CHAPITRE 5 - Smile for the camera
Daiki baissa la tête puis la releva plusieurs fois, faisant passer ses yeux bleus du carré de papier qu'il tenait entre ses doigts à la façade du bâtiment devant lequel il se trouvait. C'était un gratte-ciel haut d'une quinzaine d'étages dans Shibuya, dont la façade d'un blanc frais était trouée de fenêtres.
C'était la bonne adresse, et cet endroit puait l'argent et le paraître à des kilomètres. Daiki esquissa une moue ennuyée. Il n'aimait pas ce genre de lieu où l'apparence primait sur tout le reste, et à cet instant précis, il ne se souvenait plus vraiment pourquoi est-ce qu'il avait accepté de venir ici. Sans doute à cause de sa conversation avec Momoi quelques jours plus tôt. Elle avait toujours eu un très grand pouvoir de persuasion sur lui.
Il soupira. Maintenant qu'il avait accepté et qu'il était venu jusqu'ici, autant aller jusqu'au bout. Il se redressa fièrement et passa la porte automatique. A l'intérieur du vaste hall se trouvaient plusieurs personnes assises sur des canapés, patientant sûrement en tournant les pages de magazines de mode. Les murs étaient tapissés d'affiches de publicité pour de grandes marques de vêtements ou d'accessoires sur lesquelles posaient des mannequins, hommes ou femmes, dans des positions non naturelles et affichant des expressions faciales proches de celles d'une personne en état de mort cérébrale.
C'est ce qu'Aomine avait toujours trouvé ridicule dans le mannequinat. Pourquoi ces personnes devaient-elles toujours être comme ça sur les clichés ? Ou bien même lorsqu'elles défilaient. Il ne se souvenait pas avoir déjà vu de sourires sur leurs visages, de ce qu'il en avait vu sur les magazines de Momoi. Pourquoi ne montraient-ils pas un peu plus de joie de vivre ? C'était un mystère.
Alors qu'il pensait, une femme en tailleur de couturier s'approcha de lui. Elle avait un calepin dans les mains et une oreillette.
"Monsieur, est-ce que je peux vous aider ?", demanda-t-elle avec la politesse réglementaire, mais Daiki ne manqua pas de remarquer le regard un rien dédaigneux qu'elle lui lança. Sûrement faisait-il tache ici avec son jean, son t-shirt et sa veste en cuir délavé.
Il prit sur lui. "J'ai rendez-vous pour une shooting photo pour la marque Strength," expliqua-t-il.
La femme baissa les yeux sur son calepin, "Vous êtes Aomine Daiki-san ?"
Il hocha la tête et elle cocha quelque chose sur son calepin avec un critérium avant de lui désigner l'ascenseur et de lui indiquer l'étage auquel il devait se rendre.
"Je préviens Hikaru-san de votre arrivée," termina-t-elle d'un ton revêche en s'éloignant déjà.
Aomine lui envoya un dernier regard mauvais en l'injuriant intérieurement pour sa politesse discutable et il monta dans l'ascenseur en espérant qu'il n'aurait pas à faire qu'à des gens comme ça. Le cas échéant, il n'était pas sûr de pouvoir garder son calme très longtemps.
Les portes métalliques se rouvrirent au treizième étage sur un couloir bordé de portes. Il sortit de la cabine et leva la tête pour voir une plaque accrochée au mur à coté du bouton d'appel. Stength était inscrit en lettres noires. Alors chaque étage appartenait à une marque différente.
Il fit à nouveau face au couloir et s'y engagea sans trop savoir où aller. A coté de chaque porte était inscrit à quelle pièce elle correspondait, mais cela ne l'aidait pas vraiment. Devait-il se rendre dans la salle de repos, dans le vestiaire, ou bien directement dans la pièce shooting qui se trouvait au fond ?
Alors qu'il déambulait, une porte s'ouvrit soudain à la volée juste devant lui et il se la prit de plein fouet dans le visage avec une telle force qu'il tomba sur la moquette. Il porta instinctivement une main à son nez en plissant les yeux sous la douleur du choc, alors même qu'il comprenait à peine ce qui venait de se passer.
"Oh mon dieu !" entendit-il crier, "Je suis désolé !"
Il ouvrit les yeux alors que la personne qui l'avait assommé venait de s'accroupir devant lui, un air de vive inquiétude –et aussi de panique– sur le visage. Il gardait les mains en suspend, semblant vouloir le toucher mais hésiter, avoir peur de lui faire encore mal.
"Je suis vraiment terriblement désolé ! Je- je ne savais pas que vous étiez derrière la porte et- oh mon dieu mais vous saignez !"
En effet, Daiki sentait quelque chose de chaud couler sur sa main couvrant son nez et lorsqu'il la retira, il eut le loisir de la retrouver pleine de sang.
"Bordel," grogna-t-il en la plaquant de nouveau sur son visage pour éviter que le liquide rouge ne tache ses vêtements –en cause perdue, car quelques gouttes atterrirent tout de même sur son haut.
Finalement, son agresseur involontaire sortit un mouchoir en papier et lui tendit, "Tenez, pour arrêter le saignement –wah je suis tellement désolé ! Oh la la, il y en a sur votre t-shirt aussi ! Je suis désolé ! Je vous paierai le pressing pour vous dédommager. Désolé, désolé !"
Aomine fronça les sourcils et il prit le mouchoir. Est-ce que ce type allait finir par arrêter de se répandre en excuses ? C'était agaçant, et puis sa voix rendue aiguë par la panique était énervante. De toute façon, ce qui était fait était fait, ils ne pouvaient plus rien y changer, alors il était inutile de s'excuser autant de fois d'affilée.
"Venez, je vais vous emmener aux toilettes pour que vous puissiez vous nettoyer."
L'inconnu se redressa et il aida Daiki à en faire de même, malgré qu'il n'ait pas besoin de son assistance, et quelques pas plus tard, ils étaient dans les toilettes.
Aomine s'appuya sur le lavabo et il ouvrit le robinet. Il commença par rincer ses mains avant de s'occuper de son visage, en évitant soigneusement de trop toucher à son nez douloureux. Il n'avait pas l'air cassé au moins, c'était déjà ça. L'autre jeune homme attendait près de la porte, le fixant d'un air anxieux.
"C'est bon, je vais bien," grogna Daiki, agacé.
Cela fit tressaillir l'autre garçon dont les joues se colorèrent de rouge, "Désolé !" s'exclama-t-il en s'inclinant vivement.
Le basané soupira. Il tira quelques feuilles de sopalin du distributeur pour essuyer ses mains et son visage, puis il examina son t-shirt dans le miroir. Pas sûr qu'il arrive à faire partir ces taches de sang. Il demanderait peut-être à Kagami, il était plus doué que lui pour tout ce qui était ménager, que ce soit la lessive, le rangement ou la cuisine. Quoi que, ce type-là avait bien dit qu'il lui paierait le pressing ?
Enfin pour l'instant, ça la foutait un peu mal de se présenter avec un haut gris taché de rouge. Il ferma son blouson. Ça ferait l'affaire. Il se retourna ensuite vers le garçon qui lui avait envoyé la porte dans le nez.
"Je m'appelle Aomine Daiki, je suis là pour un shooting. Est-ce que tu pourrais me dire où est-ce que je dois aller ?" demanda-t-il. Puisqu'il était tombé sur quelqu'un, autant en profiter pour lui demander son chemin.
L'inconnu hocha la tête, "Oui ! Je vais vous conduire à Hikaru-san."
Parfait. Ils sortirent des toilettes et le garçon le conduisit jusqu'à la pièce qui indiquait shooting. Ils y entrèrent. L'endroit était plus petit que ce à quoi Aomine s'attendait. Il y avait contre le mur du fond une grande toile verte éclairée de tous les cotés par d'énormes projecteurs, une autre blanche à coté, et plusieurs accessoires traînaient tout autour. Il y avait des altères et des barres de traction, des battes de baseball et des ballons de différents sports, dont de basket. Le reste de la pièce était encombré de matériel. Il y avait entre autre d'autres projecteurs –probablement au cas où un lâcherait pendant un shooting–, une table avec un ordinateur, une autre avec un petit buffet, il y avait aussi des chaises hautes et une grosse sono.
Sept ou huit personnes se trouvaient déjà dans la pièce et discutaient en petits groupes de deux ou trois. Aucune ne se retourna en les entendant entrer, et il fallut que la personne qui l'avait accompagné jusqu'ici se manifeste pour que l'on daigne enfin les remarquer.
"Hikaru-san, Aomine-san est arrivé," dit-il en s'approchant à grandes enjambées d'un homme qui se tenait près de l'ordinateur.
Il leva les yeux de son café et tourna la tête vers Daiki qui s'approchait à son tour. Le basané n'arrivait pas à lui donner un âge. Il avait l'air jeune, mais avait quelques cheveux grisonnants, alors il ne l'était probablement pas tant que ça. Il avait bien vieillit en tout cas, car il n'avait pratiquement aucune ride et un teint frais. Il dessina un grand sourire à l'attention du basketteur.
"Parfait, nous n'attendions plus que vous Aomine-kun !" dit-il, "Vous n'avez pas eu trop de mal à trouver votre chemin j'espère ?"
"Il m'a guidé," répondit Daiki en désignant le garçon du menton.
"Sakurai-kun ?", demanda-t-il, et Aomine hocha la tête. Hikaru eut un rictus, "Très bien. L'important est que vous voyez arrivé à destination ! Et bien d'ailleurs, Sakurai-kun va vous conduire au maquillage. Le second mannequin y est déjà, vous pourrez le rencontrer."
Le second mannequin ? Aomine pensa qu'on ne lui avait pas dit qu'il y aurait un second mannequin. Enfin, pas qu'il avait demandé, ça ne lui avait pas vraiment traversé l'esprit. Il ne posa pas de question et suivit son guide jusqu'à une autre salle.
Il y avait cinq grands miroirs entourés de lumières accrochés au mur au dessus de tablettes sur lesquelles reposaient des cosmétiques. Une personne était déjà installée devant un miroir mais lui tournait le dos, faisant plutôt face à une jeune femme penchée sur lui, pinceau en main. Ce qui frappa le basané en premier fut le silence qui régnait dans la pièce. La radio tournait en fond sonore, mais pas un mot n'était prononcé par les deux personnes.
"Sakura-san, le second mannequin est arrivé," annonça Sakurai.
La jeune femme se redressa et détailla Daiki du regard. L'autre personne tourna également la tête pour le regarder. Au bout d'un moment, Sakura désigna un siège.
"Asseyez-vous là, je vais appeler Rika."
"Rika-san est une autre maquilleuse," glissa Sakurai, "Allez-y, tout va bien se passer."
Aomine fronça les sourcils. Pourquoi est-ce qu'il lui parlait comme ça ? Comme à un enfant apeuré. Il n'avait pas peur, et il n'avait pas besoin qu'on lui dise que tout se passerait bien. Ce n'était que du maquillage, ça n'allait pas le tuer ! Il grogna tout de même un remerciement et alla prendre place pendant que son guide repartait, et que la première maquilleuse changeait aussi de pièce.
La personne à coté de laquelle il s'était assit en profita pour prendre la parole.
"Bonjour," commença-t-il en étirant un large sourire.
Daiki tourna la tête vers lui, "Salut," dit-il presque froidement.
"Tu es Aomine Daiki-san, c'est ça ? " continua l'autre, "Hikaru-san m'a parlé de toi. C'est la première fois que tu poses, pas vrai ? Tu es stressé ?"
Oi, qu'est-ce qu'il avait ce type avec toutes ses questions ? Ils n'étaient pas à une quelconque sorte d'interrogatoire. Aomine aurait voulu l'ignorer, mais il se sentit obligé de répondre, compte tenu du fait qu'il était coincé dans la même pièce que lui et qu'il ne pouvait de ce fait pas fuir la conversation.
"Je ne vois pas pourquoi est-ce que je devrais être stressé. Ce n'est que quelques photos."
L'autre jeune homme gloussa, "C'est ce que tu penses pour l'instant, mais une fois qu'on se retrouve en face de l'objectif, c'est vraiment intimidant ! Mais tu t'en rendras compte tout à l'heure"
Il lui fit un clin d'œil et le basketteur eut un léger mouvement de recul instinctif. Qui était cet énergumène ? Et puis c'était quoi son objectif là ? Lui faire peur ? Et bien ça ne marcherait pas. Il n'était pas du genre à être facilement intimidé, et ce n'était certainement pas une pauvre séance photo qui allait l'effrayer.
"On verra bien," dit-il tout simplement en tournant la tête, espérant qu'ainsi, l'autre cesserait de parler.
"Je me souviens que la première fois que je me suis retrouvé devant un appareil dans une vraie salle de shooting, j'était vraiment mal-à-l'aise !"
Raté. Ce gars semblait vraiment décidé à bavarder. Cependant, Aomine s'en fichait pas mal de ses histoires, alors il ne l'écouta que d'une oreille distraite, tout en pensant à Kagami qui devait en baver avec Akashi. Sérieusement, il le plaignait. Travailler pour ce type –en temps que son secrétaire personnel qui plus est– ça ne devait pas être de tout repos. Il n'aurait pas voulu être à sa place. Pour l'instant, tout avait l'air de s'être relativement bien passé et avec l'aide de Satsuki, il avait rapidement acquis les bases du secrétariat, mais bon. Avec Akashi, tout était possible, et il pourrait très bien en faire voire de toutes les couleurs à Taiga.
La maquilleuse réapparut accompagnée d'une autre jeune femme et la pipelette assise à coté de lui se tut enfin. La maquilleuse répondant au nom de Rika le maquilla avec soin, et lui fallut serrer les dents lorsqu'elle appuyait un peu trop sur son nez encore douloureux en appliquant le fond de teint.
Quelques vingt minutes plus tard, ils étaient tous les deux prêts, maquillés et coiffés. Ils passèrent à l'habillage. Chacun avait cinq tenues rangées dans des housses de protection numérotées. Ils enfilèrent la numéro un, un ensemble short/t-shirt/baskets confortable, et vraisemblablement destiné à la musculation. L'ensemble de Daiki était dans les teintes de bleu et gris, et celui de l'autre mannequin était de plusieurs nuances de noir et de bleu ciel.
C'était maintenant que les choses sérieuses allaient commencer. Aomine sentit une boule se former au fond de son ventre quand il entra à nouveau dans la pièce de shooting et qu'on lui demanda de se placer devant le fond vert tout en lui donnant des informations diverses. L'autre mannequin s'installa sur une chaise haute en attendant.
Finalement, le basané commençait à comprendre ce qu'il avait voulu dire au maquillage, car la vue de l'objectif du gros appareil professionnel devant lui lui donnait comme le vertige. On lui disait de prendre la pose, puis d'avoir l'air naturel. Mais il ne pouvait pas faire les deux en même temps ! On lui disait de se décrisper, mais il n'arrivait pas à desserrer les dents ou à garder les épaules lâches. C'était terrible, et il fut prit d'une irrépressible envie de fuir.
Il voyait du coin des yeux Hikaru-san discuter à voix basse avec le type derrière l'ordinateur sur lequel arrivaient les clichés du photographe, et tous les deux semblaient contrariés. Finalement, Hikaru demanda au photographe d'arrêter et il demanda à Aomine d'aller s'asseoir. Ça avait été une catastrophe, mais le basketteur se trouva bien heureux de ne plus être sous le feu des projecteurs.
"Kise, à ton tour"
Le mannequin sauta de sa chaise et prit place devant le fond vert. Daiki regardait, et il n'en croyait pas ses yeux. Lui avait une telle aisance, une telle classe. Il passait d'un sourire victorieux à une mine sérieuse et concentrée en un battement de cil, il prenait la pose avec une telle facilité que cela semblait être une seconde nature qui lui était vraiment totalement naturelle. Il avait l'air d'avoir fait ça toute sa vie, ou bien d'avoir ça dans le sang. La lumière jouait dans ses cheveux et faisaient briller ses yeux dorés. Il était parfait. Éblouissant. C'était un vrai mannequin.
Au bout d'un moment, il quitta lui aussi le fond vert pour revenir à sa place. Il attrapa la bouteille d'eau posée sur sa chaise et en bu presque la moitié. Il avait l'air fatigué, et Daiki pensa qu'il ne savait pas que prendre des photos était une activité épuisante.
"Alors ? C'est pas si facile que ça, hein !" chantonna-t-il, et Aomine se demanda s'il disait ça pour se moquer de lui ou non.
"J'avais jamais fait ça avant !", dit-il pour se défendre.
L'autre rit, "Il faut un début à tout. Ne t'inquiète pas, ça va venir."
"Vous repassez en loge, on va faire la 4 tout de suite," leur indiqua Hikaru.
"Ok"
Ils retournèrent dans la pièce où ils s'étaient changés et passèrent la quatrième tenue. En la sortant de sa housse, Aomine ne put retenir un sourire. C'était des vêtements de basket. Bordeaux, avec des liserai blancs et le logo de la marque en noir imprimée dans le dos.
"Tu es basketteur, c'est bien ça ?" demanda le mannequin –Kise, c'est bien ça ? – en lui souriant
"Ouais."
"Tu aimes ça ?"
Qu'est-ce que c'était que cette question stupide ? Bien sûr qu'il aimait le basket, il ne serait pas basketteur professionnel sinon ! Non mais ce type était totalement idiot, ça ne pouvait pas être possible autrement.
"Peut-être que tu seras plus à l'aise en faisant quelque chose que tu aimes. Et n'oublie pas de respirer," lui conseilla le blond avant de quitter le vestiaire.
Dès qu'Aomine se plaça devant le fond vert, on lui envoya un ballon et on lui demanda de jouer. Il se demanda comment est-ce qu'il était censé jouer avec si peu d'espace, car même si on avait installé un panier, il n'avait même pas la place de s'éloigner suffisamment pour tenter ne serait-ce qu'un trois points. Mais de toute façon, les trois points n'étaient pas sa spécialité et il préférait de loin dunker.
Il inspira profondément avant d'expirer longuement. Il ferma les yeux un instant pour oublier qu'une personne en face de lui était prête à le mitrailler de photos. Il s'imagina au milieu d'un stade bondé, avec son équipe. Il était sur le parquet, dans son uniforme, haletant et en sueur. Il avait la balle, il devait marquer.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il était concentré sur une seule chose : la victoire. Il commença par dribler habilement, faisant passer la balle entre ses jambes, derrière son dos, il effectua une rotation comme s'il évitait un adversaire, et puis, malgré le peu d'élan qu'il avait pu prendre, il sauta pour rentrer le ballon dans le panier en s'y accrochant une seconde avant de se laisser retomber sur le sol. Un dunk parfait.
Il s'arrêta un instant et souffla. Il entendit Hikaru et le photographe lui demander de continuer comme ça. Il tourna la tête et croisa le regard de Kise. Le mannequin le regardait avec de grands yeux brillants d'admiration. Il semblait ébahi par ce qu'il venait de voir, et Daiki se sentit presque gêné par ces yeux dorés qui ne le quittaient plus. Le blond étira un sourire et Aomine pu lire sur ses lèvres un « bravo ».
Il lui rendit son sourire, mais c'était un sourire satisfait et fier. Dans tes dents Kise ! Tu pensais que j'aurais peur ? Mais Aomine Daiki n'a peur de rien.
Il ramassa le ballon qui avait roulé et continua. Il le fit tourner sur son doigt, dribla encore, marqua quelques autres paniers avant qu'Hikaru ne lui dise d'arrêter. Il retourna à sa place et s'empressa de prendre sa bouteille. Ça avait été presque aussi fatiguant qu'un vrai entrainement.
Kise prit sa place. Lui portait une tenue blanche et vert d'eau. Il prit le ballon et Daiki se demanda ce qu'il allait faire. Est-ce qu'il savait seulement jouer au basket ? Sa mâchoire se décrocha presque quand il le vit commencer à dribler avec une aisance déconcertante, faire passer la balle entre ses jambes, derrière son dos, puis dunker avec précision. Waouh. Il avait l'impression de se voir jouer. Alors ce gars savait jouer au basket finalement ?
"Ok, tous les deux maintenant !" finit par ordonna Hikaru.
Daiki rejoignit Kise devant le fond vert et le blond lui lança un sourire joueur.
"Ne sois pas trop dur avec moi, je ne suis qu'un débutant"
Le basané fit claquer sa langue contre son palet et un fronça un sourcil, "T'es tout sauf un débutant de ce que je viens de voir."
Le blond ne répliqua pas, se contentant d'un regard mystérieux. Pour leur shooting double, ils se firent quelques passes avant de passer aux bloques et divers vols de balle. Kise se défendait vraiment bien, et Aomine avait du mal à croire qu'il n'avait pas une carrière de basketteur derrière lui. Pourtant, le nom de Kise ne lui disait vraiment rien. Mais il pourrait toujours se renseigner sur internet à l'occasion.
Après les phots en situation de jeu, le photographe les avait photographiés prenant la pose. Daiki avait été un peu moins à l'aise avec ça, mais apparemment, il s'en était tout de même sorti. Presque une heure et demie plus tard, Hikaru leur annonça qu'ils avaient fini. Après le basket, Aomine avait été joueur de base-ball, volleyeur et coureur. Le volley avait été une catastrophe, et il s'était juré que jamais il ne ferait de volley.
Kise et lui purent remettre leurs vêtements avant de rejoindre Hikaru. L'homme les félicita calmement tous les deux pour leur coopération et leur raconta que les photos prises aujourd'hui apparaitraient dans le prochain numéro d'une revue de sport dont Daiki ne retint pas le nom. Il parla aussi d'affiches publicitaires.
"Eh bien Kise-kun, je ne vous retiens pas plus longtemps, vous pouvez y aller," finit-il par dire à l'attention du blond.
Ce dernier le remercia et le salua avant de partir sans même un regard à Daiki qui se sentit un peu vexé qu'il ne lui dise même pas au revoir. Tout de même, ça aurait été la moindre des politesses. Il n'eut cependant pas le temps de s'en formaliser plus longtemps.
"Alors, Aomine-san, comment avez-vous trouvé votre première approche du monde du mannequinat ?" demanda Hikaru avec un enthousiasme qui sonnait faux.
Que répondre à ça ? Honnêtement, il n'avait pas énormément aimé. Il n'avait pas l'aisance requise et puis il n'était pas fan de se faire prendre en photo. Et puis, il n'y avait pas photo, il n'aimait pas ce genre d'endroit. Les grands sourires d'Hikaru qui lui apparaissaient empreints de toute l'hypocrisie du monde, le silence presque gênant pendant le maquillage, toute la lumière qui irradiait sur le paraître, tout ça le rendait malade. Au milieu de tout ce faux, la seule chose qui lui avait semblée vraie, c'était le sourire de Kise.
"C'était enrichissant", mentit-il par courtoisie.
"Vraiment ? Vous m'en voyez ravi ! Nous vous sommes très reconnaissants d'avoir participé à ce shooting. Qu'un sportif de votre rang pose pour notre marque a de grandes chances de booster nos vente de façon non négligeable !"
C'était exactement ce dont il voulait parler. Tout était tellement superficiel dans le monde du mannequinat, et tout ce qui importait aux marques, c'était le profit. Il avait envie de lever son majeur à Hikaru et de partir sans un au revoir, mais à la place, il étira un sourire faux.
"C'est très bien pour vous."
"J'espère que nous aurons l'occasion de travailler à nouveau ensemble Aomine-san!"
"Moi de même, Hikaru-san"
"Dai-chan ! Alors, ce shooting ? Est-ce que tu vas devenir un grand mannequin ?" demanda la voix joyeuse de Momoi aussitôt après qu'elle ait répondu au téléphone.
"Jamais de la vie," Daiki répliqua en grimaçant, "C'était horrible."
"Vraiment ? A ce point ? Tu es sûr de ne pas dramatiser un peu ?"
Le basketteur réfléchit. Est-ce qu'il dramatisait ? Eh bien... au moins, il avait pu rencontrer une personne plutôt intéressante. Il regrettait un peu de ne pas avoir pu lui parler avant son départ. Il avait été impressionné par ses qualités de basketteur et pensa qu'il aimerait le revoir et joueur un véritable one-on-one contre lui.
Il sourit en mettant ses lunettes de soleil, "Oui, vraiment. C'était une horreur."
Voilà, j'espère que ça vous a plu ! Désolée pour l'attente, le chapitre est plutôt court malheureusement... mais j'espère que vous l'avez aimé quand même !
Je ne sais pas quand sortira le prochain chapitre. Je suis en pleine crise existentielle d'auteure actuellement, haha.. C'est à dire que j'ai perdu toute ma confiance en moi et que je trouve tout ce que j'écris profondément mauvais, ennuyeux, pauvre, lourd, etc. Je compte sur les vacances pour peut-être me regonfler, mais je ne sais pas si ça sera efficace. C'est très frustrant, mais j'ai peur que si je me force trop en trouvant ce que j'écris mauvais, je me retrouve à être totalement dégoûtée et à abandonner. C'est déjà arrivé, et j'ai pas envie que ça se reproduise. Alors je sais pas, je vais peut-être faire une pause..
Bref ! Un immense merci aux reviewers, c'est grâce à vous que je ne sombre pas totalement dans la haine de mes écrits. Merci aussi aux personnes qui favorisent, qui suivent cette fic, et même juste aux lecteurs qui ne laissent pas de trace de leur passage. C'est en pensant à vous tous que je me dis que je DOIS retrouver le courage d'écrire.
Dans le prochain chapitre : Kagami et Aomine subissent les 'taquineries' de ceux avec qui ils travaillent, et probablement d'autres trucs mais je chapitre est pas fini alors surprise !
A bientôt !
