Je suis super en retard ! Oui, je sais, ça fait des mois que Kazu a publié son dernier chapitre, mais je travaillais sur d'autres fics.
Merci à Ahé pour sa correction toujours efficace.
Chapitre 9
Imayoshi était d'une humeur massacrante après s'être tapé la tirade de cet arrogant s... Il secoua la tête et préféra oublier ces conneries. Il savait ce qu'il valait – et ce que valait son cerveau - mieux que personne. Il ferma l'appli calendrier de son téléphone, un début de plan déjà en tête.
Imayoshi prenait rarement le bus de son dortoir au bâtiment de psycho, mais aujourd'hui un chauffeur lui éviterait les distractions et lui permettrait de rester concentré sur sa conversation par textos interposés.
[Aide-moi, Obi-Wan Mitobe, tu es mon seul espoir.]
Il avait décidé que l'humour était le meilleur moyen d'aborder une requête aussi ridicule que celle qu'il allait faire. De plus, mentionner le goût que Imayoshi et Mitobe partageaient pour les trucs de geek et la sci-fi était le meilleur moyen de capter l'intérêt du Center silencieux.
[Je peux te prêter mon sabro-laser. Il n'a rien de grossier et d'aléatoire comme un blaster une arme élégante pour un âge davantage civilisé] vint la réponse.
Le gloussement lugubre que laissa échapper Imayoshi convainquit quelques filles assises non loin qu'il était temps de descendre ou qu'elles seraient plus confortablement installées à l'autre bout du bus. Il perçut leur mouvement du coin de l'œil, mais de meilleure humeur qu'il n'avait été depuis plusieurs jours, il les ignora délibérément. Si seulement il avait plus de temps pour s'amuser avec Mitobe...
[Sérieusement, Babillard, j'ai besoin d'aide. Mais ça va prendre trois plombes à taper, est-ce que je peux t'appeler pour t'expliquer?]
[Bien sûr. Tu parles et je te textoterai mes réponses. On fait ça tout le temps, Koganei et moi.]
Imayoshi s'avachit sur son siège à l'arrière du bus et appela le numéro de Mitobe. Quand ce dernier décrocha, il tapota le micro du haut-parleur pour indiquer qu'il écoutait.
« Ok... âlors, tu vois, je suis cette semaine en séminaire de socio et si je manque une seule séance, j'échouerai cette UE. Le problème c'est qu'au même moment, il y â les épreuves de sélectiaon de l'équipe de bâsket. »
Le silence à l'autre bout de la ligne était déconcertant.
« T'es toujours âvec moi ? » demanda Imayoshi. Un petit bruit sec dans l'écouteur lui confirma qu'il n'était pas seul.
« Alors je me suis dit que toi et moi, on âvait presque lâ même taille et lâ même couleur de cheveux... » il laissa sa phrase inachevée, en entendant Mitobe taper sur les touches en réponse.
[Tu veux que je me fasse passer pour toi ?! Pour lequel des deux ?]
« Pour le cours, bien sûr ! Nous âvaons l'un et l'autre un double-clutch relâtivement impressiaonnant, Babillard, mais n'importe quel coach se rendrâ vite caompte que je suis incâpâble de faire un hook shoot correct. »
[Je croyais que t'avais arrêté le basket pour te concentrer sur tes études ? Et tu crois pas que ton prof et tes condisciples remarqueront que je ne suis pas toi ? Qu'est-ce qui va se passer quand je ne pourrais pas leur parler ?]
« Je croyais avoir ârrêté, mais j'ai changé d'avis. Tu me connais assez pour savoir que je ne t'aurais pas âppelé sans plan en tête, Babillârd... Laisse-moi t'expliquer. »
Si Imayoshi n'avait pas été aussi pressé par le temps, il aurait trouvé le visage emprunt de confusion de Mitobe hautement comique.
« Tu aurâs beau porter mes anciennes lunettes sans les verres toute lâ journée, persaonne n'y croirâ si tu ne fermes pâs les yeux, Babillârd ! » expliqua-t-il. « Bien, bien. Reprenaons tout depuis le début et âvec un peu de chance, je ne serais pas en retard pour les sélectiaons. »
[Non, non], tapa Mitobe rapidement. [J'ai compris. C'est juste que je ne vois pas bien comment je vais pouvoir faire ça. Je devrai ouvrir les yeux pour descendre les marches de l'amphi et remettre au prof l'attestation comme quoi j'ai une laryngite. Et ensuite, il faudra bien que je retourne à mon siège.]
« Tu n'aurâs qu'â plisser un peu les yeux. Je sais que ce serâ pâs fâcile... »
[Et tu crois vraiment que personne dans ta classe ne va rien remarquer ?]
« Je ne suis pas très aimé, Babillârd. Je croyais que c'était un fait étâbli. Mes petits camârâdes m'évitent comme lâ peste et le cholérâ réunis, et d'autant plus que je ne m'entends pâs âvec le prof. »
[Admets que tu le fais exprès, non ?]
« Quoi ? D'irriter les gens, tu veux dire ? » sourit Imayoshi. « Bien entendu que je le fais exprès. Ne perds pas taon temps â poser des questiaons sur des évidences dont nous connaissaons tout deux les répaonses. J'ai les meilleures notes de la clâsse – mâlgré deux âbsences – et je pourrais donner le cours à la plâce de cet imbécile de prof. »
Mitobe haussa un sourcil, mais ne tapa rien de plus. Imayoshi plaça ses deux mains sur ses épaules et le regarda droit dans les yeux :
« Nos six centimètres de différence pâsseraont inâperçus si je ne suis pas à côté pour la caompâraisaon, » dit-il à Mitobe. « Merci de faire çâ pour moi. Je ne peux pâs me permettre de planter cette UE. Papâ m'â dit qu'il ne pouvait plus m'aider avec mes frais de scolârité. Surtout avec lâ mauvaise pâsse que traverse Hiroyâ en ce moment. Dieu merci, tu nous payes un loyer. Mais si ce crétain ne sort pâs très bientôt de sâ putain de châmbre... Je lui pète sâ gueule ! »
Mitobe hocha la tête et mit les lunettes sans verres. Il commença à taper pendant que Imayoshi saisissait son sac de gym.
[Tu fais ça pour lui, n'est-ce pas ? Tes cours, ta future carrière en psycho, et même te remettre au basket pour pouvoir payer tout ç veux juste aider ton frère.] Il montra l'écran à Imayoshi, qui ouvrit un peu les yeux.
« Tu commences â parler comme Taupe ! Toujours à dire toutes ces "choses totâlement superflues". Je me sens complètement en phase avec Maondain tout à coup. » Il se tourna vers son sac de cours. « Tous mes livres de cours sont sur lâ tâblette. Prends des notes au mieux que tu peux et fais profil bâs. Si tu n'âs pâs le choix, dis-leur que tu âs lâ gueule de bois. »
[Ok, Saint. Ne t'en fais pas, je m'en charge. Concentre-toi sur les sélections et tout ira bien.]
Imayoshi vérifia ses poches une nouvelle fois, puis tourna les talons.
Avec son sac de cours pendu à l'épaule et le blazer universitaire d'Imayoshi sur le dos, Mitobe entra dans le bâtiment de sciences sociales avec autant d'assurance qu'il s'en sentait capable. Il fit un détour par les toilettes, vérifia son déguisement et s'assura que le gel maintenait ses cheveux dans le même style qu'Imayoshi. Puis, il ajusta les lunettes de manière à ce que le bord supérieur se trouve au niveau de la ligne de ses yeux. Satisfait, il plissa les yeux et sortit dans le couloir.
Ça ne marchera jamais. Je vais me faire choper.
La salle de classe se trouvait juste devant lui. Il poussa la porte et entra dans la pièce. A la vue de l'amphi, il faillit ouvrir les yeux, avant de se rappeler que sa visite n'avait rien de touristique. Certes, il ne pourrait jamais assister à un cours dans ce genre de salle, mais ce n'était pas le propos.
Tant qu'à faire, autant que je profite de l'opportunité d'assister à un vrai cours d'université.
Il repéra l'escalier, puis ferma les yeux autant qu'il le put.
Un, deux, trois... ouch ! Le tibia de Mitobe heurta le coin du pupitre du quatrième rang. Il trébucha et fit un geste de la main, tout en mettant en pratique le large sourire qu'il répétait depuis quelques jours. Cela suffit à détourner tout regard suspicieux. Les gens s'écartèrent et il poursuivit sa descente.
Il se vautra – comme il lui avait été recommandé – sur un pupitre du premier rang, en attendant que le professeur le remarque.
« Quelle joie de nous faire l'honneur de votre présence, Imayoshi-kun ! » dit-il, la voix aiguë dégoulinante de sarcasmes. « Qu'est-ce que voulez ? »
Mitobe poussa un papier sur le bureau du professeur et, sans même prendre le temps d'attendre une réponse, il fit demi tour et remonta s'asseoir au dernier rang de l'amphi.
Ca craint, ça craint, ça craint...
« Laryngite ? Alléluia, nous sommes témoin d'un miracle ! Imayoshi-kun est interdit de parole par son médecin. Nous allons peut-être pouvoir faire cours aujourd'hui sans être interrompu par son incessant ramdam ! »
Pendant tout le reste du séminaire, Mitobe ouvrit les yeux autant qu'il l'osa, prit des notes et profita du cours.
Imayoshi se sentait vieux et pas en forme. Ce qui était ridicule puisqu'il jouait contre Aomine au moins une fois par semaine. Mais là, il suait à grosses gouttes en tenant le rythme de ses rivaux de première année. Les places sur le banc des remplaçants allaient être chèrement disputées. En tant que deuxième année, Imayoshi était désavantagé, mais il était bien trop intelligent pour le montrer. L'expérience et la fourberie pouvaient très bien venir à bout de la jeunesse et de l'habilité.
Grâce à Momoi Satsuki. il savait tout ce qu'il était possible de savoir sur les membres titulaires de l'équipe et sur ceux qui passaient les sélections. Avec même qu'elle ne raccroche le téléphone, elle avait fait à Imayoshi un premier compte-rendu sur les joueurs, dont il lui avait donné les noms. En trois jours, elle avait réuni un rapport complet, comportant des séquences filmées, des résultats sportifs depuis le collège et des coupures de journaux sur les vingt joueurs potentiels. Mieux encore, Momoi avait annoté tout cela avec ses propres conseils et stratégies. Il n'avait pas fallu longtemps à Imayoshi pour absorber toutes ses informations et déterminer quels joueurs il pouvait défier en un contre un et avec lesquels il pouvait collaborer.
Une fraction de seconde lui suffit pour voir qu'un tir à trois points adverse n'allait pas marquer. Il passa aussitôt de la défense à l'attaque, se glissa dans l'espace laissé libre par la confusion du rebond et frappa le ballon loin des joueurs de l'équipe adverse, en direction de leur panier. Maintenant, il suffisait de bouger de manière imprévisible pour augmenter la pression sur les défenseurs.
C'étaient des basketteurs qui avaient joué contre la Génération des Miracles durant le lycée. Mais, la plupart n'avait jamais affronté un joueur qui s'était entraîné avec l'un de ces monstres. Une légère hésitation, un soupçon de sous-estimation, étaient tout ce qu'il fallait à Imayoshi pour dribbler au milieu des adversaires et mener son équipe à la victoire par un dernier panier juste avant la sonnerie de fin de match.
Le sifflet retentit et le match prit fin. L'équipe d'Imayoshi menait de vingt-cinq points, neuf d'entre eux venant de ses tirs à trois points et six autres d'une de ses passes décisives. Il n'y avait pas une action dans le match qu'il n'avait pas activement planifiée et accompagnée.
Même s'il avait impressionné le coach et l'équipe, il n'y avait aucune garantie que Imayoshi serait choisi. Il ne pourrait jouer que trois ans au lieu de quatre et le Point Guard titulaire était bien installé et parfaitement qualifié pour le poste. Néanmoins, il avait fait son possible pour sortir du lot. Il n'y avait plus qu'à attendre.
Mitobe l'attendait dans sa chambre de pensionnaire, quand Imayoshi rentra des sélections, fraîchement douché.
« Caomment çâ c'est pâssé ? » demanda-t-il au garçon qui avait remis ses propres vêtements.
[Il semblerait que j'ai réussi à les tromper. Après que le prof s'en soit pris à moi – enfin, à toi – personne ne m'a parlé pendant tous le cours.]
« Tu vois ? Je t'âvais dit que ce serait fâcile ! Merci pour le coup de main, » répondit Imayoshi, avant de s'effondrer sur son lit. « J'avais oublié à quel point c'était crevant, ces entraînements. Pâs étonnant que Aomine dorme autant... »
[Et les sélections ?]
« Tu me vexes, Babillârd ! » fit Imayoshi avec un large sourire de prédateur. Il roula sur le côté, ouvrit son sac de gym et en sortit un maillot bleu, orné dans le dos d'un numéro 14 doré. « J'ai réussi, bien entendu. Mais maintenant, le plus dur reste à faire : maintenir mes notes à niveau pour âssurer mâ bourse, tout en jouant au bâsket, » poursuivit-il en riant.
[Oui, et bien ne t'attends pas à ce que je passe tes partiels pour toi.]
« Je te promets que naon. C'était juste pour cette fois, Bâbillard. Après tout, il n'y â qu'un seul Saint ! »
[On est quitte, donc ?]
« Quitte pour quoi ? » demanda Imayoshi, en ouvrant ses yeux une fraction de plus que d'habitude.
Bon sang, comment joues-tu au basket les yeux fermés ?
[Pour Osaka.]
« Tu ne me dois rien, Babillârd. C'est à çâ que serve les frangains ! »
