Il mit ses chaussures et resserra son écharpe autour de son cou. Il respira à fond et bloqua son souffle dans sa poitrine. Trois pas. Trois pas le séparait de la porte. Il les franchit avec une aisance qui sonnait faux. Il posa sa main sur la poignée, crispant ses doigts autour du métal froid. Et expira brutalement l'air de ses poumons sans parvenir à actionner la maudite porte. Il tomba à genoux, désespéramment accroché à la poignée. La honte l'avait fauché, c'était ainsi depuis des semaines.

D'abord il avait attendu. Longtemps devant le téléphone que Prusse le rappelle. Puis il avait composé le numéros plusieurs fois, puis compulsivement. Il avait attendu, encore et encore. Lorsqu'il avait cru avoir rassemblé assez de force pour aller le voir, il avait découvert que la honte l'empêchait de passer l'embrasure de la porte. Il était lâche. Il ne voulait pas entendre les mots durs de Prusse. Il ne voulait pas voir son sourire se tordre dans une mou de dédain.

Des larmes de rages lui montèrent aux yeux mais il les refoula douloureusement, il n'avait pas besoin de larmes, il avait besoin de courage.

Il c'était laisser emporté par l'élan de Amérique mais à présent qu'il était au milieu de tout ces gens, il commençait à regretter amèrement. Son frère l'avait perdu en cours de route et maintenant il était assis au milieu de la grande salle d'opéra, seul. Au lieu de s'asseoir au place qu'il lui avait été réservé avec les autres nations, il était au milieu des ressortissant autrichien venu apprécié le spectacle, emporté par la foule et trop gêné pour se déplacer maintenant, Canada abandonna sa dernière chance de voir Prusse.

La salle s'assombrit et les musiciens entrèrent en scène, Autriche s'assit près du piano et .. Oh ! Canada ne put retenir un glapissement qui ne lui valu aucun regard noir car il y avait tout de même de bon côté à l'invisibilité. Prusse ! Prusse munit d'un violon ! Le cœur de Canada bondit dans sa poitrine, c'était presque incroyable de le voir ainsi, élégamment vêtue, cet air sérieux ou perçait son outrageux sourire... Jamais Canada n'avait pensé que Prusse puisse jouer d'un instrument, et surtout que Autriche le laisse monter sur scène avec lui !

Soudain la douce plainte du violon caressa le cœur de Canada, fasciné il ne pu regarder que Prusse. Ses yeux étaient avides de sa postures droite et sûre, des ses gestes rapides et délicats, de ce visages qu'il avait appris à chérir. Il n'entendait que lui, il ne voyait que lui.

Lorsque les deux instruments se turent, les gens se levèrent pour applaudir le duo qui saluaient humblement en quittant la scène. Canada resta assit tandis que les autres s'épanchait en ce qui semblait être des commentaires enthousiastes et admirateurs, il ne se leva que lorsque Prusse eut tout à fait quitté la scène, il fendit la foule décidé à retrouver un once de dignité.

Un grande salle de bal avait été aménagé pour la suite des festivités. Après une demie-heure de recherche intensive Canada finit par entre voir Prusse, il se pressa vers lui mais c'est un regard glacial qui se posa sur lui, Canada se figea comme frapper par la foudre. Les phrases qu'ils avaient échangé au téléphone lui revinrent en mémoire, et son cœur sembla se déchirer dans sa poitrine. Je pensais que tu te souviendrais toujours de moi, pensa-t-il amèrement.

-Ne le prend pas au sérieux Mathieu, dit France qui avait assisté à la scène, jusque là silencieux.

Canada fit un bond en entendant le français.

-Tu m'as fait peur, hasarda-t-il avec un demi-sourire qui sonnait faux.

-Viens on va le chercher.

Canada protesta mais France le coupa rapidement, l'entraînant à travers la foule.