Navré pour le retard, beaucoup de choses à faire horrible ! J'espère pouvoir écrire un peu plus ces prochains jours. J'espère que ce dernier chapitre vous plaira ! Bonne lecture ;)
Le lendemain et les jours suivants passèrent avec une vitesse défiant les lois de la physique. John allait en cours, récitait sa leçon, faisant fi du fait que Sherlock n'était pas présent dans l'amphithéâtre, puis il lui faisait des cours particuliers retournés à la maison, chuchotant ses connaissances à ses oreilles alors qu'il le pénétrait.
John avait commencé à se rendre compte qu'il ressentait plus qu'une petite attraction envers son élève. En effet, il n'hésitait pas à l'emmener au cinéma ou encore mangé un morceau dans ses restaurants préférés. Ils s'embrassaient sans aucune raison particulière, passaient chacune de leur nuit ensemble, comme n'importe quel couple. Plus le temps passait, plus John se rendait compte que quelque chose n'allait pas. En effet, Sherlock revenait de plus en plus souvent avec des éraflures sur le corps et plus le temps passait plus il se rendait compte qu'il souhaitait que leur relation évolue en quelque chose de plus officiel. Malheureusement cela n'était pas possible sans compromettre son emploi qu'il appréciait énormément. Alors John ne disait rien lorsqu'on lui demandait si il avait quelqu'un dans sa vie, il répondait au flirt de Mary avec un sourire amusé, il ignorait les regards attristés de Sherlock qui se refermait de jour en jour en voyant son professeur répondre aux avances des jeunes femmes qui lui tournaient autour.
N'y tenant plus un jour, Sherlock, une joue rougit par le poing d'un gorille d'Anderson, était confortablement installé dans son fauteuil, attendant John, les mains jointes sous son menton. Quand son amant arriva, il lui fit un signe de la main, l'invitant à prendre place face à lui. A peine John s'est-il assit que Sherlock entama les hostilités.
- A quoi tu joues, John ?
Ce dernier fronça les sourcils d'incompréhension.
- On couche ensemble, on a des rencards, sommes nous un couple ? L'interrogea Sherlock impassible.
- Je ne… Oui, nous en sommes un, concéda John en se mordant la lèvre inférieure.
- Mais nous ne devons pas nous montrer à la fac pour éviter que tu ne perdes ton job.
Ce n'était pas une question, Sherlock ne faisait que l'étalage des faits.
- Je suis prêt à attendre de finir mes études pour que l'on puisse vivre librement, reprit-il doucement.
- Et après ?
John crispa son poing en se rendant compte que le soucis n'était pas seulement leurs statuts.
- Et après Sherlock ? Il y a aussi notre différence d'âge. J'ai trente ans et tu en as vingt deux ! Tu es encore jeune et tu mérites certainement mieux qu'un ex-militaire.
- C'est toujours pratique de connaître un bon médecin, répliqua Sherlock en plongeant ses yeux froids dans ceux résignés de John.
- On arrête là.
Sherlock se redressa de toute sa hauteur, crispant sa mâchoire avec colère.
- C'est tout ? Parce que l'on a huit ans de différence ? C'est ridicule !
John se leva de son fauteuil se dirigeant vers la cuisine pour préparer du thé, ça au moins ça calmerait ses nerfs. Malheureusement ce n'était pas tout, ou enfin si…, c'était suffisant. John n'avait pas arrêté de penser au fait que le fantastique Sherlock Holmes allait finir par s'ennuyer d'être avec un homme plus âgé. Quel bénéfice Sherlock pourrait tirer de leur relation ?
- Je déménagerais demain, expliqua calmement John en déposant le thé sur la table d'appoint.
- Ce ne sera pas nécessaire, clarifia Sherlock les yeux dans le vide.
- Je ne pense pas que cela soit bénéfique pour nous, que l'on se croise à la faculté et à la maison.
Sherlock haussa des épaules, son visage impassible.
- Cela n'arrivera pas. Ne déménages pas. Tu ne trouveras pas un meilleur logis qu'ici.
John n'avait jamais imaginé que Sherlock ait autant raison. En effet ils ne se croisaient plus du tout à la faculté ni même à la maison. John voyait disparaître du frigo les plats qu'il préparait pour Sherlock et celui-ci faisait attention de ne laisser aucune trace de ses aller et venus au sein de l'appartement. John se sentit terriblement mal, regardant la place vide à ses côtés, dans son lit. Sherlock lui manquait alors qu'ils vivaient dans le même logis, s'en était ridicule.
Les semaines passèrent se transformant en mois, la fin de l'année scolaire s'approchait à vue d'œil. John savait qu'il allait devoir corriger la copie de Sherlock et il espérait de tout son cœur que son étudiant allait continuer à briller dans tout les domaines de ses études afin d'achever son souhait de devenir Détective Consultant.
John sursauta en entendant son téléphone portable sonner, il le sortit pour découvrir un numéro entrant inconnu.
- John Watson à l'appareil.
- Bonjour Monsieur… Professeur… c'est Molly Hooper. Je suis désolée de vous déranger mais…
- Sherlock ? Où est-il ?
- Dans l'allée à gauche de l'entrée de la faculté. Il a été blessé par un coup de couteau. Je maintiens la pression sur la blessure pour bloquer l'afflux sanguin et j'ai appelé les urgences mais… je me suis dis que vous souhaiteriez être au courant en priorité.
John s'était mit à courir avant même que la jeune femme n'ait expliqué l'état de Sherlock. C'est pourquoi, il se trouvait déjà près de lui lorsque la jeune femme acheva sa phrase. Il l'aida à faire pression sur la blessure, des gouttes de sueur roulant sur sa nuque et son front. Bientôt il entendit le son de l'ambulance, les yeux de Sherlock papillonnant à ce son.
- John ?
Ce dernier opina en essayant de rassurer Sherlock alors que les ambulanciers s'arrêtaient à sa hauteur pour prendre en charge son étudiant. John avait envie de l'embrasser, de lui dire que tout allait bien se passer et qu'ils reviendraient à la maison le soir même que tout était arrangé. Malheureusement les ambulanciers refusèrent qu'il n'accompagne Sherlock dans l'ambulance car ils n'avaient aucun lien de parenté, la mention colocataire et professeur n'étant pas suffisante.
Alors John alla jusqu'à l'hôpital par ses propres moyens, les poings serrés à lui en faire mal, inquiet et démuni. Il dû attendre plusieurs heures avant qu'on ne le laisse s'approcher de la chambre. Mais lorsqu'il entra dans celle-ci, Sherlock préféra lui demander de sortir, n'ayant nullement besoin de son professeur à ses côtés. John avait beau protesté qu'il n'était pas que son professeur, qu'il était plus qu'il serait toujours plus, il fut tout de même raccompagné chez lui par des hommes de mains. John apprit sur le chemin du retour, vers Baker Street, que ces hommes étaient envoyés par Mycroft Holmes, le frère aîné de son étudiant. Ne souhaitant pas se mettre à dos l'un des membres du Gouvernement Britannique, John accepta qu'on le ramène, ne décrochant pas un mot de tout le trajet.
Il devait réfléchir. Sherlock ne souhaitait plus lui adresser la parole car il était blessé. Blessé qu'il l'ait rejeté. Mais John l'aimait tellement, maintenant que Sherlock avait manqué de mourir, il ne pouvait plus ignorer ses sentiments. Ils étaient trop forts et douloureux. Alors John se dit qu'il allait reconquérir Sherlock.
Ce fut plus difficile que prévu.
En effet, Sherlock revint en cours quelques semaines plus tard, la veille des examens. Il n'avait pas remit les pieds à Baker Street, vivant certainement chez son frère. Celui-ci l'avait affublé d'un garde du corps qui l'escortait à chacun de ses cours, refusant de le laisser seul avec quiconque. Alors John ne pouvait pas lui parler, s'excuser, lui expliquer à quel point il lui manquait. Alors John fit la chose la plus stupide qu'il n'ait jamais faite, il se déclara pendant l'un de ses cours.
L'amphithéâtre était pleins, les élèves ayant séchés se réconfortant peut-être que le dernier cours serait une synthèse de tout ce qui leur manquait. John ne prit même pas la peine d'ouvrir son ordinateur pour afficher le rétroprojecteur, il n'essaya même pas de faire une introduction ou de s'expliquer. Il attacha seulement le micro à son pull-over avant de parler, ses yeux fixés à ceux de Sherlock.
- Je suis certainement la personne la plus stupide et ennuyeuse de ton monde. Tu as su dire en un seul regard que j'étais un ancien médecin militaire revenu d'Afghanistan et moi je n'ai pas été capable en plusieurs mois de me rendre compte que tu avais besoin de plus. Que tu avais besoin d'une vrai relation et non pas d'un homme trop effrayé pour avouer ses sentiments.
Sherlock se figea alors que tout le monde le fixait. Sherlock s'éclaircit la voix, fronçant les sourcils.
- Alors quoi ? Des excuses c'est tout ?
John haussa les épaules en faisant fi des regards interloqués de ses étudiants.
- Je renonce à tout ça, dit-il en faisant un signe de la main vers l'amphithéâtre. Je renonce à l'enseignement, à la peur et le doute. Sherlock je… tu me manques.
Les élèves avaient visiblement arrêté de respirer. L'amphithéâtre était horriblement silencieux et sur certains visages ont pouvait lire l'intérêt, l'amusement ou le dégoût le plus totale. Sherlock, lui, restait indéchiffrable.
- Et après ? L'interrogea Sherlock.
John eut un sourire contrit en entendant ses propres mots dans la bouche de son étudiant.
- Et après on avisera. Un détective consultant peut toujours avoir besoin d'un médecin à ses côtés.
Sherlock eut un sourire en coin en opinant.
John sourit à son tour, plus franchement avant de simplement quitter son amphithéâtre. Il n'avait pas envie de continuer son cours, cela n'avait aucun sens. Il eut la joie de pouvoir sentir Sherlock à ses côtés qui agrippa sa main pour enlacer leurs doigts.
La dernière chose dont John se souvint fut le cri déchirant d'un homme. Après ça, c'était le bruit de la guerre qui lui revenait en mémoire. Ces dunes de sable, l'air chaud et suffocant, la douleur à son bras gauche, l'odeur et le goût du sang. John se réveilla en sursaut, des infirmières accourant à son chevet. Le blond les examina brièvement, sa mâchoire se tordant en une grimace douloureuse.
- Où est-ce que je suis ?
Les infirmières semblaient inquiètes alors qu'elles lui répondaient.
- A Londres, Docteur Watson. Vous ne vous rappelez pas ?
John secoua négativement sa tête alors qu'il essayait de se remémorer ses derniers souvenirs. Mais seuls ce cri et le bruit de la guerre l'assaillirent.
- Depuis… depuis quand je suis rentré de la guerre ?
L'une des infirmières eut un sourire contrit alors qu'elle sortait de la chambre, l'autre prenant une grande inspiration avant de toucher précautionneusement la main de John.
- Votre dernier souvenir c'est la Guerre, Monsieur ?
John opina, incertain.
- Vous êtes revenu d'Afghanistan depuis un peu plus d'un an, Monsieur.
- Et… et qu'ai-je fais pendant un an ?
L'infirmière secoua sa tête en se mordant les lèvres.
- Je vais devoir appeler le médecin, concéda t-elle en sortant rapidement de la chambre.
Plusieurs heures plus tard, un médecin vint enfin lui rendre visite. On lui expliqua qu'il avait eu un accident de voiture, qu'il vivait de sa pension de militaire dans un petit hôtel de Londres. John avait l'impression que ce n'était pas suffisant, mais il opina à chacune des explications du docteur. Il ne se rappelait de rien.
Un soir, alors qu'il dormait, sa jambe gauche le gratta, le plâtre la maintenant en place le démangeait affreusement. John essaya de trouver quelque chose pour se gratter, mais s'arrêta dans son geste en entendant deux personnes discuter devant la porte de sa chambre. Il reconnu la voix de la jeune infirmière qui était resté à son chevet, la seconde étant une voix masculine qui sonnait impériale. John tendit l'oreille.
- Ils ont tout deux perdu la mémoire, Monsieur Holmes. Devons nous essayer de leur rappeler ?
- Ce n'est pas nécessaire. Il vaut mieux pour eux que tout ceci soit enterré. Mon frère ne peut se permettre d'être affaiblit par ces sentiments.
- Et à propos de Miss Hooper ?
- Demandez lui son prix. Je me charge de faire oublier à chacune des personnes les ayant connu ensemble.
John tressaillit. C'était abjecte de ne pas aider un patient à retrouver la mémoire… John s'interrogea à savoir si on parlait de lui. Après tout, il avait oublié une année de sa vie. Cependant il ne devait pas être le seul et un bon nombre de traumatisme crânien était à l'origine de légère ou forte amnésie.
John récupéra rapidement ses forces. La guerre lui avait donné l'avantage d'être plus rapide que la moyenne pour se remettre sur pied. Il avait gardé une canne et une démarche clopin-clopante mais le reste fonctionnait à merveille. Il avait même commencé une thérapie car sa claudication était psychosomatique. Peut-être dû aux souvenirs de la guerre toujours aussi présent ou à la perte de mémoire.
John habitait dans un petit hôtel modeste dans la banlieue londonienne et il demeurait toujours aussi vide. Il ne savait pas quoi faire de sa vie. Il s'était proposé en tant que professeur à St. Barts mais étrangement, on lui avait refusé le poste sous aucun motif. Alors sa vie monocorde commençait sérieusement à l'ennuyer. Il ne faisait plus que marcher dans les rues de Londres, sans but. Jusqu'au jour où il croisa un ancien ami à lui, Mike Stamford. Celui-ci lui parla d'une colocation éventuelle, ce qui lui permettrait de vivre à moindre prix dans le centre de Londres. Alors lorsque Mike proposa à John de rendre visite à son futur colocataire, John ne put s'y refuser et le suivit jusqu'à St Barts.
John rentra dans la salle d'analyse, le sourire aux lèvres alors qu'il essayait de se rappeler de la salle à son époque. Lorsque les yeux du blond s'arrêtèrent sur une chevelure brune bouclée, le cœur de John se serra sans aucune explication apparente. John se raidit alors que son regard détaillait l'inconnu. Des mèches brunes folles, un nez droit et fin, une bouche tout aussi fine, des pommettes hautes et de magnifiques yeux bleus clairs. John déglutit en se rendant compte qu'il fixait un peu trop fixement l'inconnu. Il essaya d'écouter la conversation que ce dernier avait avec Mike pour retrouver ses esprits.
- Désolé il est dans mon pardessus.
John prit une grande inspiration alors qu'il sortait son téléphone portable de sa poche.
- Tenez, prenez le mien.
John plongea son regard dans celui de l'homme, sa respiration se faisant plus difficile. Quelque chose en lui… quelque chose en lui le fascinait.
- Oh, merci.
L'homme se dirigea vers lui, lui prenant son téléphone des mains, son regard le balayant avec dextérité et rapidité. John frissonna sous le regard, ses pensées se bousculant dans son crâne.
- Je te présente un vieil ami, John Watson.
- Afghanistan ou Irak ?
Le cœur de John bondit dans sa poitrine alors que son cerveau le bombardait d'une impression de déjà vu.
- Pardon ?
- C'était lequel, Afghanistan ou Irak ?
- En Afghanistan, comment …
John se fit couper par l'arrivée d'une jeune femme qui ne lui adressa pas un seul mot, fronçant simplement les sourcils à sa vue avant de s'enfuir rapidement. John ne comprenait pas pourquoi cette fuite soudaine. Certes l'homme ne semblait pas attiré par elle, alors que visiblement cette Molly l'appréciait, mais pourquoi fuir à sa simple vue ?
- Vous appréciez le violon ?
- Je vous demande pardon ?
Cette conversation n'avait aucun sens.
- Je joue du violon lorsque je réfléchis et je parle peu. Ça vous embête ? De futurs colocataires doivent connaître le pire l'un de l'autre.
Cette conversation était ridicule. John demanda comment cet homme avait pu deviner qu'il cherchait un colocataire et l'inconnu lui fit simplement remarquer par de simples déductions que c'était évident. Il parlait comme si il connaissait tout de tout le monde, comme si il s'était infiltré dans ses pensées et dans son histoire. Cela effrayait John tout en le fascinant, plus qu'il n'aurait aimé le dire.
- C'est tout ?
- C'est tout quoi ? L'interrogea l'homme prêt à sortir de la salle.
- On vient de se rencontrer et on va visiter un appart ?
- Y a un soucis ?
- On ne sait rien l'un de l'autre, expliqua John légèrement excédé. Je ne sais pas où vous retrouver et je ne connais pas votre nom.
- Je sais que vous êtes un médecin militaire blessé en Afghanistan, votre frère s'inquiète vous l'ignorez car vous le désapprouvez, peut-être à cause de son alcoolisme ou parce qu'il a abandonné sa femme. Votre psy croit que votre claudication est psychosomatique et elle a raison. Ça devrait suffire pour l'instant, non ?
John voulut ouvrir la bouche pour protester mais il ne put que se mordre la joue sous le talent évident de l'homme. Il savait tout de lui.
- Le nom est Sherlock Holmes et l'adresse est au 221B Baker Street, bonne journée.
La porte se referma sur ce Sherlock, les yeux de John transperçant le bois de la porte avec incompréhension. Sherlock, Sherlock, Sherlock. Le nom résonna dans sa tête, le forçant à fermer les yeux alors qu'il entendait sa propre voix crier ce nom. Sherlock !
John s'ébroua en maudissant les impressions de déjà vu, il détestait avoir l'impression de louper quelque chose. C'était comme un refrain dans sa tête qui lui échappait, une chanson, une chanson ennuyeuse.
Voilà j'espère que cette histoire vous a plus. Je sais que je ne suis pas cohérent par rapport à l'âge de John dans la série, mais étant une fanfiction je pense que je peux me permettre ce petit changement ;)
TJSC
