PDV Clarke

Je m'étais réveillée en pleine nuit, tandis que Lexa quant à elle venait de trouver le sommeil. Je me tortillais dans tous les sens et je ne me rendormais pas. Je suis descendue chercher un verre d'eau. En buvant ce précieux liquide transparent qui me rafraîchissais à chaque gorgées, j'empoignai le combiné téléphonique et fis le numéro de Cathou. Je savais que ses parents travaillaient de nuit ce jour là et qu'elle se couchait très tard. Elle me répondit au travers d'une bouché de chips.

-Ouaip?

- Hey Cathou. Ça va?

- M'ouais toi?

- Mmh. Alors...

- Alors... t'as du nouveau?

- Non, enfin oui mais... j'en sais rien. J'ai entendu dire qu'elle avait un faible pour moi.

- Tu crois qu'elle est lesbienne?

- Non! Promet-moi de ne pas en toucher un mot aux autres.

- Oui oui t'inquiètes pas.

Je raccrochai et montai à ma chambre rejoindre Lexa dans mon lit. Elle était tellement mignonne lorsqu'elle dormait. On n'aurait pas pu dire qu'elle était une vrai peste en réalité. Je me suis rendormis avec le visage de la jolie brune comme dernière image.

Je sentais quelqu'un me secouer. Non par pitiez je veux dormir! Pour bien me faire remarquer qu'il fallait que je me lève, la personne commença à me chatouiller. Eh bah merde, mon point faible. Je me mis à gigoter dans tous les sens. Après m'être débattue, j'ouvris les yeux et vis Estelle. Estelle? Mais où était donc Lexa? Je cherchai dans tous les coins et recoins de ma chambre, mais aucune trace de la brunette. J'étais un peu déçue de ne pas l'avoir vue ce matin là. Mais bon, je me suis préparée comme à l'habitude et je me suis rendue au lycée comme tous les matins.

En entrant dans le lycée, les gens riaient et se chuchotaient des trucs. J'avais beau regarder partout je ne comprenais pas. Dès que j'ai vu Cathou rire aux éclats j'ai su que c'était à cause d'elle se qu'il se passait. Mais en essayant de la rejoindre, je fis face à la case de Lexa. Un bout de papier y était collé. En me rapprochant, j'ai pu distinguer Lexa qui criait en souriant: J'aime les filles! Bien entendu c'était un montage. La seule au courante était Cathou. Je me suis dirigée vers elle folle de rage. Comment avait-elle pu me trahir de la sorte? Je lui attrapai le bras et le serrai pour qu'elle me suive.

- Tu avais promis! criais-je.

- Tu sais Clarke, quand on est en guerre, tout ce qui peut toucher l'autre est utile. Et ce que tu m'as dit était utile.

Lorsque ses yeux se détachèrent de moi, je compris exactement ce qu'il se passait. Je me retournai et vis Lexa s'approcher lentement de sa case en regardant les autres qui lui riaient au nez. En arrivant à sa case, elle laissa tomber ses cartables se tourna vers moi et partie en courant. Savait-elle que je l'avais vendue sans me rendre compte? Je voulais la rattraper mais Cathou m'en empêcha.

- Tu te rappelles qu'on est les gentils? me dit Cathou avant de me lâcher.

J'inspirai et baissai la tête me rappelant que je ne valais pas mieux qu'elle. Je les ai suivis en cours et j'ai essayé de ne plus penser à Lexa. Je sais c'était con de ma part de la laisser partir comme si de rien n'était pendant que j'avais dormi avec elle la nuit dernière.

Durant le cours de science, on aborda le sujet des sables bitumineux. C'était vraiment nul et je m'y suis perdue plus d'une fois. Le prof regardait toujours les mêmes élèves et donc, ce qui me permettait de faire un tour sur mon téléphone portable voir mon actualité. Les mêmes choses, soit : Lexa est lesbienne. Il fallait que j'aille la voir après les cours pour m'expliquer et surtout pour prendre de ses nouvelles.

PDV Lexa

Je ne savais pas qui avait collé ça sur mon casier, et je le saurai sûrement jamais. Je ne dis pas que la personne qui a créé cette affiche se trompait, mais même moi je ne savais pas ce que j'étais. Mais les rires des autres et cette supposition était assez pour que je ne puisse rester sur place. J'ai couru jusqu'à la maison et je me suis enfermée dans ma chambre. Une bonne fois pour toute, les larmes sont sorties sans difficulté. Était-ce ce que je méritais? J'étais consciente que je n'étais pas la fille la plus gentille du monde, à vrai dire j'étais une vrai salope qui crachait de terribles mots. Mais était-ce juste de me faire souffrir avec de tels propos pendant que moi je disais un mot sans importance une fois de temps en temps? Peut-être que j'étais plus méchante que ce que je laisse supposer.

J'étais seule à la maison. Aucune trace de Wess, de ma mère, de Lincoln ( fallait s'y attendre ) et de Yohan. Je me suis dirigée vers la salle de bain du sous-sol et je me suis coupée... encore et encore. C'est mon seul moyen de décompression. Après mettre entaillé plus profondément que d'habitude, ce qui devenait dangereux, j'étendis mon sang en forme de X dans le miroir afin qu'il soit sur mon visage. Je commençais à me détester moi-même. Ça en devenait menaçant.

Pourquoi pas en finir maintenant avec tout ça? Ça serait bien plus simple, plus rapidement fini non? C'est ce que j'ai pensé. C'est ce que j'ai fait. Je suis remontée à l'étage et je me suis dirigée vers la pharmacie. J'ai sorti la boîte d'Ibuprofène et j'en ai pris une bonne cinquantaine sans me poser de questions. Je suis allée m'allonger dans ma chambre et j'ai fermé les yeux sûrement pour la dernière fois. Au revoir tout le monde, j'ai assez fait de chemin pour comprendre que ma vie ne rimait à rien.

PDV Maddy (mère de Lexa)

J'étais particulièrement fatiguée ce jour là. Bon je m'étais levée avec une gueule de bois c'est vrai. Bref, mon patron m'a donné ma journée. J'ai été prise dans les embouteillages une bonne demi-heure. Il y avait un accident de la route qui impliquait un dix-roues et une camionnette. Quand je fus sortie de l'autoroute, le reste du trajet s'est déroulé rapidement. Je me suis garée dans l'allée et j'échappai mes clés sous la voiture. Je me suis penché pour les ramasser et j'ai verrouillé les portières. En entrant j'enlevai mes talons et remarquai les chaussures de Lexa. Qu'est-ce qu'elle faisait ici? Elle savait très bien que je ne tolérais pas le séchage de cours.

- Lexa Woods! Qu'est-ce que tu fais ici?

Comme je m'y attendais, aucune réponse. Je suis montée sur les nerds et je toquai à sa porte. Elle ne répondait pas encore. Ma fille me rendait folle. Elle devait porter ses écouteurs et avoir mis sa musique à fond. J'ouvris la porte et la trouvai endormie sur son lit.

- Lexa debout. dis-je sèchement en ouvrant sa porte à 90 degrés.

Elle ne se réveillait pas. Je me suis donc approchée pour la secouer un peu. Même après l'avoir secouée elle ne bougeait pas.

- Lexa? dis-je doucement. Lexa, Le-Lexa? dis-je en criant, me fâchant et en pleurant.

Mais rien. Toujours rien. Elle était morte? Presque aucun poud se faisait sentir. En tournant le regard, je vis la bouteille d'Ibuprofène sur le sol. J'ai compris que ma fille avait tenté de se suicider. Les larmes coulèrent en une chute d'eau salé que je ne pouvais pas arrêter. J'ouvris sa bouche et enfonçai mes doigts au fond de sa gorge. Je sentis ses muscles se contracter et sa tête bougea. Elle se retourna et se mit à vomir toutes les pilules qu'elle avait ingurgité. Je la serrai dans mes bras du plus fort que je le pouvais. Je n'arrivais pas à croire que j'avais causé la tentative de suicide de ma propre fille. Je lui répétais sans cesse " Je suis tellement désolée mon bébé, je suis désolée...désolée, j'ai été une mère puérile". Je constatai que malgré le fait qu'elle était hors de danger, il fallait que l'on aille à l'hôpital. Je composai le 911 et leur expliquai l'urgence. Pendant que j'attendais l'ambulance, je la serrais encore lus fort en comprenant que même si j'avais perdu deux enfants, il me restait encore mes autres enfants. Il me restait encore ma fille. Il fallait que j'en profite, avant qu'elle aussi disparaisse.

Les ambulanciers sont arrivés dans la chambre. Ils l'ont prise en charge et nous sommes parties en route vers l'hôpital. J'avais eu le temps de contacter l'école pour les informer de la situation et du fait que Lexa n'allait pas aller en cours pour les deux prochaines semaines.

PDV Clarke

Nous étions en dernière période quand le directeur est entré en classe. Nous fûmes forcés d'arrêter nos travaux pour l'écouter faire son monologue. Il brandit l'affiche que Cathou avait fait et avait collée sur le casier de Lexa devant la classe.

- Si le coupable ne se dénonce pas d'ici une semaine, une enquête sera lancée. C'est un message déplacé et qui ne concerne que la personne visée, mais pourtant, vous en avez eu recourt publiquement et sans le consentement de l'individu. Vous faites tous honte à notre établissement.

- Excusée-moi monsieur, mais pourquoi devriez-vous ouvrir une enquête pour une stupide affiche? rigola Cathou.

- Parce que Lexa Woods a fait une tentative de suicide ce matin. Sa mère l'a retrouvée juste à tant pour lui faire recracher les cachets qu'elle avait ingurgité.

Ça y était, mon cœur cessa de battre.

Je sais c'est un chapitre difficile. En l'écrivant j'ai réussi à me faire pleurer putain! Avis?