Loin de toi mon coeur souffrepar Shiroitora-lili

Chapitre 4

Quelques jours venaient de s'écouler au Shinmakoku. Greta était enfin rentrée au Château du Serment et du Sang. Elle avait accueilli avec joie, comme tout le monde au Château, la relation entre son père adoptif et Wolfram. Elle en était même très heureuse, car maintenant c'était officiel : elle avait deux pères. Elle accepta donc facilement de dormir dans sa propre chambre. En effet, Yuuri et Wolfram ne se quittaient plus, sauf lorsque chacun d'eux devait s'acquitter de ses tâches journalière. Lord Von Bielefeld s'était bien remis de sa maladie même s'il lui avait fallu deux ou trois jours de convalescence.

Pourtant une chose tracassait le jeune Lord Von Bielefeld. A aucun moment Yuuri n'avait tenté d'approfondir leurs étreintes et lorsque lui-même en avait l'audace, son fiancé le repoussait doucement. Il se savait aimé, ça c'était indéniable mais il ne comprenait pas son amour. Souvent il se sentait frustré. Dormir toutes les nuits avec lui, collé à lui et souvent peau conte peau faisait réagir son corps et mettait ses sens en alerte. Mais rien ne se passait.

Cet après midi là, le blond errait dans les jardins du Château, se posant mille et une questions sur son couple. Faisait-il mal les choses ? Etait-il pressé de faire évoluer sa relation ? Yuuri le voulait-il seulement ? Il soupira de lassitude tout en continuant sa marche. Il rencontra son frère Conrad qui l'interpella en voyant sa mime attristée.

— Wolfram ! Tu n'as pas l'air bien, que t'arrive t-il ? l'interrogea t-il inquiet.

— Conrad ! Je vais bien. Parfaitement bien, répondit le blond en détournant ses émeraudes.

— Allons, je vois bien que c'est faux, le reprit le brun.

— Je te dis … commença à hurler le cadet puis se calma d'un coup. Pardon, je me suis emporté.

Lord Weller fut étonné d'entendre son frère s'excuser mais il décida de ne pas relever. Il sourit tendrement.

— Si tu veux en parler, je serais là, dit-il simplement avant de partir.

— Conrad ?

— Oui ! fit le-dit Conrad en se retournant.

Il vit son cadet tête baissée, les joues rosies, se triturant les doigts. Visiblement, il souhaitait parler de quelque chose qui le mettait mal à l'aise. L'aîné comprit. Wolfram voulait parler de Yuuri.

— C'est par rapport à Yuuri et toi ? Je me trompe ?

La réponse à sa question, il l'eut par un hochement timide de tête. Conrad l'encouragea à parler tout en marchant. Wolfram mit un certain temps avant d'énoncer son problème mais il expliqua tout à son frère. Comment il se sentait depuis qu'ils s'étaient déclarés. Toutes les émotions qu'il avait lorsqu'ils étaient ensemble. Et le fait qu'il se posait des questions sur Yuuri qui le repoussait quand il souhaitait allez loin.

— Tu te poses trop de question, Wolfram. Il ne faut pas précipiter les choses, et n'oublies pas que sur Terre les couples de mêmes sexes ne sont pas toujours bien vu. De plus, Yuuri a jusqu'à présent plutôt préféré les jeunes filles que les jeunes hommes. Je me trompe ? lui demanda t-il.

— Tu… tu as raison. Mais…

— Laisses lui le temps d'apprivoiser ses sentiments. Prenez le temps de vous découvrir et lorsque le moment sera venu, tout s'enchaînera tout seul.

— Et si ce moment n'arrive pas ?

— Wolfram, tu devrais te faire davantage confiance, et à Yuuri aussi, sourit Conrad. Il t'a montré combien il t'aimait en restant près de toi lorsque tu étais malade, cela ne te suffit pas ?

Le blond riva son regard à celui de son frère. Il savait que Conrad avait raison, mais en même temps Yuuri ne lui avait jamais dit clairement qu'il l'aimait. Au fond, les mots sont-ils plus important que les actes ? Ils furent interrompu par un garde qui venait chercher Lord Weller pour l'inspection des troupes.

— Restes toi-même et laisse faire le temps, dit l'aîné avant de suivre le garde.

Wolfram soupira. Tout cela ne l'aidait pas franchement mais peut-être allait-il tout de même suivre les conseils de son frère.

Yuuri travaillait dans son bureau, plus calme et déterminé que jamais. Du moins, au début. Depuis quelques minutes, son esprit s'égarait sans qu'il n'y puisse quoique ce soit. Il s'était levé et regardait à présent par la grande baie vitrée qui se trouvait derrière son bureau. Son regard était figé dans le vide, ses pensées orientées vers Wolfram. Il s'était rendu compte à plusieurs reprises que son petit ami souhaitait aller un peu plus loin dans leur relation mais il ne se sentait pas prêt pour cela. Mais il ne voulait pas non plus le faire souffrir.

Le temps s'écoulait au rythme de ses réflexions. Son travail n'avançait plus et à vrai dire, il s'en fichait. Il ne se doutait pas, il y avait encore quelques semaines, que ses sentiments envers Wolfram étaient si fort. Il repensa à la discussion qu'il avait eut il y avait quelques jours avec Conrad. Ouvertement, il n'avait vraiment avoué ses sentiments à son aimé. « Je t'aime », un mot si important et pourtant si difficile à dire à l'être aimé. Il soupira.

Il fut tiré de ses songes par un coup donné à la porte. Greta montra timidement son minois et un large sourire. Elle espérait que ce soir, son père serait à table avec elle et les autres. Sa veille auprès de Wolfram l'avait retardé dans son travail et cela faisait un jour ou deux que le Maoh dînait en travaillant.

— Greta ! fit Yuuri.

— Dit ? Tu viens manger avec nous ce soir, hein ? quémanda t-elle.

Le Maoh s'approcha de sa fille et posa ses mains sur ses petites épaules tout en s'agenouillant.

— Désolé, Greta. J'ai beaucoup de travail en retard et j'ai promis à Gwendal et à Gunther de finir. Mais je te promets que demain je serais avec toi, sourit-il tendrement.

La petite fille fut attristée de ne pas pouvoir voir son père pour le repas du soir, mais elle comprenait qu'en tant que Roi, il avait de nombreuses responsabilités. Elle hocha positivement la tête et quitta le bureau, une petite moue sur les lèvres. Puis Yuuri se remit au travail. Il venait de promettre à sa fille qu'il dînerait avec elle le lendemain, et il lui restait encore plusieurs dossiers à voir. Il se fit donc servir un plateau repas et resta enfermé quelques heures encore dans son bureau.

Yuuri ferma son dernier dossier, il s'étira longuement. Il était très tard. Le Château était calme. La lune était bien haute dans le ciel clair et se reflétait dans le bassin des jardins. Il était temps pour lui de rejoindre sa chambre. Il s'avança, sans bruit, dans les couloirs afin de ne réveiller personne et pénétra presque furtivement dans ses quartiers.

Wolfram dormait profondément et, depuis quelques temps, calmement. Le blond ne portait plus de chemise de nuit depuis que Yuuri lui avait demandé car il trouvait cela trop étrange de voir un jeune homme dormir avec ce genre de chose. Il avait donc proposé à son petit ami de faire comme lui. Depuis plusieurs mois, Yuuri avait opté pour un short de nuit assorti d'un t-shirt. Il en avait apporté plusieurs de la Terre lors d'un précédent voyage. Wolfram avait accepté, à contre coeur, mais il avait accepté. Le Maoh le trouvait d'ailleurs bien plus attirant maintenant qu'avec sa « chemise de fille ».

Après s'être débarrassé de ses vêtements, il mit son pyja-short. Wolfram dormait toujours, ce qui montrait que Yuuri faisait bien attention à ne pas le réveiller. Il s'approcha doucement du lit, du côté de son amour et s'assit pour le regarder dormir. Le blond souriait. Cela le rendu heureux. Le Maoh frissonna lorsque son petit ami bougea lascivement. Ses gestes étaient lents et la position qu'il avait à présent rendrait fou n'importe qui. Lord Von Bielefeld semblait vouloir l'aguicher. Yuuri déglutit péniblement. Son organe de vie rata un battement. Il ne pouvait plus détourner son regard du corps alangui. Sa température corporelle grippa d'un cran.

Sans s'en rendre vraiment compte, il fit glisser ses doigts dans la toison jaune de Wolfram et au passage replaça quelques mèches qui cachaient son si joli visage. Une terrible envie d'embrasser le bel endormi le prit, même s'il savait que cela le réveillerai, sans doute. Pourtant, il hésita. Pas longtemps. Une seconde, peut-être deux. Et l'envie, le besoin même, fut plus forte que tout. Le Maoh se pencha vers son amour et délicatement posa ses lèvres encore un peu intimidées sur leurs jumelles.

Wolfram ouvrit doucement les yeux et avant même que Yuuri ne puisse faire quoique ce soit, il approfondit ce baiser qui les consuma de l'intérieur. Aucun d'eux ne voulait que cet instant ne cesse. Leur tête tournait. Le blond, jusqu'alors encore allongé, se redressa. Leurs mains commencèrent une caresse dangereuse. L'une des mains de Yuuri avait glissé dans la toison blonde alors que de l'autre il enlaçait la taille de son amour pour le rapprocher un peu plus. Les battements de leur coeur accélérèrent, saccadant leur respiration. Wolfram s'enhardit, lui aussi. Ses caresses se firent plus audacieuses. Ses mains se faufilèrent sous le t-shirt de son fiancé. Il effleurait la peau qui s'offrait à lui. Les sillons brûlant qu'il y laissait faisait trembler et gémir Yuuri.

Puis, leur lèvres se séparèrent enfin. A bout de souffle. Les caresses avaient cessé en même temps que le baiser cependant les mains étaient restées aux mêmes endroits. Le regard accroché, les deux jeunes hommes ne bougeaient plus. Ils savaient qu'ils ne pourraient plus s'arrêter bien que ce qui se passait entre eux leur faisait également peur. Yuuri repoussa tendrement son petit ami qui me comprit pas de suite ce qu'il se passait. Il écarquilla ses émeraudes lorsqu'il vit celui qu'il aimait ôter son t-shirt. Tous deux déglutirent difficilement. Le Maoh se plaça ensuite à califourchon sur son fiancé qui resta là stupéfait. Il ne s'attendait pas à ça. Le blond était toujours assis, Yuuri le fixait intensément.

Quelques secondes plus tard, le Maoh reprit ses effleurements tout en remontant le t-shit de son amour. Ses doigts frôlaient à peine la peau clair de Wolfram. Il gémit. Ils rougirent presque au même moment. Ce nouveau contact les grisait bien plus qu'ils ne l'auraient pensé.

Wolfram ne savait pas comment réagir face à la témérité de son fiancé. Quelques heures auparavant il se posait des questions sur leur relation qui n'évoluait pas. Et là, Yuuri était devant lui, les yeux remplis de désir. Son corps s'échauffait sous les caresses lascives de son fiancé. Pourtant des frisons recouvraient son épiderme. Et puis, son vêtement tomba sur le sol. Ils étaient à présent torse-nu.

Yuuri scrutait le corps frêle du blondinet colérique. Une douce chaleur embrasa son bas ventre. Il n'avait encore jamais éprouvé cette sensation qu'il trouvait, cependant, agréable. Il ne savait pas comment si prendre, pourtant il ne souhaitait que continuer à découvrir l'être aimé. L'une de ses mains vint se poser délicatement sur la peau de Wolfram et glissa érotiquement vers une petite boule de chair, qui semblait l'appeler, avec laquelle il joua un moment. Wolfram rejeta sa tête en arrière dans un mouvement lent tout en se mordant la lèvre inférieure. Comment une si petite caresse pouvait le rendre autant désirable ?

L'immense pièce était éclairée par le reflet de la lune créant une pénombre sensuelle. La température augmentait au fil de minutes qui s'écoulaient, pourtant des frissons recouvraient le corps des jeunes fiancés. Il s'élevait également dans l'air, une odeur enivrante qui parfois venait chatouiller leurs sens. Sans doute, les fleurs que Greta avait laissé à l'intention de ses pères. La respiration rauque des futurs amants et des gémissements remplissaient la grande chambre. Les draps se froissaient sous les ondulations des corps.

Wolfram s'enhardit un peu plus. Il poussa doucement Yuuri pour l'allonger. Leur organe de vie battait si fort à l'unisson que chacun des deux jeunes hommes pouvaient les entendre. Lui aussi avait envie de donner du plaisir à son amour. Il fit parcourir sa langue avide et curieuse sur le torse offert. Il mordillait parfois la chair pâle, juste suffisamment pour y laisser une légère emprunte. Yuuri ne reconnaissait plus Lord Von Bielefeld, mais à vrai dire il ne se reconnaissait plus non plus. Le Maoh ne s'entendit pas vraiment gémir de plaisir mais cela plut à Wolfram qui laissa sa langue partir à la conquête du corps de son amant.

Le blond continua son exploration corporel tout en faisant glisser sa langue curieuse sur le corps qui ondulait d'anticipation et de plaisir. Un chose vint entraver ses intentions. Un short. Un satané morceau de tissu. Yuuri le vit prendre une teinte de rouge un peu plus soutenue que celle qu'il arborait déjà. Il se demanda pourquoi, jusqu'au moment où il comprit. Sa respiration cessa. Une myriade de sentiments l'envahit en une seconde. Wolfram avait légèrement baissé son short et explorait à présent sa virilité sous toutes les coutures. Sa langue était habile, il perdait pied. Yuuri s'agrippait aux draps, se cambrait, gémissait mais il voulait que son amant puisse ressentir autant que ce qu'il ressentait en cet instant.

Le Maoh profita un long moment de cette cajolerie mais il était temps que Wolfram ressente autant de chose que lui. Il se redressa avant de perdre totalement le contrôle de son corps et poussa doucement son amant qui écarquilla ses émeraudes comme jamais. Le blond n'eut pas le temps de d'ouvrir la bouche car Yuuri s'empara immédiatement de ses lèvres gourmandes et l'embrassa langoureusement. La passion de ce baiser les embrasa tous deux. Yuuri finit de faire glisser son short pour l'enlever définitivement mais il fit de même pour son amant qui se sentit rougir encore un peu plus. Les caresses se firent plus précises, plus enivrantes, plus savoureuses. Yuuri cajola un moment la masculinité du blond tantôt avec une main, tantôt avec sa langue. Wolfram dégageait une sensualité à couper le souple. Il serrait les draps entre ses doigts tout en se cambrant et rejetant sa tête en arrière. Ses yeux étaient semi-fermés car il voulait tout ressentir et avait une absolue confiance en son fiancé. Il gémissait, pour le plus grand plaisir de Yuuri qui souriait. Pour la première fois, Yuuri se laissait aller à l'amour et qui plus est, avec un autre homme. Etrangement, cela n'avait pas l'air de le gêner plus que ça. Il se sentait juste bien et à sa place.

Wolfram se crispa d'un coup. Yuuri venait de passer à l'étape suivante sans même s'en rendre compte. Il s'arrêta net et riva son regard à celui de son fiancé. Puis doucement, il repartit explorer l'intimité du blond. Plus lentement. Plus sensuellement. Pendant quelques minutes, Yuuri titilla ainsi l'anneau de chair de son amant rendant fou Wolfram qui n'arrivait plus à analyser ses émotions. Sa respiration se saccadait de plus en plus. Tous deux perdaient le contrôle de leurs corps mais ils étaient heureux.

L'odeur du bouquet de fleur venait parfois les ramener à la réalité. Quelques secondes à peine. La Lune avait changé de place mais ses rayons nocturnes transperçaient encore la chambre des amoureux. Il faisait chaud dans la pièce. Les corps transpiraient, ondulaient. Ils voulaient plus à présent. Les deux êtres souhaitaient maintenant s'approprier l'autre. Ne faire plus qu'un.

Sans réfléchir plus et devant le regard quémandeur de Wolfram, Yuuri se plaça devant l'antre étroite de son amant et y pénétra doucement se doutant que ce moment serait douloureux pour Wolfram. Lord Von Bielefeld se crispa, s'accrocha férocement aux épaules frêles de son fiancé. Un cri de douleur traversa la pièce, puis plus rien. Yuuri avait stoppé son intrusion afin de laisser à son amant le temps de s'habituer à sa présence en lui. Après avoir ressentit cette douleur cuisante, Wolfram recommença à ondoyer. Lentement au début puis de plus en plus rapidement. Yuuri le fit ralentir en bloquant légèrement ses gestes.

Aucun d'eux n'avaient déjà ressentit ces émotions. Ils ne savaient même plus comment analyser tout cela tant ils découvraient de choses au même instant. Leur coeur battait si fort dans leur poitrine qu'ils paraissaient vouloir en sortir. Leur peau devenait de plus en plus moite et leurs mains glissaient sur leurs musculatures.

Cette fois, ce fut Yuuri qui donna le rythme. Il bougea lascivement au début mais très vite il accentua le mouvement. Il n'en pouvait plus d'attendre. Ses sens étaient en éveils. Et puis, il sentit le moment de la délivrance approcher. Pour ne pas laisser son fiancé en reste, il empoigna érotiquement sa virilité et la cajola en se calquant au rythme de ses reins. Une myriade de sensations les prit. Wolfram ne savait plus où s'agripper. Yuuri ne voulait plus arrêter de bouger. Il accéléra encore son mouvement et un déluge de sentiments le prit au moment de sa propre délivrance. A peine une minute plus tard, le blondinet colérique se laissa aller entre les doigts de son amant.

La respiration saccadée. Le corps luisant et glissant. Le regard rempli d'émerveillement. Les deux jeunes hommes venaient de s'offrir corps et âmes. Ils semblaient heureux d'avoir enfin passé ce cap. Les yeux toujours accrochés à leurs jumeaux, les amants s'observaient. Ils ne cherchaient rien de particulier. Juste se regarder. Ils restèrent ainsi durant quelques minutes, puis Yuuri se retira enfin de ce corps chaud. Wolfram geint doucement et vint se caler contre son amant qui était à présent allongé sur le dos près de lui. Le jeune couple ne dit pas un mot de plus et se laissa emporter doucement par la fatigue et les émotions qu'ils venaient de ressentir.

Au matin, Conrad pénétra comme à l'accoutumée dans la chambre du Maoh. Cependant, il se rendit vite compte que quelque chose avait changé. Il vit les vêtements des fiancés joncher le sol. Il sourit et s'approcha lentement. Il découvrit son cadet et son Roi enlacés, il comprit vite que ces deux là s'étaient enfin offert l'un à l'autre. Il les laissa.

A peine une heure plus tard, Yuuri ouvrit les yeux et la première chose qu'il vit c'est Wolfram qu'il tenait fermement dans ses bras. Il se souvint alors de ce qu'il s'était passé cette nuit. Quoi lui dire ? Comment réagir maintenant ? C'était les questions qui virent le hanter. Et puis, quoi ! Regrettait-il ? Il eut beau chercher et se poser mille et une questions mais la seule chose qui lui venait à l'esprit maintenant c'est qu'il se sentait bien, très bien même. Son corps semblait lui aussi soulager. Wolfram se mit à bouger, un peu trop sensuellement au goût de Yuuri qui le sentit onduler. Peau contre peau, son corps réagit très vite et un désir intense le prit.

Lord Von Bielefeld s'éveilla lentement. Son corps meurtrit le rappelait à l'ordre et il n'eut pas à ouvrir les yeux pour se souvenir de sa nuit. Il sentait également la chaleur de son fiancé. Il était comme dans un cocon, à l'abri, au chaud. Il avait peur d'ouvrir ses orbes, sans doute appréhendait-il de voir le visage de celui qu'il aimait regretter. Il retarda un moment l'instant où il ouvrit enfin ses paupières. Sans comprendre, il se fit accrocher du regard par celui qui l'enlaçait.

— Tout va bien, Wolfram ? s'inquiéta Yuuri.

— Oui, … merci, répondit le blond hésitant.

— Tu es un peu pâle. Tu as mal, n'est-ce pas ? murmura le Maoh.

Bien sûr que Wolfram souffrait mais il savait que cela était normal, qu'il lui faudrait du temps pour que son corps tolère cette douleur. Mais il s'interdit de le dire à son amant de peur que celui-ci refuse de recommencer.

— T'inquiète pas. Je vais bien, sourit tendrement Wolfram.

Mais Yuuri n'était pas dupe. Il lui arrivait d'être un peu niais mais il savait pertinemment que son amant souffrait. C'était logique même. Il fit glisser ses doigts dans sa toison couleur des blés et déposa un baiser aérien sur ses lèvres douces.

— Pardon, Wolfram. Je ferais plus attention la prochaine fois, souffla Yuuri.

Après s'être levés, toilettés et habillés les deux jeunes hommes allèrent prendre leur petit déjeuner. Ils ne dirent rien aux autres et tentaient de se comporter naturellement. Mais cela était difficile. Lorsque leurs yeux se croisaient, ils rougissaient en même temps. Personne ne fut dupe. Gunther se sentit totalement désemparé, du moins il fit semblant comme toujours. Conrad et Celi ne dirent rien mais ils souriaient et étaient heureux pour eux. Gwendal pensa instantanément qu'ils n'avaient pas fini d'entendre la jalousie de son cadet mais il était lui aussi heureux. Peut-être pouvait-il à présent penser à lui…

Après la collation matinale, chacun vaqua à ses occupations. Rien n'avait vraiment changer au Château du Serment et du Sang mais une atmosphère légère régnait. Ce n'est que le soir que Yuuri fit une annonce semi-officielle à ses amis. Celle qui officialisait ses fiançailles avec Wolfram. Bien que tous étaient au courant de ce qu'il se passait entre les deux garçons, ils accueillirent l'idées avec ravissement et soulagement. Lord Von Bielefeld, le premier.

FIN