Voici donc le troisième chapitre qui j'espère, vous plaira. Je tiens à remercier les personnes qui ont laissé un commentaire, c'est toujours gratifiant et encourageant.
Bonne lecture !
Le cours d'Etudes des Runes m'avait semblé encore plus interminable qu'à l'accoutumée, et ce n'était pas un mince exploit. Comme à son habitude, le professeur Babbling nous avait donné un devoir à rédiger sur un sujet particulièrement ennuyeux et redondant qui devait nous prendre, je cite, quelques minutes. Dans mon cas, il me faudrait le weekend entier. En toute honnêteté, je rédigeais des devoirs pour ce cher Babbling depuis ma troisième année à Poudlard et pourtant, malgré la centaine de papiers rendus, j'avais toujours l'impression que le sujet était le même en revanche ce qui ne changeait pas, c'était le temps que cela me prenait.
Durant la totalité du cours, je n'avais cessé de penser à ce que m'avait dit Amelia au sujet de Lestrange et des autres « grands » de notre année. Il faut se mettre à ma place, à 17 ans, on n'a pas envie d'être cataloguée ainsi. Ce qui m'obsédait le plus étaient les paroles de Rabastan Lestrange me concernant. Connaissant le sorcier en question et même si je ne m'attendais absolument pas à ce qu'il puisse se consumer secrètement de passion pour moi, je ne digérais pas ce qu'il m'avait dit durant le cours de potions ou même ce qu'il pensait de mon statut et de mes origines.
Bien évidemment, j'aurais pu décider de me venger de Rabastan, après tout, la plupart des Serpentard sont naturellement doués lorsqu'il s'agit de comploter. La plupart des Serpentard, sauf moi. Après deux heures d'une intense réflexion, mon plan d'action se limitait à suivre Lestrange jusqu'à la bibliothèque, parce qu'aussi étonnant que cela puisse paraître, il y passait beaucoup de temps, et avoir une franche discussion avec le ténébreux sorcier ou plus exactement, obtenir des excuses de sa part, une grande première me concernant. Plan potentiellement suicidaire mais je n'avais strictement rien d'autre en stock. En plus, cela me donnerait l'occasion de passer du temps dans ce lieu où je ne mettais jamais les pieds et dans la mesure où il s'agissait de ma dernière année à Poudlard, il était grand temps de jouer les touristes.
Nott et moi-même nous dépêchâmes de sortir de la salle de cours qui se trouvait dans l'aile Est. Cette journée cauchemardesque touchait presqu'à sa fin et j'avais envie, pour une fois, d'avoir le dernier mot et d'oser de manière quasi-gryffondorienne affronter ceux qui osaient me rabaisser. Dans le cas présent, Rabastan Lestrange. Autant viser haut.
-Amelia, tu vas à la bibliothèque ? Demandais-je en trottinant derrière mon amie qui s'arrêta nette en m'entendant prononcer le mot bibliothèque.
-Oui, pourquoi ? Demanda-t-elle suspicieuse.
-Génial ! Je t'accompagne, je lui adressai un large sourire avant de la précéder.
-On peut savoir ce que tu as derrière la tête ? Demanda-t-elle après moi.
-J'ai envie d'étudier, tu n'arrêtes pas de me dire que cette année est importante et que je dois me concentrer sur les Aspics, fis-je en levant les yeux au ciel comme si il s'agissait d'une évidence.
-Et ça te prend comme ça ? Nott avait l'habitude de froncer les sourcils lorsque quelque chose, ou quelqu'un dans mon cas, la perturbait et elle avait présentement l'air d'un troll à la mine fripée.
-C'est pénible, il faut que je me justifie à propos de chacun de mes actes ? Lançais-je tout en accélérant le pas tout en coupant court à la discussion.
La bibliothèque de Poudlard était un endroit absolument magnifique. Le problème était que je n'avais strictement rien à y faire la plupart du temps, je préférais m'inspirer du travail d'Amelia. Bon, je l'avoue, je n'étais pas si inculte que cela et j'y avais passé quelques longues heures mais pas autant que la plupart des élèves. En effet, j'avais du mal à tenir en place, il fallait toujours que je sois en mouvement et rester des heures le nez penché sur un énorme manuscrit ne m'inspirait guère.
La bibliothèque était énorme et les immenses rangées de livres se succédaient à l'infini. On se sentait happé par le temps et rien ne semblait avoir changé depuis la création de l'école. C'est dire si elle était ancienne.
Mais revenons-en à ce qui m'amène ici, mon objectif premier était de repérer Rabastan puis de me débarrasser d'Amelia, ou l'inverse.
-On a qu'à se mettre là, fit Nott en s'installant sur une grande table vide, pour ce qui est d'Amelia, objectif atteint.
-Parfait ! Je vais commencer à chercher des livres, dis-je en m'éloignant et en ignorant le regard inquisiteur de ma comparse qui devait forcément se douter de quelque chose. En même temps, qu'y avait-il de mal à avoir une innocente conversation avec un garçon de notre année, une simple, banale et innocente conversation? D'accord, pas si innocente que cela mais elle n'est pas non plus obligée de le savoir !
La bibliothèque était bien trop grande selon moi et franchement qui pouvait avoir besoin d'autant de livres. Afin de faciliter mes recherches, et connaissant un petit peu Lestrange et son tempérament un brin solitaire, je décidais d'orienter mes recherches vers les recoins les plus isolés de ce temple du savoir. Seul bémol, je n'étais que moyennement au fait de l'architecture des lieux.
Après plusieurs longues minutes, je finis enfin par trouver Rabastan, confortablement installé dans un fauteuil, un livre dans les mains. Comme à son habitude, le Serpentard semblait parfaitement captivé par ce qu'il était en train de lire et n'avait que faire du monde qui l'entourait. J'hésitais quant à la démarche à suivre, fuir ? M'approcher silencieusement ? Lui sauter dessus. Heureusement pour moi, c'est Rabastan lui-même qui sembla prendre les devants.
-Tu n'en as pas eu assez en cours de potions, Meade ? Demanda froidement Rabastan sans même daigner lever les yeux de son livre. Note pour plus tard, ce type voit tout, sait tout.
-J'exige des excuses, Lestrange. Répondis-je froidement. J'exige quoi ? Ces paroles ont été prononcées involontairement par ma bouche, bouche que je ne contrôle plus visiblement.
Rabastan laissa échapper un rire cynique avant de refermer brutalement son livre, plantant son regard perçant dans le mien.
-Je te demande pardon ? J'ai du mal comprendre, pendant un moment j'ai cru que tu exigeais quelque chose de moi. Rabastan se tenait à présent debout devant moi, son visage à quelques centimètres du mien.
-Tu n'as aucun droit de me juger, ce que tu me reproches injustement c'est exactement ce que tu passes ton temps à faire mais parce que tu es un Lestrange, tu t'imagines que tu as tous les droits, y compris celui de m'insulter et de me manquer de respect! Ma voix tremblait, j'étais terrifiée mais en même temps, je ne pouvais pas le laisser s'en tirer comme cela et de toutes façons, si il songeait déjà à me lancer un sortilège interdit, je venais de lui offrir l'occasion parfaite, alors bon.
-Tu as raison sur un point, Meade, je suis un Lestrange et j'ai tous les droits, y compris celui de traiter une Meade de trainée si cela m'amuse ! Après tout, ce doit être de famille, ta mère a semblé proche de mon père il fut un temps, cracha-t-il avec mépris.
Je pouvais sentir son souffle caresser le lobe de mon oreille. Je fermais les yeux en essayant d'ignorer les paroles proférée sur ma mère mais je savais qu'elle-même avait eu son lot de conquête à Poudlard et que la fidélité n'avait jamais été son fort. Enfin jusqu'au jours où elle était partie avec un autre, mais passons.
-Comment oses-tu, sifflais-je.
Rabastan sourit, visiblement ravit de provoquer autant de colère chez moi. Sans même réfléchir je lui décrochais une gifle de toutes mes forces, effaçant son sourire moqueur de son visage aristocratique. Tu l'auras pas volée celle-là !
Il me saisit le poignet avec violence et me plaqua contre le mur, mes yeux soutenaient son regard qui était désormais empli de rage. Non mais on peut essayer de parler de tout ça, la gifle et tout le reste, demain à tête reposée.
-As-tu la moindre idée de qui je suis ? Sa voix était calme mais menaçante. Mes jambes semblaient se liquéfier et pourtant je ne pouvais pas perdre ce duel. Un apprenti Mangemort ?
-Un fils à papa prétentieux et trop sûre de lui que la plus jolie fille de Serpentard à toujours ignoré, murmurais-je. Bravo Sarah, tu seras morte en te battant, parce que là, c'est bon, je vais mourir, il va forcément me lancer un Avada Kedavra dans la seconde.
Mais au lieu de cela, Rabastan approcha encore un peu plus son visage du mien, un large sourire conquérant sur les lèvres.
-Tu imagines que moi, Rabastan Lestrange, j'ai pu souhaiter attirer ton attention ? Il murmurait chaque parole et se mit à mordiller le lobe de mon oreille. J'ai peut-être un peu extrapolé sur ce coup.
-Tu es magnifique Meade, fit-il en m'embrassant le cou, et tu es de loin la plus belle des créatures de cette école, tandis qu'il parlait, il lâcha mon poignet et je sentis sa main glisser le long de ma hanche. J'aurais adoré être en mesure d'obéir à mon esprit qui me suppliait de fuir mais bizarrement, mes jambes ne bougeaient pas.
-Meade, ma belle Meade, j'ai beaucoup pensé à toi c'est vrai, je pense tout le temps à toi, à ce que je pourrais te faire mais où est le challenge avec toi, la belle Sarah, aussi belle que naïve, aussi séduisante que facile, j'aime jouer avec mes proie mais tu es déjà morte.
Il s'interrompit et me fixa se son regard brûlant. Ce que voulait Rabastan, c'est ce que tous ses paires voulaient de moi. J'avais beau être pleinement consciente de ce fait, j'étais comme électrisée, je ne parvenais pas à détacher mon regard de ses lèvres et il le sentit. Brutalement, avec fougue et passion il m'embrassa. C'était un baiser brulant, conquérant et dominant qui n'avait rien de doux.
Il se recula d'un pas et rompit notre baiser, son visage affichait un rictus triomphant. Tu as gagné Rabastan et j'ai encore une fois fait preuve de ma bêtise. Comme si il semblait lire en moi, Rabastan sourit de plus belle.
-Tu as aimé ? Demandai-je froidement. Ma question sembla déstabiliser Lestrange un court instant.
-ça n'était pas désagréable, dit-il, j'imagine que l'expérience joue en ta faveur, ajouta-t-il
-Pas dans la tienne en tout cas et Rosier est bien meilleure que toi, lui lançais-je dans un ultime élan de stupidité avant de le dévisager un court instant et de tourner les talons.
-Tu peux continuer à être le jouet de Rosier, Meade, mais n'oubluies pas que c'est Greengrass qui est vue en public avec lui! Cracha-t-il, visiblement agacé par le courage dont je faisait preuve dont je n'étais pas peu fière.
-En tout cas, je ne serai pas TON jouet, fis-je tout en accélérant le pas. Je suis en vie, mais cela pourrait bien ne pas durer.
-Pour l'instant, répondit-il. L'espoir fait vivre.
Mon cœur battait la chamade et je devais admettre que j'avais été une parfaite comédienne parce que son baiser égalait largement celui de Rosier à la différence peut-être que celui de Rabastan était plus passionnel et plus haineux. Il était mystérieux et il était tout bonnement impossible de savoir ce qu'il avait en tête. Mais peu importe ses talents d'amants, je devais me méfier de lui car non seulement il me méprisait mais il avait une dangereuse influence sur moi lorsque j'étais en sa présence.
Lorsque je rejoignis enfin Amelia, cette dernière était plongée dans un livre sur les hiéroglyphes ou Merlin sait quelle subtilité « runique ». Elle ne releva même pas la tête lorsque je m'assis à la table sans le moindre livres dans les mains.
-Tu es partie tout ce temps et tu n'as trouvé aucun livre, on peut savoir ce que tu fabriquais? Demanda-t-elle froidement.
-J'embrassais Rabastan Lestrange et ce après m'être fait insultée par ce dernier, lâchais-je nonchalamment.
Amelia Nott daigna enfin lever les yeux de son grimoire et me regarder avec colère et peut-être un semblant d'admiration.
-J'espère que tu plaisantes? Demanda-t-elle.
-Non, mais il me devait des excuses, fis-je en m'asseyant.
-Et il s'est excusé? Demanda-t-elle avant de poursuivre, il s'est platement excusé puis t'a embrassé ? C'est pas exactement comme cela que ça s'est passé.
-Pas vraiment, en revanche, je confirme, Lestrange est un grand malade. Et qui devrait clairement se payer une chambre à l'année à Sainte Mangouste.
-Bien sûre que c'est une grand malade ! Sarah, les Lestrange sont ce qui se fait de pire parmi les familles Sang-Pur, en fait non, il y a aussi les Black, mais c'est le même genre ! S'écria Amelia.
-Je sais ! Rétorquais-je
-Tu ne peux rien attendre de garçons comme Rosier ou Lestrange, au mieux, si ils daignaient te regarder, tu serais une maîtresse, une fille qu'ils garderaient sous le coude, ils te préfèreront toujours une fille bien née, chuchotait Nott tout en m'observant avec attention.
Je soupirais bruyamment en m'enfonçant dans ma chaise.
-Je sais, c'est juste que ces dernières années je m'étais dit que peut-être que je pourrais utiliser mon seul atout pour être un peu considérée, que peut-être qu'Evan finirait par avoir des sentiments pour moi, murmurais-je sans grande conviction tout en baissant le regard.
-C'est ça ton problème Sarah, tu ne pourrais pas être considérée comme autre chose qu'un objet tant que tu ne te considéreras pas toi-même comme un être à part entière, lâcha Nott en se replongeant dans son livre.
-Et si j'avais une meilleure opinion de moi tu crois qu'Evan pourrait m'aimer ? Tu sais bien que non ! Ma voix tremblait en repensant aux humiliations que j'avais subit ces dernières années et dont j'étais pleinement responsable.
-Je ne suis pas d'accord, je pense qu'à défaut de t'aimer, ils t'auraient respecté un peu plus, lâcha Nott.
-Je ne peux pas changer mon nom de famille ou mes origines alors au fond, qu'importe la manière dont je me vois !M'écriais-je.
Il était facile pour Amelia de prodiguer ce genre de conseils, elle venait d'une bonne famille, elle était riche et n'avait aucun soucis à se faire. En revanche, lorsque je regardais de mon côté, j'avais de quoi rougir, un père alcoolique, une mère qui avait disparu avec le premier venu. Je venais d'une belle lignée de ratés en tout genre.
-Lui non, mais un autre que lui oui, il n'y a pas qu'Evan Rosier ou Lestrange ou Malfoy, Sarah, il y a plein d'autres garçons à Poudlard qui ne parlerait pas de toi lors des soirées mondaines comme du jouet que l'on se prête entre amis. Ouch, ça ça fait mal.
