Loin de toi mon coeur souffre…par Shiroitora-lili
Chapitre 3
Sur Terre, les jours s'écoulaient paisiblement. Le nouveau couple s'apprivoisait de jour en jour. Chaque nuit, ils se blottissaient l'un contre l'autre. Ils semblaient avoir besoin de la chaleur de l'autre pour s'endormir. Yuuri organisait les journées en fonction de ce que voulait faire Wolfram et ensemble ils passaient de bons moments. De plus en plus souvent, le blond colérique montrait ses meilleurs côtés. Sa jalousie semblait fondre comme neige au soleil chaque fois que son petit ami le regardait intensément.
Cela faisait presque une semaine qu'ils étaient sur Terre, seuls. Les provisions laissées par la famille Shibuya s'amenuisaient de jour en jour. Les jeunes hommes décidèrent, en ce jour pluvieux, d'aller au ravitaillement dans la supérette du quartier. Alors que Yuuri posait sa main sur la poignée de la porte de la maison, Wolfram vint se coller contre son dos et l'enlaça, un peu brusquement.
— Wol…fram…, murmura le Maoh.
— Ne … dis rien, reprit Lord Von Bielefeld sur le même ton.
La respiration du jeunes couples s'accéléra. Ils commençaient pourtant à avoir l'habitude de ses moments tendres mais là ils se sentaient différents. Wolfram serrait son petit ami un peu comme s'il voulait lui échapper alors que Yuuri n'avait nul envie de se défaire de cette étreinte matinale. Pour rassurer son blondinet, Shibuya posa doucement ses mains sur les siennes et rejeta lentement sa tête vers l'arrière et l'appuya sur l'épaule offerte. Wolfram avait, apparemment besoin d'être rassuré et Yuuri le comprenait. Alors, avant chaque sortie c'était devenu comme un rituel.
Plus les jours passaient, plus ils se rapprochaient et plus leurs corps réagissaient à celui de l'autre. Pourtant, ils n'avaient pas encore dépassé le cap des baisers et des caresses légères pardessus leurs vêtements. Aller plus loin les effrayait, d'autant que pour Yuuri tout cela était nouveau. Il n'avait jamais regarder un autre garçon comme il regarde maintenant son petit ami. Souvent ses émotions se bousculaient en lui, chamboulant tout son être, coupant sa respiration, bloquant sa voix dans le fond de sa gorge. Souvent, il se demandait si Wolfram ressentait les mêmes choses mais il n'osait jamais lui poser la question.
Sentir la chaleur de son bien-aimé, réchauffait le coeur du blondinet colérique. Il avait besoin de ces moments pour se rassurer. Il n'était pas du genre romantique et était toujours un peu brusque dans leurs baisers mais il ne savait pas faire autrement. Savoir à présent que Yuuri avait des sentiments pour lui, le réjouissait cependant il avait toujours la crainte qu'il préfère la compagnie de jolies jeunes femmes que de la sienne. Alors, avant de quitter la maison il avait pris l'habitude de l'enlacer afin de lui rappeler que c'était son fiancé. Dans ces moments, Wolfram avait un mal fou à rester debout tant ses jambes devenaient du coton. Il tremblait de tout son être quand son torse se calait contre son dos. Sentir son odeur bousculait ses sens. Souvent, il faisait bien attention que son bassin ne soit pas trop proche de celui de son aimé, pour lui cacher que son corps le réclamait.
Ils venaient d'arriver à la supérette. La pluie tombait telle une cascade tant le débit était impressionnant. Le parapluie qu'ils avaient pris pour les abriter n'avait servi qu'à leur protéger la tête. Dans les rues, les flaques d'eau étaient nombreuses et il était difficile de les éviter en marchant. Leurs pantalons étaient donc trempés et leurs vestes n'en étaient pas loin. La supérette servait à abriter les promeneurs de ce déluge plus qu'à les approvisionner en nourriture. Mais Yuuri et Wolfram venaient pour acheter. Dans cette foule, ils avaient un peu de mal à se faufiler vers le fond du petit commerce. Le gérant grognait, son commerce était bondé de monde mais personne ou si peu passait à la caisse.
Les jeunes hommes trouvèrent néanmoins assez vite ce qu'ils avaient besoin et rejoignirent la caisse puis la sortie. La pluie tombait toujours. Les flaques s'élargissaient. De plus en plus de personne cherchait des abris de fortune. Sur le chemin du retour, au détour d'une rue, ils aperçurent une jeune fille sans parapluie qui marchait lentement d'un air dépité. Yuuri ne put s'empêcher de l'approcher et de lui demander si tout allait bien. Wolfram resta à ses côtés. Il voulait, certes, profiter du parapluie mais il voulait par dessus tout montrer à la demoiselle que Yuuri était à lui. Jalousie quand tu nous tiens…
La jeune fille observa les deux inconnus, sourit timidement mais ne dit rien. C'est alors que dans un élan de sympathie le Maoh, fidèle à lui-même, lui donna leur parapluie. En quelques secondes, ils furent trempés de la tête au pieds. La jeune fille lui sourit de nouveau tout en acceptant la protection et s'enfuit en courant, laissant sur place un Yuuri qui se demandait pourquoi elle avait l'air si triste, et un Wolfram qui fulminait de rage contre son fiancé.
— YUURIIIIIII ! POURQUOI TU AS FAIT ÇA ? hurla le blondinet colérique.
— Elle avait l'air si triste et en plus elle était trempé. Elle va surement attrapé froid.
— OUI BAH MAINTENANT C'EST NOUS QUI SOMMES TREMPÉS !
A peine, Lord Von Bielefeld avait terminé sa phrase qu'il éternua.
— En plus, je vais surement être malade à cause de toi ! grogna encore le blond.
Shibuya soupira lourdement. Cela faisait plusieurs jours qu'ils ne s'étaient pas disputés et Wolfram laissait encore sa jalousie poindre le bout de son nez. Yuuri ne savait plus quoi faire, ni quoi lui dire pour le rassurer sur ses sentiments. Pour le reste du trajet, pas un mot ne fut prononcé. La pluie s'abattait toujours sur Terre tel un déluge. Ils courraient pour rentrer le plus vite possible.
Pour ne pas laisser de traces d'eau partout dans la maison, les jeunes hommes se déshabillèrent dans l'entrée. Yuuri verrouilla la porte avant de rejoindre Wolfram qui était déjà dans la salle de bain. Il avait fait couler l'eau dans la baignoire. Il leur fallait se réchauffer avant d'attraper froid. Ils avaient décidé depuis quelques jours de toujours prendre leur bain ensemble afin de ne pas rater leur retour vers Shinmakoku. Même si Yuuri avait beaucoup hésité au début…
Wolfram ne le disait pas mais il avait froid. L'eau chaude du bain lui faisait cependant du bien mais il ne se réchauffait pas. Il aurait tant aimé se caler contre son fiancé, mais il était bien trop en colère et surtout bien trop rancunier pour lui pardonner son acte. Il soupira silencieusement et observait son aimé du coin des yeux. Yuuri semblait soucieux et cela lui fit mal au coeur. Tout à coup le Maoh disparut dans l'eau et bientôt Wolfram se sentit aspirer vers le fond de la baignoire. Le passage entre la Terre et Shinmakoku venait enfin de s'ouvrir.
—
Au Château du Serment et du Sang, tout le monde était en effervescence. Le retour du Maoh venait d'être annoncé. Comme toujours, Conrad et Gunther se rendirent au temple de Shinou afin de l'accueillir ainsi que Wolfram. Autour du bassin, Lord Weller et Lord Von Christ venaient d'être rejoint par le Grand Sage qui semblait satisfait. Au bout de quelques minutes d'attente, les deux jeunes hommes firent enfin surface.
— Majesté ! Comme je suis heureux de vous revoir enfin, s'exclama Gunther les yeux remplir d'amour pour son Maoh.
— Majesté, bienvenue chez vous, dit à son tour Conrad.
La main derrière la tête, Yuuri rit bêtement en voyant ses amis qui semblaient s'être franchement inquiétés. En revanche, Wolfram boudait dans son coin.
— Où est Greta ? demanda le Maoh.
— Elle est resté un peu plus longtemps chez son amie, répondit Gunther.
— Très bien, murmura Yuuri songeur.
— Tout va bien Wolfram ? l'interrogea Conrad.
Lord Von Bielefeld croisa ses bras contre sa poitrine et toisa son aîné sans répondre. Lord Weller sut en cet instant que rien n'avait changé entre le Maoh et son jeune frère. Il soupira. Murata se rendit compte également du malaise et se demanda pourquoi son plan n'avait pas fonctionné.
—
Wolfram tremblait en pénétrant dans sa chambre. Il avait sûrement attrapé froid à cause de la pluie . Il grogna contre son boulet de fiancé tout en se faufilant dans sa salle de bain. Il y fit couler un bain bien chaud et s'y glissa espérant ainsi se réchauffer. Il se laissa aller à la détente tout en repensant à la semaine qu'il avait passé avec son fiancé, ou plutôt… son boulet de fiancé. Il devait bien s'admettre que Yuuri avait fait un sacré pas en avant en lui avouant ses sentiments. Cependant, il ne le comprenait pas. Pourquoi devait-il être autant attentif aux autres ? Certes, Yuuri avait tout fait pour que cette semaine lui soit agréable mais Wolfram avait encore l'impression de passer au second plan.
Ce soir-là, le blondinet colérique décida de rester enfermé dans sa chambre et d'y prendre son dîner, qu'il toucha à peine d'ailleurs. Sa jalousie maladive venait de gâcher une semaine fabuleuse. Wolfram se demandait si Yuuri ne finirait pas par perdre patience. Un frisson le prit. Il éternua. Une fois. Deux fois. Serait-il malade ?
—
— Tout va bien, Yuuri ? demanda Conrad.
— Conrad ! fit le Maoh surprit. Oui, ça va, répondit-il évasivement.
— Puis-je vous poser une question ?
— Oui, bien sûr.
— Que s'est-il passé avec Wolfram ?
Le Maoh observa son ami. Il se doutait qu'il était inquiet non seulement pour lui mais aussi pour Wolfram.
— Rien de plus ou de moins que d'habitude, tenta d'esquiver Shibuya.
— Je vous connais mieux que vous le pensez tous les deux. Je sais qu'il s'est passé quelque chose, sourit Lord Weller.
Yuuri soupira. Il hésita longuement mais il finit par tout avouer. Sans rien omettre. Intérieurement, Conrad souriait. Il était heureux pour son Maoh et son cadet. Mais le sale caractère de son frère posait vraiment un problème, à moins que …
— Je suis heureux de voir que vous avez passé un cap. Mais puis-je vous poser une autre question ?
Shibuya acquiesça.
— Lui avez-vous dit clairement vos sentiments ?
Cette fois, Yuuri riva son regard à celui de son vis-à-vis. Il écarquilla ses orbes. En fait, non ! A aucun moment, il lui avait avoué verbalement ses sentiments. Mais était-ce si important ? Lord Weller devina facilement les pensées de son ami.
— Wolfram est le genre de personne qui a besoin d'être rassurer. Il a besoin de savoir. Vos actes lui ont prouvé certes, mais dites-lui avec des mots.
— Tu as sans doute raison, fit Yuuri tout en soupirant. Penses-tu que cela le rendra moins jaloux et colérique ?
— Non ! J'en doute, à vrai dire, répondit-il en riant. Tout cela fait malheureusement partit de son tempérament. Mais si vous vous aimez, vous saurez trouver votre équilibre.
Yuuri savait que Conrad avait raison. Lorsqu'on aime quelqu'un on l'aime pour ses qualités mais aussi pour ses défauts, aussi pénibles soient-ils. Lord Weller accompagna son Roi jusqu'à sa chambre. Depuis leur arrivée, Shibuya n'avait pas revu son petit ami et cela le dérangeait. Il avait pris l'habitude d'être avec lui, de sentir sa chaleur, de se rassasier de leurs baisers. Et là, il était seul. Wolfram lui manquait.
—
Wolfram s'était couché tôt. Il ne se sentait pas bien du tout. Il grelottait malgré l'épaisse couette qui recouvrait son corps. Sa tête le faisait souffrir et il avait des sortes de vertiges. Enroulé dans la chaleur de la couette, il ne réussit pourtant pas à trouver le sommeil. Il avait bien trop froid. Il éternuait de plus en plus. Il resta ainsi durant près d'une heure. Il tentait de bouger le moins possible pour ne pas être dans la partie froide du lit. Puis, enfin il se réchauffa. Il transpirait même. Il comprit alors qu'il avait de la fièvre. Il ne bougea pas de dessous le duvet, afin de garder la chaleur. Vraiment, il ne se sentait pas bien. Quelques heures s'écoulèrent avant que le blondinet colérique ne puisse s'endormir, mais la fatigue causée pas la fièvre le rattrapa.
—
Le lendemain matin, l'une des servantes du Château frappa à la porte de la chambre de Lord Von Bielefeld puis entra afin de lui servir son petit déjeuner — à la demande de Wolfram, la veille. Celle-ci le trouva emmitouflé dans la couette. Il semblait grelotter et était pâle. Aucune expression n'était visible sur son visage. Elle posa le plateau repas et partit en courant dans les couloirs du Château à la recherche de Gisela. En chemin elle croisa Conrad et Yuuri qui se rendaient dans la salle à manger.
— Majesté, Lord Weller, fit la servante en effectuant une révérence.
— Tu as l'air bien pressée, demanda le Maoh.
— C'est Lord Von Bielefeld, il est malade. Je cherche Gisela.
— Wolfram ! Malade ? s'écria presque le Roi en faisant demi-tour pour aller rejoindre son petit ami.
— Elle doit être dans la salle à manger, lui dit Conrad.
La servante acquiesça et se dirigea rapidement vers la pièce indiquée par le militaire qui rejoignit Yuuri dans la chambre de son cadet. Il trouva le Maoh assit sur le bord du lit, tenant la main bouillante de Wolfram et très inquiet.
— Conrad, il a beaucoup de fièvre. C'est de ma faute s'il est tombé malade, murmura Yuuri.
— Ce n'est pas de votre faute. C'est arrivé, c'est tout, tenta t-il de le rassurer.
Gisela arriva quelques instants plus tard. Elle était accompagnée par Gwendal, Gunther et Cécilia. Yuuri s'écarta afin de laisser la soigneuse faire son oeuvre. Cécilia se tenait au bras de son aîné et son regard était éteint. Conrad venait de poser l'une de ses mains sur une épaule de Yuuri pour lui montrer son soutien. Gisela ausculta soigneusement le malade et commença le traitement avec son maryoku. Tous étaient tendus, d'autant que Gisela ne disait absolument rien. Elle utilisa beaucoup de son maryoku pour tenter d'améliorer l'état de santé de son patient, elle avait dû mal à reprendre son souffle.
— Gisela ! Tout va bien, l'interrogea Yuuri.
— Majesté, oui merci. Mais je n'arrive pas à stabiliser Lord Von Bielefeld. Sa fièvre refuse de tomber et cela m'inquiète. Il semble inconscient et il faut absolument la faire redescendre. Il va falloir le plonger dans de l'eau froide et maintenant.
Le ton de la soigneuse était grave. Celi resserra ses doigts sur le bras de Gwendal qui la rassura en posant sa main sur celle de sa mère. Gunther, lui, ne disait rien mais l'air sombre que montrait sa fille ne le rassurait pas. Et Yuuri s'en voulait d'avoir donné ce fichu parapluie, s'il ne l'avait pas fait, Wolfram ne serait pas malade à ce point. Conrad restait calme et faisait confiance à Gisela.
Le Maoh se dirigea vers la salle de bain du blondinet colérique, mais Conrad l'interpella se doutant ce qu'il prévoyait.
— Qu'allez-vous faire, Majesté ?
— Je vais mettre de l'eau froide dans les bains et ensuite tu l'amèneras et j'irais dans l'eau avec lui pour le soutenir.
— Vous allez vous-même attraper froid, fit remarquer le militaire.
— Peut-être, mais s'il est dans cet état c'est de ma faute, répondit-il songeur en observant son petit ami.
— Très bien ! Combien de temps faut-il le laisser dans l'eau froide ? demanda Conrad à Gisela.
— Le temps qu'il faut pour faire descendre la fièvre.
Yuuri partit s'occuper du bain pendant que Conrad déshabilla son jeune frère. Le Maoh se plongea difficilement dans l'eau froide et attendit que Conrad vienne y déposer le malade. Les autres avaient été invité à quitter la chambre de Wolfram. Doucement, le militaire plongea son cadet dans l'eau. Le Maoh le réceptionna, le cala contre son torse et le tint fermement mais délicatement. Conrad décida de les laisser seuls et alla rejoindre les autres qui avaient pu de nouveau pénétré dans la chambre du blond.
Délicatement, Shibuya arrosait à rythme régulier le visage endormi de son petit ami. Yuuri sentait le corps de Wolfram onduler au rythme de sa respiration. Il sentait son odeur lui chatouiller les narines. Si Wolfram n'était pas malade, sans doute qu'il aurait profité de ce moment pour l'embrasser encore et encore. Cette situation le frustrait mais il ne ne voulait pas en abuser et préférait largement sentir son petit ami réagir à ses baisers et caresses. Il continua de l'asperger d'eau froide pendant près d'une trentaine de minutes et il s'aperçut que la fièvre avait fortement baissé. Il appela Conrad qui arriva rapidement. Il sortit son cadet de l'eau et avec l'aide de Yuuri qui avait quitter la baignoire il essuya et frictionna Wolfram avant de lui passer un peignoir chaud et le porta jusqu'à son lit. Gisela sembla satisfaite du résultat.
— La fièvre est tombée mais il n'est pas sorti d'affaire. Elle risque de revenir.
— Je vais rester à son chevet, murmura le Maoh.
— Mais enfin Majesté, vous avez des responsabilités, le reprit Gunther.
— Il est lui aussi sous ma responsabilité, le toisa presque Yuuri le regard empli d'inquiétude.
Toute l'assemblée savait que dès que le Roi prenait une décision, il était très difficile, voire impossible de lui faire changer d'avis.
— Très bien, Majesté. Faites moi appeler si vous avez besoin de moi pour porter Wolfram.
— Merci, Conrad.
Tout le monde quitta la pièce sauf Yuuri et Gisela.
— Il se peut qu'il passe par des phases de fièvre et de grelottement.
— Que dois-je faire s'il a froid ? demanda Yuuri.
— La meilleure chose c'est le réchauffer avec de la chaleur corporelle, répondit la soigneuse.
— Tu veux dire que je devrais le coller contre moi ? Comme dans le bain ?
— Oui, tout a fait comme cela, sourit-elle.
Yuuri comprit qu'il devrait se déshabiller afin que sa chaleur puisse réchauffer son petit ami. Une pointe de rougeur pointa sur ses pommettes ce qui fit légèrement rire Gisela.
— Pourquoi ris-tu ? lui demanda le Maoh.
— Pardon Majesté, mais cette rougeur sur votre visage, c'est tellement mignon. Je vous laisse.
Sans un mot, Yuuri acquiesça et riva ses orbes sur Wolfram. Son visage n'avait aucune expression. Le Maoh prit place sur le bord du lit et prit la main de son aimé dans la sienne.
— Pardon, murmura t-il.
Le blondinet colérique n'avait pas bougé. Yuuri veillait sur lui. Il prenait soin de prendre sa température le plus souvent possible afin de pouvoir agir le plus vite possible. Ce que craignait Gisela arriva. Wolfram se mit à gémir et à frissonner. Shibuya prit sa température et se rendit compte qu'il était gelé. Sans réfléchir, il ôta ses vêtements et se glissa sous les couvertures. Il ouvrit le peignoir de Wolfram et le tourna pour qu'ils se fassent face. Yuuri enlaça le malade et se cala au prêt de lui pour le réchauffer. Il resta ainsi près d'une heure. Puis, Wolfram se mit à délirer. Yuuri ne savait pas quoi faire. Par chance, Gisela venait aux nouvelles.
— Majesté, fit-elle en rougissant devant la situation.
— Gisela, il avait si froid que j'ai fait ce que tu n'avais dit mais il ne se réchauffe pas et depuis quelques minutes il délire, la voix du Maoh était tremblante.
— Vous avez fait ce qu'il fallait, mais ça prends du temps pour réchauffer un corps. Je vais lui faire un soin avec du maryoku. Cela l'aidera peut-être.
— Très bien, fit le Maoh en voulant sortir du lit. Et pour ces délires ?
— Restez près de lui, s'il vous plait. Il a encore besoin de votre chaleur. Ces délires sont provoqués par son état, tant que la fièvre ne sera pas stable ils seront présents.
Yuuri se recala contre son aimé et Gisela usa de ses pouvoirs pour tenter une nouvelle fois de stabiliser l'état de santé de son patient. Wolfram se calma et son corps commença à se réchauffer. Gisela et Yuuri soufflèrent de contentement. Pour le moment, Wolfram paraissait plus calme.
— Penses-tu que je doive encore rester contre lui ? demanda le Maoh.
— Pas pour le moment. Sa chaleur corporelle me paraît bien. Mais tout peut encore recommencer. Vous devriez vous reposer un peu. Je peux rester là jusqu'à votre retour, proposa t-elle.
— Merci, mais je préfère rester ici.
— Mais enfin, Majesté, vous devez penser à vous alimenter. Vous avez déjà refusé de déjeuner ce midi !
— Ma place est ici.
— Mais si vous tombez malade à votre tour vous ne pourrez veiller sur lui, expliqua Gisela.
Yuuri reconnut que la soigneuse avait raison. Il n'avait rien avalé de la journée et il était vrai que son estomac commençait à le rappeler à l'ordre.
— Très bien. Je vais manger mais je reviens aussitôt et…
— Et s'il y a quoique ce soit, je vous ferais prévenir, sourit Gisela.
Yuuri fit un signe de tête pour accepter la proposition de la jeune mazoku. Il se leva, s'habilla et quitta la chambre. Il n'avait pas vraiment pensé à quoique ce soit durant cette journée mais là, son esprit déviait sur ses sentiments envers Wolfram. Plus le temps passait et plus il se rendait compte qu'il comptait énormément pour lui. Il ne doutait plus et dès qu'il n'était pas près de Wolfram son corps le réclamait. Il n'avait jamais ressenti cela auparavant. Cela lui faisait autant peur que du bien.
Dans la salle à manger, tout le monde lui demanda des nouvelles du malade. Yuuri expliqua tout ce qui c'était passé dans la journée ou presque, il garda des détails pour lui, tout en dînant légèrement car l'appétit qu'il pensait avoir était moins important qu'il ne l'avait cru. Tout le monde était inquiet pour le blond et l'ambiance lors du repas était lourde. C'est alors que la porte de la salle à manger s'ouvrit brusquement.
— Wolfram refait une montée de fièvre très importante, dit Gisela essoufflée.
Toute l'assemblée laissa tomber ses couverts dans leur assiette. Celi serra les poings et murmura le prénom de son fils cadet. Gwendal, lui, serra les dents. Gunther baissa les yeux se demandant comment il pourrait aider sa fille et son Maoh à le soigner. Yuuri s'était levé de table rapidement et avec Conrad et Gisela regagna la chambre de celui qui comptait tant pour lui.
Rapidement après leur arrivée dans la chambre du malade, Conrad le porta jusque dans la baignoire où Yuuri se trouvait déjà. Cette fois, le militaire resta au côté des deux jeunes hommes. Shibuya tenait Wolfram bien calé contre lui et comme la première fois, il l'arrosa doucement d'eau froide sur le visage. Il fit cela pendant de longues minutes et enfin la fièvre tomba de nouveau. Wolfram était pourtant toujours inconscient.
De retour dans la chambre, Conrad allongea son frère et Shibuya se réinstalla sur le bord du lit. Toujours très inquiet. Toujours en lui tenant la main. Gisela leur confirma que la fièvre était tombée puis elle et Conrad laissèrent Yuuri prendre soin de Wolfram. Gisela ne comprenait pas pourquoi Wolfram était dans cet état. Un simple rhume n'aurait dû pas l'affaiblir autant.
Puis d'un coup, le blond se remit à frissonner, voire même à grelotter. Sans se poser de question, Yuuri retira une nouvelle fois ses vêtements pour aller se caler contre le corps froid de son aimé. Il entoura la taille du blond avec ses bras encore un peu intimidé par la situation. Au bout d'une quinzaine de minute, il sentit pourtant le corps de Wolfram se réchauffer lentement. Il en fut heureux. Rassuré, Yuuri finit pas s'endormir. La journée fut longue et stressante. Quelques heures plus tard, Conrad et Gisela vinrent aux nouvelles. Ils découvrirent les deux jeunes hommes enlacés. Ils comprirent rapidement que Wolfram avait refait une chute de température. Ils étaient attendrissants et pour ne pas les déranger trop longtemps au risque de les réveiller, Gisela refit rapidement des soins à base de maryoku puis tout deux quittèrent la pièce. Ils savaient Lord Von Bielefeld entre de bonnes mains.
Yuuri avait ouvert les yeux au moment même où Gisela et Conrad quittait la chambre. Il riva son regard sur le corps toujours inerte du blondinet colérique. Il se demanda si Wolfram s'en sortirait. Il approcha ses lèvres de l'oreille de Wolfram.
— Pardon, Wolfram. S'il te plait, réveilles-toi, lui susurra t-il. Loin de toi, mon coeur souffre…
Puis rapidement, Yuuri se rendormit.
—
— Tu sais ce qu'il a, demanda Conrad à Gisela.
— C'est un peu comme s'il ne voulait pas être soigné. Mon maryoku n'a aucun effet.
— Peut-être devons-nous interroger le Grand Sage, intervint Gunther qui les avait rejoint.
— Attendons demain, je pense que nous sommes sur la bonne voix, dit Conrad.
— Comment peux-tu en être sûr ? lui demanda Lord Von Christ.
— Il reçoit depuis ce matin le meilleur des traitements, sourit-il.
Gunther comprit l'allusion émise par son ami. Il dut reconnaitre qu'il n'avait pas tort.
—
Dans le courant de la nuit, Wolfram ouvrit difficilement les yeux puis les referma. Il se sentit lourd et entravé dans ses gestes. Il tenta de bouger. En vain. Ses paupières finirent par se décoller et ses orbes se posèrent sur Yuuri.
— Yuuri ? ! murmura surprit le blond.
Il se demandait s'il rêvait. Pourtant une partie de lui savait que Yuuri était resté près de lui. Il tenta de bouger, encore. Yuuri resserra son étreinte tout en se réveillant. Il accrocha son regard à celui de Wolfram. Pendant de longues secondes, ils ne parlèrent pas.
— Wolfram ! Comment te sens-tu ? l'interrogea le Maoh toujours inquiet.
— Je me sens fatigué, et j'ai un peu faim mais ça va. Que m'est-il arrivé ?
— Tu es resté inconscient toute la journée d'hier et une partie de la nuit. Tu as eu une très forte fièvre. Tu oscillais entre le chaud et le froid. On était tous très inquiets. Je suis content tu ailles mieux.
C'est à ce moment là que le blond se rendit compte qu'ils étaient nus et serrés. Il rougit et ne tenta plus de bouger.
— Qui a t-il, Wolfram ? questionna le Maoh en voyant son aimé rougir.
— Nous… nous sommes…, le blond avait beaucoup de mal à formuler sa phrase.
Shibuya avait un peu de mal à comprendre ce que voulait lui dire Wolfram, puis d'un coup il sut. A son tour, ses pommettes se teintèrent d'un joli rose. Pour autant, il se refusa de lâcher sa prise.
— Gisela m'a dit que pour te réchauffer, il fallait de la chaleur corporelle. Et le meilleur moyen c'est d'être …, Yuuri lui fit comprendre la fin de sa phrase avec ses yeux.
— Je… merci, murmura Wolfram timidement.
— Pardon, dit simplement Shibuya.
— Tu me l'as déjà dit, répondit sans réfléchir le blond.
— Tu étais inconscient, comment le sais-tu ?
— Je ne sais pas, tes mots ont dû m'atteindre.
Yuuri n'en revenait pas. Wolfram l'avait entendu. Se pourrait-il qu'il ait aussi entendu ce qu'il lui avait dit juste avant de sombrer dans le sommeil ? Il se sentit gêner. Que dire après cela ? Il allait ouvrir la bouche quand un bruit se fit entendre. C'était l'estomac de Wolfram qui se manifestait.
— Désolé, Yuuri. J'ai faim.
Le Maoh se résigna à se lever et de ce fait lâcher sa prise. Tout en s'habillant, il dit à Wolfram de ne pas bouger et de rester bien au chaud sous les couvertures puis se rendit dans les cuisine du Château pour faire une collation à son aimé. Au retour, il s'arrêta devant une porte puis frappa.
— Majesté ! fit surprise Gisela.
— Wolfram s'est réveillé, j'ai pensé que ce serait bien que tu viennes le voir.
— Vous avez bien fait. Auriez-vous faim, Majesté ? sourit-elle.
— Ha, non ! C'est pour Wolfram, il a faim.
— Si l'appétit lui revient, il est possible qu'il soit tiré d'affaire.
Ensemble et sans bruit, pour ne réveiller personne, ils se dirigèrent vers la chambre du malade. Wolfram avait mis sa chemise de nuit et il sut qu'il avait eu raison quand il vit Gisela entrer. Elle l'ausculta longuement avant d'utilisé encore un peu de son maryoku.
— Tout va bien, Excellence. Vous serez faible encore un ou deux jours, aussi ne forcez pas trop. Je repasserais vous voir dans la matinée. Ne manger pas trop non plus, sourit la jeune femme.
— Merci Gisela, dit le patient.
— Vous pouvez aussi remercier Sa Majesté, il a été d'un grand secours, fit-elle remarquer avant de laisser les deux jeunes hommes.
Wolfram mangea un peu, sous le regard vigilant de Yuuri.
— Comment te sens-tu ? l'interrogea le Maoh.
— Bien. Fatigué, mais bien.
Wolfram voulait demander quelque chose à son fiancé mais il ne savait pas comment s'y prendre. Il se mordait la lèvre inférieur, sans s'en rendre compte. Lorsque Yuuri le vit, son organe de vie rata plusieurs battements. Wolfram était d'une sensualité à couper le souffle. Il fallait qu'il reprenne contenance avant que le blond ne s'en aperçoive.
— Quelque chose te trace, Wolfram ? lui demanda t-il.
— A vrai dire, oui. Lorsque j'étais inconscient, je t'ai entendu me dire pardon mais j'ai le souvenir d'autre chose. Seulement je ne sais pas si c'était réel ou pas, lui répondit-il en rivant son regard à celui de du Maoh, et cela reste encore un peu flou.
— Et qu'est-ce que tu as entendu ? hésita t-il un instant à le questionner.
— Je ne me rappelle pas de tout, peut être après une bonne nuit de sommeil.
Yuuri fut à moitié soulagé. Il aurait souhaité que son aimé se souvienne de ses mots, mais en même temps cela lui faisait un peu peur. Il soupira intérieurement. Décidément, aimer était bien difficile. Wolfram se réinstalla confortablement sous la couette, alors que Yuuri l'observait. Que devait-il faire ? Partir ou rester avec lui ? Il restera peut-être une autre fois.
— Bonne nuit, Wolfram.
— Tu pars ? Pourquoi ?
— Tu vas mieux et je ne voudrais pas te déranger, souffla presque le Maoh.
— Mais…
— A demain, fit Yuuri.
Mais Wolfram ne voulait pas qu'il parte. Il voulait encore le sentir près de lui, lui prendre de sa chaleur. C'est son coeur qui parla.
— YUURI !
Le Maoh se retourna.
— Loin de toi, mon coeur souffre…
Yuuri écarquilla ses orbes. Surpris. Alors finalement, son amour avait entendu ses mots, son coeur. Sa respiration s'accéléra. Son coeur martelait dans sa poitrine comme jamais. Wolfram, lui, rougissait et son corps tremblait. Yuuri s'approcha du lit, en fit le tour. Les émeraudes du blond ne le quittaient pas. Il ôta ses vêtements, ne gardant rien. Gêner par cette décision, ses pommettes rosir également. Lord Von Bielefeld retira la chemise de nuit qu'il avait mise quelques minutes plus tôt. Les deux jeunes hommes s'observèrent, se scrutèrent durant de longues secondes. Puis Yuuri souleva les couvertures et se glissa dessous. Avec une certaine appréhension, Wolfram vint se caler timidement contre son fiancé qui l'enlaça doucement mais fermement. Ils s'entre-regardèrent toujours et sans réfléchir, le Maoh vint poser délicatement ses lèvres sur celles de son aimé qui n'hésita pas pour approfondir ce baiser. Rattrapés pas la fatigue, ils s'endormirent rapidement, enlacés.
A suivre…
