CHAPITRE 4 - I wanted to be a superhero
"Dai-chan !"
Aomine leva les yeux de son téléphone lorsqu'il entendit la voix de sa meilleure amie l'appeler et il la vit arriver vers lui en trottinant, un vaste sourire éclairant son visage. Il se leva du banc pour la saluer et elle se jeta à son cou sans crier garde, manquant de lui faire perdre l'équilibre. Il passa ses bras autour de sa taille pour l'enlacer, un peu surpris de cette vive marque d'affection aussi soudaine qu'inattendue.
"Satsu ?", tenta-t-il avec un léger rire dans la voix, "C'est me voir qui te rend si joyeuse ?"
La rose se détacha de lui et lissa son chemisier, "Tu sais que je suis toujours heureuse de te voir Dai-chan ! Mais il y a autre chose."
Le basané haussa un sourcil, "Oh ? Et qu'est-ce que c'est ?"
Elle lui sourit d'un air énigmatique avant de lever sa main devant lui pour lui faire voir l'anneau argenté qu'elle portait désormais au doigt. Les yeux du jeune homme s'agrandirent de surprise en le voyant, mais avant qu'il ne puisse prononcer un mot, Momoi s'exclama avec bonheur : "Seijuro m'a demandée en mariage !"
Il en tomba presque à la renverse. Le moins qu'il pouvait dire, c'est que c'était soudain ; il ne s'y attendait pas le moins du monde. Il plongea son regard dans celui pétillant de la rose qui semblait attendre sa réaction en trépignant. Devant toute la joie qui semblait irradier d'elle, il ne pu s'empêcher de sourire de toutes ses dents.
"C'est génial Satsu ! Félicitations !"
"Merci beaucoup Dai-chan !", elle se jeta une nouvelle fois sur lui en riant, et il rit avec elle. Son rire avait quelque chose de contagieux à cet instant précis, tout comme sa joie qui émanait si fort d'elle qu'elle emplissait également le cœur d'Aomine.
Il était toujours sous le choc, mais aussi heureux pour elle. Il savait à quel point elle aimait Akashi. Et même s'il avait été un peu méfiant envers lui au début, le basané avait depuis longtemps réalisé que l'Empereur l'aimait aussi profondément en retour. Et même s'il était un peu intimidant, il savait que c'était un gars bien qui l'avait toujours traitée avec respect.
Les effusions de joie et d'excitation passées, les deux amis d'enfance se dirigèrent vers un petit restaurant de ramen duquel ils étaient des habitués et où ils allaient très souvent lorsqu'ils déjeunaient ensemble. Ce lundi était morose contrairement aux jours précédents. Le ciel était neigeux et le froid mordant, sans compter le vent qui avait commencé à souffler dans le milieu de la matinée et qui n'avait pas l'air de vouloir se calmer.
Ils s'installèrent donc à une table en intérieur et passèrent commande. En attendant, Momoi raconta avec émotion la soirée qu'elle avait passée avec son fiancé la veille, et sa demande en mariage dans le parc. Elle avait des étoiles dans les yeux et Aomine ne pouvait se retenir de sourire. Elle avait l'air tellement heureuse. La conversation dévia ensuite sur le mariage à venir, ce qui amusa grandement Daiki. Satsuki n'était pas fiancée depuis 24h qu'elle planifiait déjà leur cérémonie de mariage. Elle était toujours pleine d'enthousiasme mais là, ça surpassait tout.
"Dai-chan, tu seras mon témoin n'est-ce pas ?", demanda-t-elle soudain.
Aomine, qui ne l'écoutait qu'à moitié, tressaillit à sa demande et se reconcentra sur elle. Elle souriait et il lui rendit son sourire en hochant la tête, "Bien sûr que oui, quelle question."
Elle sembla ravie de sa réponse et continua de babiller sur les détails de la cérémonie. Aomine se replongea dans ses réflexions, l'écoutant d'une oreille distraite. Il n'était pas fana de mariages. Il avait toujours trouvé que c'était vraiment beaucoup d'argent et d'énergie dépensés pour une seule journée. Cependant, il s'agissait du mariage de sa meilleure amie, son amie d'enfance, la personne avec laquelle il avait grandit et qui avait toujours été là pour lui. Alors il ne pouvait pas lui refuser d'être son témoin, et il lui apporterait toute l'aide et tout le soutien dont elle aurait besoin pour que ce jour soit le plus beau et le plus heureux de sa vie.
Leurs plats arrivèrent et ils commencèrent à manger, mais Momoi ne s'arrêta pas de parler pour autant.
"Tu vas manger froid si tu n'arrêtes pas de parler", lui fit remarquer Aomine en pointant son bol avec ses baguettes.
"Ah ? C'est vrai !", elle rougit légèrement d'embarras et prit ses baguettes pour commencer à manger.
Aomine dessina un sourire amusé, "Qui est-ce que tu as déjà prévenu de tes fiançailles ?", demanda-t-il tranquillement.
"Mes parents. Je les ai appelés ce matin pour leur annoncer. Seijuro a dû mettre son père au courant aussi à l'heure qu'il est. A part ça, personne pour l'instant. Seijuro et moi on voudrait organiser une petite fête chez nous pour l'annoncer à tous nos amis."
"Parce qu'Akashi a des amis ?", ricana le jeune homme. La rose darda un regard désapprobateur sur lui.
"On voudrait éviter que la presse s'empare de l'information trop rapidement. Le nom d'Akashi Seijuro a fait beaucoup de bruit dernièrement dans le monde des affaires et dans la presse à scandale. Tu sais, à cause de cette histoire d'argent volé. Il est déjà suffisamment la cible des attentions en ce moment."
"Ah oui, c'est vrai. Cette histoire s'est réglée d'ailleurs ?", demanda Daiki sans réellement s'intéresser au sujet.
"Oui. Il s'est avéré que le trésorier de l'empire avait transféré près de 100 million de yens sur un compte dans les îles Caïman. Ce n'était pas sa faute, mais Seijuro a été accusé d'incompétence professionnelle car il était celui qui avait engagé cet homme, et la presse s'est fait un malin plaisir de le descendre. Son père aussi était furieux. Ça a été difficile pour lui."
"Je vois."
Momoi sourit, "Tu t'en fiches complètement, pas vrai ?"
"Quoi ? Non, ça m'intéresse vraiment !", s'offusqua le garçon.
"C'est cela oui, à d'autres", rit la rose, "En tout cas, plus longtemps nous garderons nos fiançailles loin des journalistes, mieux on se portera."
Aomine hocha la tête. Ils restèrent tous les deux silencieux pendant quelques temps, mangeant dans un calme agréable, jusqu'à ce que Satsuki ne demande : "Au fait, il y a une chose dont tu voulais me parler n'est-ce pas ? Qu'est-ce que c'était ?"
"Ah ouais, ça.", il se frotta l'arrière de la tête, l'air un peu nerveux, "J'ai été approché par une marque de fringues de sport hier. Ils voudraient que je pose pour eux."
Le visage de Momoi s'illumina, "Dai-chan ! Mais c'est génial, je suis tellement contente pour toi ! Tu as accepté ?"
Il haussa les épaules, "Je leur ai dit que j'avais besoin d'y réfléchir."
"Mais pourquoi réfléchir ? C'est une opportunité merveilleuse, tu devrais la saisir !", s'enthousiasmait la jeune femme.
"Je suis pas taillé pour être mannequin. Ça me ferait chier de devoir prendre des pauses débiles pendant des heures devant un photographe efféminé qui m'parlerait avec un accent chelou en me disant des trucs tout aussi chelous."
Satsuki fronça les sourcils et fit claquer sa langue contre son palet, "Dai-chan, tu regardes trop la télévision ! Pour avoir déjà eu l'occasion d'être photographiée en studio, je peux t'assurer que ce n'est pas du tout comme ça en réalité. Et puis tu pauseras pour une marque de sport, ce n'aura rien à voir avec ce que tu as déjà pu voir dans les magazines que je lis des fois."
Le basketteur fit la moue. Il n'avait pas l'air très convaincu par les paroles de sa meilleure amie, alors elle continua à lui trouver des arguments positifs. Elle semblait vraiment emballée par cette idée de mannequinat.
"Ça pourrait vraiment servir ta carrière tu sais ? Et puis tu es vraiment beau, tu as un physique attirant et un charisme naturel quand tu ne fais pas la tête !"
"Oi, comment ça 'quand je fais pas la tête' !?"
"Ce que j'essaye de te dire, c'est que je pense que tu devrais accepter. Ne serait-ce qu'une fois, pour essayer ! Et si ça ne te plait vraiment pas, et bien tu pourras arrêter ! Mais qui sait, peut-être que tu aimeras ça."
"J'en sais trop rien..."
"Ecoute, si mes arguments ne te suffisent pas, peut-être que tu devrais essayer d'en parler à quelqu'un d'autre, histoire d'avoir d'autres avis. Tu l'as dit à Kagamin ? Vous êtes proches tous les deux après tout."
"Si j'en parle à Kagami, il va se payer ma tronche.", bougonna Aomine en gonflant les joues.
Momoi sourit, "Mais non, je suis sûre qu'il t'encouragera à le faire. Et ton coach ? Et ton équipe ? Ils en pensent quoi ?"
"Ils disent que je devrais le faire."
"Ah tu vois, je ne suis pas la seule à le penser !", elle couvrit sa main avec la sienne et lui offrit un sourire affectueux et réconfortant, "En tout cas, peu importe ce que tu choisis, réfléchis-y bien. Et rappelle-toi que tu as des gens autour de toi qui te soutiendront dans tous les cas."
Il hocha la tête, "Ouais. Merci Satsu."
Pendant qu'ils finissaient de manger, Momoi parla de son travail et de la réunion dont elle sortait. Elle comméra sur deux de ses collègues qu'elle avait vu flirter dans la matinée, elle parla du prochain article qu'elle comptait écrire. Aomine enchaîna sur ses matchs à venir, son soulagement que son petit séjour en garde à vue de la semaine dernière ne soit pas remonté aux oreilles de ses sponsors, bien que son coach avait été mit au courant et l'avait sévèrement sermonné.
Une petite demi-heure plus tard, ils sortaient du restaurant et Momoi dû retourner travailler. Elle salua son ami en lui faisant promettre de la prévenir dès qu'il aurait prit une décision pour cette histoire de shooting photo, puis elle partit rapidement. De son coté, le basané décida de passer voir Kagami. Il n'avait pas d'entraînement avant 17 heures, et il savait que son ami était probablement chez lui à comater devant une émission stupide.
Comme toujours, il entra sans frapper dans l'appartement en s'annonçant d'un simple "Yo". La porte d'entrée donnant directement sur le salon, il pu voir que, comme il l'avait prédit, Kagami était étalé sur son vieux canapé, la télévision allumée diffusant un épisode de One Punch Man. Le rouge redressa à peine la tête pour voir son invité surprise poser ses chaussures et s'approcher.
"Qu'est-ce que tu fous là ?", grogna-t-il.
Aomine étira un rictus en passant dans la cuisine, "J'viens te tenir compagnie."
"T'as pas d'entraînement ?", demanda Kagami en se redressant finalement.
"Pas avant la fin d'après-midi." Daiki réapparut dans le salon avec deux canettes de bière. Il en tendit une au propriétaire des lieux qui la prit sans rien dire et l'ouvrit.
Aomine se laissa tomber sur le canapé à coté de lui et bu une gorgée de la boisson alcoolisée avant de dessiner une grimace prononcée, "Sérieux, t'es obligé d'acheter de la bière aussi dégueu ?"
"C'est la moins chère. Si t'es pas content, t'as qu'à arrêter de te servir comme si t'étais chez toi et ne pas en boire.", répondit Kagami sans le regarder, les yeux fixés sur la télévision.
Le basané grogna mais ne répondit pas, et il posa aussi son regard sur l'écran, "C'est cet anime dont tout le monde parle en ce moment ?"
Taiga hocha la tête, "Ouais. C'est plutôt cool."
"C'est pas du tout réaliste.", fit remarquer Aomine alors qu'à l'écran, le personnage principal tuait une sorte d'immense monstre marin d'un seul coup de poing tellement puissant qu'il avait fait arrêter la pluie.
"C'est pas censé l'être.", répliqua le roux.
Ils restèrent silencieux un moment, regardant l'épisode avancer. Quand l'ending se lança, Kagami attrapa la télécommande pour lancer l'épisode suivant.
"J'aurais aimé être un super-héros", dit-il soudain alors que l'épisode commençait. Aomine tourna la tête vers lui avec un haussement de sourcils. Il y avait un air un peu triste dans ses yeux rouges et il soupira lourdement en laissant son dos reposer sur le dossier du canapé.
"Je suppose qu'on l'a tous voulu à un moment de notre vie.", continua-t-il en fixant le plafond, "Certains ont réussi, ils sont devenus des héros. Des médecins qui sauvent des vies, des scientifiques qui inventent des remèdes aux maladies, des pompiers, des policiers. Tu vois, des gens utiles aux autres, que l'on regarde avec respect et admiration. Et puis, il y a moi. Un pauv'type pas capable de trouver un job, qui vit au crochet de son enfoiré de père et qui passe ses journées à regarder des animes en buvant des bières premier prix, qui entre par effraction chez son ex et qui se fait traîner devant la justice."
Il marqua un temps d'arrêt et Aomine le regarda sans rien dire. Il était un peu troublé par cette soudaine déclaration. Ce n'était pas souvent que son ami se laissait aller à ce genre de discours.
"J'suis pas un héros. Encore moins un super héros. J'suis juste... un raté."
"Oi Kagami, on peut savoir c'qui t'arrives là ? Ça te ressemble pas !", gronda Daiki d'une voix forte.
"Tu peux pas comprendre toi, t'as réussi dans la vie. T'es un basketteur renommé, t'as des tas de sponsors et de supporters. Tu vis dans une maison et t'as les moyens de vivre aisément sans l'aide de personne. En comparaison, regarde ma vie. Regarde ma piaule !"
Aomine soupira. C'était vrai que Kagami vivait dans un immeuble modeste, dans un petit appartement tout aussi modeste, mais il n'avait pas non plus à s'en plaindre. En réalité Daiki, lui, aimait beaucoup être ici. Il trouvait à ce petit endroit quelque chose de convivial et de chaleureux. Mais s'il le disait, Kagami rétorquerait qu'il dirait ça juste pour essayer de le ménager et de lui remonter le moral.
"Tu nous fais ta crise des 25 ans Taiga ?", demanda-t-il.
Kagami lui lança un regard courroucé, "C'est pas drôle."
Le basané ricana en donnant un tape dans l'épaule de son ami, "Allez bro, tu devrais vraiment sortir un peu plus souvent, rester là tout seul a tendance à te déprimer. Tu sais quoi ? Ce soir, on va aller s'amuser un peu !"
"J'ai pas envie. J'ai eu une semaine de merde et demain je commence à travailler pour Akashi, c'est pas le bon moment pour moi pour sortir faire la fête.", répondit le roux en faisant la moue.
"Eh, je me souviens pas t'avoir donné le choix !"
Kagami le regarda avec un air agacé avant d'abandonner et de soupirer, "Ok. Mais on rentrera pas trop tard, vu ?"
"Ça marche !"
Le lendemain matin, Kagami s'éveilla avec un mal de crâne terrible et lorsqu'il tenta d'ouvrir les yeux, la lumière du soleil qui envahissait sa chambre lui brûla la rétine, si bien qu'il referma immédiatement les paupières. Il poussa un long grognement d'inconfort. Il avait une méchante gueule de bois. Son réveil sonnait à coté de sa tête, lui vrillant les tympans. Il tâtonna pour attraper son portable et entrouvrit à peine les yeux pour presser la touche d'arrêt. Il soupira de soulagement lorsque le silence se fit.
Il resta un instant étendu, respirant profondément. Il avait un bataillon de tambours dans le crâne et un goût désagréable dans la bouche. Il tenta de se remettre les événements de la veille à l'esprit. Il était sortit avec Daiki aux alentours de 22h. Ils étaient allés dans un club, ils avaient commencé la soirée par une vodka, peut-être deux... et ensuite, il ne se souvenait plus de rien. Le trou noir.
"Merde...", grogna-t-il en se frottant les yeux. Il avait son premier jour comme secrétaire d'Akashi aujourd'hui, il n'avait pas le temps d'avoir la gueule de bois. Enfoiré d'Aomine qui l'avait forcé à sortir. Il allait lui faire payer.
Soudain, il entendit un bruit en provenance de la cuisine et il se redressa d'un bond, une bien mauvaise idée puisque cela intensifia son mal de tête. Il appuya une main contre son crâne en grimaçant. Il tendit l'oreille et il entendit d'autres bruits. Des bruits de vaisselle et de sachets qu'on froisse, comme si quelqu'un fouillait dans ses placards. Il fronça les sourcils. Daiki était ici ? Ce ne serait pas étonnant qu'il ne soit pas rentré chez lui s'il était trop saoul.
Kagami réussit à se lever à grand peine de son lit et il dû s'appuyer contre le mur pour ne pas tomber. Il resta une seconde immobile, le temps que le monde s'arrête de tourner autour de lui, et il traîna lentement des pieds jusqu'à la cuisine. Il écarquilla les yeux. Ce n'était pas Aomine qui se trouvait là, mais une jeune femme. Elle avait de longs cheveux noirs qui tombaient en cascade dans son dos et des yeux verts cerclés de grands cils. Elle ne portait qu'un t-shirt –celui qu'il portait la veille–, et ses jambes nues se balançaient dans le vide alors qu'elle était nonchalamment assise sur le comptoir, un mug entre les mains.
Elle tourna la tête vers lui en le voyant et lui sourit, "Je me suis permise de faire du café, j'espère que ça ne te dérange pas. ", dit-elle tout naturellement.
Taiga ne répondit pas tout de suite. Bordel, il était rentré avec quelqu'un. Et tout laissait à penser qu'ils n'avaient pas fait que dormir. Merde. La fille était vraiment jolie, mais ça craignait quand même. Il n'aimait pas ça. Il pria pour qu'elle ne soit pas du genre à être tombée amoureuse de lui ou un truc du genre qui lui causerait des problèmes. Et si jamais ils ne s'étaient pas protégés et qu'elle tombait enceinte ? Ce serait le pire ! Il n'avait aucun souvenir de la nuit, alors il ne pouvait pas savoir. C'était l'horreur.
La jeune femme sembla deviner ses inquiétudes à son teint livide et elle esquissa un sourire amusé, "Ne t'inquiète pas, on a utilisé un préservatif. Et pour moi, ce n'était qu'un coup d'un soir. Ce n'est pas pour trouver du sérieux que je sors en boite. Dès que je serai partie, tu n'entendras plus jamais parler de moi."
Il soupira de soulagement et elle ajouta, "Mais je peux au moins finir mon café ?"
Il hocha la tête, "Je suppose que oui." Elle sourit. Il s'approcha pour prendre un autre mug et se servir aussi. Il allait avoir besoin de boire au moins un litre entier de café pour survivre à sa première journée de boulot avec cette gueule de bois.
La jeune femme termina sa tasse alors qu'il commençait la sienne et elle sortit de la pièce. Lorsqu'elle y pénétra à nouveau une dizaine de minutes plus tard, elle portait une courte robe rouge et un perfecto en cuir noir. Elle s'approcha de Kagami et écrasa ses lèvres sur sa joue. Il leva la tête avec surprise et elle lui sourit, "Merci pour cette nuit.", miaula-t-elle avec un clin d'œil.
Et sans un mot de plus, elle partit et Taiga entendit la porte d'entrée s'ouvrir puis se refermer. Il resta interdit pendant quelques instants avant de secouer doucement la tête en soupirant et de finir son café. Il avala une aspirine et passa ensuite rapidement sous la douche. Il enfila son unique costume, celui qu'il avait déjà porté pour des tas d'entretiens d'embauche foireux et ajusta la cravate devant le miroir.
Une fois prêt à partir, il attrapa son téléphone, ses clés, et il sortit en verrouillant derrière lui. En sortant dans la rue, il dû plisser les yeux pour supporter la luminosité. Il ne se sentait vraiment pas en condition d'affronter cette journée, mais il n'avait pas le choix. Heureusement, malgré sa gueule de bois et le petit contretemps de sa conquête, il était dans les temps. Alors qu'il marchait vers l'arrêt de bus, il composa le numéro d'Aomine et porta l'appareil à son oreille.
Le basané finit par décrocher après 6 ou 7 sonneries, "Kagami, t'as vu l'heure qu'il est ? Pourquoi tu m'appelle si tôt ?", grogna-t-il d'une voix enrouée.
"Parce qu'à cause de toi, je dois aller bosser avec une gueule de bois de dingue. Je t'avais dis que je voulais pas sortir, mais il a fallu que t'insistes ! En plus quand je me suis réveillé, y'avait cette fille dans ma cuisine et-"
"Oho, ouais j'me souviens", ricana Daiki en le coupant, "Cette fille était hyper chaude ! Et il a pas fallu qu'elle te chauffe bien longtemps pour que tu lui roules une grosse pelle d'ailleurs."
"Putain arrête de te marrer c'est pas drôle du tout !", rugit Taiga en crispant sa main sur son téléphone, "Je jure que la prochaine fois que je te vois, je te tue."
"Alors vous avez passé la nuit ensemble hein ? C'était bien ?"
"T'as pas entendu c'que j'viens d'te dire !?"
"Ecoute, tu peux t'énerver tant que tu veux, je suis sûr que ça t'as fait du bien de sortir et de te lâcher un peu. C'est juste que tu t'en rends pas encore compte. Maintenant, j'aimerais retourner pioncer alors passe une bonne première journée au service d'Akashi, à plus !"
"Aomi-", trop tard, la tonalité résonnait déjà, signe que son interlocuteur avait raccroché. Kagami jura en fourrant son téléphone dans sa poche. Enfoiré d'Aomine, il avait de sérieux comptes à lui rendre.
En arrivant devant la tour, Kagami leva les yeux, la bouche entrouverte de stupeur. Le bâtiment en béton blanc couvert de grandes fenêtres et de baies vitrées s'élevait fièrement dans le ciel sur au moins 25 ou 30 étages. Le logo de l'Empire Akashi était dessiné en gros sur la façade au dessus de la porte d'entrée. On devinait sans mal que les lieux étaient le siège d'une des entreprises les plus influentes du Japon –et même à l'échelle mondiale.
Devant cet édifice symbole de prestige, le jeune homme se sentait petit et insignifiant, et une boule d'anxiété se forma au creux de son ventre. Il n'avait rien à faire dans un endroit pareil, et pourtant. Il avala sa salive et entra d'un pas légèrement hésitant.
A l'intérieur, les plafonds étaient hauts et la décoration était épurée, élégante, et d'un bon goût certain. Kagami regarda autour de lui. Momoi ne lui avait pas donné beaucoup de détails et il ne savait pas vraiment à qui est-ce qu'il devait s'adresser. Il ne savait même pas où se trouvait le bureau d'Akashi. Il conclut que le plus simple serait de s'adresser à la réceptionniste qui se trouvait derrière un large comptoir en marbre blanc. Il s'approcha et ses pas résonnèrent dans le grand espace silencieux.
"Heum... excusez-moi...", commença-t-il doucement.
La femme lui offrit un sourire poli, "Bonjour, y a-t-il quelque chose que je puisse faire pour vous ?"
Kagami souffla un petit rire nerveux en essayant un sourire maladroit, "Bonjour. Oui, en fait, je- je suis le remplaçant de la secrétaire d'Akashi Seijuro. Je dois commencer aujourd'hui, mais on ne m'a rien expliqué et... Je ne sais pas vraiment où est-ce que je suis censé aller."
"Oh, vous êtes Kagami Taiga-san, c'est bien ça ?"
Il hocha la tête, "C'est ça."
La femme prit un téléphone de son support fixe et le porta à son oreille, "Akashi-sama, Kagami-san est arrivé. Très bien je vous l'envoie.", elle raccrocha, "Akashi-sama vous attend.", elle lui désigna l'ascenseur, "Son bureau se trouve au dernier étage."
Kagami hocha la tête, "Merci beaucoup." Il se dirigea vers l'ascenseur. Malgré le nombre impressionnant d'étages, l'habitacle s'arrêta très vite au niveau demandé et les porte s'ouvrirent sur une grande pièce rectangulaire. Et devant la porte de l'ascenseur, un grand sourire l'accueillit.
"Tu es à l'heure Kagamin, je suis fière de toi !", chantonna la voix de Momoi. Elle portait une jupe à pinces noir, un chemisier crème, une veste de tailleur cintrée dont elle avait retroussé les manches et des escarpins en cuir noir.
Kagami fronça les sourcils, "J'ai toujours été ponctuel."
"Oh vraiment ?", elle gloussa, "Enfin peu importe ! Si tu es ponctuel c'est très bien, car Seijuro ne tolérera aucun retard !"
Elle lui fit un petit clin d'œil et le jeune homme déglutit. Il avait intérêt à faire toujours très attention à l'heure. Il regarda autour de lui. Les murs extérieurs n'étaient que des fenêtres et le sol était recouvert de moquette blanche. Il y avait une kitchenette, deux grands canapés et une table basse couverte de magazines, quelques plantes et un large bureau en bois.
"C'est ton bureau", expliqua la rose, "Ça te plaît ?"
Il hocha la tête. Que l'endroit lui plaise ou non, ça n'avait pas vraiment d'importance de toute façon. La jeune femme se dressa sur la pointe des pieds pour resserrer la cravate de son ami qui loucha pour la regarder faire, puis elle le regarda d'un air satisfait, avant de froncer les sourcils, "Tu as un peu mauvaise mine, est-ce que tout va bien ?"
"Ouais. J'ai juste un peu la gueule de bois", soupira-t-il, et en voyant que son interlocutrice allait le disputer, il s'empressa d'ajouter, "C'est Aomine qui m'as forcé à sortir avec lui !"
Elle soupira de désespoir, "Dai-chan... Quel crétin. Il savait pourtant que tu travaillais aujourd'hui ! Enfin bref. Tu as vu Dai-chan hier alors ? Est-ce qu'il t'a parlé de la proposition qu'il a eue ?"
Taiga afficha une expression curieuse, "Non. Quelle proposition ?"
Momoi sourit et balaya le sujet d'un geste gracile de la main, "Rien du tout. Il t'en parlera s'il en a envie. Pour l'instant, est-ce que tu te sens prêt ?"
"Je suppose que oui."
La rose sourit affectueusement, comme une mère sourirait à son enfant pour l'encourager lors de son premier jours d'école, "Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer."
Elle le prit par la main et ouvrit un battant de l'imposante double porte dans le fond de la pièce, les faisant pénétrer dans le bureau d'Akashi. C'était sans l'ombre d'un doute le bureau le plus grand que Kagami ai jamais eu l'occasion de voir. Il était immense et divisé en plusieurs espaces. Il y avait un salon avec un minibar et même une télévision, une table de réunion –même si Kagami doutait que beaucoup de réunions aient lieu ici–, un panier de basket était accroché à un mur, tout près d'un aquarium qui devait faire bien deux mètres de long et dans lequel nageaient des tas de poissons colorés, et bien sûr, au fond trônait l'immense bureau d'Akashi, en forme de U.
Le jeune homme y était installé, en pleine conversation téléphonique. Il leur fit signe d'attendre une minute et Taiga en profita pour regarder encore une fois autour de lui. Il remarqua le sac et la veste de Momoi posés sur un canapé, et son ordinateur portable sur une table basse. Elle avait emmené de quoi travailler ici, puisqu'elle lui avait promit d'être là pour l'aider à s'intégrer les premiers jours.
"Est-ce que tu veux boire quelque chose ?", lui proposa-t-elle doucement.
"Je veux bien un verre d'eau", accepta-t-il en se rendant compte qu'il avait la bouche sèche. Elle lui servit et il la remercia avant d'en boire quelques gorgées.
"Excusez-moi pour l'attente", la voix d'Akashi s'éleva soudain après qu'il ait raccroché le téléphone. Il se leva de son large fauteuil et s'approcha d'un pas élégant.
"Ce n'est rien, tu travailles après tout !", assura joyeusement Momoi.
Akashi lui adressa un sourire doux avant de reprendre un air impassible en se retournant vers Kagami qui se raidit instinctivement, "Kagami."
"Akashi... –sama."
"J'espère que tu pourras te montrer à la hauteur de ce que Satsuki m'a dit de toi."
Taiga tourna vivement la tête vers la rose qui lui adressa un thumb up encourageant. Qu'est-ce qu'elle avait bien pu dire à son sujet ? Il hocha néanmoins la tête, "Je ferai en sortes de te- heum, de vous satisfaire."
Il allait falloir qu'il s'y habitue. D'habitude, il tutoyait Akashi et n'utilisait aucun suffixe honorifique derrière son nom, mais ici, dans la mesure où il travaillait pour lui, il allait devoir le faire.
"Satsuki t'apprendra tout ce que tu as besoin de savoir. J'attends que tu sois parfaitement autonome d'ici la fin de la semaine."
"Je ferai de mon mieux."
"Je ne me contenterai pas de ton mieux. Je veux le mieux.", expliqua Akashi de sa voix menaçante qui ferait frémir n'importe qui.
"T-très bien."
Ainsi Kagami passa le reste de la journée à se faire coacher par son amie et à apprendre les bases du secrétariat. Il finit par remarquer la bague de fiançailles à son doigt et il la félicita chaudement. Vers le milieu de l'après-midi, Momoi reçut un message d'Aomine : "J'ai accepté leur proposition. Le shooting est mercredi prochain."
J'espère que ce chapitre vous a plu, parce que je pense que ce sera le dernier avant un petit moment, bien malheureusement. Eh oui, le bac c'est dans cinq petites semaines et comment vous dire que j'ai à peine commencé à réviser (ha ! de qui je me moque moi? j'ai pas encore commencé à réviser du tout, et mon oral d'espagnol qui est dans moins de trois semaines je suis maaaaaal !)
Bref. Du coup, je sais pas. Si j'ai de bons retours sur ce chapitre, peut-être que je mettrai le chapitre 5 qui est déjà fini avant les épreuves. A voir.
Mais après, faut voir le bon coté des choses : quand j'en aurai fini avec le bac (ma dernière épreuve c'est l'anglais le 27 juin) j'aurai plus de temps pour écrire, ce qui veut dire des chapitres plus fréquents !
J'ai tellement d'inspiration pour cette fiction, ça me frustre trop de pas avoir le temps d'écrire ! ;-;
Encore un immense merci aux personnes qui favorisent, suivent et reviewent cette fiction ! Je suis tellement heureuse de voir que ça vous plait ! *-* Et un special thanks à Vyersdra grâce à qui j'ai pu retrouver l'auteur de la fanfiction dont je parlais dans la note du prologue, et que je désespérais de retrouver.
Dans le prochain chapitre : Aomine découvre le monde du mannequinat et fait quelques rencontres. Est-ce que cet univers le charmera ? Suspeeeense.
Voilà. N'hésitez pas à laisser vos avis !
A bientôt !
