Un grand merci à toutes les personnes qui ont pris la peine de mettre une review (MissZabiniVoltur; SophieRostochine, Hope et Waina). C'est toujours agréable d'avoir un feedback sur son écrit. N'hésitez pas à y mettre des critiques (constructives lol) sur le style, le fond, la forme, les personnages. Cela aide pour le futur!

J'avais attendu que tout le monde aille manger pour daigner sortir de ma cachette. Je n'avais pas envie de parler à qui que ce soit et surtout pas à Amelia, la connaissant elle insisterait lourdement pour savoir ce qui avait bien pu m'arriver et très honnêtement, l'idée de raconter ma rencontre houleuse avec ce troll de Scabior ne m'enchantait guère. Pour être parfaitement honnête, dire que j'avais honte de ma famille était un euphémisme. J'avais eu l'occasion de raconter mon historique dans les grandes lignes à Nott mais je ne lui avais jamais détaillé précisément ce que faisait mon père pour gagner sa vie.

Seule, je pris la direction de la volière munie d'un parchemin sur lequel était simplement écrit : Scabior Senior cherche papa, merci de le lui transmettre. Sarah.

En temps normal, je n'aurais jamais donné suite à la demande de Scabior, que je ne considérais pas comme un danger en soit et ce même si il m'avait salement amochée. En revanche, l'idée que son père et lui-même puissent être en contact de près ou de loin avec Voldemort et Compagnie changeait considérablement la donne. D'ailleurs, si Scabior qui ne brillait pas par son courage avait osé lever la main sur moi, c'était justement parce qu'il se sentait largement en position de force et cela n'augurait rien de bon.

Mon père était introuvable, soit, et la seule personne qui pouvait peut-être savoir où se trouvait Samuel Meade était sa propre mère, Catherine Meade. Je n'étais pas particulièrement loquasse concernant mon quotidien à Poudlard et je n'écrivais jamais ni à mon père ni à ma grand-mère. Pour raconter quoi ? Mes heures de détention ainsi que mes piètres résultats ? Sans façon. Seulement là, il y avait urgence. Ma grand-mère n'était pas une femme très chaleureuse ni sentimentale, c'était sa nature et je m'en accommodais très bien. Elle restait ma famille et la seule figure maternelle que j'avais eue après le départ de ma génitrice.

Une fois dehors, je ne pus m'empêcher de frissonner, l'air s'était considérablement rafraichi avec la nuit et le contraste avec les dortoirs étonnamment surchauffés de Serpentard était saisissant. D'un geste lent, je refermais ma cape autour de mes épaules avant de m'élancer dans l'obscurité en me demandant comment cette journée qui avait débuté par un banal accident en Botanique avait pu devenir un véritable parcours du combattant.

Pour atteindre la volière, il fallait que je traverse toute la cours avant de rejoindre la tour ouest du château. Il était possible d'y accéder par l'intérieur du bâtiment mais cela impliquait de traverser le hall ainsi que la galerie principale et je n'avais absolument pas envie de croiser qui que ce soit.

Je détestais la volière, il y faisait froid, l'odeur était absolument nauséabonde et surtout, le danger était partout. Les personnes qui n'ont jamais côtoyées de chouettes ou de hiboux ne peuvent pas imaginer à quel point ces volatiles sont agressifs et sournois.

Le hibou familial avait pour prénom Soupolet. C'était un prénom idiot pour un piaf particulièrement crétin mais ma grand-mère l'avait depuis des années. En plus d'être agressif, ce démon volant avait le chic pour se perdre et il lui arrivait de me remettre mes propres lettres après trois semaines d'errance. Une efficacité redoutable en somme.

En entrant dans la volière, je ne pus réprimer une grimace tant l'odeur était forte. Les hiboux et les chouettes étant des animaux nocturnes et la plupart étaient partis chasser mais je connaissais Soupolet, il allait attendre qu'un de ses congénères ne revienne avec une grosse souris pour la lui piquer. Si il était probablement le pire hibou du monde sorcier lorsqu'il s'agissait du courrier, il faisait preuve d'une intelligence redoutable quand il était question de manger,

Je regardais autour de moi en cherchant désespérant mon hibou mais dans l'obscurité, tous les oiseaux ont la même tête.

- Soupolet ! SOUPE-O-LET !

A force de crier, un énorme hibou gras et à moitié déplumé se posa sur le perchoir qui se trouvait au centre de la pièce.

-Soupolet, apportes cette lettre à Granny ! Fis-je avec autorité

L'oiseau me regarda en inclinant rapidement la tête à droite comme si il analysait la situation.

-Maintenant espèce de sombre crétin ! Je tapais vigoureusement sur la tête du volatile avec ma baguette avant de faire de grands signes pour l'obliger à s'envoler.

-Tu sais qu'il y a de grandes chances pour que ta missive n'arrive jamais à destination, je sursautais en entendant une voix masculine.

En me retournant, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir Sirius Black dans toute sa superbe, son sourire arrogant placardé sur le visage.

Il se trouvait là, devant moi, dans l'embrasure de la porte. Et je réalisais combien je détestais Sirius Black. Je détestais la manière dont ses cheveux ressemblaient à de la soie noire, la façon dont il les avait laissé pousser jusqu'à ce qu'ils atteignent son menton, la façon dont il parlait comme si chaque syllabe était une caresse sensuelle et enfin, je détestais la façon dont il marchait comme si il possédait le monde. J'aurais dû tout détester chez Sirius Black mais en réalité, la seule chose que je détestais vraiment était précisément le fait de ne pouvoir le haïr.

-Black, on peut savoir ce que tu fais là ? Demandais-je un peu plus agressivement que je ne l'aurais souhaité.

Le gryffondor portait une grande cape qu'il rabattu derrière ses épaules et il fit un pas dans ma direction, me déshabillant de son regard gris.

- La même chose que toi, j'envoie une lettre, son sourire était envoûtant et rien ne semblait pouvoir le déstabiliser.

Je regardais ses mains qui étaient désespérément vide. Prends moi pour une guimauve, tu ne seras pas le premier aujourd'hui de toutes façons.

-Tu envoies une lettre invisible, Black ? Je ne pouvais m'empêcher de sourire en le voyant regarder ses mains avant de lever vers moi des yeux moqueurs.

-Je me promenais dans le coin, je t'ai vu dans la volière alors j'ai voulu voir comment tu allais, Remus m'a dit que tu avais une sale tête. Tout en parlant Sirius s'était approché de moi, il fronçait le front en observant mon visage. Ben voyons, tu te promenais tout seul dans le froid et bim, tu tombes sur moi.

-Je suis tombée en courant, lâchais-je en baissant le regard. Ok, à cet instant précis je devais sûrement rougir comme une pivoine mais franchement, vous feriez pareil si Sirius Black était en train de vous observer comme il le fait.

-D'après Remus, tu avais l'air de t'être pris le Poudlard Express en plein visage? Ecoutes, Sarah, je me suis pris assez de coup pour savoir que ce n'est pas une chute, murmura-t-il avec ce qui ressemblait à de l'inquiétude.

-Tu es venu jusqu'ici pour savoir si je me suis bien fait frapper et par qui, lâchais-je froidement.

Il ne m'avait quasiment jamais parlée en six ans et même si j'estimais m'en tirer mieux que la plupart de mes camarades qui se faisaient insulter de manière presque quotidienne, j'avais le sentiment qu'il cherchait juste une excuse pour s'acharner à nouveau sur Wilkes, Rosier ou Mulciber.

-C'est Lestrange ? En parlant, Sirius plaça une main froide sur ma joue, à l'endroit où Scabior m'avait frappée.

-Non ce n'est pas Lestrange, je repoussais violemment sa main gantée avant de reprendre, écoutes Black, ce ne sont pas tes affaires et je n'ai pas besoin de toi pour me défendre.

-Ah bon ? Parce que d'après ce que j'ai entendu, tu n'es pas en odeur de sainteté dans ta maison, lâcha-t-il visiblement offusqué par mon attitude. Là, le coup du chevalier servant ça va pas être possible.

-J'ai passé une sale journée, Black, peu importe ce qu'il s'est passé, je vais gérer comme je l'ai toujours fait, seule. Je suis sûre qu'il y a plein d'autres filles à Poudlard qui seraient ravies de recevoir autant d'attention de ta part ? Crachais-je.

-Ton problème, Meade, c'est que tu n'as aucun discernement, lâcha-t-il vexé, tu es incapable de savoir ce qui est bon pour toi et c'est ce qui te vaut la réputation de trainée de cette école.

Il y a un moment dans la vie de chacun où l'on atteint le point de non-retour. Alors je ne sais pas s'il s'agissait des insultes de Rabastan puis de son baiser dans la bibliothèque, de la claque magistrale de Scabior ou encore de cette improbable discussion avec le plus âgé des frères Black mais je sentais dans mon fort intérieur que je l'avais atteint.

-Mais tu crois quoi au juste ? Parce que tu es Sirius Black et que tu arrives tel le preux chevalier pour sauver la pauvre fille en détresse que je vais ramper à tes pieds et remercier Merlin tout puissant pour ton aide ! Ma réputation de trainée je la dois uniquement à mon incartade avec Rosier. Avec combien de filles as-tu couché ? Du discernement ? Si tu en avais, tu saurais que tu n'es pas mieux que les Serpentard que tu insultes ! Et si tu avais pitié de moi, il fallait te manifester avant ! Je pris une profonde inspiration en arrivant au bout de ma tirade.

Black me fixait avec un visage fermé, les lèvres pincées, son regard d'acier cherchant chez moi quelque chose que je ne parvenais pas à voir moi-même.

-Tu as peut-être raison, Meade, mais tu te trompes sur un point, sa voix était calme mais je pouvais savoir que cela lui demandait beaucoup d'efforts.

-Ah oui, et lequel ? Fis-je en croisant les bras devant moi. Je savais que Sirius avait fui la maison de ses parents l'été passé, qu'il n'avait plus rien aujourd'hui mais j'en avais assez de me faire traiter de trainée, surtout pas par Sirius Je-Me-Tape-Tout-Ce-Qui-A-Une-Poitrine Black.

-Que je ne m'intéresse à toi que depuis aujourd'hui, il parlait doucement, comme s'il était en train d'avouer l'inavouable.

-Oh, répondis-je. D'accord il y avait un milliard de trucs autres que « oh » à dire à cet instant précis mais j'avais prévenu, je n'étais pas la fille la plus empathique no la plus futée.

Il leva ses yeux gris vers moi, ils étaient emplis de déception et peut-être d'un peu de tristesse.

-Tu as raison, j'aurais dû avoir le courage de t'approcher plus tôt, j'aurais dû avoir le courage de te dire qu'Evan était encore pire que moi mais je n'ai pas pu, répondit-il simplement et sincèrement.

-Pourquoi attendre aujourd'hui ?

-Parce que lorsque j'entends Rosier se moquer de toi j'ai envie de lui coller mon poing dans la figure, que lorsque j'entends Lestrange t'insulter, j'ai envie de lui balancer un sortilège interdit et que lorsque Lupin m'a dit que tu avais l'air d'avoir croisé un Mangemort, je me suis dit qu'il fallait que j'agisse mais j'avais tort. Sirius me lança un dernier regard et il partit, me laissant seule dans le froid et l'obscurité.

-Je suis désolée ! Je lui courrais après dans les escaliers qui permettaient de descendre de la volière.

-Juste un nom, Sarah, répondit-il tout en continuant à me tourner le dos.

-Scabior, je parlais à voix basse tout en observant sa silhouette de dos, attendant un geste de sa part mais Black ne fit rien. Il resta un instant immobile avant de dévaler les escaliers de la tour ouest précipitamment.

Ce soir-là, en allant me coucher, toutes mes pensées semblaient tournées vers Sirius Black. Cette déclaration à demi-mot tombait particulièrement mal et même je trouvais cela touchant, une partie de moi n'y croyais tout simplement pas. Et de toute façon, il m'était impossible de me rapprocher de Sirius Black sans compromettre ma position, même inexistante au sein de ma maison.

Les jours suivants passèrent bien trop lentement et c'était avec soulagement que j'accueillais le weekend. Tandis que nous finissions de diner dans la Grande Salle qui s'était vidée peu à peu, Amelia s'arrête d'avaler son pudding pour me fixer.

-Tu ne veux toujours pas me dire ce qui s'est passé, demanda-t-elle à voix basse pour la centième fois.

-Un non-évènement, je levais les yeux au ciel pour lui signifier combien sa question commençait à être idiote.

Derrière nous, il y avait beaucoup d'agitation à la table des Gryffondors et en me retournant, mon regard croisa celui de Sirius Black qui m'adressa un sourire ainsi qu'un clin d'œil discret que je décidais de ne pas lui retourner.

-On peut savoir pourquoi ce traitre de Black te sourit, murmura Nott avec indignation. C'est dingue on ne peut rien lui cacher...

Je reportais mon attention sur mon amie, ses yeux brillaient de curiosité et d'excitation. Qu'elle l'admette ou non, ma vie était devenue son divertissement favori.

-Parce que je crois qu'il m'aime bien, j'observais attentivement la réaction d'Amelia et à ma grande surprise, il n'y en eut aucune.

-Oui, ça d'accord, mais c'est un truc entre vous ? Heu, je te révèle que Sirius Black m'aime bien et pas de crise, rien ?!

-Tu as entendu ce que je viens de te dire ? Murmurais-je incrédule en vérifiant pour la millième fois qu'aucun Serpentard n'était à portée d'oreille.

-Oui, qu'il t'aime bien. Tout en parlant, Amelia me regardait comme si il s'agissait d'une évidence.

-Et ça ne te surprend pas ?

-Je ne vois pas ce qui est étonnant, tous les garçons t'aiment bien et tu es son type, lâcha-t-elle. Il faudra me dire qui n'est pas son type cela dit.

-Disons qu'on a échangé quelques mots l'autre soir, il s'est avéré qu'il est moins ignorant de ma personne que je le pensais, tout en parlant je guignais à l'autre bout de la table, à l'endroit où se trouvait Evan Rosier qui était en pleine conversation avec Lestrange.

-Donc en moins d'une semaine tu t'es rapprochée de Sirius Black et tu as embrassé Lestrange, ce fut plutôt une bonne semaine, l'amertume était parfaitement décelable dans sa voix.

Une bonne semaine ? Je me suis fait frapper, menacer, insulter, et moquer alors d'accord, le playboy de Poudlard a avoué qu'il s'intéressait à moi, cela dit, il ne m'a pas non plus dit être transi d'amour pour ma personne. Concernant Lestrange, il a clairement souligné le fait qu'hormis une histoire purement sexuelle, il n'y aurait rien entre nous.

-On peut voir ça comme ça, murmurais-je en jetant un dernier coup d'œil en direction de Black et ses amis qui étaient tous en train de quitter leur table précipitamment.

-Et, ça te fait quoi ? J'ouvrais de grands yeux en entendant la question.

-De quoi ? La pseudo déclaration de Black ? Elle voudrait que ça me fasse quoi?!

-Oui, tu vas y donner suite ? Demanda-t-elle.

-Mais il n'y a pas de suite à donner, il ne m'a rien proposé. Tu crois que je vais faire quoi ? Partir main dans la main avec Sirius Black le dimanche à Pré-au-Lard ? Je fis un petit rictus en me figurant mentalement à quoi cela pourrait ressembler.

-Je ne vois pas en quoi ce serait ridicule, il est incroyablement beau, il est Sang-Pur, c'est un Black, déchu certes mais un black quand même.

En entendant Amelia énumérer les raisons pour lesquelles je devrais saisir la perche tendue par Sirius, je réalisais combien mes chances d'attirer les faveurs d'un garçon au sein de notre maison étaient compromises.

-Et tu penses que je ne pourrais rêver meilleur choix ? Murmurais-je avec résignation.

Amelia soupira bruyamment et m'observa attentivement.

-Nous vivons une époque dangereuse, Sarah, et j'ai le sentiment que tu ne le réalises pas et les garçons que tu convoites sont voués à un avenir dangereux et risqués, ils se marieront avec des filles issues de bonnes familles et ce ne sera pas toi et…

-Nott ! Par Merlin ! Arrête de me servir toujours le même discours ! Je suis au courant de tout cela !

-Mon père parle de me fiancer à Mulciber, murmura-t-elle sans me regarder. Amelia parlait si doucement que je crus un instant à un mirage auditif.

-Il en parle ou il l'a fait? Le simple regard de mon amie suffit à me répondre. Donc l'idée et de me voir m'éloigner au maximum de ton fiancé et ses amis? Je suis pas assez bien?

-Je voulais t'en parler mais je ne savais pas comment, Nott se mordait la lèvre inférieure et je pouvais sentir sa gène.

Brusquement, je me levais du banc sur lequel nous étions assises en lançant un regard furieux à Amelia. J'en avais assez d'entendre sans arrêt le même refrain. On vivait une époque dangereuse ? Donc il fallait que je me mette en couple avec l'élève qui serait sûrement le plus traqué par les Mangemorts à sa sortie de Poudlard ! Et elle? Elle irait se ranger avec les Mangemorts! C'était ça sa vision de l'amitié?

Je quittais la Grande Salle furieuse, sans même accorder un second regard à Amelia qui devait sans doute contempler son pudding comme la chose la plus magnifique qu'elle ait jamais vue.

Voilà donc mon cinquième chapitre qui ne fut pas facile à écrire. Je ne suis pas une fan des histoires portant sur Sirius Black / OC mais dans ce cas précis, elle sert largement les futurs chapitres.

Je remercie sincèrement les personnes qui me lisent et qui arrivent jusque-là !