And there it is ! Le nouveau chapitre de ce récit est là, et il fait mal ! Le petit retard est dû à ma lenteur combinée avec les vacances, désolé pour ce temps de latence et bonne lecture ! :)
Note : la première vidéo vient de l'anime Ajime Kindaichi Shonen no machintruc... il n'y a que des vidéos japonaises ou chinois donc ne vous en fait pas, oui, c'est bien ça qu'il faut écouter... malheureusement ce n'est pas si connu que ça.
WRECKING DOLL
CHAPITRE 9
Narcose
Ecouter: (金田一少年の事件簿) Kindaichi TV OST 05
Il y a des nuits aux confins des mondes de l'obscurité, des absurdités qui s'enchaînent, qui sans cesse se perdent dans le désespoir titubant, des abysses aux quatre coins des mers comme si les têtes météorites ne pouvaient plus refaire surface, leurs éclats de verre de chair se disloquant en trombes de souffre – elle en faisait partie.
Tout d'abord, Juvia s'arma de son calme.
Le regard fixé dans le regard, le pouls dans le creuset de son corps, au ralenti.
Ensuite, elle prit soin d'effacer toute anxiété, toute trace latente de méfiance ou de crainte sur son visage.
Reflet.
Elle toucha le bout de son menton devant la glace. Pour la première fois, elle se regardait dans son propre reflet de cette façon.
C'était bien elle ?
Seulement une silhouette à la chevelure bouclée.
Enfin, elle passa un moment à remettre en ordre sa robe qu'elle avait froissée il y a peu. Cet homme lui faisait horreur. Tant horreur qu'elle tiraillait sans arrêt les replis de sa tenue alors qu'il la fixait. Elle avait senti depuis le dîner à quel point elle pouvait paraître sur la défensive, il fallait éviter cela à présent. C'était le jeu du paraître. G… lui avait expliqué comment les humains du dehors pouvaient se montrer retors, combien il fallait s'en méfier, tout en se montrant sous son plus beau jour pour leur faire la meilleure impression. Paraître. Non pas comme ce miroir reflète, se laisser appeler à la falsification.
« Après tout Juvia… Tu es un paraître. »
G… soupirait quand il disait ce genre de choses. Il soupirait d'autant plus que Juvia se convainquait de sa présence d'esprit, de son acuité. Juvia avait toute sa confiance en lui et personne d'autre ne l'aurait puisqu'il en était ainsi. Du moins… tant que son Gray ne serait pas près d'elle.
Un peu plus tard Juvia s'était réfugiée dans les bras d'un inconnu. Il prétendait être l'homme qu'elle recherchait. Coup de chance pour lui donc, puisqu'il ressemblait comme deux gouttes de lune à cette photographie qu'elle gardait en mémoire.
Mais apparemment, Juvia était bien trop naïve pour ce monde. Le choc de son arrivée sur la terre était responsable de bien des mystères. Voilà où la négligence la menait. Sur le voile d'un voyage au combien malfaisant.
Tandis que les minutes passaient douloureusement dans sa chambre, Juvia tentait de se faire prête pour un rendez-vous qu'elle regrettait déjà d'avoir pris. Tandis que les secondes coulaient sur ses yeux, son corps se faisait plus amidonné, plus parfait, plus faux et elle devait tout recommencer de peur d'être démasquée.
« Juvia… devient paranoïaque… » Se dit-elle en remettant en place ses cheveux.
Elle décida d'arrêter toute gesticulation. Fuir était inutile maintenant. Sans son accord, les portes du château Vermeil ne s'ouvriraient plus. Le pont-levis resterait levé tant que la demande du seigneur ne serait pas satisfaite. Alors voilà, elle parachevait ses préparations, peinait à s'avouer vaincue devant son image, se regardant avec de moins en moins d'intérêt.
C'était une imitation de femme.
Elle ragea encore et se détourna du miroir. Devant elle le lit, et à côté une petite table où étaient disposées quelques affaires généreusement offertes. Sur le dessus, il y avait aussi le couteau.
Le même qu'elle avait pris dans la salle à manger plus tôt. Le même qu'elle avait pensé utiliser au-cas-où la situation tournerait mal. Se défendre. Les humains sont agressifs parfois. Et dans sa perdition de la veille elle s'était retrouvée face à cette vérité. À peine sortie dans les rues du village, que la nuit resserrait son étreinte sur son cœur.
Elle le prit entre ses doigts. Elle tremblait. Elle tremblait beaucoup trop mais à cet instant elle n'y fit même pas attention. Elle dirait qu'il fait froid. Maintenant… il était plus que temps.
Le couteau fut placé dans son corset, bien serré sous sa poitrine, barrant son corps de l'argent salvateur.
Exit la chambre. Elle ferma la porte et marcha dans le couloir pour rejoindre les escaliers vers les étages du seigneur. Les appartements de monsieur étaient un peu plus loin que la salle où elle était restée coincée plus tôt. Zeleph avait pris soin pour cette nuit de la faire accompagner par Sker. Il l'attendait dans le corridor principal, là où des portes en bois massives menaient aux différentes ailes du château. Le serviteur, un peu lointain au premier abord, fut heureux de retrouver la jeune femme et lui tendit une main, avant de rapidement la retirer :
« L'maître vous attend toujours… Venez, par ici. »
Sker laissa Juvia devant la porte, il fit une rapide révérence et s'évanouit aussitôt dans les épaisses ténèbres.
Un regard vers lui, vers cet être qui disparaissait et la fille de l'eau se tourna vers la porte. Il y avait des grandes inscriptions runiques bleutées tout autour de l'encadrement. D'elles semblaient émaner des puissances ancestrales fraîches de la sorcellerie. La réactualisation de toute une aire de vie devant elle. Ces glyphes étaient bien là pour quelque chose, au-delà de tout effet décoratif… ou alors…
Juvia se reconnecta sur son objectif sur la raison qui maintenant, ce soir, l'amenait devant la tanière de cet homme.
Elle frappa à la porte, sûre d'elle à présent.
« Oui, entre.
»
La pièce était terriblement sombre. Juvia ne vit pas tout de suite l'homme prostré dans son lit, le dos appuyé contre le mur du fond. C'était une vraie chambre, avec un petit bureau certes sur le côté, mais une chambre en parfait état avec aucune fenêtre donnant sur l'extérieur. Juvia y fit un pas.
« Ferme la porte… »
Juvia prit un instant pour opérer, plissant ses yeux légèrement.
« Maintenant ferme à clef. » Il fit une pause, voyant que Juvia s'était pétrifiée. « Je veux que tu fermes à clef. Que ça soit toi qui le fasse. »
Alors que le piège semblait se refermer sur elle, Juvia finit par déglutir et se soumettre à la volonté de son hôte, elle chercha la serrure. Il y avait une petite clef.
Et la clef fit deux tours.
« Bien… » Il y eut un soupire. « Maintenant je t'en prie, approche-toi un peu de moi. Et donne-moi cette clef. »
Juvia tendit la main en avant.
« Non, mets-toi à terre et dépose-là sur le sol. »
« Si cela peut vous faire plaisir. »
Elle obtempéra.
« Bien… Tu es plus docile que beaucoup de filles que j'ai rencontrées ici Juvia. Tu n'as pas idée à quel point être docile peut nous être utile dans la vie… »
« Peu importe, dites à Juvia ce qu'elle voulait savoir. »
Zeleph fit un mouvement de la main et une petite lumière nauséabonde éclaira alors le lit. Une lumière jaunâtre phosphorescente qui donnait au faciès de cet homme allongé des traits acérés.
« Allons… tu sais très bien pourquoi tu es venue Juvia… » Il sourit tout en s'asseyant sur le lit, en tailleurs. « Tu es là pour une seule raison… Moi. »
Il se gratta une jambe, très lentement avant de continuer :
« Si cet homme t'intéresse tant que ça, tu ne devrais pas être ici. Je t'ai laissé le choix Juvia… et tu as pris la décision qui te convenait, je ne t'ai pas forcée. Mais maintenant te voilà, il est inutile de dire que tu seras à mes côté à présent. Je crois que tu l'as bien compris. »
« Vous aviez dit à Juvia que vous la laisseriez partir si elle venait juste ce soir. »
« Certes… Tu seras libre, libre comme la mer. » Il rit. « Mais tu sais à quel point la mer est attachée à sa côte, à son château, à son cimetière. En venant ici ce soir tu es là pour me montrer à quel point du tiens à ton chevalier servant. Et moi… je dois prouver toute l'importance que tu as pour moi. »
Il la regarda avec une force dans son regard, une force qui dépassait toute description.
« Je suis pour toi maintenant le seul et unique objet de ton désir et de tes envies. Toi, en réponse, en réponse à moi, tu es l'objet que je vais chérir. Imagine-toi châtelaine ici, entourée par les pilastres et les astres… tu n'as pas de raisons d'espérer autre chose. »
Juvia tendit les poings :
« Je vous ai répété mille fois que ce n'était pas vous mais Gray que je voulais ! »
« Silence ! » Gray gémit, comme foudroyé. « Silence idiote ! Vas-tu me dire enfin qui est ce type et ce que tu peux bien lui trouver !? »
« C'est ce que je vous demande depuis que je vous ai rencontré !? » Juvia avait le cœur serré par ses exclamations. Elle répondait aux cris de Zeleph, tout aussi désespéré qu'elle. « C'est tout ce que je demande ! »
« Mais qu'à-t-il de plus que moi !? Hein ? C'est ça que j'aimerais savoir ! On ne peut pas faire une telle trahison à un homme qui vous a sauvé la vie… Ton Gray n'est pas venu te secourir quand tu trainais dans la boue des ruelles. Il ne t'a pas offert ce que j'ai commencé à te donner, tu ne l'as même jamais vu ! »
« Il vaut certainement mieux que vous pourtant. »
Zeleph se dressa sur le lit.
« Comment peux-tu seulement savoir… ? Est-ce que tu penses qu'il peut t'aimer ? »
Juvia se tut. Ce mot faisait écho en elle, d'une façon inattendue.
« Aimer… Oui, c'est cela que tu cherches, pas vrai ? »
Juvia ouvrit la bouche, répétant le mot dans sa tête.
« Tu es ici pour aimer… »
« Juvia est venue en paix… elle est venue aimer. »
« Qui t'as raconté ces histoires ? »
Juvia se tut de nouveau.
« Tu es une fille bien étrange. » Zeleph se leva enfin et vint lui toucher l'épaule. « Moi je peux t'aimer. Tu veux que je te montre ? »
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Le regard plein de froideur du seigneur se frayait un chemin vers les prunelles bleutées de Juvia. Il ne lâchait plus. De son côté, elle tentait de le fuir sans y parvenir tout à fait, acceptant sans rien dire qu'il se pose près d'elle, simplement, s'accolant à son épaule. Dans son silence, le sourire qu'il affichait avait un impact certain sur la volonté de la captive, il était l'arme du pouvoir charnel. Et cette arme opérait à merveille.
« Je suis Gray… Si tu ne peux le trouver, je le serai. Je prendrai sa place et tu aurais alors tout le contentement du monde. »
« Vous n'êtes pas lui. »
« Pourtant tu m'as prise pour lui, et j'ai failli croire que j'étais devenu aussi cette personne un instant, une journée. Ma proposition est honnête. Si je lui ressemble peut-être que tu pourras t'en persuader assez pour ne plus faire de distinction dans l'avenir. »
« Vous êtes manipulateur et égocentrique. Quand je suis arrivée ici, vous avez en quelque sorte profité de ma faiblesse. Et j'imagine que cette technique a marché pour beaucoup de femmes avant moi. Et tout le monde le sait, c'est ça le pire, non ? » Juvia avait gagné une énergie défensive qui la surprenait elle-même. « Combien de personnes avez-vous piégées ainsi… ? Hum ? »
Zeleph eut un mouvement de recul et un sourire très prononcé.
« Magnifique. »
Il la gifla.
« Je te dirai tout ce que je sais sur Gray si tu me laisses t'aimer au moins cette nuit. C'est pour ça que je t'ai fait venir ici. » Il tendit la clef à Juvia. « Sinon tu peux toujours repartir maintenant… mais ça serait dommage de s'arrêter en si bon chemin. Toi qui es soudain redevenue intelligente. »
Juvia ne mit pas de main sur sa joue endolorie. Elle ne fit plus un geste pendant quelques temps.
« Maintenant allonge-toi sur le lit comme j'étais tout à l'heure. »
C'était un murmure, accompagné d'une tendre caresse contre sa joue rougie.
Elle fit quelques pas, tremblante.
Elle tremblait de tout son être, même si elle tentait bien de le cacher encor une fois.
« Tu es ma petite prisonnière… maintenant tu vas être à moi. »
Il s'étala sur elle, mit une main sur son front et sourit de nouveau :
« Tu es laide… »
Elle ne dit rien.
« Tu es terriblement laide ma pauvre Juvia… Il va me falloir arranger tout cela pour te rendre ta beauté. »
Il serra les doigts de ses mains. Il éleva un poing en hauteur. Et le fit retomber sur la face de sa protégée.
Le choc fit une atroce résonance dans le crâne de Juvia, elle sentit tous ses os répondre à l'agression en hurlant.
« Non… »
« Si Juvia, tu étais bien plus désirable quand tu étais seule sur les pavés, toute sale et pleine d'eau… Comme j'aurais aimé te voir plus tôt très chère. » Il la frappa de nouveau, sur la bouche à présent. « Tu n'es pas venue en ce monde pour aimer Juvia… tu es née pour être aimée… » Il frappa encore. « Et cela n'a rien à voir. »
Les coups continuèrent de culbuter contre sa tête, Juvia fermait les yeux, tentant de penser à autre chose, comme si elle revivait la scène qui l'avait amenée au château.
« Comme je t'ai haïe quand tu es sortie de ta chambre souriante en te pavanant dans les habits que je t'avais prêté ! Cette affreuse robe que tu portes ! Cette affreuse robe ! » Il déchira le haut du décolleté et dévoila le poitrail humide et reluisant de la fille de l'eau. « Cette robe qui appartenait à une fille angélique de la pire espèce ! Une garce immonde qui m'a sucé le sang et la moelle sans regret ! Elle est morte ! »
Il redoubla de puissance, ouvrant ses yeux dans ceux de Juvia comme deux planètes blanches vides de la terreur monstre.
« Elle est morte je l'ai coincée derrière le lit de cette fameuse chambre où tu t'es débattue ! Crevée contre le bois de son cercueil, étouffante et implorant la pitié. Tu vas la rejoindre si tu ne m'aimes pas comme il faut ! »
Il attrapa la chevelure ondoyante de Juvia et tira dessus de toutes ses forces. La jeune femme relâcha la pression sur sa poitrine et vomit un cri de souffrance atroce. Zeleph finit par déchirer une bonne poignée de fils à la grande toile putréfiée.
« J'ai la force des titans de royaumes enfouis et des Kraken lorsque j'aime quelqu'un Juvia ! Et toi aussi tu es puissante ! »
« Ahhhhhhhhhhhhhh ! »
Elle attrapa la tête de son hôte et tira elle aussi de toutes ses énergies sur les cheveux tombants de l'homme. Les hurlements se poursuivirent quelques secondes avant que Zeleph ne s'empare des mains de sa captive et ne les boucle contre le lit.
Puis il laissa sa langue perler contre sa joue, il descendit sur son cou, fit des allers-et-retours sur elle et lécha sa bouche.
« Je vais t'adorer Juvia… jamais tu ne connaîtras quelqu'un comme moi… »
Il sortit une lame étincelante de derrière son buste de seigneur noir et la présenta à Juvia, la bouche dégoulinante.
« Tu es… à moi dans quelques instants Juvia. Tu seras la plus heureuse et la plus merveilleuse des femmes de cette ville malade. Je vais te soigner de toutes tes plaies et t'envoyer aux cieux de tous les esprits. »
Juvia répondit par un cri de répulsion. Elle n'avait plus de mots pour qualifier l'être qu'elle avait devant elle.
Avec une force phénoménale, Zeleph s'empara de Juvia et la retourna sur le ventre, il contrôla ses deux mains avec l'une des siennes et les bloqua. De l'autre il vint titiller le dos de sa protégée avec la lame blanche de ce couteau effilé.
« Tu n'as pas idée de la joie que je vais t'apporter ma tendre… pas idée… Si seulement tu pouvais être moins intelligente, juste un peu moins… Mais quelque part, c'est magnifique. Je vais pouvoir tenir de vraies conversations avec toi, et par-delà même cette hypothèse, je vais pouvoir parler de choses indirectement, tout sera plus facile quelque part… »
Il déposa un baiser dans le cou de Juvia. Perdue dans les amas de cheveux qui se dévissaient d'eux-mêmes de sa masse crânienne.
« Je t'aime… » Souffla-t-il dans son oreille.
« Je t'aime… » Répétait-il.
Juvia ne put retenir sa rage et sa colère qui hurlaient dans son ventre et ses poumons, qui la faisaient pleurer contre l'oreiller du lit, et lui empêchaient de retrouver le souffle. Elle ne supportait plus ces attentions, ces caresses, ces mots chuchotés près d'elle, elle trouvait cela de plus en plus dégoûtant.
« Je sais que ce n'est pas la partie que les gens préfèrent… mais te voilà rassurée. Je suis là pour toi… alors tu vas devoir l'être aussi pour moi… »
La lame vint vers les reins de sa future. La bave dégoulinante de la bouche de Zeleph vint lubrifier cette zone que personne n'avait encore touchée. Juvia eut sursaut incontrôlé, en proie à des sensations qu'elle ne pensait pas connaître un jour.
« Tu es à moi. »
Et il inséra la pointe de la lame dans son dos, sous un jaillissement de détresse et de peine. La fille aux cheveux azur criait de nouveau, encore plus puissamment qu'auparavant. Cette intrusion dans son corps était une sorte de consécration pour le mal qui était maintenant juste sur elle, frottant ses membres chauds contre son corps, lui susurrant combien il l'aimait.
La lame continua de trancher dans la chair, et puis un rire terrifiant l'accompagna :
« Ahaha ! Ahahahaha ! Je le savais ! Je le savais ! Tu es la meilleure Juvia ! Tu es le monstre de ma vie ! »
Il vociféra tout en s'acharnant à déchirer plus de vêtements, redonnant toute la nudité de Juvia dans les extases de ses gestes démesurés :
« Tu es un monstre Juvia, tout juste celui qu'il me fallait ! Tu n'es pas faite pour vivre ! Tu es faite pour moi ! Je le sais ! Et tu es à moi, mon amour ! »
« Tu es à moi !
« À moi ! »
« Moi ! »
« Faite pour moi ! »
« À tous les temps vécus et à venir ! »
« Mon monstre ignoble magnifique ! »
« À moi ! »
Puis soudain il s'arrêta, tendant toute son attention vers le corps mutilé de la jeune fille.
Il fit une petite pression sur la plaie ouverte, sur le dos blanchâtre, rutilant. Il avala sa salive :
« Magnifique… »
Il répétait encore, contemplant la blessure, la touchant du bout des doigts. Juvia pouvait sentir dans sa colonne un liquide venir s'écouler sur ses flans et gagner les creux de lit, en gorger les tissus. Elle se vidait de son eau, de son fluide vital, la nausée lui vint et elle finit par perdre connaissance alors que Zeleph déchirait le reste de ses vêtements.
Ecouter : Detective conan soundtrack 68
Le drapeau est toujours levé dans le ciel.
Lueur corvée de couleuvre suspendue aux nuages.
Aux sangs firmament que tu as compté ton fiel s'y dissipe.
Te voilà reine des mers mère des rennes.
L'expérience funeste qui s'accroche aux couverts de la terre ferme et vient supplanter tout espoir en un gloussement de morbidité, c'est le sel de la mer, c'est l'affront des géants délétères.
Tu souffres meuglant les ordres du capitaine sous la couverture des étoiles tranchées du vif des cendres, ton corps en cendre se dépose sur un tas de fumier et l'on oublie pour les éther-ni-tés. Le fléau. Il gagne ton cœur morcelé et prend des proportions de cataclysme dans l'équipage.
« Tu étais la plus belle des petites filles sur ce navire Juvia… Je l'ai tout de suite su. »
« Mais… Pourquoi Juvia est si faible face aux Hommes ? »
« Juvia doit apprendre à accepter qu'elle ne peut pas tout faire sur terre. Maintenant qu'elle a une seconde chance, elle va devoir prouver à quel point elle est prête à bien faire. »
« Juvia fera bien… »
Inondation des cryptes.
Pendaisons des rescapés.
Lustrés jusqu'aux orteils les cadavres déchirés par des raies pastenagues.
Et que leur bile traverse les tombeaux comme le sang filtre par les compresses.
« Ahhhhhhh ! »
Juvia sentit son cœur se remettre en mouvement d'un coup bref, comme en réaction à un choc. Elle sentit alors un fluide venir en elle, la parcourir, quelques secondes seulement. C'était chaud, brûlant, c'était aussi vaseux qu'une marre et répugnant. Elle aurait pu en sentir toute la pestilence.
Juste au dessus de son oreille elle sentit Zeleph rire et soupiré avec contentement.
« Te voilà mienne pour toujours… Tu es maudites ma Juvia. Pour toute ta vie. » Et il s'était bien assuré d'appuyer sur ce dernier mot. Mot qui ne voulait peut-être rien dire pour lui. « Ta malédiction sera sans fin. »
Juvia n'avait plus de force, elle était simplement étendue sur le ventre, brisée et légèrement humide. Tiède de la mousson.
Elle aurait voulu se retourner et cracher des insultes, contredire cet homme mais elle ne pouvait plus se mouvoir, comme au premier réveil.
« Tu ne m'as pas déçu. »
Zeleph parlait tranquillement, caressant le corps échoué de sa douce femme.
Femme.
« Tu ne m'as pas du tout déçue. Alors maintenant qu'importe l'avenir si tu restes avec moi. Tu ne peux plus être à quelqu'un d'autre… » Zeleph fit un long soupire et on put l'entendre ricaner. « Je sais où est ton Gray… »
À ces mots Juvia ouvrit les yeux pour de bon, alerte malgré tout.
« Il se trouve en bordure du village, dans une maison un peu à l'écart où personne ne viendra le déranger. Gray… c'est un être faible. Une lavette que j'ai croisé une fois ou deux. Très discret. Je me demandais même comment il pouvait survivre ici, avec les esprits et les assassins dans le coin. Ini… est un endroit dangereux… alors pour un demi-homme. »
Juvia ne trouva rien à dire, elle accueillait les informations avec toute la générosité du monde c'était ce qu'elle avait entendu de plus beau prononcé par cette bouche putride.
« Gray… Et dire que certaines y semblent attachées. C'est vrai qu'il est plus grand que moi… Mais le bougre, si je le dénichais maintenant je te jure que je le raccourcirai d'un coup d'épée bien placé. » Il se leva du lit et s'approcha de la porte. « On ne plaisante pas avec moi. Le Vermeil c'est moi, personne d'autre. »
Soudain Juvia entendit le cliquetis.
Les clefs dirent deux tours dans la serrure.
Zeleph se jeta sur elle. Il la prit par la taille, froissant plusieurs de ses muscles par la même occasion et la jeta à l'entrée de sa chambre.
« Maintenant dégage… Sois présentable demain. Je veux une belle femme à mes côtés. »
Il ferma la porte et deux coups de clefs furent donnés dans la serrure.
Juvia, projetée contre le sol, se releva lentement, ne pouvant pas s'asseoir car la douleur la tenaillait, ne pouvait même pas s'allonger tellement les os du bassin la tiraillaient, elle partit de ce couloir de mort, longeant les murs à quatre patte comme un chat, parfois se redressant un peu sur ses jambes, avant de se fracasser contre un mur. Elle partit en ombre sur les pierres et rejoint finalement ses quartiers.
Titubante, fumante, elle inonda son lit de douleur.
Ce n'est qu'un rêve.
C'est un rêve.
Tout est un rêve…
Rêve…
Et ne pouvant plus se contenir, libéra des larmes qui la firent hurler. De ses yeux ne coulaient pas un liquide rouge sanguin. De ses yeux s'effilaient des toiles noires fétides qui dégageaient des odeurs de charogne. Des pluies de miel noir qui dévalaient ave lenteur ses pupilles pour se déverser sur elle. La couleur de la mort qui s'évadait d'elle.
La narcose
Tout simplement.
Narcose.
FIN DU NEUVIÈME CHAPITRE
Et voilà, j'attend de voir avec impatience quelles perles j'ai bien pu semé dans ce chapitre et vous dis à la prochaine. En attendant ce moment qui me semble bien lointain, je me penche sur les reviews ;) Merci à ma vacancière du moment - Namuria - qui lis avec assiduité et passion les quelques pages que je lui envoie de temps à autres.
Froshe : Bah... wow, merci j'adore aussi les petites reviews comme ça ! Surtout venant d'un joli animal comme toi X)
JikiaOlitaz : Peut-être qu'il a en effet un petit côté vampire, avec son manoir, son manteau noir et ses manières... qui sait ce qu'il va bien pouvoir faire de Juvia quand il en aura tous moyens. Tout est déjà prêt dans ma tête, je ne vais pas te donner le plaisir de savoir à l'avance, mais le shipping est à mon avis bien voué à l'échec comme tu l'as lu un peu plus haut :D par contre si tu considères qu'il n'est pas nécessaire d'être consentant... pourquoi pas ^^ c'est horrible mais bon...
c'est Wrecking Doll !
(yeah!)
