Titre original : Gentlemen, place your bets
Auteur : Midorima Kazunari
Traducteur : Ruth Dedallime
Disclaimer : Rien de Kuroko no Basket n'appartient à Kazu ou à moi. La fic originale, tout comme les Point-Guards Poker Players, appartiennent à Kazu. La traduction est mienne.
Et voici la suite de la traduction de la fic de Kazu. Merci à tous pour vos reviews. Je remercie Ahelya pour ses corrections.
Ce chapitre fait suite au chapitre 9 de la fic Partners de Kazu
Chapitre 4
Kasamatsu se demandait s'il parviendrait à respirer à nouveau un jour. Il avait pesé le pour et le contre depuis son lever – ce n'était qu'une sinusite après tout, rien de grave – mais après quatre heures d'agonie, il avait finalement envoyé un texto aux autres Point-Guard Poker Players pour se décommander de la partie du soir. Entre les maux de tête lancinants et la fièvre, il savait qu'il n'avait pas intérêt à sortir. Mieux valait se plonger dans ses manuels et étudier davantage pour son examen de biologie de première année de médecine.
Il avait mis du temps à se décider sur son orientation post-bac, ne sachant ce qu'il voulait faire jusqu'à son dernier semestre de lycée. Heureusement qu'il était un élève studieux ! Il avait ainsi réussi les examens d'admissions avec peu de préparations. Pendant ses mois d'indécisions, son professeur principal lui avait ressassé avec une agitation croissante que la vie active d'une personne devait être mis au service du bien commun. Mais c'était son frère qui lui avait donné le meilleur conseil : « La vie, ce n'est pas le bien commun, Yukio. C'est ton bien-être, avant tout. Réfléchis à ce qui te peine et à ce qui te passionne et essaye de voir où les deux pourraient converger. Et là, tu sauras pour sûr ce à quoi tu es destiné. »
C'était facile à dire pour lui. Son frère avait toujours aimé les voitures, et était devenu mécanicien dès qu'il avait été capable de tenir une clé à molette dans la main. Ces mots n'avaient pas eu grand sens pour Yukio au début. Oui, il avait connu la défaite, mais il ne comprenait pas la véritable douleur et en avait pleinement conscience. Oui, il aimait la musique, mais la guitare restait son domaine réservé, pas un plaisir qu'il voulait partager avec d'autres.
Mais tout avait changé lors de ce moment abominable où il avait vu le futur de son meilleur ami partir en fumée. C'est alors que Kasamatsu avait pris conscience que rien ne lui était plus pénible que de voir les rêves de quelqu'un qu'il appréciait (quelqu'un à qui il tenait énormément même) se briser sans qu'il l'ait mérité. Il eut cependant davantage de mal à trouver quelle passion l'animait. Mais après avoir passé des mois à assister son meilleur ami lors de sa rééducation, il avait réalisé que, non seulement, il était capable d'aider les gens, mais qu'il y trouvait également un sentiment d'accomplissement. En additionnant tout cela à ses aptitudes pour les sciences, la vocation de médecin lui était peu à peu venue, avec, peut-être comme finalité, une spécialisation en chirurgie orthopédique.
Il venait juste d'ouvrir son manuel d'introduction à la biologie et commencer à relire le chapitre sur la mitose, quand il entendit sonner à la porte. Ça ne devait pas être pour lui. Il avait emménagé avec son frère, sa belle-sœur et leur bébé de trois mois au début du semestre et seule une poignée de gens savait où il habitait. Il décida donc d'ignorer l'interruption. A la place, il tenta de se moucher une nouvelle fois, espérant, contre toute logique, déloger enfin ce qui le forçait à respirer par la bouche.
« Yukio, » appela son frère depuis le rez-de-chaussée. « Tu as de la visite. »
« Dis-lui que je suis malade et que je ne veux pas lui refiler mes microbes, » répondit Kasamatsu, en supputant qu'il s'agissait de Kise.
« Je suis pas ton fichu secrétaire ; je dois repartir au boulot, alors dis-le lui toi-même. »
Kasamatsu s'attendait à voir la mine boudeuse et ennuyée de Kise, toujours en quête d'attention. Aussi il descendit les escaliers, emmitouflé dans une couverture pour attirer sa sympathie (et avec un peu de chance faire fuir ce mysophobique notoire, bref, n'importe quoi pour sauvegarder son repos). Mais à sa place, il trouva un garçon velu aux cheveux noirs et aux sourcils broussailleux.
« Babillard ? T'as pas eu mon texto ? Je suis.. »
Mitobe, les mains enfouies dans des maniques, sourit et brandit un plat en verre.
« Tu as préparé ça pour moi ? »
Mitobe hocha vigoureusement la tête.
« C'est très sympa de ta part, » dit Kasamatsu, en tendant la main vers le plat.
Pacifiste, tu veux vraiment tenter ? pensa Mitobe, en mettant le plat hors de sa portée. Je ne porterais pas de maniques si le plat n'était pas si chaud.
« Oh, c'est brûlant ? » marmonna Kasamatsu, en pinçant son nez meurtri entre son pouce et son index.
Pauvre Pacifiste. Mêmes les mecs intelligents perdent leurs jugeotes quand ils sont malades. Il jeta un œil alentour, espérant que Kasamatsu saurait lire son langage corporel.
« Je crois que tu devrais poser ça à la cuisine. C'est par là ! »
Mitobe suivit son hôte jusqu'à la pièce du fond et posa le plat brûlant sur un dessous-de-plat sur le comptoir.
Kasamatsu fut prit d'une nouvelle attaque de toux, qui le força à se plier en deux, meurtrissant un peu plus son corps affaibli. Rapidement, Mitobe fouilla les placards à la recherche d'un verre qu'il remplit d'eau pour son ami. Puis, il resta à ses côtés, lui massant circulairement le dos jusqu'à ce que la quinte de toux s'apaise.
« Merci... » haleta Kasamatsu. Il se pencha au-dessus de l'évier et cracha un bon peu de mucus.
« Désolé, c'est dégueulasse... Ma belle-sœur hurlerait si elle me voyait, » dit-il en faisant couler l'eau chaude, qui emporta la substance verdâtre. « Tu gardes ça pour toi, ok ? »
Pas de problèmes. Le sourire de Mitobe était un peu forcé. Il est plus mal que je ne l'imaginais.
[Tu es seul ?] tapa Mitobe sur son téléphone qu'il montra à Kasamatsu.
« Oui. Oniisan est passé pendant sa pause déjeuner pour voir si j'allais bien, et Oneechan travaille à la crèche où ils ont placé leur bébé. Donc, je suis seul jusqu'à 19h ce soir. »
Mitobe tapa furieusement un nouveau message pour Kasamatsu.
[Va te coucher. Je vais t'apporter un bol.]
« Pas la peine, Babillard. Et puis, je veux pas que tu tombes malade à cause de moi. Je ne mentais pas tout à l'heure quand j'ai dit la même chose à mon frère. Ça va aller, tu devrais rentrer. Je te rapporterai le plat à notre prochaine partie. »
Mitobe ne prit pas la peine de taper un nouveau message, il se contenta de pointer les escaliers d'un doigt emphatique.
« Vraiment, mec, j'te jure... Ça va aller. »
Mitobe tenta le coup du sourcil colérique qui venait généralement à bout de ses frères et sœurs les plus têtus. Mais Kasamatsu se contenta d'en rire. Il changea alors de tactique et opta pour les grands yeux tristes qui marchaient systématiquement avec Koganei.
« T'es pire que le Professeur (1) ! » grogna Kasamatsu. « Ma chambre est en haut, au fond sur la droite. »
Kasamatsu était couché, blotti sous les couvertures, quand Mitobe lui apporta un bol de bouillie de riz, un plat de pèches en boite et un Pocari Sweat (2).
« Babillard, t'es juste génial ! Personne ne m'a gâté comme ça depuis que je me suis installé ici ! »
Mitobe haussa les épaules mais ne put s'empêcher de rosir de contentement.
[Tu as pris des médicaments ?] demanda-t-il par écran interposé.
« Oui. Tu n'as pas besoin de m'appâter avec des bonbons comme un mioche. Je fais des études de médecine, je te rappelle. Ce serait vraiment débile de ma part de ne pas prendre de médocs alors que j'en ai de toute évidence besoin ! »
Mitobe approuva de la tête et observa Kasamatsu souffler sur la bouillie pour la refroidir avant d'en engloutir une cuillerée. Ce dernier jeta un coup d'œil à Mitobe et vit la question silencieuse qui planait dans son ridicule haussement de sourcils.
« C'est très bon... En fait, c'est même parfait. Merci. Mais tu devrais vraiment pas rester là. Si tu tombais malade à ton... »
Kasamatsu s'interrompit en voyant Mitobe composer un nouveau message.
[Si un virus se balade dans les écoles de Tokyo, tu peux être sûr que : soit un Mitobe l'a répandu, soit un Mitobe l'a chopé. Nous sommes d'authentiques patients X. Par conséquent, j'ai un système immunitaire super agressif. Si c'était pas le cas, je tomberais malade toutes les semaines, vu ce que ma famille traîne en permanence. Et quand je chope effectivement quelque chose, ça s'arrange dans les 24 heures. Je comprenais parfaitement les risques en venant ici, tu sais...]
« Ok, ok, ce sera ta perte, Babillard ! »
Mitobe sourit. C'est toujours sympa d'avoir le dernier mot.
Mitobe était un pro pour s'occuper des personnes malades. Dès que Kasamatsu reposa sa cuillère, le plateau intégralement vidé, le joueur de Seirin réussit à obtenir de son patient qu'il s'allonge quelques heures et tente de dormir. Puis, son téléphone en mode vibreur, Mitobe s'assit au bureau de Kasamatsu pour faire ses devoirs.
A 15h30, il reçut un texto.
[Je suis en chemin, Mitobecchi. Merci d'avoir attendu que je puisse me libérer. Je t'en dois une !] Une série d'étranges émoticons concluait le message.
[Textote-moi quand tu arrives. Comme ça la sonnette d'entrée ne le réveillera pas.]
[Compris ! Tu penses vraiment à tout !]
Quinze minutes plus tard, Mitobe, ses devoirs et son plat sous le bras, accueillit Kise qui venait prendre sa suite.
« Il ne va pas bien, n'est-ce pas ? » demanda Kise.
Il est dans un état lamentable, pensa Mitobe, mais il valait mieux laisser Kise tirer ses propres conclusions.
[J'ai vu pire, mais uniquement chez des mioches mollassons de six ans !]
Kise plaça sur son visage un masque chirurgical illustré d'un motif de Domo-kun, puis se leva soigneusement les mains avec du gel antibactérien. Il prit une grande inspiration et monta les marches.
Quand Kasamatsu se réveilla, il se frotta les yeux, puis poussa un grognement en contemplant le plafond. Il était tellement fatigué qu'il n'avait même pas bougé dans son sommeil. Un rapide coup d'œil à sa montre lui confirma qu'il avait dépassé l'heure où il était censé prendre ses médicaments. Il pouvait sentir la fièvre affluer dans ses yeux sensibles.
« Babillard, tu pourrais me donner de l'eau pour que je prenne mes médocs ? » demanda-t-il.
« Babillard ? C'est le surnom de Mitobecchi ? » fit Kise, en surgissant comme un diable au-dessus du corps étendu de Kasamatsu.
« Ryota ? » s'exclama Kasamatsu, troublé et encore vaseux.
Même le masque illustré qui couvrait le bas du visage de son meilleur ami, ne pouvait travestir la voix enfantine de Kise, ni sa crinière de cheveux blonds soigneusement ébouriffés ou la chaleur amicale qui habitait ses yeux dorés.
« Qu'est-ce que tu as fait à Mitobe ? » demanda Kasamatsu d'un ton suspicieux.
« Rien ! » bouda Kise. « Il a un entraînement ce soir, alors c'est mon tour de jouer la garde-malade. Je voulais louer un costume d'infirmière dans une boutique de cosplay, mais ils n'en avaient plus à ma taille. »
Kasamatsu perdit son air maussade et éclata de rire, rire qui se transforma vite en quinte de toux.
« Ca va aller, Yukio... » dit Kise, en frappant vivement son ami dans le dos.
« Rentre chez toi, débile ! Si tu tombes malade, j'te frappe ! » grogna Kasamatsu quand il parvint à nouveau à parler. Il ponctua sa menace d'un coup de pied qui éjecta Kise de son lit.
« Et bien, Yukio, » rigola Kise, « si c'est tout ce que tu peux faire, c'est vraiment une bonne chose que je sois venu ! »
1: Le Professeur, surnom donné à Kise par les Point Guard Poker Players
2 : boisson énergétique japonaise que les sportifs consomment pour se réhydrater
Kazu aime les reviews, donc n'hésitez pas à en laisser pour elle, annexement pour moi, mais je ne suis que l'humble traductrice.
La suite dans 15 jours !
A bientôt !
Ruth
