2 décembre : Balade

Cage dorée

Epoque : Louis XIV (Versailles, c'est trop bien comme série).

« Bienvenue à Versailles ! »

Francis lui adressa un sourire plein de dents acérées.

Arthur lui écrasa les doigts lors de leur poignée de main.

Invité à la Cour du Roi Soleil, Arthur ressentait de la peur.

Depuis quand France se payait des portails auréolés d'or, des fontaines modernes, des palais ostentatoires et des vêtements somptueux !

Arthur avait appris la langue française, contraint par un effet de mode dans toute la noblesse européenne !

En colère, Arthur se laissa guider par Francis dans toute cette luxure capable d'entretenir une armée de métier pendant des siècles.

Le spectacle inédit de feux d'artifices et de jets d'eau acheva de convaincre Arthur de la dangerosité actuelle de son rival.

Durant la fête, France osa l'entraîner dans l'éblouissante Galerie des Glaces…

« Et la trêve ?

- A la seconde, mon amour.

- Stupid… »

Francis réveilla le désir enfoui d'un simple baiser. Emportés par la passion, ils se retrouvèrent enchevêtrés par terre dans un amas de vêtements.

« Je suis prisonnier de cette cage dorée… »

Francis l'incita à tourner son regard lascif vers le miroir le plus proche. Fasciné, Arthur contempla leurs deux corps se rejoindre langoureusement sur la surface totalement lisse.

« …mais elle offre quelques avantages délectables. »

Liberté retrouvée

Epoque : Fin de la seconde guerre mondiale

Lors de la libération de Paris, Francis et Arthur avaient traversé les rues de la Ville lumière, pris un verre en terrasse et savouré l'union de leurs corps dans l'appartement saccagé de Francis.

La haine, la destruction et la terreur ne les vaincraient jamais.

Francis tenait la main tremblante d'Arthur pour leur premier Noël de liberté dans les rues illuminées de Londres.

Frappée à intervalles réguliers par les bombes, la ville gardait des cicatrices terribles. Chaque habitant se retournait au moindre bruit de pétarade et scrutait encore le ciel à la recherche d'avions meurtriers.

Le son des cloches s'accompagnait de souffles retenus et se terminait par des soupirs de soulagement.

Ayant installé son gouvernement en exil à Londres, Francis tenait particulièrement à cœur de revoir la capitale en pleine reconstruction.

« Si on devait se marier, ce serait ici », souffla-t-il.

Surpris, Arthur lui répondit avec un sourire taquin.

« On doit se marier dans beaucoup d'endroits, France… »

Francis lui vola un baiser pour taire son refus perpétuel. Personne ne pointerait un fusil sur eux pour les séparer d'une balle dans la tête. Arthur le coinça contre un mur pour lui faire l'amour dans cette ruelle.

La liberté d'une simple amende pour atteinte à la pudeur était enfin revenue !