Les études, l'écriture à côté, le début d'une petite vie professionnelle, tout ça... font que les chapitres suivent moins, mais Wrecking Doll est une histoire qui me hante et me fascine toujours autant, et j'y suis soumis. Ce n'est donc pas demain la veille que je voudrais arrêter, bien au contraire ! Voilà donc le chapitre dix, certainement le plus long à ce jour pour cette fanfiction. Bonne lecture !
WRECKING DOLL
CHAPITRE 10
Nébuleuse
Ses yeux ne s'ouvraient plus.
Et ses narines restaient closes également.
Sa bouche, aplatie sur les grains diluviens, s'était tue à jamais.
Combien de temps, combien de plaies, combien de sang versé pendant cette perdition ?
Écouter : Charles Ives - The Unanswered Question
Les vagues rejetaient leurs sœurs dans un roulis hypnotique, c'était une jetée, une jetée mêlée qui emmêlait les corps marins au firmament d'une attente. Combien de perles déjouées par les mouvements, combien de clapotis perdus sous les arceaux des cascades mousseuses ? Une attente irrémédiable due aux affects des torrents. Une tempête était passée par là, elle avait dû détruire quelques parcelles de pré-salé dans les environs si bien que des épis et des herbes nageaient dans une informe mélasse autrefois cultivée et attendue la terre et ses rejetons fielleux et la mer et son rejet se faisait ainsi entité. L'attente encore, lorsque les vagues les poussaient vers les plages rocheuses et que les vignes s'accrochaient aux vases pour s'y accommoder avec l'estran. L'attente de voir les nuages s'accorder à la terrifiante noirceur de la mer toute entière, lorsqu'enfin ils résoudraient l'illogique anachronisme coloré du ciel, de la terre. L'attente…
L'attente de voir bouger un membre, une palme ou un œil de cette carcasse échouée sur les slicks, et de la voir vivre de nouveau, s'animer.
Juvia regardait depuis un temps indéfini cette étoile tombée du ciel, cette chose – a-t-elle un nom sur terre ? – qui semblait appartenir à un monde qu'elle ne connaissait pas, à un monde doué de formes vivantes si difformes et incongrues pour nous ici sur terre que nous ne pourrions nous résoudre à les accepter. Qu'est-ce que c'était ?
Juvia, attirée par l'étrange couleur que l'épave déposait sur les sombres roches tournait en rond depuis sa balustrade, elle tournait et se retournait d'un point à l'autre, s'accrochait à la rambarde, filait d'un point de vue à un autre, tentait de comprendre d'où cette augure avait pu venir mais aucune idée cohérente ne faisait surface. Tout finissait dans un brouillard migraineux et Juvia tentait de calmer son esprit. La question restait impossible à résoudre si l'on ne prenait compte que des éléments visibles ici, là maintenant. C'était simplement fou, et plus elle y réfléchissait, plus elle recommençait son cycle interrogatoire, plus la douleur au crâne était vive. Elle lança un dernier regard à l'animal humain, l'échouée bête humaine et finit par s'asseoir, puis s'allonger sur les pierres du balcon.
Elle se mit dans la même position que cette effrayante énigme, tenta de reprendre son allure, sa silhouette brisée, sa mollesse, sa froideur infinie. Elle reprit les mêmes intentions sans vraiment le vouloir et attendit.
Le ciel sombrait lentement dans une douce étreinte nocturne, peu à peu, l'air devint plus glacial, plus spectral et plus mystérieux que jamais. Au loin là-bas, il y avait un soleil. Un soleil pâle ou ce qui semblait être un soleil derrière des nuages très épais. Elle en était si loin. Ce paysage était un mirage. De sa tourelle infernale, Juvia observait son propre paysage, ses alentours, tout aussi ternes et bleutés que cette nuit. Le château ne semblait plus alimenté par les rayons de l'astre, il ne semblait plus atteint par quoi que se soit. Elle s'en rendait compte à présent, qu'il y avait la lumière là-bas… qu'une opalescence l'avait quittée et qu'elle ne pouvait plus que rêver de sa place. Le soleil était disparu de son monde. Et bientôt, l'éclat aveugle de l'astre, cette aventurine floutée derrière les tumulus et les collines lointaines disparues et laissa le monde de Juvia, ce monde qu'elle était forcée d'habiter dans un tropisme lunaire infini. L'augure échouée disparue dans un souvenir d'effluves et de fumées et…
Elle tourna la tête.
À l'ouest il y avait des ténèbres immenses, tordantes fondrières envahissant maison par maison de colombages le tendre village niché sur cette lande. Juvia ressentit une étrange douleur, et en même temps, une certaine excitation à sortir dehors, là, parmi les ombres, à ployer sous les nuages, à nager dans l'air froid et humide. Juvia voulait vivre, ressentir de nouveaux la prise du gel, l'accroc de la pluie, les frissons de minuit dans sa chair. Elle reluquait avec envie cette demeure ancienne aux allures d'église, perdue dans la jungle touffue de pins, en haut de cette colline au loin. Elle pouvait tracer un chemin qui l'y mènerait sans encombre d'ici quelques heures.
Et personne n'était sur sa route. Étrangement… Juvia commença à se diriger hors de l'étage de Zeleph, elle parvint à l'escalier sans encombre, descendit jusqu'au vestibule et observa un instant comment cette réunion de corridors lui offraient au final si peu de possibilités. Elle n'avait pas exploré tout ce château qu'il le sentait déjà vidé de la moindre substance, de la plus petite dose de nouveauté.
Et plus que jamais, elle se sentit là, maintenant, hors du monde. Hors du temps et hors de son désir.
Étrangère.
Juvia regarda sa robe.
Et pourtant tu es bien habillée Juvia…
Elle vacilla dans les couloirs, se frottant aux murs resserrés, mystérieux et impérieux ces agencements glacés de dédales n'en finissaient pas de se modifier et de se colorer dans la hâte de sa marche elle en perdait l'équilibre plusieurs fois et manquait de tomber tête première sur les tapis rouges qui ornaient les sols alors même que ses pieds dérapaient de temps à autres, ou ne se heurtaient à des vases et autres babioles qu'elle rencontrait sur son passage – combien de temps encore dans cette fumeuse boîte qui m'a cimentée vivante ? – elle passait sans arrêt toutes ces pièces qu'elle avait traversées à ses débuts, retournant dans les premiers vestibules, plus vivants, plus retors, plus frais et plus seyants, les cascades d'eau sur les côtés et les affriolements de drapés descendants des murs pour y mourir en silence, elle les connaissait si bien ces dorures et ces argenteries, dans ses souvenirs il y avait tout cela empaqueté dans des pensées qui se remettaient à peine à fonctionner.
Elle s'arrêta.
La porte, fermée.
Dûment et simplement fermée. La porte du pont-levis retournée à sa position de clôture. Et la mémoire lui revint, mortifère.
Et devant la porte, une ombre, sifflante.
« M… Mavis…? »
La petite dame était accroupie, le visage caché dans une tâche de noirceur opaque. Juvia s'approcha lentement d'elle et posa sa main sur l'une des épaules flageolantes de la jeune femme :
« Mavis… ? » Elle redoubla d'attention pour elle. « Que faites-vous ici ? »
« Ju… Juvia… La maître… Je suis navrée. »
Les poings de la naufragée se serrèrent :
« Quoi, pourquoi ? »
« Ze… Zeleph t'as fais du mal, je le sais… » Mavis essuya des choses de son visage, gluantes et sombre. « Je n'ai pas pu… »
« Mavis ! »
Juvia posa ses doigts sur la tête affreusement glacée de la vieille dame et essuya à son tour ce qui ressemblait à du sang. Les yeux de Mavis brillaient dans l'obscurité, deux rayons verts perdus dans un vide astral.
« Je suis désolée Juvia… désolée qu'il t'ait fait subir tout ça ! » Mavis prit la jeune fille dans ses bras et l'enserra aussi fort qu'elle le pouvait.
« Mais… Mavis. Ce n'est pas grave. »
« Je ne veux pas… te voir souffrir. Il est pire que… les autres. » Mavis se redressa contre le mur du couloir et tourna sa tête pour ne pas que Juvia puisse voir son visage affolé de larmes. « Je ne veux pas qu'il fasse de toi sa nouvelle… proie. »
« Juvia savait ce qu'elle faisait. »
« Tu ne sais pas ce que tu dis, ma pauvre enfant… »
« Juvia sait très bien… elle va persuader le maître de nous libérer. Tu comprends ? Je vais gagner sa confiance et nous libérer. »
« Juvia… » La servante relâcha l'éreinte et essuya son front souillé. Son corps, sa chevelure et sa face était recouvert d'une substance charbonneuse qui se délitait lorsqu'elle la triturait avec ses ongles.
« Mavis, qu'est-ce qu'il vous est arrivé ? Vous êtes dans un état… »
Juvia examinait avec une sincère attention la robe de service déchirée et pouilleuse de sa protectrice, mais alors qu'elle passait une main dans le dos de Mavis, cette dernière fut prise d'un violent rejet et ses yeux s'injectèrent de sang.
L'autre femme ne répondit rien et repoussa alors Juvia d'une main crispée :
« Laisse-moi… Je… Pars, toute seule. Je dois m'occuper du château… » Et elle s'extirpa de Juvia avec toute son énergie, longeant les murs huileux du corridor vers l'obscurité. « Laisse-moi… »
Juvia, regardant partir la dame en haillon, leva une main en l'air, comme pour tenter de l'arrêter, mais en vain. Elle resta là un certain moment, ne sachant se décider quant à…
« Ah… Ma chère Juvia… qu'est-ce que tu viens faire ici ? Je pensais ne pas te revoir avant longtemps… » Zeleph, très content, se leva de la table et essuya sa bouche avec une petite serviette. « Qu'est-ce que tu attend ? »
« Je vous trouve enfin… » Juvia parcourut la salle et se jeta dans les bras de Zeleph qui accueilli cette marque d'affection avec joie. « Je vous ai cherché partout. » Juvia commençait à pleurer un peu, elle pressait son corps suant et haletant contre son sauveur, son maître, son amour. « Je vous aime tant, comment pourrais-je vous quitter ? »
Elle s'immobilisa tout contre lui, bercé par les battements de son cœur et sa respiration qui effilait quelque peu ses mèches.
« J'aimerais rester avec vous tout le temps… »
Zeleph, souriant grandement, se mit à caresser avec la plus grande délicatesse les boucles bleutées de sa rescapée et fredonna quelques notes de musique.
Juvia reconnut l'air qu'elle lui avait joué la veille et se pétrifia.
Écouter : LA NUIT - Marc Antoine Charpentier
Son regard, dans l'ombre de son hôte, fut percé par les éclats de la haine. Elle ne pouvait supporter de se trouver là, contre cet homme qui l'avait traitée avec tant de violence, elle ne pouvait supporter l'idée de se voir ainsi, guidée au pas de sa voix, sa voix grave et langoureuse, parfaitement hermétique, sa voix enchanteresse et profonde qui l'accompagnerait dans un méandre d'abjections. Et il fallait pourtant bien tenir et Juvia teint, resserrant encore l'étreinte, rêvant du moment où elle se débarrasserait de ce monstre infâme qui l'avait emprisonnée elle et Myste, peut-être même Sker qu'en savait-elle. Elle pleurait pour l'effarement sur le visage de la servante, pour les allures évasées du serviteur, pour toutes les anciennes conquêtes retenues autrefois ici entre les mêmes murs et les mêmes ressentiments.
« Juvia vous aime pour la vie. »
« C'est bien… Je suis si heureux d'avoir pu fait venir en toi l'amour. Ô Juvia, si heureux ! Si heureux je suis ! » Il finit par s'exclamer avec bonheur.
Zeleph se détacha avec précaution de sa recluse et posa un regard approbateur sur elle :
« Juvia… ma tendre, j'aurais bien un service à te demander.»
Juvia tressaillit. C'était une occasion en or. Elle ne pouvait espérer autres moments pour se rapprocher de la confiance aveugle d'un maître des lieux :
« Tout ce que vous voulez… »
« Après le déjeuner Juvia, tu iras faire une petite course au village. » Il frotta une de ses joues avec un petit mouchoir de soie qu'il sortit de la poche de son long manteau noir. « Sker viendra avec toi, Myste… est occupée ce matin. Je ne peux pas me déplacer tout seul mais toi, je sais que tu connais la rue des magasins… c'est près de là où je t'ai trouvée, n'est-ce pas ? »
« Sans…. Sans doute. » Juvia avala sa salive, tentant de rendre aussi bien que possible son sentiment d'admiration pour le bourreau qu'elle avait devant elle.
« Dans ce cas, mon amour… allons déjeuner au plus vite. »
Pendant le repas, Juvia avait le ventre lourd et n'osait pas regarder les plats encore chauds et fumants qui continuaient d'atterrir sur la table, Mavis, toujours plus secrète et impénétrable les apportait les uns après les autres et Zeleph ne faisait qu'approuver chaque nouvel hors-d'œuvre.
« Tu n'as plus faim déjà ? »
« Non… plus faim. Juvia doit partir pour acheter vos fournitures. » Elle se leva précipitamment. « Juvia s'en va. »
Zeleph imita la rapidité de sa captive, avec une certaine inquiétude dans le regard :
« Allons, ce n'est pas si pressé… Tu peux encore passer un peu de temps avec moi dans mon bureau si tu veux. »
À la simple évocation de cette pièce où tout espoir avait été disloqué dans son esprit, la fille de l'eau s'écarta de la table, ne pouvant retenir sa peur. Elle effleura des doigts les mèches de ses cheveux et les tirailla, pour apaiser une émotion vive. Une douleur puissante refit surface dans le bas de son dos, comme si cela ne suffisait pas, la peine s'ajoutait à ses pulsions de rejets. Elle s'essuya la bouche d'un revers de manche :
« Non… Juvia s'y rend maintenant. Elle sera rentrée plus tôt pour vous retrouver, l'esprit apaisé. »
Elle tendit son visage souriant à Zeleph.
Ce dernier s'approcha, tout en jouant de son charme à chaque pas. Il n'était plus dans la posture du protecteur ou du bourreau qui croyait perdre sa proie, il était dans celle de l'invétéré séducteur qui se savait déjà vainqueur. Et vainqueur il devait l'être puisque Juvia lui envoyait dans les yeux des kyrielles de petites perles bleues qui faisaient briller son regard.
Juvia sentit une masse chaude et pesante atterrir sur ses épaules :
« Prends mon manteau pour partir, aujourd'hui il fait bien froid dehors et la dernière chose que je voudrais, c'est que tu tombes malade mon amour. »
Il serra la jeune femme contre lui.
« Tu iras à la boutique de babioles de Joris, il est sur la rue principale du village. Il vend des bagues que j'aimerais ajouter à ma collection. Il me faut la bague d'améthyste. Tu as compris ? Il me l'a faut absolument et elle complétera mes acquisitions. J'ai ce penchant pour les belles choses comme tu le sais toi-même…»
Juvia acquiesça dans le cou de son chevalier. Elle comprenait très bien.
« Dans mon manteau il y a de quoi payer. Joris me connaît, parle pour moi, sois ma seconde et reviens avec la pierre pendant que je règle les affaires du village. Reviens vite ou je m'inquiéterais. Sker partira avec toi. »
Il la serra d'avantage.
Elle se dégagea le plus vite qu'elle put en prétextant une envie pressante de le servir, de libérer sa conscience du devoir qu'elle avait envers lui, elle en profita pour lui rappeler toute sa gratitude pour lui, Gray, qui avait réussi à la sauver des bandits, à la sauver de la rue et de la nuit orageuse, des toitures diluviennes, des pernicieux bandits de passage et des folles qui rodent là…
Mais elle était partie pour de bon.
Au détour du sentier menant au bourg, Juvia, suivie avec la plus grande des attentions par Sker, tentait de reconnaître le chemin qu'elle empruntait, les pierres sur les côtés, les arbres décharnés et les touffes moisies qui poussaient ça et là comme des incongruités de parcours et les comptait, les examinait avec parcimonie. Rien n'était oublié, elle voulait se souvenir, maintenir un souvenir imprécis où les données se mêaient dans une douce et rassurante danse d'émotions. L'étreinte de Z, la présence rassurante de Mavis tout près, les clameurs de l'eau qui ruisselle non loin, le feu niché dans l'âtre…
Elle jeta un coup d'œil vers le colosse déchu qui marchait à son rythme, n'osant pas baisser les yeux vers elle.
« Sker… »
Et l'instant d'après, il la regarda, l'œil enfoncé dans sa chair crânienne et la bouche légèrement ouverte, pour laisser passer un air étrangement froid sortir et entrer puis ressortir tel un fantôme perdu dans les limbes glaciales. Il la regarda ainsi un moment sans qu'aucun ne dise mot.
« Sker… Juvia pense que tu devrais partir du château… avec elle, et Mavis. » Ses cheveux furent balayés par un soudain vent des esprits soufflant des versants à l'est. Elle recouvrit sa poitrine avec le manteau de Z. « Ne reste pas ici avec lui, je sais comment il vous traite tous les deux. »
Sker continuait son observation, hébété. Il était devant une onde miroitante de cheveux bleus, des couleurs de la mer douce et pure qu'il n'avait jamais vues, des couleurs nées d'autres eaux que de celles qui s'agriffent aux roches de la plage, aux arpenteurs des contrées fossiles dont on peut entendre des histoires aux tavernes du coin – il dirait qu'il a croisé un mythe à ses pieds, une femme venue d'un autre monde, une femme issue d'un autre sein et pourtant elle paraissait bien parler sa langue et agir sur lui comme peu d'autres femmes l'avaient fait. Mais il restait dans cet état passif et ne faisait rien que se mouvoir de sa masse gangrenée par sa masse musculaire, bridant tout élan possible :
« Sker veut rester avec le maître… »
Juvia lança de nouveau un regard, cette fois-ci, plus accusateur, plus dur que son précédent, un regard qu'elle adressa à Sker sans aucun ménagement et qui fit encore une fois son effet. Sker baissa les yeux, perdu sans doute.
« Tu ne peux pas te laisser faire, Z vous a asservi depuis combien de temps, Juvia ne le sait pas. Mais elle arrive maintenant et constate ce dont il est capable et elle partirait sur le champ si vous n'étiez pas aussi sous son emprise… »
« De quoi tu parles… ? » Répondit piteusement le garde du corps. « De quoi tu parles ? » Il répétait en marmonnant ses mots. « Sker comprend pas… »
Juvia, prise d'une envie de gagner de la distance et d'avoir un peu d'air se mit à courir très vite en avant, mais elle fut tout aussi rapidement stoppée dans sa lancée par la main grosse et graisseuse de Sker, qui semblait-il… l'avait rattrapée en quelques enjambées.
« M'dame reste à côté… L'maître veut pas la perdre. »
La tenaille de paume se faisait plus forte et plus prégnante sur Juvia, elle finit par cesser tout mouvement, avant d'enfin être libérée.
« M'dame doit bien se comporter… »
Se retournant vers Sker, Juvia se jeta conte lui et tenta de contenir ses émotions, entre fureur et désespoir. Elle était devant une épave, tout comme elle, cette figure ballottée par la moindre feuille se posant sur son nez lui rappelait au combien trop ses propres moments trous noirs cérébraux et ses soumissions soudaines qui l'avaient conduits à aimer. À se laisser faire, à tout donner, tant que Z était tout près de ses flans. Cette ombre d'homme boursouflé par on ne savait quel maléfice, éthéré depuis sa propre pensée, éthéré par ses discours vaporeux, elle se souvenait avoir rêvé de tout ceci dans son propre cheminement intérieur et d'être arrivée à un point de non-retour où elle était perdue par une folie.
Et la folie la voilà, en face d'elle…
Juvia enserra Sker et ils restèrent ainsi plusieurs instants.
« Ah… mais je vous reconnais, vous étiez déjà venue me voir très chère. Il n'y a pas si longtemps. »
Juvia entra dans la boutique, ne sachant trop où elle se trouvait, inspectant le décor étrangement familier d'une boutique bizarre où tout semblait mal placé.
« Bonjour… Juvia… Juvia cherche quelque chose. »
« Allons-bon, vous n'avez toujours pas trouvé votre Gray ? »
Juvia eut un rictus d'effroi en entendant ce nom :
« Qui vous a parlé de Gray ? »
« Mais…, vous bien sûr ! » L'homme semblait devenir pâle, de plus en plus pâle à mesure que Juvia tentait de percer l'étrangeté de la situation. « Vous ne vous souvenez pas de moi ? »
« Non ! Je devrais ? »
« Nom de diou', vous êtes bien pourtant passée hier à ma boutique pour sûr ! Je me souviens vous avoir parlé du château Vermeil. »
« Justement ! Ju… Juvia cherche une bague… un anneau pour quelqu'un du château. »
« Ah… » Le brocanteur eut un sourire marqué. « J'aime bien messire Zeleph, il sait prendre soin du village. Il a tant fait pour moi, pour que j'existe. Je lui dois beaucoup vous savez… Alors vous faites ces courses à présent ? Que cherche-t-il ? »
Juvia essaya de tout faire sauf de penser au monstre qui attendait son retour, à tout sauf à lui, mais c'était difficile avec pareil simplet en face d'elle :
« Une bague d'améthyste… C'est celle-là qu'il veut. » Dit Juvia froidement.
Joris leva un doigt en l'air :
« Mais oui, il lorgnait dessus depuis un moment. J'en connais une qui sera comblée ce soir… » Il partit dans la réserve en fredonnant un air. « Joris revient tout de suite ! »
Juvia soupira le plus profondément qu'elle pouvait alors que le boutiquier était parti, elle lava toute la rancœur qu'elle avait en elle et se retint de déguerpir plusieurs fois, mais, sentant l'ombre de Sker à la porte qui l'attendait, elle se retint. Que faisait-elle ? Cet anneau ridicule, cette course encore plus idiote ? Était-ce un piège ? Ou était-ce une preuve de confiance que Z lui accordait ? Ou bien…
« Je l'avais mise spécialement de côté pour lui… tenez regardez ! »
Joris approcha avec la bague ente ses doigts, elle brillait d'un pourpre violent, mystérieux, très volumineuse bague agencée en deux parties inégales, comme deux grands rectangles se recoupant l'un et l'autre, encadrés par un film d'or éclatant.
« Tenez voir… » L'homme s'empara de la main de Juvia et commença à passer la bague à son index gauche. « Allons… »
Mais il n'eut pas le temps d'en faire plus, un bruit métallique déchira la quiétude des lieux et Sker fit irruption dans la pièce pour retirer l'anneau des doigts de Juvia et le prendre fermement entre ses mains :
« Touchez pas ! »
Il brandit ensuite son poing au dessus de la tête minuscule du Joris apeuré, prostré contre une armoire :
« Pardonnez-moi… oui, oui. » Il tremblait à s'en rompre les vertèbres, complètement soumis au géant de chair. « Je la laisse. »
Juvia, à la fois surprise et très détachée de la scène, retint très vite le changement d'expression sur le visage de Sker : il s'était produit une sorte de réaction vive qui déformait ses yeux et ses joues, et le rendait bien plus féroce, bien plus terrifiant aussi.
« Arrête Sker… il n'a rien fait. »
À l'appel de son nom, le garde abaissa son poing et se retira aussitôt, entraînant Juvia avec lui.
« Merci monsieur… et combien Juvia vous paye-t-elle ? »
« Oh… laissez… il le fera… Zeleph… »
Mais la porte de l'entée venait juste de se refermer, et les murmures timides du Joris ne traversèrent point cet ultime obstacle, ils se désintégrèrent dans le silence d'une bouche qui parle au néant.
Sur le chemin du retour, Sker se déplaçait bien plus près de Juvia qu'il ne l'était auparavant, quitte à la frôler le long de son bras de chair rosé, il ne paraissait pas plus attentif aux choses de la nature tout autour d'eux, mais dès qu'il entendait un oiseau au loin… chanter ne serait-ce qu'une petite plainte, qu'un étriqué signal d'alarme, il était alors absorbé tout entier dans la contemplation. Alors qu'ils arpentaient les petites herbes pour rejoindre la plage et reprendre le trajet en sens inverse, Juvia arrêta de marcher, tout d'abord intriguée par une forme vague se détachant dans la brume des hauteurs, elle attrapa la main de son protecteur, les yeux vissés vers le nouvel objet qu'elle percevait au loin :
« Sker… Juvia souhaite faire un détour… Allons plutôt par là. »
« Mais… » Sker se retourna, secoué par la soudaineté de la jeune femme. « L'maître va s'impatienter sinon ! J'dois faire attention à la dame… Pas qu'il lui arrive rien ! »
« Suis-moi, ne fais pas d'histoire… » Juvia tentait d'entraîner la grosse masse veineuse dans son envie irrépressible de changer de cap. « Le maître… Zeleph m'y a autorisé, il veut que j'aille là-bas… »
Sker était très troublé par les propos de la fille et se grattait le menton :
« Mais… Eh ! Et il m'a rien dis moi ! »
« Nous en avons convenu avant de partir, j'ai le droit de voir le bâtiment là-bas… Et comme c'est sur la route… on pourra s'y arrêter ! » Juvia fit un large sourire, et marcha vers son but d'un pas décidé, en accentuant tout le bonheur que ce changement de programme lui insufflait. « J'en aie marre du sable ! J'ai envie de changer d'air un peu ! Pas toi ? » Elle se retourna vers lui et le toisa affectueusement. « Je sais que tu aimes la montagne… pas vrai ? »
Elle se laissait porter corps perdu à un jeu d'imagination et d'improvisation qui semblait aller vers une bonne résolution : Sker déchantait clairement :
« Si l'maître est d'accord… pourquoi pas. » Il ajouta en grattant une légère croûte de sel sur sa joue. « Mais Sker aime pas la montagne… »
Le simple fait que Sker pouvait peut-être éprouver une émotion, un goût, était tellement rempli d'espoir que Juvia sourit pleinement :
« Peu importe, suis-moi ! »
Et ni une ni deux, elle était partie vers la colline droit devant, vers les monts éthérés d'un intermède, vers le verdoyant festin des fougères et des pins qui grignotait le morne herbier putride des alentours. Au fil des pas sur les sentiers qui montaient, montaient, montaient, elle pouvait apercevoir à l'ouest la silhouette du château se diluer dans l'immense mer céleste, et plus loin encore un étrange pays qu'elle ne verrait sans doute jamais et dont elle enviait l'apparent calme. En tournant sa tête, à l'est, au pôle opposé de son univers qui gagnait en envergure, elle distinguait le village petit comme un îlot caché, cerné, enterré dans une carrière humide qui déchargeait ses cours d'eau pour en nourrir le cœur en longs filins argentés. L'air se refroidissait, se faisait rareté, et le bâtiment en hauteur se précisa : un temple, un reliquaire aux nuages qui semblait être un paradis de solitude et de sérénité.
Arrivée aux portes de la petite chapelle verdie de lierre, le vivifiant parfum de la montagne emplit ses poumons et elle inspira plaisamment. Les images de ce couloir cerné par les fontaines d'eau dans le manoir de Gray remontaient à sa mémoire.
Gray…
Non… ce n'est pas Gray… justement non. Juvia se secouait la tête, impuissante. Ce n'est pas lui pour sûr puisqu'il s'agit de Zeleph, et que cet homme est en train de la torturer depuis plusieurs jours.
« On rentre maintenant ? » Lança Sker.
Et il ne fait pas que la torturer elle, apparemment.
« Juvia veut juste regarder à l'intérieur… puis elle et Sker iront au château ! »
Sans s'en rendre compte, Juvia continuait ad-nauséam de parler d'elle comme de Sker sur un même plan qui n'appartenait à rien d'autre qu'au vide.
Mais elle entra. Elle entra et Sker n'osa pas faire de même.
« J'attends là… » Dit-il soudain apeuré, aplati, penaud.
Écouter : Fable soundtrack - Guild
Une vaste chapelle plongée dans le calme et la pénombre. En entrant ici, on ne pouvait que se sentir impressionné, non pas écrasé, mais bien impressionné et hébété devant le spectacle aphone de ces piliers géants remontant en cascade vers les arcs boutants. Un hymne tracé à la réunion des fondations, tout en haut vers les cadastres gravés et leurs consœurs planètes lévitantes. Quelques bougies sur les côtés, vibrantes lueurs sur un maigre doigt de cire dressé, un passage éclairé menant aux confins d'un royaume muet. Vitraux desquamés, statues éventrées, vases ébréchés et têtes de divinités multiples tombées roulées sur la pierre yeux mutilées. La lueur d'une bougie que l'on tient à la main, la rapprocher, cette même bougie, de sa main et s'en faire une arme pour trancher la Ténèbre.
C'est comme si la nuit était soudain tombé sur ce monde, comme celle qui hante toujours les abords du château. Et là-bas, au fond du temple, une silhouette tacite. Une personne était là. Et les pas de Juvia ne l'a troublaient aucunement. Même, elle semblait imperturbable. La fille de l'eau s'approcha, et finit par reconnaître les vêtements si particuliers que cette silhouette arborait.
Cette cape noir… ce corps qui la hantait depuis sa nuit au village. La fille dont elle avait vue le dos à la taverne, dénué, et ces marques étranges qui l'avaient hanté. Cette nuit au cauchemar prégnant dont elle ne pouvait se défaire maintenant. Le souvenir terrible de la nuit revenait.
Et cette silhouette en train de se mouvoir, Juvia espérant voir un visage amical rêve déjà d'une gueule déformée, horrible, ou de celle de Zeleph affichant un sourire perfide, ou celle d'une créature vipérine – la créature aperçue plus tôt ce matin à la plage, ou encore le visage, un instant avant la mort, la terreur lisible mais… mais…
C'était le visage d'une femme, assez jeune, prit dans un châle noir. Une femme au regard vert. Ses petits yeux étirés étaient, comme trempés dans la jungle humide d'un pays éloigné respiraient un exotisme inédit. Vert vivant. Une femme à la peau d'une couleur chaude inouïe, bien plus métissée que celle de Juvia, la bouche s'ouvrant déjà pour l'accueillir.
« Bonsoir… »
Juvia fit quelques pas en avant et, ne sachant que faire devant cette dame en cet instant si étrange, elle s'inclina, machinalement.
« Vous... Vous êtes connue de Juvia. »
« Sans doute, je vous reconnais moi aussi. Je n'ai vu de tels cheveux qu'une seule fois dans ma vie. C'était vous, il y a deux jours… à l'auberge, n'est-ce pas ? Nous avons partagé la même chambre.» La femme enleva son châle pour laisser reposer une tendre masse noire sur ses épaules. « Que faites-vous en pareil temps ici, au temple ? »
La fille de l'eau se rappela de quelques images, des bribes de moments qu'elle avait accordé à observer la fille dans sa cape noire, le visage masquée, se dévêtir et l'irruption, l'irruption du dos argenté qui luisait à la lune de cette nuit étrange.
« Juvia… est… a été attirée par votre lieu. »
« Et vous avez fait du chemin il semblerait…, faites une pause ici, je vous en prie. C'est moi qui suis en charge de cet endroit. » Elle se retourna et s'empara d'un livre qui se trouvait près de l'autel. « Vous n'avez pas l'air d'être de la région. Que faites-vous ici ? Et où dormez-vous à présent puisque vous avez quitté l'auberge ? »
« Ju… Juvia dort près d'ici. Au château Vermeil. »
« Au manoir vous voulez dire… ? » Le ton de la femme était soudain calme, très lent. « Le manoir Vermeil… et notre seigneur, Z… qui est un fervent protecteur de la région. »
« Vous le connaissez ? » La jeune fille était sur le bord du gouffre, ses jambes flageolantes se retenaient de s'effondrer sur elles-mêmes. Encore quelques secondes et elle finirait par hurler, hurler sans ce temple étouffant de sérénité. Elle n'en pouvait plus. Elle continuait seulement à poser les questions, une à une, tenant de se contenir. « Comment vous appelez-vous ? »
« Je suis Minerva, la chef de la patrouille au village, et la prêtresse du temple. Et seigneur Z a toujours veillé sur nous, fournissant hommes, argent et matériel à nos groupes d'exploration. Alors oui, bien sûr je le connais plutôt bien, même si j'évite de venir près de son manoir. »
« P… Pourquoi ? » Juvia tremblait, sentant l'incertitude gagner le discours de Minerva. « Pourquoi donc ? »
« Parce que c'est un homme de pouvoir, et qu'il arrive que… Z, le seigneur Z m'effraie quelque peu avec ses pratiques un peu obscures. Je n'ai jamais trop vagabondé près de son îlot, et je ressens la même gêne, la même angoisse quand je m'en approche. Mais vous qui y vivez, vous devez peut-être ne pas ressentir cette… atmosphère si particulière autour du manoir ? » Elle s'arrêta pensive. « On raconte au village que le simple fait de s'en approcher change le soleil en lune, la nuit en jour, et que tout devient plus sombre. J'ai voulu vérifié ce qu'ils disaient et… des nuages sont apparus au dessus de ma tête quand j'y suis allé, à chaque fois, les mêmes nuages assombrissant les alentours. Rien d'effrayant comme beaucoup l'ont dis, mais définitivement curieux. Peut-être est-ce un vent du nord qui apporte de si mauvais augures… qui sait ? »
« Peut-être… » Dit simplement Juvia.
« La ville a besoin de lui, c'est un homme de confiance. Surtout depuis l'arrivée d'esprits frappeurs, nous avons moult problèmes au village. »
« D'esprits ? »
« Oui, de plusieurs sortes. J'ai engagé des bénisseurs et des exorcistes ici, à Ini… pour nous en débarrasser, mais il semblerait que nos efforts soient tout juste bons à les éloigner quelques peu. Rien de plus. »
L'inquiétude gagnait peu à peu la bouche de la prêtresse, et Juvia lisait parfaitement cette peur, cette incompréhension dans son regard.
« Des gens ont disparu ? »
« En effet, plusieurs femmes et un homme, au cours des trois dernières années. Nous avons ratissé la région plusieurs mois sans succès, sans l'ombre d'une trace. Le mystère reste entier malgré nos recherches. Les esprits qui arpentent la ville de nuit sont également plus inquiétant que jamais. Nous en soupçonnons certain d'avoir fait disparaître ces personnes. Si seulement nous pouvions communiquer avec eux… Je ne vois pas d'autres explications. »
« Que sont les esprits ? » Juvia s'approcha de la prêtresse, très intriguée.
« Mh… » Un petit sourire regagna les joues de Minerva. « Disons qu'ils sont la partie spirituelle de tout un chacun. Et parfois, ils font surface après de tragiques événements, ou des accidents brutaux, inexpliqués. Les âmes sont à la recherche de réponses, et elles harcèlent souvent les vivants pour leur tirer ce qu'elles veulent. »
« Il n'y a pas moyen de les aider ? »
« Si bien sûr, je ne serai pas prêtresse pour rien sinon… Mon travail est d'apaiser les âmes égarées qui foulent les pierres du temple. C'est un lieux de paix et de culte qui attire les bons esprits et calme les autres. »
« Juvia… croît en avoir vu, des esprits… »
« Oui, c'est fort possible. Ils apparaissent sous maintes formes. Et lorsqu'ils sont terriblement enragés, certains peuvent prendre forme humaine, leur forme passée. Il semblerait que plusieurs âmes égarées se soient attaqué au village ces derniers temps. Et la patrouille et là pour les chasser. »
Juvia tomba soudainement à genoux devant Minerva :
« Aidez… aidez-nous… par pitié. »
Le visage de la prêtresse perdit toute quiétude, elle ouvrit grand ses yeux, ne parvenant pas à caler la soudaine terreur de Juvia :
« Doucement, que voulez-vous dire ? Calmez-vous enfin ! »
« Aidez-nous… Z… cet homme est fou ! Fou, il va nous tuer… il en a déjà tué plusieurs… »
« Qu'est-ce que vous racontez ? Juiva, reprenez-vous ! » Elle tenta de la relever de toute ses forces, mais la pauvre enfant restait ancré au sol, lourde, si lourde. Elle finit par laisser tomber et releva seulement le visage éploré de Juvia. « écoutez-moi… écoutez. C'est mon devoir de venir en aide aux personnes dans le besoin. Dites-moi… dites-moi ce que vous avez vu. Dites-moi toi et je vous aiderais. »
« C'est Z… le seigneur Z. Il nous enferme, nous maltraite, Juvia, et ses serviteurs, et aussi les autres femmes. »
Peu à peu, Minerva semblait perdre toute accroche avec le calme des lieux, ses mots étaient hasardeux :
« M… mais Juvia. » Sa main écarta quelques mèches de cheveux bleutées sur les épaules de la fille et elle découvrit des marques noires et rouges, des taillades fines qui semblaient descendre dans son dos. « Qui vous a fait cela ? »
Elle s'accroupit avec l'étrangère et la prit dans ses bras.
« Z… »
« Si ce que vous dîtes est vrai, alors peut-être que… certaines disparitions de femmes dans les environs pourraient s'expliquer. Mais je ne peux pas le croire, pas en l'état, pas cet homme ! Alors qu'il fait tant pour la ville, je ne le comprendrais pas. »
Les deux femmes se regardèrent, ne sachant que dire. Insupportable, tel était le mot si tout cela était juste. La vérité serait insupportable pour Minverva...
« Écoutez Juvia… je viendrai vous voir le plus vite possible, je vous le promets. Vous devez faire front à cet homme s'il agit réellement comme vous le dites. Vous ne devez pas vous laisser faire surtout ! »
Un grondement retentit à l'entrée du temple :
« Nous d'vons partir M'dame… L'seigneur va s'impatienter ! »
« Oui… » Juvia se retourna brusquement et, prit de panique, commença à tituber vers Sker. Elle lança un dernier regard à Minerva. « À bientôt… » Dit-elle dans la plus grande incertitude qui soit.
La gardienne du temple croisa les bras en esquissant un petit sourire, observant la curieuse fille s'extirper de son entre :
« Je viendrai Juvia… je te le promets. »
FIN DU DIXIÈME CHAPITRE
Un immense merci à ma fidèle béta-lectrice qui note les erreurs et les trucs bizarres comme personne, Namuria, tu me motives toujours autant pour continuer, et publier est plus facile avec toi.
En vous souhaitant une bonne aventure sur le site et en espérant écrire la suite d'ici peu...
A plus tout le monde ;) !
