Salut ! Ceci est très le chapitre du "fanservice", comme j'aime bien l'appeler en l'écrivant x') donc j'espère que cette suite vous plaira !

bonne lecture :D !


La porte se tenait devant lui, dernière étape avant le repos mérité. Pourtant, Jday n'arrivait pas à la franchir, et ce malgré le sacré poids sur son épaule. Sur le chemin du retour, M. Connard s'était endormi, l'obligeant à serrer sa prise sur lui. Son bras autour de sa taille.

Dans un soupir, il se demanda pour la énième fois pourquoi il ne l'avait pas juste abandonné à cette fête. Jday le savait, le lendemain, son pote se réveillera avec une gueule de bois, et aucune gratitude pour lui. C'était toujours comme ça. Et ça ne changerait sans doute pas.

Sans hésitation cette fois, il ouvrit la porte de la chambre. C'était la première fois qu'il pénétrait dans cette pièce. Mais à cette heure, et avec l'alcool dans ses veines, toute curiosité était totalement éteinte dans son cerveau. Il ne prit même pas la peine de chercher l'interrupteur, et se dirigea au hasard. En suivant uniquement les quelques filaments de lumière venant de l'extérieur, qui dépassaient des volets mal fermés.

Et quand Jday sentit enfin un matelas au niveau de ses genoux, il y déposa le corps endormi de son ami. Puis, comme prit par la fatigue, il s'allongea à ses côtés. Sans vraiment y réfléchir, son esprit trop embrumé pour y penser. Posant sa tête sur un oreiller au hasard, il s'endormit à son tour presque instantanément. Dans ce petit lit simple, et l'obscurité intime de la nuit.

Ce furent les premières lueurs du jour caressant ses paupières qui le sortirent de son sommeil. Le présentateur des analyses de pub passa une main sur son visage, alors que ses yeux s'ouvraient doucement. Sur une vision qui le figea. Arrêtant tout geste, il comprit alors pourquoi il avait l'impression de sentir un souffle dans son cou.

Car il n'était pas seul. Un autre corps s'était mystérieusement glissé dans ses bras. Et il aurait reconnu ces cheveux châtains aux reflets roux entre milles. Si son imagination lui suggérait des scénarios un peu trop improbables, il se rassura vite en retrouvant ses souvenirs de la veille. Non, ce n'était pas très étonnant s'ils étaient endormis côte à côte… mais ça ne l'empêchait de se maudire lui-même.

Il aurait quand même pu aller dormir sur le canapé ! Cela lui aurait évité de se retrouver dans cette situation, avec l'autre homme assoupi sur son bras gauche. Et comment faisait-il lui pour bouger, sans le réveiller ? Jday soupira. Puis, puisqu'il n'avait rien d'autre à faire, il détailla ce M. Connard.

En position de chien de fusil, ses bras et ses jambes étaient repliés, et ses mains le frôlaient. Son chignon, qui s'était visiblement défait dans son sommeil, laissait ses cheveux décoiffés et éparpillés sur les draps blancs. Les fameuses lunettes de soleil avaient disparu de son nez, et ainsi, avec ses yeux clos, il semblait presque sage. Dormant avec insouciance, parfaitement paisible.

Jday se surprit à sourire, et à remettre une mèche de cheveux derrière son oreille. Un peu attendri, il ignora l'étrange chaleur qui le prit soudain, empourprant ses joues. Et il aurait sans doute réussi à l'oublier, si, à ce moment précis, deux grands yeux bleus/gris ne s'étaient pas ouverts.

Il ne les avait jamais vus de si près. Et c'est comme s'il les voyait pour la première fois. Il n'y avait pas de haine ou de moquerie dans ses prunelles, non c'était juste… différent. Et il ne savait vraiment pas comment réagir. Ce moment de flottement dura un instant, dans le silence, avant que l'esprit de Jday ne le rattrape. Et le pousse à se lever brusquement du lit.

-Bon je… t'as du café ?

M. Connard se releva, et assit sur le lit, l'observant de loin. Il avait l'air ailleurs, et perdu. Jday s'en sentait un peu mal à l'aise, tant il n'avait pas l'habitude de le voir ainsi. Qu'est-ce qu'il devait faire, dans ces cas-là ? Il semblait si vulnérable.

-Hé ça va ? demanda-t-il malgré tout.

-ouais, murmura-t-il, juste la gueule de bois.

-Tu veux que je t'amène de l'aspirine ?

Il était d'un naturel gentil, mais pas avec lui. Pas avec M. Connard. Car il se faisait toujours rembarrer, ou insulter. Alors Jday avait pris l'habitude d'être indifférent. Mais dans ce cas précis, il n'y arrivait pas.

-Non c'est bon, répondit-il poliment en se levant, je vais aller chercher moi-même.

Il le regarda quitter la pièce d'un pas rapide, comme si son partenaire tentait de le fuir. Mais c'était ridicule comme idée. Dans un soupir, il se laissa retomber sur le lit. Jday se sentait étrangement inquiet. Il n'aurait pas su dire exactement pourquoi, mais il n'aimait pas voir M. Connard dans cet état. Préférant presque quand ce dernier sortait uniquement des jurons, ou des mauvaises blagues. C'était le signe de sa bonne humeur. Mais visiblement, l'autre homme l'avait perdu.

Et Jday ne savait pas quoi faire. Peut-être que c'était seulement dû à la gueule de bois, après tout, un lendemain de soirée n'avait jamais rien d'agréable. Cela expliquerait son comportement maussade. Et il l'espérait, sincèrement, que ce soit uniquement ça. Parce que sinon… sinon ça voudrait dire que c'était plus compliqué. Il n'était pas sûr de vouloir y réfléchir plus.

Ses pensées furent justement s'interrompu quand un de ses pieds cogna quelque chose sous le lit. Étonné, Jday baissa les yeux, et remarqua un petit carton. Bleu à rayures blanches, elle lui faisait penser à une boite à chaussures. Seulement, ce n'était pas ce qui avait intrigué son regard : au bord, une photo dépassait. Et il n'avait pas besoin de se rapprocher plus pour se reconnaître, lui-même.

Tendant la main, il se baissa pour attraper la photo, et l'observer plus en détails. C'était bien lui, sur un tournage d'une analyse de pub, riant à gorge déployée. Elle n'était donc pas très vieille, moins d'un an. Mais ça ne l'aidait pas à comprendre. Pourquoi M. Connard avait ce genre de chose ?

En violant toute forme d'intimité et de vie privée, Jday ignora sa conscience et prit la boite à deux mains. Il la posa sur ses genoux, souleva le couvercle… et resta muet devant son contenu. Des photos. Partout. Des photos de lui, et d'eux deux surtout. Dont certaines qu'il ne se souvenait même pas avoir prises.

Mais il n'y avait pas que des images : aussi des tickets de cinéma, des bouts de scripts… et même des textes manuscrits. Comme des lettres jamais envoyées. Avec son nom, sur chaque document.

Qu'est-ce que M. Connard faisait avec ça ? Pourquoi les gardait-il ? Il ne l'aurait jamais imaginé sentimental, à conserver chaque trace de leurs souvenirs. Jday n'arrivait pas à se décider si c'était mignon, ou flippant. Sans doute un peu des deux. Pourtant, cela lui donnait le sourire.

C'était la preuve que le châtain l'aimait bien, en fin de compte.

Farfouillant un peu plus, l'esprit occupé, il n'entendit pas des pas revenir. Ce qui aurait pu éviter la situation qui suivit. Cependant, Jday finit par sentir une présence, comme si quelqu'un l'observait. Se rappelant avec horreur chez qui il était, il leva lentement la tête. Sur M. Connard, se tenant dans l'encadrement de la porte.

Celui-ci restait silencieux… mais il n'avait pas besoin de parler. Les différents sentiments qui passaient sur son visage étaient assez clairs. De la surprise, au début, qui se transforma rapidement en colère. Jday avait soudainement peur. Peur pour lui-même.

Sans avoir le temps de s'expliquer -qu'est-ce qu'il aurait pu dire, de toute façon ?- l'autre homme attrapa violemment son bras, pour le forcer à se lever. Renversant ainsi le contenu de la boite. Mais l'un comme l'autre l'ignorèrent totalement, marchant sur les photos sans aucune gêne. Puis, profitant de sa surprise, M. Connard le poussa jusqu'à la sortie. Et lui claqua la porte au nez, en la fermant à clé dans un petit « clic ».

Jday passa une main sur son bras, où l'empreinte de la paume de son ami resterait imprimer un moment. Il baissa les yeux au sol, se sentant brusquement coupable, même s'il ne comprenait pas cette réaction. Pourquoi cette soudaine colère ? Et cette peur qu'il avait aperçu un court moment. C'étaient juste des photos, au fond. C'était comme si M. Connard refusait d'admettre qu'il l'appréciait.

Mais ils étaient amis ! C'était ridicule, forcément qu'ils tenaient à l'un et l'autre. Ou ils ne seraient pas ici, séparait par une bête porte. Il leva les yeux sur celle-ci, justement, et grimaça.

-Tu vas me jeter c'est ça ? cracha-t-il.

Cela lui rappelait leur dernière dispute. Peut-être qu'il devrait faire comme après celle-ci, et partir, tout simplement. C'était tellement plus facile… mais plus lâche, aussi. Il ne pouvait pas l'abandonner comme ça. Jday se souvenait des jours ensuite, où il avait été incapable d'écrire un épisode. Ou de faire quoi que ce soit d'autre. Comme si son monde ne pouvait pas marcher sans lui.

C'était pour cela qu'il l'avait laissé revenir dans sa vie aussi rapidement. Avec ses blagues ou non, peu importe ses mots, ses demandes, il l'aurait « repris ». Car… car il lui avait manqué. Oui. Atrocement. Et, Jday ne s'en rendant compte que maintenant, mais il ne supporterait pas à de le perdre. A nouveau.

-Je suis désolé, finit-il par faire.

Silence. Evidemment. Lui-même se trouvait particulièrement idiot, et n'y croyait pas. Après une inspiration, il se plaça à quelques centimètres de la porte. Comme si cela allait changer quelque chose.

Honnête. Il devait être le plus honnête possible. Car si aucun d'eux deux ne l'était… ça ne pourrait pas marcher. Jamais. Appuyant son front et sa paume contre la porte, Jday prit un instant à trouver ses mots.

-Mec écoute… je… tu comptes pour moi. Vraiment. J'avais pas réalisé à quel point. Et… j'aimerai t'aider. Dis-moi ce que tu as parce que…

Il ravala sa salive. Comment cela pouvait être aussi difficile ? C'était si simple, et pourtant… il avait du mal. A prononcer cette petite phrase, qui n'avait l'air de rien en apparence. Mais qui voulait tout dire pour lui :

-Parce que je veux pas que tu partes.

Mais seul le silence lui répondit, encore une fois. Peut-être que ça ne fonctionnait pas sur lui, ou qu'il imaginait que sa « confession » n'était que des mensonges. M. Connard ne pouvait quand même pas penser que c'était juste pour l'émission ? Non. Il s'était senti sincère dans ses mots. Pourtant, c'était comme s'il ne l'avait pas entendu.

Et alors que Jday perdait espoir, se demandant s'il ne devrait pas partir finalement, un « clic » se fit entendre. Relevant la tête, il retrouva le sourire, il se retint tout juste de le serrer dans ses bras quand M. Connard réapparut. Contrairement à ce dernier, qui n'eut pas l'air d'hésiter, et se blottit aussitôt contre lui.

D'abord, surprit par cette élan d'affection, le plus grand finit par répondre au câlin. C'était assez… bizarre, tout en étant agréable. Les cheveux châtains frôlant sa joue, les bras autour de son cou, et cette tête posait sur son épaule. Il aimait bien.

Mais ça commençait à être un peu trop long. A contre cœur, il le prit par les épaules, et l'écarta. Tout en se réjouissant mentalement. Leur amitié était sauve ! Bientôt, ils oublieraient tout ça, et reprendraient leur petit quotidien habituel. Ce M. Connard retrouverait vite son humour, et lui ses soupirs à chacune de ses phrases. Les analyses de pub, et les séances d'écriture continueraient.

Oui, tout ceci serait sûrement arrivé, si son compare n'avait pas agi avant. Avant qu'il ait pu plaisanter sur ce petit moment d'émotion. Avant qu'il ait pu dire quoi que ce soit. Son ami avait repris sa position initiale, son corps contre lui. Seulement, cette fois, les mains ne se posèrent pas sur son cou, mais ses joues barbues. Et sans que Jday ait eu le temps de tout saisir, deux lèvres s'étaient posées sur les siennes.