La jeune femme courrait dans le village, ses longs cheveux de jais louvoyaient derrière elle en de fines vaguelettes. Elle portait une robe finement ouvragée, simple et pourtant capable de faire rougir n'importe qui, une de ses robes que l'on porte généralement aux grandes occasions et non pour courir à travers champ.

Une grande réception se tenait sur la grande place, des fanions de couleurs ornaient les murs, des fleurs fraîchement coupées étaient disposées sur les tables en chêne, les senteurs de venaisons et de boissons se mêlaient à l'air, faisant saliver les convives qui attendaient quelqu'un qui se faisait désirer.

Aux abords d'un lac, non loin du village, se tenait un jeune homme, une longue cape sombre sur les épaules le couvrant tout entier, il semblait fixer un point à l'horizon, ses cheveux à l'air libre s'avéraient ravis de pouvoir jouer avec le vent du soir, avec un soupir il les rassembla et remis sa capuche dessus, juste à temps, la belle jeune fille arrivait en l'appelant.

- Aneurin[1] ! ou est tu ?! Aneurin !

Le jeune homme qui était ainsi hélé se retourna lentement, démarche féline, économie de mouvement, tout en lui inspirait le mystérieux, la bête sauvage, un animal que les habitant du village avaient réussi à gagner la confiance.

- Aneurin,…enfin te voilà… vite, vient papa va s'énerver !

Aneurin ne dit rien mais suivit la jeune fille qui était déjà au niveau des premières maisons. L'arrivée des deux jeunes gens ne passa pas inaperçu, un homme taillé comme une armoire à glace s'approcha d'eux, plaça une main sur leurs épaules avant de les diriger vers deux places près d'un autre géant et d'une femme habillée en blanc. Aneurin observait les alentours, les visages joyeux et souriants des villageois, les mets parfumés sur les tables dressés, ils lui rappelaient quelque chose mais c'était flous et incertains, peut être le fruit de son imagination mais cela semblait si réel.

La jeune fille vit de la tristesse dans les yeux de son compagnon, elle ne savait pas trop quoi faire, tandis qu'elle cherchait une idée, les troubadours venus pour l'occasion se mirent à jouer une musique douce, mélancolique, entrainante, presque troublante. Bercée par cette musique d'autrefois la jeune fille se leva et se dirigea vers Aneurin, tendant la main elle lui demanda silencieusement si il pouvait l'accompagnée, surpris le jeune homme resta pétrifié un instant avant que le géant qui était assis près de lui ne le pousse gentiment.

La main dans la main les deux jeunes adultes se mirent à danser, la robe verte sombre hypnotisant les regards au fur et à mesures des mouvements de la jeune fille, ses longs cheveux noirs d'ébène virolant dans l'espace la cachant des fois aux yeux de son cavalier qui, avec son agilité, l'accompagnait à merveille. Bien que d'autre danseurs vinrent danser seuls ses deux-là semblais faire qu'un avec la musique.

Aux abords de la forêt près du village, se tenait une louve blanche comme la lune, aussi grande qu'un gros chien voire plus, les traces noires barrant son œil pareil à une émeraude brillante. Elle avait vu l'homme qui se faisait appeler Aneurin, elle avait vu le médaillon en forme de flamme, elle avait senti la nourriture, la tristesse du garçon et surtout elle avait reconnu son ami.


[1] Prénom gallois signifiant noble, modeste