Titre original : Gentlemen, place your bets
Auteur : Midorima Kazunari
Traducteur : Ruth Dedallime

Disclaimer : Rien de Kuroko no Basket n'appartient à Kazu ou à moi. La fic originale, tout comme les Point-Guards Poker Players, appartiennent à Kazu. La traduction est mienne.

Et voici la suite de la traduction de la fic de Kazu. Merci à tous pour vos reviews. Je remercie Ahelya pour ses corrections.

Happy birthday Kazu ! I did my best to finish the Osaka-arc especially for your birthday... :)


Chapitre 6

Imayoshi sortait de son cours de Psychopathologie quand son téléphone vibra. Il n'utilisait jamais de sonneries ; en fait, il trouvait même la simple existence des sonneries exaspérante. S'il tenait vraiment à écouter une chanson pendant trois secondes, il était sûr qu'il y avait de meilleur moyen pour le faire. Mais il sourit en sentant la vibration silencieuse dans sa poche. Il n'avait donné son numéro qu'aux gens à qui il avait envie de parler et bloquait systématiquement tout ceux qui l'utilisaient sans sa permission.

Il attendit d'avoir rendu ses travaux pratiques et d'être sorti du bâtiment, avant d'ouvrir son téléphone et de vérifier ses messages.

[Rappelle-moi pourquoi tu me traînes à Osaka, déjà ?] Le message était de Pacifiste.
[Ne viens pas, alors. Taupe a tiré sa révérence sur ce coup-là. Je ne me sentirai pas offensé si tu ne veux pas d'un week-end gratos loin de Tokyo et du Professeur.]
[Ah oui, c'était pour ça. Peu importe. On se retrouve à quelle heure déjà ?]
[18h00 au gymnase de Seirin. On prend Babillard au passage et on file à la gare pour le train de 18h30.]
[Ok.]


« Rin, ne t'en fait pas, » fit Koganei, en tapotant le dos de son ami d'une manière réconfortante.
Mitobe lui sourit d'un air gauche et tenta de faire passer une nouvelle fois les sentiments qui l'étreignaient.
« Kagami a au moins fait acte de présence pour son contrôle. C'était le maximum qu'on pouvait espérer de lui, » continua Koganei, sans faire attention.

« C'est ce que tu comprends de l'expression de Babillard, toi ? » demanda Kasamatsu à Imayoshi, alors qu'ils observaient les interactions entre les deux garçons à quelques mètres de distance.
« Putain, naon ! Absolument pâs, mais Koganei le connaît depuis biein plus laongtemps que nous. Peut-être que notre traductiaon n'est pâs très au point, » répondit Imayoshi en haussant les épaules.
« Ou peut-être que Koganei est distrait. Ca arrive... » remarqua Kasamatsu, en croisant les bras sur sa poitrine. Il était embarrassé par le nombre de filles de Seirin qui les regardaient en chuchotant et en gloussant. Il allait mourir, littéralement tomber raide sur le trottoir et rendre l'âme, s'ils ne bougeaient pas d'ici dans les plus brefs délais.
« Wouah ! Tu âs vu ce roulement d'yeux que Babillard vient de lui servir ? » fit Imayoshi, qui observait toujours les deux garçons.
« C'était épique, je le reconnais... »

Mitobe finit enfin par apercevoir les deux Point-guards qui l'attendaient juste à l'extérieur des grilles du lycée. Il sourit et leur fit signe.
« Dépêche-toi Babillard ! Si une autre fille pârle à Kasamatsu, on vâ devoir organiser saon enterrement ! » cria Imayoshi de là où ils se trouvaient.


Imayoshi paya le taxi tandis que Kasamatsu sortaient leurs bagages du coffre et que Mitobe tergiversait, cherchant désespérément un moyen d'échapper à cette rencontre/vacances/entretien que sa bande de tarés l'avait persuadé de passer.

La maison faisait deux étages et se situait dans un vieux quartier résidentiel. Le bâtiment étroit était si proche des maisons voisines que, du deuxième étage, on pouvait facilement toucher la fenêtre qui se trouvait de l'autre côté de l'allée. Du linge pendait du balcon de l'étage. Imayoshi ne sembla pas remarquer l'apparence minable de l'ensemble ; pour Mitobe l'environnement était luxueux ; pour Kasamatsu, il rappelait la maison de ses grands-parents, la chaleur et l'amour de leur foyer.

Imayoshi poussa la grille de fer noire, puis la porte d'entrée qui n'était pas fermée. Mitobe et Kasamatsu le suivirent.
« Je suis de retour et j'ai âmené des potes, » cria Imayoshi dans l'espace réduit du hall d'entrée.
« Tu âs des potes maintenant ? Caombien tu les âs payés pour nous faire gober çâ, Shouichi ? » demanda une voix qui venait de l'escalier en spirale non loin de la porte.
« Ça, c'est maon petit frère pourri-gâté, Kousuke. Il vit à l'internât de l'école la plupart du temps, mais il squâtte encore chez mes pârents les week-ends et pendant les vâcances, » expliqua Imayoshi alors qu'ils s'enfonçaient dans la maison. « Maon autre frangin, Hiroya, est le câdet. C'est un NEET (1), ou peut-être un Hikikomori (2), je ne suis jâmais sûr entre les deux. Il n'est pas sorti de sa chambre en dix ans. Tu n'âuras pâs à te soucier de lui naon plus. Ne t'approche juste pâs de sâ chambre, parce qu'elle ne sent pâs lâ rose. »
« Charmant... » commenta Kasamatsu. « Tu peux me citer une raison pour laquelle Mitobe voudrait vivre ici ? »
Sept frères et soeurs de moins...
« Une raisaon en plus d'avoir sa proche chambre pour lâ première fois de sâ vie ? » gronda Imayoshi. « Quoiqu'il en soit, ferme-lâ, Pâcifiste. C'est chez moi ici. »


Lorsqu'il entra dans sa chambre, le sang d'Imayoshi ne fit qu'un tour en voyant le mépris flagrant avec lequel Kousuke avait traité ses affaires. En plus d'un futon défait laissé en plein milieu de la pièce, il y avait des bouteilles de soda à moitié vides, des emballages alimentaires et de la vaisselle sale éparpillés sur le bureau, la table et même le sol. La goutte d'eau qui fit déborder le vase fut la bouteille de lotion et la boite de mouchoirs.

« Je vous présente mes excuses, Bâbillard, Pâcifiste, » dit-il, son sourire s'évanouissant. Il rassembla les ordures et quitta la chambre.
Les deux garçons se précipitèrent dans le couloir en entendant le bruit caractéristique d'une porte défoncée à coup de pied. Imayoshi se tenait devant la porte cassée, le souffle court, mais tout sourire à nouveau.
« Putain, Shouichi ! »
Imayoshi balança le sac d'ordures dans la pièce. Les magazines et un jet de liquide brun firent la course à qui toucherait le sol en premier.
« Je suis du genre raisonnâble, il me semble. Je te laisse te servir de mâ chambre, tu âs le droit de jouer sur mâ PS3, je me fiche même qu'il y ait un peu de poussière – qui s'en soucie franchement ? - mais je te préviens que lâ prochaine fois que je trouve de telles sâloperies dans ma piaule, je te câsse les doigts un par un, petit frère. Alors je commence pâr quelle main ? Celle âvec lâquelle tu te branles ou celle âvec lâquelle tu écris ? »

Kasamatsu jeta un regard oblique à Mitobe.
« Il blague là, pas vrai ? »
Il ne le ferait pas, pensa Mitobe. Il veut juste...

Imayoshi, qui en avait assez d'attendre une réponse, se rua dans la chambre, si vite qu'il sembla disparaître. Les cris perçants de Kosuke retentirent dans le couloir du haut. Kasamatsu se boucha les oreilles alors que les hurlements se répercutaient jusqu'au hall d'entrée.

… ou peut-être qu'il le ferait.

La mère d'Imayoshi apparut derrière eux avec un plateau de friandises et de boissons.
« Ne vous en faites pâs, Shou ne lui fera pas de dommages sérieux. Kosuke aimerait voir saon frère plus souvent, mais refuse de l'âdmettre, alors il prend un malain plaisir à provoquer Shou à châque fois qu'il rentre. Si seulement Kosuke apprenait à exprimer ses émotiaons d'une manière plus saine... Ils n'en arriveraient pâs là. »

Ils la suivirent dans la chambre d'Imayoshi.
« Shou est un grand frère âttentiaonné. Il a âcheté deux autres systèmes de jeu vidéo juste pour pouvoir jouer avec ses frères. Ils faont des tournois tous les week-ends. Kosuke â juste peur de ne plus pouvoir pâsser de temps âvec ses frères, si Mitobe-kun s'instâlle ici. »
Mitobe leva haut les mains et les secoua devant lui en signe de déni.
« Je sais, Shou m'a déjâ ânnaoncé qu'il achèterait un autre système pour Kosuke. Ne vous faites pâs de souci à leurs propos, ils vaont râpidement régler çâ entre eux. »


« Je suis crevé, je vais juste vous regarder et écouter, » dit Kasamatsu, en s'étalant sur le futon.
« Pacifiste ! » pleurnicha la voix de Takao à travers les haut-parleurs. « C'est pas juste ! J'viens seulement d' terminer les branchements d' mon côté et toi, tu... »
« Il n'y a que deux manettes, Taupe. Mais on peut toujours se parler, alors arrête de nous emmerder ! » fit Kasamatsu en baillant derrière sa main.
« Ok, ok, » soupira Takao.
« Où est Mondain, ce soir ? » demanda Imayoshi.
« Il fait diversion auprès d' sa mère afin que j' puisse jouer. Elle a horreur d'avoir d' l'électronique dans la maison. C'est pas Feng Shui... D'ailleurs, merci d' m'avoir prêté ton système, Saint. »
« Pâs de souci. Les Point Guard Poker Players ne seraient pâs au complet sans toi ! »


« Eh, une seconde ! Comment ça se fait que t'es encore d' l'ammo ? » se plaignit Takao.
« Parce que j'ai débloqué l'optiaon âmmo illimitée. Je joue à ce jeu tous les week-ends, je te râppelle ! »
« Oh ! » La moue de Takao était encore plus drôle, rendue par les modulations synthétiques des enceintes bon marché. « En fait, Babillard, comment s'est passé ton entretien ? »
Mitobe saisit son téléphone et tapa une réponse tandis que l'avatar d'Imayoshi faisait sauter la tête d'un zombie qui essayait de tuer le personnage de Takao.
« Merci, Saint, » fit la voix de Takao. « Ah, merde, où est le bouton pause ? »
« Y en a pâs ! Les zombies ne vaont pas âttendre que tu lises tes messâges. »
« Change de place et laisse un peu jouer Mitobe. »
Mitobe fit le geste universel du "non merci", mais continua à regarder la partie.
« Il â dit naon. Et d'ailleurs, si tu es encore en vie présentement, c'est grâce à moi. Est-ce que tu sais seulement comment préserver taon âmmo ? »
« Demande à Pacifiste de lire le message envoyé. Ca fait trop longtemps qu'on l'entend plus, d' toutes façons. »
« Il dort. Il â à peine poser lâ tête sur l'oreiller qu'il â tiré sâ révérence. Et malgré tout notre boucan, il n'a pâs bougé d'un pouce ! Bâbillard a tout de même vérifié qu'il respirait encore, il y a pâs laongtemps. »
« Shin-chan ? Imayoshi est méchant avec moi ! Tu peux m' lire le message sur mon portable ? Un zombie essaye d' me manger ! »
« C'est parce que tu le mérites probablement, » retentit la voix de Midorima alors qu'il répondait aux geignements de Takao. « Le message dit : "Le père d'Imayoshi doit feuilleter mon portfolio ce soir et demain on en 'parle' au petit déjeuner". Voilà, je peux retourner à mon livre maintenant ou faut-il que je te fasse un thé, princesse ? »
« Princesse !? » Imayoshi et Mitobe échangèrent un regard.


Imayoshi embrassa sa mère pour lui dire au-revoir et donna une accolade à son père.
« Soyez sâges, les mioches ! » cria-t-il en direction des fenêtres de l'étage. « Kosuke, si j'âpprends que Mitobe â dû nettoyer tâ collectiaon de porno quand il revient, je t'étripe. »
Il n'y eut pas de réponse, mais le rideau bougea un moment comme si quelqu'un était venu à la fenêtre. Satisfait, Imayoshi s'assit à l'arrière de la voiture.
« Merci pour votre hospitalité, » dit Kasamatsu, alors qu'il s'inclinait devant les parents d'Imayoshi. Puis, il monta à l'avant à côté du chauffeur.
Mitobe avait déjà salué leur hôtes et attendait dans le taxi, un sac rempli de vieux programmes de courses, posé en équilibre sur ses genoux.

Alors que la voiture s'éloignait, Mitobe se retourna pour voir disparaître la maison qu'il allait devenir la sienne dans quelques semaines. Et il sourit.


1: NEET : Not in Education, Employment or Training (ni étudiant, ni employé, ni stagiaire), classification sociale d'une certaine catégorie de personne inactive, souvent des adolescents introvertis qui ne sont pas insérés dans le système éducatif, mais aussi des adultes coupés de toute vie sociale.
2 : Hikikomori : pathologie psychosociale et familiale touchant principalement des ou de jeunes adultes qui vivent coupés du monde et des autres, cloîtrés chez leurs parents, le plus souvent dans leur chambre pendant plusieurs mois, voire plusieurs années


Ce chapitre est le deuxième et dernier du mini-arc Osaka.

Kazu aime les reviews, donc n'hésitez pas à en laisser pour elle, annexement pour moi, mais je ne suis que l'humble traductrice.
La suite dans 15 jours !

A bientôt !
Ruth