Bonjour/bonsoir :D et voilà la suite des deux messieurs, qui vous plaira j'espère ^^

et je m'attendais pas à ce que le dernier analyses de pub ait une fin similaire à la fin du premier chapitre, j'ai un peu ressenti ce que vous avez dû vivre en me lisant, du coup... désolé xD

bref, bonne lecture à vous :)


Une feuille en particulier partit plus loin dans les airs que ses sœurs, pour s'arrêter près d'un trépied de caméra. Et provoquer un « putain » de son propriétaire.

Le vent se faufilait entre les arbres, et faisait virevolter les feuilles dans un bruissement doux et calme. Quelques-unes, cependant, plus sombres que les autres se détachaient des branches. Et s'envolaient un peu plus loin, pour tomber au sol, en signe ostensive de l'automne.

Comme toujours pour les analyses de pub, Jday avait choisi un endroit à l'extérieur. Plus agréable et original qu'un mur de chambre, comme il avait avant, il n'y a pas si longtemps. En tout cas s'il ne comptait pas ses analyses de clip, où il se filmait parfois devant un mur, quand il n'avait plus le choix.

Car le « monde de dehors » avait malgré tout quelques désavantages : la météo imprévisible, les sons parasites et… cette connerie de feuille d'arbre qui venait de passer dans le champ ! A cause d'elle, une chose aussi idiote, il allait devoir recommencer la prise.

Heureusement, avec les années, il avait appris à être patient. Il fallait l'être, quand on voulait faire des vidéos un minimum travaillées. Jday ne comptait plus le nombre de fois où il avait dû répéter une phrase, jusqu'à qu'elle n'ait plus de sens.

Il se souvenait encore de ses premières vidéos se trouvant sur sa chaine. Beaucoup plus simples à créer, puisqu'il n'avait que peu de moyen à l'époque. Rendant le montage bien plus rapide à faire qu'aujourd'hui. Et expliquant également la mauvaise qualité, autant du son que de l'image. Mais Jday ne les regrettait pas : c'était ses débuts, quand il testait un peu tout, et surtout n'importe quoi.

C'étaient grâce ces vidéos qu'il avait pu avancer dans son concept, et apprendre à s'améliorer. Grâce à elles qu'il avait maintenant une « petite » communauté le suivant. En fait, Jday était même plutôt fier, de tout ce chemin traversé.

Mais, évidemment, il n'allait pas s'arrêter là. Il était toujours en quête de faire mieux, comme n'importe quel passionné, et c'est ce qui le poussait, chaque matin, à se lever, et à prendre sa caméra.

Pourtant, ce jour-là, tout semblait être contre lui. Son script, qui ne voulait pas dépasser ses lèvres et… son absence. Oui, celle de cet abruti. Même sans être là, ce mec le faisait chier ! Déjà qu'il avait du mal à écrire cet épisode sans sa présence. Ou non pas que était important, mais les analyses de pub suivaient une construction narrative bien spécifique.

Il suffisait de changer une chose, et tout était à refaire. Jday avait dû repenser l'écriture, le rythme, le découpage… en encore mieux ! Mieux puisqu'il n'avait plus ce con dans les pattes, qui s'amusait à rajouter des « blagues » particulièrement horribles. Et mêmes pas drôles.

Maintenant, il n'avait plus personne pour l'interrompre ! C'était la liberté. Il pouvait enfin partir sur ses explications, et ses petits discours qu'il aimait faire. Et il y avait tant de causes à défendre, et de préjugés à combattre dans les pubs ! Jday était heureux d'avoir réussi à rendre sa passion un peu utile.

En tout cas, ça aurait été le cas, si ce type pouvait sortir de ses pensées. Mais dès qu'il posait les yeux sur cette caméra bien seule devant lui, leur dernière conversation se répétait dans sa tête. Chaque mot, chaque parole, il revoyait parfaitement la scène. C'était impossible de se concentrer avec ces images en mémoire.

Puis, il n'avait pas à se sentir coupable… non ? C'était lui qui avait été blessé, dans l'histoire. Convaincu qu'ils s'entendaient biens, malgré tout, qu'ils étaient potes. Mais non. Ça n'aurait même pas dû l'étonner. Et ce n'est pas comme si ce connard pouvait ressentir une once de culpabilité.

Jday soupira longuement. Avec ça, il en oubliait son script. Machinalement, il se dirigea jusqu'à la caméra, et s'agenouilla près d'un sac. Celui qu'il amenait toujours pour les tournages, rempli de tout le nécessaire pour des vidéos, dont le fameux script et… de nourritures.

Seulement pour une question pratique : ça lui permettait d'éviter les détours inutiles. Ses décors étant assez éloignés de la ville, et de toute trace de civilisation, la faim pouvait très vite l'empêché de faire quoi que ce soit. Heureusement, les tournages ne duraient jamais très longtemps. Pas plus d'un jour, deux maximums.

Mais bien sûr, lui et prenaient toujours du temps pour une pause, et manger. Très souvent, c'était sur un banc, ou directement sur sol. Et ils déjeunaient, tout en discutant. Bien que « discuter » voulait surtout dire « vanner ».

Il en gardait cependant des souvenirs agréables. Mais le silence de la nature était quand même plus sympathique que des propos sexistes…. Et racistes. Et homophobes. Bref tout était préférable que sa voix.

Pourtant, alors que Jday continuait de fouiller le contenu de son sac, ses pensées s'arrêtèrent soudainement. Sa main s'était serrée sur un certain objet, rectangle, qu'il aurait reconnu entre milles. Il le leva devant ses yeux, qui le détaillèrent : vert et blanc, d'une marque bien connue.

Un paquet de clopes. Ce n'était pas le sien, évidemment, il ne fumait pas. Divers sentiments contradictoires le traversèrent alors, et après une grimace, il se releva, le paquet en main. Pour le poser sur la caméra, à sa place habituelle, sans rien dire.

Oui. Peut-être qu'il lui manquait, un peu.

-T'as toujours l'air d'un clodo.

Jday sursauta, comme pris sur le fait. Il connaissait cette voix mais… il était au milieu de nulle part, en pleine nature, c'était impossible. Ou une hallucination auditive ? Mais il ne lui manquait pas à ce point, quand même. Il commencerait à s'inquiéter, dans le cas contraire.

Cependant, quand il se retourna, il fut presque heureux de le voir. n'avait pas changé depuis ces quelques jours : toujours ses cheveux longs châtains ressemblaient dans un nœud, une chemise et une veste brune sur les épaules. Mais l'inverse de dernière fois, il portait ses fameuses lunettes de soleil.

Son ex-collègue semblait hésiter entre une expression neutre, et un habituel sourire moqueur. Mais Jday n'en avait absolument rien à faire, et demanda sur la défensive :

-Qu'est-ce que tu fous là ?

-Un de tes potes m'a dit t'étais là.

Possible. Il prévenait toujours où il allait, au cas où. Mais ça ne répondait pas à sa question.

-Qu'est-ce que tu fous là ? répéta-t-il.

Mais seul un silence suivit sa phrase. Évidemment. Et ce monsieur connard restait comme ça, sans bouger, les mains dans les poches, l'air de rien. Son insouciance acheva d'énerver Jday.

-Tu crois vraiment que tu peux te ramener comme ça ?

haussa les épaules, avant de se rapprocher. Il n'aimait pas vraiment ça, et croisa les bras. Se fermant à toute discussion. Seulement, l'autre homme était visiblement têtu. Celui-ci s'arrêta juste devant lui, et tourna la tête vers le la caméra.

Où était toujours posé le paquet de cigarette.

Jday se maudit lui-même mentalement. Avec son arrivé, il avait complètement oublié ce « petit » détail. Et comment l'expliquer ? Lui qui avait reproché à ce même connard de fumer, savait très bien qu'il ne fumait pas. Il ne pouvait avoir qu'une explication, même si elle n'était pas très crédible.

Et en voyant que l'expression de son camarade était passé de surprit à taquin, Jday sut qu'il avait compris. Mais il ne lui laissa pas le temps de faire de commentaire. Ce dont il ne serait pas retenu bien sûr, le connaissant. Après tout, il s'appelait monsieur Connard pour une raison.

-Ok, mec, tu peux revenir. Mais à une condition.

Il parut ravi, mais il l'ignora.

-Plus de blagues de merde, ok ?

-rooh ! Mais…

-pas de mais. C'est ça ou rien.

Un certain flottement se fit sentir entre eux. Son interlocuteur avait l'air d'y réfléchir sérieusement. Jday, lui, s'attendait à le voir rebrousser chemin à tout moment, en l'envoyant cordialement « chier ».

Son « humour » était une partie importante de sa personnalité, et le présentateur des analyses de clip/pub l'avait appris à ses dépens. Et ce dès le début de leur duo. Mais bien sûr, Jday le savait quand il lui avait proposé de faire une émission ensemble. Le vrai problème, c'est qu'à force, c'était devenu fatiguant.

Fatiguant de toujours l'entendre répliquer par des blagues, nier avoir une once de sentiments… ils se connaissaient depuis plus d'un an et ils étaient encore des inconnus l'un pour l'autre ! Alors, s'il fallait lui retirer son humour pour le voir un peu plus honnête, Jday n'hésitait pas. Même s'il n'arrivait pas à l'imaginer sans.

Peut-être qu'il tiendrait quelques minutes. Ça serait déjà ça.

-D'accord, finit par faire .

-Sérieux ?

Il avait un peu du mal à y croire. C'était tout ? Pas plus de plainte ou de protestation ? Il acceptait, juste comme ça ? Est-ce que c'était vraiment le même qu'il avait quitté il y a quelques jours ?

-Ouais, sérieux mec.

Il attrapa le paquet de cigarette, pour en sortir une, et la portait à ses lèvres. Reposant le paquet sur la caméra, il se tourna vers lui.

-Tu le montres ton script ?

Jday sourit. Il ne l'aurait pas dit à haute voix, mais il était heureux qu'ils redeviennent un duo. Les analyses de pub étaient leur émission à tous les deux et sans lui… ça n'aurait pas été pareil. Ce n'était pas pour rien qu'il n'avait pas réussi à aligner une phrase devant la caméra. Même s'il avait pensé le contraire quelques instants plus tôt.

Il ignorait d'où venait ce « déni » d'ailleurs, ce n'était pas vraiment son genre. À l'inverse de son collègue, il admettait mieux ses sentiments et ses pensées, et n'avait pas peur de les dire. Seulement, pour lui, Jday les taisait toujours. A quoi bon quand il recevait des « tu me prends pour qui ? » et des insultes du style « tapette » quand il en parlait ?

Et c'était ce qui l'avait convaincu que l'autre connard en était bien un. Qu'en fin de compte, il ne plaisantait pas, et le pensait vraiment, ses moqueries. Seulement…

-Il faudrait changer ça, et ça aussi, critiquait calmement son partenaire une feuille à la main.

Dans l'autre main, il tenait sa cigarette allumée. Il ne l'avait même pas vu prendre son briquet, et encore moins chercher dans son sac pour récupérer le script. Jday ne lui avait même pas dit où se trouvait celui-ci d'ailleurs. Comme s'il le savait. Oh, ce n'était pas la première fois que ça arrivait, tous les deux se partageaient leurs affaires quand il s'agissait de l'émission. Ou non.

Un peu comme si tout ce qui appartenait à l'un, appartenait aussi à l'autre. Jday le savait déjà bien sûr, mais c'était la première fois qu'il remarquait vraiment sa signification. Deux inconnus, mêmes des collègues, ne faisaient pas ça. Et son esprit lui rappela aussi que l'autre homme l'avait retrouvé au milieu de nulle part, en ayant seulement une vague idée de son emplacement.

Jday sourit.

Ils étaient amis. Définitivement.

C'était simplement que ce exprimait son affection par des gestes, et pas par la parole, sans doute parce qu'il en était incapable. Oui, cela pouvait être juste possible être inconscient, mais un « vrai » connard ne serait pas revenu jusqu'ici. Pas même pour une émission.

Et avec la certitude d'une amitié entre eux, Jday le rejoignit dans sa critique, et ils commencèrent à en débattre. Comme s'ils ne s'étaient jamais rien passés entre eux. Est-ce qu'il avait vraiment cru pouvoir se passer de son collègue ? Impossible. Sans lui, pas d'analyses de pub.

Dire qu'il s'était parfois moqué des gens commentant dans leurs vidéos que était lourd, qu'il faudrait qu'il parte… mais Jday n'avait pas été mieux. Son partenaire était loin d'être parfait, et avait une façon bien particulière de communiquer, mais ils étaient amis. D'une manière bien à eux, mais amis.

Jday s'en voulait un peu, mais n'excusa pas. Au lieu de ça, il tapa l'épaule de son camarade dans un signe amical. Et même si l'autre homme continuait de parler, il avait perçu un léger sourire de sa part. Il lui sourit en retour, et reprit le débat.

Les analyses de pub étaient de nouveau la leur.