-être mourir. Mais de quoi étaient-il semblable ? En tout cas, c'était sans doute bien plus qu'une simple comparaison des capacités hors-normes qu'ils avaient en commun lui et Monk. Personne le lui en apprendrai d'avantage, c'était à lui de trouver cette « réponse ». Malheureusement, la seule chose qui intéressait notre médecin accro à la Vicodin, était avant tout l'énigme, chercher la réponse et non pas chercher à sympathiser avec n'importe qui et s'efforcer d'acquérir ne serait-ce qu'un peu d'humanité. Cette incitation à sympathiser avec les patients agaçait intérieurement House, car cela empêchait au bon déroulement du diagnostic.
House : - En quoi cette comparaison douteuse est-elle censé faire avancer le diagnostic ?
Kutner : - Non...ce que je voulais dire c'est...
House : J'men fous. Allez vérifier les résultats des analyses sanguines.
Le tandem Kutner et Taub s'exécuta immédiatement.
Foreman : - C'est tout de même étonnant, le cas entre parfaitement dans vos cordes. C'est une succession de symptômes qui n'ont rien à voir entre eux. Ce cas peut très vite être expérimental et très dangereux. Et pourtant...ça ne semble pas vous intéresser plus que ça.
House : - Et en quoi est-ce si surprenant ?
Foreman : - On sait tous que ce qui vous intéresse c'est résoudre l'énigme,rien de plus et que vous êtes un chieur qui ne prend pas la peine de connaître ses patients ou de dialoguer avec. Vous les fuyez en général, mais celui-ci vous le fuyez mais pas de la même manière que vos patients habituels.
House: - Ce compliment me va droit au cœur. ironisa House.
Foreman : - Je ne sais pas pourquoi, mais ça doit être en rapport à quelque chose qui doit vous agacer.
Foreman venait de mettre le doigt sur quelque chose, mais pas question pour le boiteux d'admettre qu'il avait raison. Non, hors de question.
Numéro Treize : - Est-ce que vous compter vraiment le soigner ou vous voulez vous amuser à vous mesurer à lui. ajouta Numéro Treize en faisant référence aux capacités intellectuels hors-normes que House et Monk avaient en commun d'après les dire de Kutner.
House : - Bien sûr que je veux le soigner. Quel mauvais fond vous alors.
Chase et Monk se trouvaient en ce moment même en salle d'examen pour la Spirométrie en question.
Chase : - Asseyez-vous. Je vais vous faire passer un examen pour déterminer si vos symptômes peuvent correspondre à une simple insuffisance respiratoire aiguë ou un Pneumothorax.
Monk : C'est un Pneumothorax ou bien une insuffisance respiratoire aiguë ?
Chase : Nous n'en savons rien pour l'instant, c'est pourquoi je vous fait passer ce test.
Monk : - Mais vous pensez que c'est l'un des deux.
Chase :- Cette hypothèse n'est pas à exclure.
Monk :- Mais vous n'en êtes pas sûr.
Chase : Non...mais c'est ce que l'on va découvrir.
Monk : - Mais ça pourrait tout aussi bien être les deux en même temps, tout comme vous ne savez pas si c'est l'un deux. commença à paniquer Adrien.
Chase : - Monsieur...ne vous affolez pas. C'est ce que l'on va déterminer grâce à cet examen. insista le blond en voyant que Monk commença à être effrayé alors que le test n'avait même pas commencer. Non loin de vouloir critiquer la manière de travailler de Chase, notre détective avait toujours eu du mal à se décider entre deux choses. Chase posa l'appareil à Spirométrie sur la table, devant Adrien tout en effectuant quelques réglages sur l'ordinateur,pour le bon déroulement de l'examen.
Chase : - Bien, nous allons commencer...vous allez...qu'est-ce que vous faites ? demanda le docteur qui surprit le policier défectueux en train d'astiquer l'appareil avec l'une de ses lingettes antiseptique.
Monk : - Euh...je nettoie simplement l'appareil, des gens ont sûrement dû y mettre leur bouche dessus et le toucher...donc c'est pour ça que je...
Chase : - Mais monsieur c'est inutile, on ne réutilise jamais deux fois le tuyau en plastique pour souffler dedans. Ils sont stériles à chaque examen.
Le détective était quelque peu rassuré par cette déclaration, mais son imprévisible TOC l'empêchait d'arrêter de nettoyer compulsivement cet appareil.
Chase : - Mais monsieur...je viens de vous dire que c'était inutile. dit péniblement Chase en tentant de prendre cette lingette à Monk.
Monk : - Je vous rend service, comme ça on est sûr qu'il est stérile. Vous me remercierez plus tard.
Chase : - Très bien...
Chase attendit de manière agacé que le détective termine sa besogne.
Monk : - Voilà.
Chase : - Parfait...bien on va pouvoir commencer je crois. Alors, vous allez inspirer et expirer fort dans le tube environ dix fois de suite. Après ça, vous ferez une pause dans intervalle de quinze à trente seconde. D'accord ?
Monk : - Compris.
Chase : - Bien, je compte jusqu'à trois et vous commencer. Attention, un, deux, trois,allez-y.
Le détective exécuta cette tâche sur le champ.
Chase : - Stop.
Monk : - Non,non, attendez. Vous...vous vous êtes arrêtez à neuf.
Chase : - Et bien ?
Monk : - Il en manque un. Oui...je n'ai pas fait le dixième.
Chase : - Monsieur, ce n'était qu'approximatif, ça n'a pas besoin d'être à dix respiration.
Monk : - Oui...mais dix c'est...c'est parfait. C'est un chiffre rond. C'est un chiffre qui vous permettrait de savoir ce que j'ai, au vue de l'examen que je suis en train de passer.
Chase était troublé, il avait les yeux grand ouvert devant cette curiosité. Mais à quoi est-ce qu'il avait affaire ? C'est la première qu'un patient agissait de la sorte.
Chase : - (soupir) ... très bien, on va recommencer. Un, deux, trois, allez-y.
Monk s'exécuta. Chase ne voulait cependant pas partir sûr de mauvaises bases avec ce patient. Il décida donc d'entamer pendant ces secondes de pauses, un discussion ou plutôt un interrogatoire qu'il avait l'habitude de faire aux patients.
Chase : - Ça fait longtemps que vous êtes dans la police ?
Monk: - Je ne suis plus dans la police. Je...je travaille en tant que consultant.
Chase : - J'ai cru comprendre que vous jouissiez d'une glorieuse réputation monsieur Monk.
Monk : - Oh...vous savez...disons plutôt que je fais mon travail.
La différence de personnalité était flagrante entre Monk et House, Chase put immédiatement s'en apercevoir. L'un est un brillant mais modeste détective et l'autre un brillamment mais narcissique et casse-burne médecin.
Le détective continua son exercice de respiration.
Chase : - Très bien...stop. J'ai aperçu une jeune femme blonde devant votre chambre, c'est votre femme ?
Monk : - Non c'est Sharona, mon infirmière. Ma femme est morte.
Chase : Vous avez une infirmière personnel ?
Monk : - Eh bien à la mort de ma femme, j'ai fait une dépression nerveuse. Je suis resté catatonique trois ans, sans sortir de chez moi. Mon capitaine s'inquiétait pour moi, alors il m'a fait parvenir une infirmière. Et depuis, on ne s'est plus quitté.
Une autre série de respirations se fit après cette dernière phrase.
Chase : Stop. Vous avez de la famille, des amis ... ?
Monk : - Des amis ? ...Je n'en ai jamais eu. J'ai un grand-frère qui est agoraphobe, qui ne sort pas de la maison familial où on a grandit. Enfin... il est sortit une fois, mais c'est parce-que elle était en feu, j'ai du... le ... le traîner dehors. Ma mère est décédé en 1994.
Chase : Et votre père ?
Monk : - ... Mon père était écrivain, il rédigeait des manuels scolaires. Je ne l'ai pas revu depuis que j'ai huit ans.
Chase : - ...Je suis désolé.
Monk : - Oh,ça fait rien. Il est très bien là où il est. dit Monk avec un ton qui laissait nettement paraître une indifférence ainsi qu'un ressentiment profond à l'égard de l'homme qui l'avait abandonné lui et sa famille il y a 37 ans.
Chase pouvait bien sûr comprendre ce que le détective pouvait ressentir à cet instant, ayant lui même été abandonnée auparavant par son père. Ce sentiment, il pouvait la comprendre mieux que quiconque.
Chase : - Vous savez...il ... se pourrait qu'un jour...
Monk : - Il ne reviendra pas. fît-il en interrompant Chase pour lui faire comprendre que son père ne reviendrai jamais à la maison. Le père de Chase était revenu une fois et mourut par la suite deux mois plus tard. Mais ce retour n'était qu'une manière pour Rowan Chase de dire au revoir à son fils, un au revoir qu'il n'avait pas fait lorsqu'il était parti. Le père de Monk était quand à lui parti sans même dire au revoir.
Chase : - ...Bon on a fini. On vous fera passez d'autres examen plus tard. Chase sorti de la pièce. Comment ne pouvait-il pas ressentir d'empathie pour cette homme qui avait vécu le même calvaire de l'abandon que lui. House avait toujours appris à ses « larbins » à être objectif jusqu'au bout et à dépasser leurs état d'âme. Mais avec Monk cela...semblait juste impossible, on ne sait pourquoi d'ailleurs. On ne sait pourquoi est-ce que c'est si différent. Il devait avoir quelque chose à part.
Randy et le capitaine était tout les deux assis, en s'inquiétant de ce qu'il pouvait à leur ami.
Stottlemeyer : - (soupir) J'ai l'impression d'être inutile.
Randy : - Ça va aller...il va s'en sortir. Il sera sur pied très vite et il recommencera à nous faire tourner en bourrique. plaisanta Randy pour détendre l'atmosphère.
Stottlemeyer : Hm,hm,hm...ça j'en doute pas. ricana le capitaine.
Le capitaine se leva de sa chaise.
Randy : - Vous allez où ?
Stottlemeyer : - J'ai besoin d'un verre.
Randy : ... Je vous accompagne. Fit Randy après un moment d'hésitation.
Les deux hommes sortirent de l'hôpital, pour se réfugier dans le bar le plus proche et ainsi pouvoir se remettre de leur émotions en s'enfilant quelques verres.
