7. Une chose qu'elle savait déjà.
Quand Chizuru vit le docteur Matsumoto, elle le salua d'un signe de tête alors qu'Inoue et Shimada partaient. Le médecin lui rendit son salut de la même manière. La jeune fille fut alors surprise de voir que sa femme le suivait. Cette dernière s'appelait Keiko et avait toujours considéré la jeune fille comme sa propre petite fille. En effet, le couple n'avait jamais eu d'enfant. Chizuru était donc un peu comme une fille de substitution. Sans en abuser, quand cette dernière vivait encore à Edo, elle faisait attention à passer du temps avec le couple sachant l'importance qu'elle avait à leurs yeux.
«Chizuru-chan, je suis contente de te voir réveillée. J'ai été si inquiète quand j'ai appris que tu avais été blessée. Déclara la nouvelle venue en s'asseyant au chevet de la blessée.
_Je ne voulais pas vous inquiéter, Keiko-san.
_Voyons, pas de telles familiarités avec moi. Appelle moi, grand-mère comme tu as toujours fait. Lui sourit la vieille dame.
_Keiko, arrête de l'embêter. Lui reprocha doucement son mari.
_Je fais ce que je veux quand il s'agit de ma petite fille chérie, mon cher époux!
La blessée sourit en voyant le couple se chamailler. Elle était habituée à ce spectacle depuis aussi longtemps qu'elle les connaissait. La jeune fille savait pertinemment que ce n'était qu'un jeu auquel se livrait le couple et qui témoignait de leur complicité.
_Je suis contente de vous revoir. Finit-elle par dire.
_Nous aussi Chizuru. Maintenant, je vais d'examiner pour voir comment vont tes blessures. Ne t'occupe de rien. Il vaut mieux que tu bouges le moins possible. C'est Keiko qui va t'enlever son kimono.
_Bien.»
L'examen se passa en silence. Les deux femmes s'étaient tues pour laisser le médecin se concentrer comme il le devait. Matsumoto en profita aussi pour changer les bandages de la blessée.
«Bien, tes blessures paraissent guérir correctement. Déclara-t-il alors que sa femme refermait le kimono de la blessée.
_Alors, pourquoi fais-tu cette tête épouvantable Ryoujun? Lui demanda Keiko.
La jeune fille, elle, savait pertinemment qu'il venait de découvrir ce qu'elle cachait aux membres du shinsengumi depuis plus d'un mois.
_Je pense que Chizuru peut répondre à ma place et ainsi nous donner quelques explications, n'est-ce pas?
_Chizuru? Fit l'épouse du médecin en voyant que sa protégée gardait le regard baissé comme honteuse.
_...
Seulement, cette dernière ne parvenait pas à répondre. Elle ne savait comment gérer cette situation.
_Keiko, Chizuru attend un enfant.
_C'est vrai? Félicitations ma chérie! S'exclama l'épouse du médecin en étreignant doucement la concernée pour ne pas aggraver ses blessures.
_...
La future mère resta sans voix devant une telle réaction.
_Keiko, je crois que tu n'a pas bien saisi la situation. Chizuru est enceinte alors qu'elle n'est pas mariée. En plus, elle travaille au shinsengumi en se faisant passer pour un garçon! Chizuru aurait bon dos dans quelques mois quand elle devra se promener avec un ventre annonçant la venue de son enfant. S'énerva Matsumoto en rappelant la dure réalité à la première concernée.
Cela fut si pénible pour cette dernière qu'elle se mit à pleurer. Se rendant compte qu'il était allé trop loin, le médecin radoucit son expression.
_Tu as vu dans quel état tu as mis ma petite fille, Ryoujun? S'exclama son épouse en caressant les cheveux de sa protégée pour la réconforter.
_Je te demande pardon Chizuru. Ton état m'inquiète, c'est pour ça que j'ai réagi aussi brutalement. S'excusa Matsumoto.
_Non, c'est moi qui vous demande. Je ne fais que vous poser des problèmes. Déclara la jeune fille en essuyant ses larmes.
_Toujours est-il que tu vas venir avec nous à Edo. Dans ta condition, il est hors de question que tu restes ici. Je parlerai à Kondo-san pour qu'il te laisse partir. Prévint le médecin.
_Non, je veux rester ici.
_Mais enfin…
_Pourquoi pas Ryoujun? Elle est une oni. Les femmes oni ne portent pas leurs enfants devant, mais sur le côté (C'est ainsi que se passe la grossesse lors des dénis de grossesse. De cette manière, on ne remarque rien.). Les gens ne verront rien. Pendant les derniers mois, on expliquera sa fatigue par une maladie quelconque qui met un certain temps à guérir. Intervint Keiko en souriant à la future mère avant de regarder son mari.
_On? Qui ça «on»? Lui demanda alors ce dernier.
_Je vais rester avec Chizuru. Je m'ennuie à la maison. Tu sais bien que je suis si énergique que les tâches domestiques ne parviennent pas à remplir ma journée. Cela me fera plaisir de passer du temps avec ma petite fille. Je m'occuperai des tâches de Chizuru en attendant qu'elle récupère de ses blessures. Ensuite, je prendrai certaines de ses tâches pour lui permettre de se reposer pendant sa grossesse. Tu es d'accord, Chizuru-chan?
_Grand mère, je, je…merci…
_Mais de rien ma chérie! Tu es d'accord, n'est-ce pas Ryoujun?
_De toute façon, je n'ai pas le choix, n'est-ce pas Keiko?
_Exact mon cher époux.
_Cependant, il faut que je sache ce qu'il s'est passé car je dois au moins en aire part à Kondo-san. Déclara le médecin.
_Je suis d'accord avec lui ma petite fille. S'il te plaît, raconte nous ce qu'il t'est arrivé. Lui demanda Keiko.
_Harada-san m'avait invité à une maison de passe pour sortir un soir en sa compagnie avec Hijikata-san, Saito-san, Okita-san, Nagakura-san et Heisuke. J'avais fait attention à ne pas boire d'alcool. A un moment, j'ai trouvé que le thé avait un drôle de goût mais je n'y ai pas fiat vraiment attention. Je ne me rappelle rien de la fin de la soirée. Tout ce que je sais est que le lendemain, je me suis réveillée sur un futon qui n'était pas le mien. J'ai senti un mouvement dans mon dos. Je me suis retourné et j'ai vu…j'ai vu…
Chizuru s'interrompit et eut une nouvelle crise de larmes.
_Nous ne te forcerons pas à nous relever qui était cette personne. Voulut la rassurer sa grand-mère de substitution.
_La personne que j'ai vue, c'était…»
Okita venait de passer l'entrée des quartiers du shinsengumi. Il revenait de sa patrouille à l'extérieur de la ville. Le jeune homme avait dit à ses subordonnés de redoubler de prudence quand ils étaient passés à l'endroit où Chizuru avait été blessée. Seulement, la première division n'avait rien perçu d'étrange. Au contraire, tout était calme comme s'il ne s'était rien passé la veille. Pendant que la majorité du groupe scrutait les alentours, Soji prit deux hommes avec lui et commença à chercher les balles qui avaient blessé Chizuru ainsi que leurs douilles. Malheureusement, ils firent chou blanc et durent repartir pour être de retour à l'heure que l'on leurs avait annoncée. Sur le chemin, Okita sentit qu'il allait bientôt avoir une bonne quinte de toux. Puisant dans ses ressources, le jeune homme réussit à se retenir de tousser. Seulement, ce dernier savait que s'il ne laissait pas bientôt sa toux sortir, il n'allait pas tenir. Heureusement pour lui, Soji réussir à s'isoler à temps pour tousser tout à son aise. Comme il s'y attendait, le jeune homme sentit bientôt un liquide chaud mouiller la main qu'il avait mise devant sa bouche. Au bout d'un moment, le capitaine de la première division réussit à reprendre correctement son souffle. Il pensa alors à s'éclipser discrètement jusqu'à sa chambre pour changer de vêtements. En effet, du sang avait coulé de sa main pour tâcher son haori. Le jeune homme était à mis chemin quand une voix dans son dos lui fit faire volte-face.
«Je pensais bien que c'était toi qui toussait.»
