CHAPITRE 3 – A taste of perfect happiness

Le jour se levait paresseusement sur la capitale Japonaise lorsque l'avion d'Akashi atterrit à l'aéroport de Tokyo-Haneda ce mercredi matin. Il avait passé toute la nuit à voler mais n'avait que très peu dormi, tenant absolument à terminer quelque chose pour son travail avant de rentrer. Ainsi il était épuisé à l'arrivée. Il prit le temps d'acheter un café au Starbucks de l'aéroport avant de récupérer ses bagages et de sortir de l'édifice. Une voiture l'attendait devant l'entrée. Le chauffeur s'occupa de ranger sa valise dans le coffre pendant qu'il prenait place, puis il reprit le volant et conduisit le jeune homme jusqu'à son appartement.

Akashi profita du trajet pour observer la ville qui s'éveillait. Le soleil commençait seulement à poindre derrière les hauts immeubles, chassant doucement l'obscurité de la nuit et colorant le ciel plein de nuages cotonneux de couleurs chaudes et apaisantes. Sur les vitrines des magasins et les pare-brises des voitures, le froid avait laissé des gouttes de condensation d'eau. D'une certaine façon, Tokyo lui avait manqué.

Les rues étaient presque vides à cette heure matinale, à l'exception de fêtards qui sortaient des boites où ils avaient passé la nuit entière à s'amuser, et de quelques personnes qui avaient la désagréable tâche d'aller travailler. Il soupira de soulagement en pensant que lui avait réussi à se libérer de toute contrainte professionnelle pour la journée en travaillant dans l'avion. Il allait pouvoir se reposer, et aussi passer un peu de temps avec sa petite amie.

La voiture rutilante s'arrêta devant le gratte-ciel et le chauffeur déchargea les affaires d'Akashi qui le remercia, puis il repartit. Le jeune homme attrapa sa valise et entra dans le grand hall. En deux minutes, il était devant la porte de son appartement au 12ème étage.

Il ouvrit la porte et entra en faisant le moins de bruit possible. Immédiatement, l'odeur fleurie du parfum qu'il avait offert à Momoi qui imprégnait les lieux lui emplit les poumons et il dessina un léger sourire. Il laissa sa valise dans l'entrée, retira ses chaussures, son manteau et sa veste de costume. Il passa par la salle de bain afin de troquer son costume contre un t-shirt en coton blanc et un pantalon en soie bleue ciel. Il avait les épaules raides et ses yeux le piquaient. Il n'avait qu'une seule envie : dormir.

La chambre était plongée dans le noir quand il y pénétra, mais avec la lumière que laissait entrer dans porte qu'il venait d'ouvrir, il devinait une silhouette étendue dans le lit. Il ferma la porte et avança à l'aveugle. Il tira l'épaisse couverture le plus délicatement possible pour s'y glisser, et Momoi grogna et remua dans son sommeil. Comme quelque chose de naturel, elle vint se blottir contre lui. Il ne pu réprimer un autre sourire alors qu'il passait un bras autour de sa taille fine et déposait un baiser dans ses cheveux. Il ferma les yeux, et immédiatement le sommeil l'emporta.


Lorsqu'il rouvrit les yeux, il était seul dans le grand lit. Il s'étira en baillant et se redressa. Le réveil sur sa table de chevet indiquait 14h17 et il se sentait bien mieux que tout à l'heure. Pouvoir dormir dans son lit plutôt que celui d'un hôtel –bien que chic – lui avait fait un bien fou. Il se leva et ouvrit les volets pour laisser entrer la lumière dans la pièce. Dehors, le ciel était toujours parcouru de nuages filandreux, mais un grand soleil d'hiver brillait tout de même au dessus de la ville. C'était encore une belle journée.

Il se décida à sortir de la chambre avec l'objectif d'aller prendre la douche qu'il n'avait pas prise en rentrant, de crainte de réveiller Momoi. En entrant dans la grande pièce à vivre, il la trouva assise sur le canapé, son ordinateur portable sur les genoux, tapant à toute vitesse sur les touches de son clavier pour remplir une page de traitement de texte. Elle ne l'avait vraisemblablement pas entendu. Il s'approcha par derrière et se pencha au dessus de son épaule.

"Tu n'es pas allée travailler aujourd'hui ?", demanda-t-il contre son oreille.

La jeune femme sursauta vivement en laissant échapper un hoquet de surprise, et elle tourna la tête vers lui. Face au sourire narquois qu'il affichait, elle fronça les sourcils, "Seijuro ! On n'a pas idée d'effrayer les gens comme ça !", le sermonna-t-elle.

Il se redressa, une étincelle d'amusement dans ses iris rouges, "Tu avais l'air si concentrée, c'était trop tentant."

Elle le toisa une seconde avant de déposer son ordinateur sur la table basse et de se lever, "Idiot", lâcha-t-elle en lui passant devant pour rejoindre la cuisine ouverte. Le rouge la suivit du regard et la regarda se servir une tasse de café et s'adosser contre l'îlot central.

"Quand est-ce que tu es rentré ?", demanda-t-elle, "Je ne t'ai pas entendu."

"Tôt ce matin. Je ne voulais pas te réveiller, mais ça ne t'a pas empêchée de te coller à moi dès que je me suis couché.", son petit ami sourit en coin.

Elle rougit légèrement mais ne répliqua rien. Seijuro finit par s'approcher d'elle comme un chat venant acculer sa proie, son regard profond fixé sur elle. Elle le regarda faire sans bouger jusqu'à ce qu'il ne soit plus qu'à quelques centimètres d'elle.

"Je n'ai pas le droit à un baiser de bon retour ?", demanda-t-il en lui prenant son mug des mains pour le reposer sur le comptoir.

"Je ne sais pas si tu le mérites. Tu m'as fait peur à l'instant.", dit-elle en lui lançant un regard de défi.

Il dessina un sourire carnassier, "Oh ? Alors tu veux jouer à ça ?" Son ton était dangereux, mais il n'intimida en rien la rose devant lui qui ne se séparait pas de son attitude provocatrice.

Elle glissa ses bras autour de son cou pour l'attirer contre lui et il calla instinctivement ses mains contre ses hanches, "Est-ce que tu essayes de me faire du chantage ?", s'intrigua-t-elle.

"Je ne fais pas de chantage. Mais j'obtiens toujours ce que je désire.", répondit-il avec assurance.

"Quel enfant gâté tu es", gloussa-t-elle moqueusement, et elle se dressa sur la pointe des pieds pour appuyer ses lèvres contre les siennes. Leur baiser ne dura qu'une poignée de secondes, et elle se blottit ensuite dans ses bras, "Bon retour Seijuro."

Il la serra contre lui, "C'est agréable d'être à la maison."


Lorsqu'Akashi sortit de la salle de bain après s'être lavé, Momoi était au téléphone sur le balcon. Il sortit la rejoindre et s'appuya sur la rambarde pour regarder la ville en contrebas. Elle lui sourit affectueusement tout en parlant. Sa conversation semblait tourner autour d'une histoire de shopping et le jeune homme conclut qu'elle devait être en communication avec une de ses amies. Il l'écouta parler pendant quelques minutes avant de déposer un baiser sur sa joue et de rentrer dans l'appartement. Il attrapa sa valise toujours dans l'entrée et alla la vider.

Le temps qu'il finisse, Momoi avait raccroché et était retournée sur le canapé avec son ordinateur. Il la regarda de la porte de leur chambre. D'ici, il la voyait de dos. Elle avait attaché ses longs cheveux, lui offrant une vue sur sa nuque fine et le haut de son dos, ainsi que son épaule droite d'où tombait son pull à grosses mailles.

"Satsuki", appela-t-il en s'approchant finalement d'elle.

Elle tourna la tête, "Oui ?"

"Est-ce que tu voudrais aller dîner dehors ce soir ?", demanda-t-il en s'asseyant à coté d'elle.

Elle cligna des yeux avant d'étirer un sourire, "Bien sûr !", accepta-t-elle avec joie, "Ça fait longtemps qu'on n'est pas allé au restaurant tous les deux. Où est-ce que tu voudrais aller ?"

Il eut un sourire mystérieux, "Tu verras bien."

Momoi fronça les sourcils, "Seijuro...", commença-t-elle d'un ton presque menaçant qui laissait clairement comprendre qu'elle le connaissait trop bien, et qu'elle ne voulait pas qu'il l'emmène dans un endroit hors-de-prix comme il adorait le faire.

Il se leva du canapé, "Sois prête pour 18h.", dit-il en se dirigeant vers l'entrée pour enfiler son manteau et ses chaussures.

"Où est-ce que tu vas ?"

"J'ai reçu un mail important pour le travail, je dois passer au bureau.", il la regarda une dernière fois avant de sortir et elle lui adressa un sourire et un petit geste de la main, "Je serai là à 18 heures alors sois prête d'accord ? Notre réservation ne nous attendra pas."

"Oui oui, allez, à tout à l'heure.", elle lui envoya un baiser et il partit. Une fois la porte refermée, elle soupira en retournant à son article. Elle étira tout de même un sourire. Elle ne savait pas où est-ce qu'il avait prévu de l'emmener, mais elle était contente qu'ils sortent ce soir. Après la longue semaine qu'ils avaient passée séparés –et qui avait été plutôt éprouvante pour l'un comme pour l'autre–, elle avait bien besoin de ça.

Vers 16 heures 30, elle avait terminé de taper son article concernant la performance de l'équipe nationale de baseball au dernier tournois international et elle éteignit son ordinateur pour aller se préparer. Connaissant Akashi, sa tenue devait convenir à un établissement de grand standing. Après avoir prit une douche, elle passa une bonne demi-heure dans le dressing à choisir une robe qui conviendrait.

Elle finit par porter son dévolu sur une robe droite noire qui lui arrivait au dessus des genoux, dont le col serré était recouvert d'un tissage de fils dorées et de pierres ambrées, tout comme la taille centrée par deux bandes similaires, croisées au niveau du nombril. La robe se fermait dans le dos avec une longue fermeture éclair dorée et était sans manches. Elle était élégante et chic sans virer dans le tape-à-l'œil. Elle choisit un maquillage léger. Un rouge à lèvres mat et clair, un peu d'ombre à paupières cuivré et de mascara. Elle noua ses cheveux en french twist, ne laissant que quelques fines mèches libres qu'elle boucla pour donner à l'ensemble un effet moins strict. Elle se contenta de diamants d'oreilles et d'un fin bracelet doré en guise de bijoux.

Lorsqu'elle s'observa dans le miroir, elle sourit grandement. Elle était très satisfaite du résultat. Il ne lui resterait qu'à enfiler ses talons plateforme en daim noir lorsque Seijuro viendrait la chercher. Elle transféra quelques affaires de son sac à main à une pochette noire et dorée. A ce moment, un air de Katy Perry résonna dans l'appartement. Son téléphone sonnait. Elle trottina jusqu'au canapé où elle l'avait laissé et décrocha avec un sourire.

"Dai-chan !"

"Salut Satsu. Désolé de te déranger, je voulais savoir si tu étais dispo pour qu'on déjeune ensemble demain. Y'a un truc dont le voudrais te parler."

"Bien sûr, ça me ferait vraiment plaisir ! J'ai une réunion à midi mais elle ne devrait pas trop s'éterniser, alors on peut se retrouver vers 13 heures, ça te va ?"

"C'est parfait. Merci Satsu."

"Je t'en prie, ce n'est rien ! Tu sais que j'ai toujours du temps pour toi Dai-chan !", elle retourna dans la chambre pour terminer de changer de sac, "Mais dis-moi, ce dont tu dois me parler, ce n'est rien de grave j'espère."

"C'est... disons que c'est important.", répondit le basané d'un ton un peu hésitant.

Momoi s'arrêta et fronça les sourcils, "Dai-chan, qu'est-ce qui se passe ? Tu m'inquiète."

"C'est rien, t'inquiète pas ! Je te dirai tout demain, d'accord ?"

La jeune femme fit la moue, "D'accord. Mais tu me promets que tu ne t'es pas encore attiré des ennuis ?"

"C'est promit !"

"Bon, d'accord.", une tonalité résonna dans son oreille. Elle regarda l'écran de son portable pour voir qu'elle avait un double appel, "Dai-chan je dois te laisser, Seijuro m'appelle. On se voit demain."

"D'accord. A demain."

Elle raccrocha et s'empressa de prendre l'appel de son petit ami, "Allo ?"

"Satsuki, tu es prête ? Je t'attends en bas."

"Oui, je descends."

Elle jeta son téléphone dans sa pochette après avoir raccroché une seconde fois. Elle attrapa son trench-coat camel dans le dressing, chaussa ses talons et sortit de l'appartement. Elle prit l'ascenseur et sortit de l'immeuble. Il faisait nuit et froid, mais au moins elle se réjouit qu'il n'y ait pas de vent pour la décoiffer. Elle resserra le col de son trench et marcha rapidement jusqu'à la voiture de son petit ami, une Porsche coupé sport noire qu'il s'était offerte quelques mois plus tôt après la signature d'un gros contrat.

Elle s'empressa de grimper dans le véhicule pour échapper au froid mordant et elle soupira de soulagement lorsque la chaleur de l'habitacle lui caressa la peau. Elle regarda l'heure sur le tableau de bord. 17h56. Ils étaient dans les temps. Elle tourna la tête vers Akashi pour lui faire remarquer, mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge quand elle le vit. Il avait dû se changer lorsqu'il était au travail, car il ne portait plus les mêmes vêtements que lorsqu'il était partit tout à l'heure.

Il avait revêtu un élégant costume italien d'un bordeaux foncé par-dessus une chemise blanche serrée d'une cravate noire. Il avait une de ses montres les plus chères au poignet et sentait bon le parfum.

"Waouh, tu t'es mis sur ton 31 !", s'émerveilla-t-elle.

Il hocha la tête en esquissant un léger sourire, "Toi aussi de ce que je vois.", répliqua-t-il.

Elle rit doucement, "Je ne sais pas où est-ce qu'on va, mais je me disais que ce serait probablement de mise. J'ai mis ma robe noire, tu sais, celle avec les pierres marbrées que tu adores."

"C'est vrai que je l'apprécie. Elle te va particulièrement bien."

La jeune femme rougit et se pencha pour embrasser rapidement Akashi avant de lui donner une petite tape sur la cuisse, "Allez roule, j'ai hâte de savoir où est-ce que tu m'emmène."

Ils discutèrent dans la bonne humeur pendant le trajet en voiture. Akashi parla de l'Amérique et Momoi exprima son désir d'y aller un jour. Akashi promit qu'il l'y emmènerait, ce qu'elle refusa. 'Tu dois arrêter de toujours m'offrir des choses Seijuro !', le sermonna-t-elle très sérieusement, mais cela eu pour seul effet de le faire rire.

Finalement, le jeune homme s'arrêta à l'entrée d'un parking où un grand nombre de belles voitures étaient déjà garées. Un homme en costume s'approcha et ouvrit poliment la portière d'Akashi avant de faire le tour du véhicule pour ouvrir également celle de Momoi une fois le rouge sortit. Elle s'extirpa à son tour de l'habitacle en lançant des coups d'œil incertains autour d'elle.

Akashi et l'homme échangèrent quelques mots avant que le jeune homme ne lui confie ses clés. C'était vraisemblablement un voiturier. Momoi regarda la voiture s'éloigner entre les allées de véhicules déjà garés, et n'en détourna les yeux que lorsqu'Akashi lui tendit son bras.

Elle le prit et il l'entraîna sur le chemin au bout duquel se dessinait la silhouette illuminée d'un bâtiment aux allures de manoir européen, "Seijuro, où est-ce qu'on est ?", demanda-t-elle.

"Le restaurant Joël Robuchon.", dit-il tranquillement, et lorsque sa petite amie lui lança un regard horrifié, il continua, "Je voulais un endroit prestigieux pour fêter nos retrouvailles, alors j'ai réservé ici."

"Nos retrouvailles ?", répéta-t-elle, "Seijuro, nous n'avons été séparés qu'une semaine ! J'ai entendu parler de ce restaurant, les prix sont exorbitants je ne vais jamais oser commander !"

Akashi sourit, "S'il te plait Satsuki, tu l'as dit toi-même : cela fait longtemps que nous ne sommes pas sortis dîner tous les deux. Je voulais simplement marquer le coup. Et puis je crois savoir que tu adores la cuisine française, pas vrai ?"

"Hm... sérieusement, tu n'es pas croyable...", soupira la jeune femme, ce à quoi le rouge répondit par un sourire satisfait.

A l'entrée, Akashi annonça sa réservation et une jeune femme en tailleur les conduisit à leur table. L'intérieur du manoir était absolument divin. La décoration était magnifique et d'un bon goût sans failles, digne d'une demeure de roi. Momoi était émerveillée par tant de luxe et de distinction. Les lumières étaient chaudes, partout où elle regardait, elles se reflétaient dans du cristal ou des diamants. Dans un coin, un homme en costume trois pièces jouait une mélodie agréable sur un gros piano à queue.

Depuis qu'elle avait commencé à fréquenter Seijuro 3 ans auparavant, elle goûtait quotidiennement à un luxe qu'elle n'avait vu que dans les films ou les livres auparavant. Le jeune homme appartenait à la haute société et depuis qu'il avait reprit le flambeau de son père à la tête de l'empire Akashi, Momoi avait l'impression que sa fortune était devenue sans limites. Elle ne savait pas exactement à combien est-ce qu'elle s'élevait – tous ce qu' elle en savait, c'est ce que la presse avançait sans sûreté – mais elle ne tenait pas vraiment à le savoir de toute façon.

Bien entendu, elle s'était vue plusieurs fois accuser de ne le fréquenter que pour sa fortune, mais elle avait apprit à ne plus se formaliser de ce genre de choses. Elle aimait sincèrement Seijuro, et elle l'aimerait toujours même s'il perdait tout demain et qu'ils se retrouvaient à devoir vivre dans la rue. Son argent, elle n'en avait que faire, et même elle s'agaçait dès qu'il la gâtait un peu trop.

Cependant, elle restait humaine et l'Homme avait toujours été attiré par le faste. Alors comme n'importe qui, elle ne pouvait s'empêcher d'apprécier se retrouver dans cet endroit magnifique où tout était fait pour son confort et sa satisfaction.

On leur apporta rapidement la carte des plats et ses yeux défilèrent à toute vitesse sur les lettres dorées. Elle ne savait pas quoi choisir. Elle se sentait comme une petite fille devant la vitrine d'un magasin de jouets. Akashi le remarqua et il sourit, amusé.

"Tu n'arrives pas à te décider ?"

"Il y a tellement de choix", répondit-elle sans quitter la carte des yeux, "Qu'est-ce que tu vas prendre toi ?"

"Tu ne dois pas choisir en fonction de moi. Prend ce qui te fait plaisir."

Elle se mordit la lèvre inférieur, signe qu'elle réfléchissait, et Akashi la regarda faire avec tendresse. Quelques minutes plus tard quelqu'un vint leur apporter une carafe d'eau et un panier de pain, et prendre leur commande. Momoi avait finit par faire un choix et elle souriait largement en rendant la carte des plats. Rapidement, une autre personne leur apporta la bouteille de vin qu'Akashi avait demandée et les servit tous les deux.

Akashi prit son verre et le leva en regardant sa petite amie droit dans les yeux, "A nos retrouvailles ?"

Momoi pouffa en levant également son verre, "A nos retrouvailles !"

Le rouge sourit en faisant doucement cogner les deux verres de cristal. On leur apporta leurs entrées et ils commencèrent à manger en discutant. Momoi irradiait la bonne humeur, et même le rouge semblait très enjoué. La jeune femme insista pour qu'il goûte à son homard au guacamole d'avocat et il lui fit goûter son fois gras aux anguilles fumées.

Ils discutaient de tout et de rien, Momoi parla encore des problèmes qu'elle avait dû régler pour Kagami et Aomine durant la semaine, elle raconta le coup de téléphone que son meilleur ami lui avait passé un peu plus tôt. Elle évoqua son inquiétude au sujet de cette chose importante qu'il avait à lui dire et Akashi lui assura que ce n'était probablement rien et qu'elle se faisait du souci pour rien.

"Tu sais qu'avec lui, je ne peux que me faire du souci.", avait-elle dit en riant.

Leur dîner avança ainsi tranquillement jusqu'au dessert. Momoi commanda des Choux Princesse et Akashi, un moelleux au chocolat avec chantilly au giandua, fraises et framboises.

"Au fait, Kagami tient-il toujours à venir travailler pour moi ?"

"Bien sûr que oui ! Il est même très impatient !", mentit la jeune femme, et elle savait qu'Akashi savait qu'elle avait mentit, ce pourquoi il esquissa un sourire sadique.

"Oh vraiment ? Je lui réserverai un bon accueil dans ce cas."

"Seijuro", commença Momoi avec sa voix de sermon, "Sois gentil avec lui d'accord ? Il a vraiment besoin de l'argent que tu vas lui donner alors j'aimerais que ça se passe bien pour lui."

Le rouge leva les mains en signe d'innocence, "Je t'ai dis que je lui réserverais un bon accueil, pas vrai ? Je te promets de faire tout mon possible pour qu'il se plaise à mon service."

"De toute façon, je serai là pour le guider au début, alors je pourrai te surveiller."

Akashi sourit encore sournoisement et Momoi lui adressa un regard appuyé. S'il y avait une personne au monde qui pouvait au moins influencer Akashi Seijuro, c'était bien elle.

Lorsqu'ils finirent leur dessert, il était près de 21 heures. Une autre jeune femme en tailleur les raccompagna à l'entrée où Akashi paya pendant que Momoi l'attendait dehors. Elle n'avait même pas envie d'entendre le prix de leur dîner, ça risquait de lui donner des vertiges. Son petit ami la rejoignit rapidement et le voiturier leur ramena leur voiture avant de leur souhaiter une bonne soirée. Ils montèrent dans le véhicule et sortirent du parking.

"Alors, tu as aimé notre dîner ?", demanda le rouge en gardant les yeux sur la route.

Satsuki hocha la tête, "C'était vraiment agréable. Et l'endroit était tellement beau ! Et leurs choux étaient délicieux !", dit-elle avec excitation.

"On y reviendra dans ce cas.", conclut le jeune homme avec un sourire en coin, car il savait quelle réaction sa remarque créerait chez la rose.

"Non, cet endroit est beaucoup trop coûteux."

"Mais rien n'est trop beau ou trop cher pour toi."

Momoi fut prise d'un violent rougissement et sa voix resta bloquée dans sa gorge. Elle n'avait pas l'habitude de déclarations de ce genre, et encore moins lorsqu'elles étaient faites de façon aussi brutale. Ainsi, elle ne trouva rien à répondre et se contenta de détourner la tête pour regarder la route défiler. Akashi sourit, ravi de son petit effet, et il accéléra.

"Que dirais-tu d'aller faire un petit tour avant de rentrer ?", proposa-t-il.

"Hm.", la jeune femme hocha la tête, encore trop gênée pour parler.

Lorsque Seijuro arrêta de nouveau la voiture, ils étaient à l'entrée d'un grand parc de la ville. Ils descendirent et Momoi frissonna. A cette heure de la nuit, il faisait vraiment froid et elle hésita à proposer qu'ils rentrent plutôt directement, mais quand elle vit le regard d'Akashi, son sourire, et son bras qu'il lui tendait, elle se résigna.

"Je croyais que les parcs fermaient la nuit", fit-elle remarquer alors qu'ils pénétraient entre les arbres sur le chemin.

"C'est le cas. Mais disons que le maire me devait une faveur. Il y a quelque chose que je voulais te montrer.", répondit mystérieusement Seijuro.

Momoi haussa un sourcil, puis elle dessina un sourire, "Tu es vraiment plein de ressources."

"Je sais."

Ils marchèrent doucement, éclairés par quelques lampadaires, jusqu'à un petit lac. Momoi se souvint qu'elle venait souvent jouer là avec Daiki lorsqu'ils étaient petits. Ils faisaient flotter des bateaux en coquille de noix ou en feuille d'arbres, et quelques fois, le petit garçon essayait d'attraper des têtards au bord de l'eau. Elle sourit à ces souvenirs. Akashi s'entraîna au milieu de l'herbe et soudain, un bruit assourdissant résonna autour d'eux, arrachant un sursaut à la rose.

"Qu'est-ce que c'était ?", demanda-t-elle en panique.

Seijuro leva la tête et elle suivit son regard alors qu'une autre détonation se faisait entendre. Elle vit le ciel s'illuminer de couleurs alors que le feu d'artifice éclatait au dessus de l'eau. Elle ouvrit la bouche de stupéfaction alors que d'autres éclataient de mille couleurs dans le noir. Certains avaient des formes de cœurs ou de roses grandes ouvertes. Un sourire d'enfant s'étala sur le visage de la jeune femme alors qu'elle gardait des yeux émerveillés fixés sur le ciel sans se poser de questions.

Momoi avait toujours adoré les feux d'artifices. Elle les trouvait sublimes. Ils s'allumaient dans le ciel comme un million d'étoiles pour mourir une seconde plus tard, après avoir magnifiquement brillé. Ils avaient une vie éphémère mais infiniment intense, vive et éclatante. Elle leur trouvait quelque chose de romantique. D'ailleurs, elle se souvenait que durant l'un de leurs premiers rendez-vous, Seijuro et elle en avaient vus. C'était durant l'été, à un festival.

Au bout de quelques minutes, les feux cessèrent d'illuminer le ciel et une forte odeur de poudre se rependait dans l'air. Mais ce n'était pas désagréable et la rose aimait cette odeur. Soudain, des projecteurs accrochés dans les arbres s'allumèrent, le illuminant elle et Akashi d'une lumière légèrement rouge. Elle tressaillit et regarda autour d'elle. Avec cette lumière, elle remarqua que l'herbe dans laquelle elle marchait était tapissée de pétales de roses rouges et blancs.

"Je voulais que ce soit inoubliable", entendit-elle dire tout près d'elle. Elle tourna la tête pour découvrir un visage souriant et des yeux brillants. Son cœur se mit à battre la chamade lorsqu'elle vit Akashi poser un genou à terre. Elle n'arrivait plus à parler. De toute façon, elle ne savait pas quoi dire. Son esprit semblait flotter et elle ne voyait plus rien que le garçon qui venait de s'agenouiller devant elle.

"Satsuki", commença-t-il, "Depuis que j'ai croisé ton sourire pour la première fois, j'ai su que je n'aimerais jamais aucun un sourire comme j'aime le tien. Depuis la première fois que je t'ai entendue rire, j'ai su que je n'aimerais jamais aucun rire comme j'aime le tien. Depuis la première fois que j'ai tenu ta main, j'ai su que je ne voudrais plus jamais en tenir aucune autre. Depuis la première fois que je t'ai regardée, j'ai su que je ne voudrais jamais passer ma vie avec quelqu'un d'autre. Tu es sans aucun doute la personne la plus merveilleuse qu'il m'ait été donné de rencontrer, et je voudrais passer ma vie à tes cotés."

Les yeux de Momoi s'étaient remplis de larmes, tout son corps tremblait –mais pas de froid cette fois– et elle avait plaqué une main devant sa bouche. Elle n'en croyait pas ses oreilles, et pourtant, cela semblait bien réel.

"Depuis que nous nous sommes rencontrés i ans, je n'ai plus d'yeux que pour toi, et je t'aime de tout mon cœur. Je voudrais pouvoir l'arracher et te l'offrir, et je le ferais sans hésiter si c'était un jour possible."

La rose étouffa un léger rire qui se mua en sanglot d'émotion. C'était du Akashi tout craché ce genre de déclarations extrêmes et légèrement glauques.

"Momoi Satsuki, je veux faire ma vie avec toi. Alors... est-ce que tu accepterais de devenir ma femme ?", et là, il sortit une petite boite de sa poche avant de l'ouvrir sous les yeux de la jeune femme. Au milieu du velours rouge reposait une bague en argent sertie d'une grosse pierre –vraisemblablement un diamant.

Momoi était sans voix et des larmes coulaient à grosses gouttes sur ses joues, ruinant son maquillage, mais elle n'en avait que faire. Cela venait vraiment d'arriver. Il venait vraiment de le faire. Il venait de la demander en mariage. Et elle n'avait rien vu venir ! Elle faisait passer son regard de la bague au visage d'Akashi sans parvenir à parler. Une puissante vague d'émotions la submergeait et lui coupait presque la respiration. Elle n'en revenait pas.

Au bout d'une longue minute, Seijuro fronça les sourcils, "Satsuki, est-ce que tout va bien ?"

Elle hocha la tête, "Oui", croassa-t-elle d'une voix enrouée de larmes.

"'Oui' tu vas bien ou 'oui' tu acceptes de m'épouser ?", s'assura le jeune homme en inclinant légèrement la tête sur le coté.

"Oui aux deux !", s'exclama finalement la rose, "Oui, oui bien sûr que je veux t'épouser !"

Il sourit et lui passa délicatement la bague au doigt. C'était la taille exacte, elle lui allait à merveille. Momoi tendit son bras devant elle pour la regarder avec émoi, avant de se jeter dans les bras de son désormais fiancé en pleurant à gros sanglots. Elle avait l'impression que son cœur allait exploser tant il débordait de joie. Il la serra fort contre lui.

Il était aussi fou de joie qu'elle. Cela faisait longtemps qu'il pensait à demander sa main. Longtemps aussi que son père lui demandait fréquemment quand est-ce qu'il comptait enfin se marier. Et voilà que ce jour était enfin venu. Et tout c'était parfaitement déroulé.

Aujourd'hui était sans aucun doute le plus heureux de leur vie.


*s'incline* Merci beaucoup aux personnes qui suivent cette histoire, la favorisent et laissent des reviews. Ce sont les plus beaux cadeaux et les meilleurs motivations qu'un auteur puisse recevoir. Je vous adore !

Les recherches que j'ai dû faire pour trouver un des restaurants le plus étoilé et cher de Tokyo m'a donné tellement faim ;-;

Mensonge, masque, méprise et faux semblants sont les mots d'ordres que je me répète fréquemment lorsque j'écris cette fiction. Rien n'est vrai, tout n'est que façade et supercherie, et tout le monde porte un masque.

Bref. J'espère que ce chapitre vous a plu. Vous vous souvenez au début quand j'ai dis qu'il y aurait pas mal de clichés dans cette fic ? Ha ! ça ne fait que commencer x) Mais Akashi et Momoi ! Ils sont tellement mignooooons ! Et dire qu'avant je les shipais genre pas du tout.

Dans le prochain chapitre : Aomine et Momoi déjeunent ensemble comme ils l'ont planifié au téléphone. Qu'est donc cette chose dont Daiki veut parler ? Pendant qu'il est en proie aux hésitations, Kagami se pose des questions et fait des conneries.

Sur ce, à bientôt !